L'Europe n'a pas été assassinée. Elle s'est suicidée. Et comme tout suicide confortable, elle l'a fait lentement, poliment, à coups de bonnes intentions — persuadée jusqu'au bout d'être vertueuse.
C'est pour ça que personne ici ne veut nommer la chose. Un meurtre, ça se dénonce. Un suicide, ça oblige à regarder l'arme. Et l'arme, ce n'est ni Washington, ni Pékin, ni « l'ingérence ». C'est nous.
Trois coups. Toujours les mêmes.
Premier coup : on a fait fuir ceux qui créent.
Le socialisme ne rend pas les pauvres riches. Il rend les bâtisseurs partants.
Chez nous, celui qui crée est traité comme un suspect : taxé comme un privilégié, régulé comme un danger, envié comme un voleur. Alors il part. Pas par cupidité — par épuisement. Le capital et le talent ont des jambes. Ils vont là où on les accueille, pas là où on les soupçonne.
Et ce qui s'en va, ce n'est pas seulement de l'argent. Ce sont les boîtes qui ne naîtront jamais ici. Bastiat appelait ça « ce qui ne se voit pas » : on compte fièrement l'impôt prélevé, on ne compte jamais les champions jamais construits. On a choisi.
Deuxième coup : on a tué le goût de la liberté.
Le piège le plus efficace n'est pas la misère. C'est le confort.
Tocqueville l'avait vu il y a deux siècles : un pouvoir doux, tutélaire, qui se charge de ton bonheur, prévoit, pourvoit, décide — à condition que tu renonces à être adulte. On a bâti exactement ça. Un continent où tout le monde boit aux mamelles de l'État-providence et appelle ça « solidarité ».
Mais un peuple qui attend tout de l'État finit par ne plus rien vouloir par lui-même. La liberté n'est pas un droit qu'on consomme, c'est un muscle. Et un muscle qui ne porte jamais rien s'atrophie. Taleb dirait la même chose autrement : retire tout stress d'un système, tu ne le rends pas fort — tu le rends fragile. On a choisi.
Troisième coup : on a confié les clés à ceux qui ne construisent rien.
Et pour gouverner tout ça, on a mis en haut non pas ceux qui bâtissent, mais ceux qui commentent.
Une caste de littéraires, de juristes, de communicants — qui n'ont jamais shippé une ligne de code, jamais tenu une paie, jamais risqué un euro à eux — mais qui légifèrent sur tout. Ils ne savent pas construire, alors ils régulent. Ils ne savent pas créer, alors ils interdisent. Et ils produisent à l'échelle industrielle la seule chose qu'ils maîtrisent : de la norme, de la directive, du label, du comité. De l'absurdité déguisée en progrès.
Une civilisation se définit par qui elle place au sommet. Mets des ingénieurs en haut, tu obtiens Ariane, le TGV, le programme nucléaire. Mets des administrateurs en haut, tu obtiens des études d'impact sur les études d'impact. On a choisi.
Ces trois coups ne sont pas trois maladies. C'est la même. Un continent qui punit ceux qui créent, subventionne ceux qui renoncent, et couronne ceux qui ne produisent que des règles. Punir, subventionner, couronner — toujours les mauvaises personnes.
Ce n'est pas de la malchance. C'est un tri. Les audacieux s'en vont, les dépendants restent, les commissaires gouvernent. Ce n'est pas une crise. C'est un résultat.
La bonne nouvelle avec un suicide, c'est que la main tient encore l'arme. Donc la main peut la baisser.
Arrêter de traiter l'entrepreneur en suspect et commencer à le traiter en actif national. Couper ce qui étrangle, pas ce qui produit. Rendre le goût du risque, de l'effort, de l'envie de gagner. De l'énergie abondante et pas chère. Des champions tech qu'on laisse enfin grandir au lieu de les réguler au berceau. Moins de gens qui expliquent le monde, plus de gens qui le fabriquent.
Parce qu'une civilisation ne meurt jamais de ses ennemis. Elle meurt de ce qu'elle cesse d'exiger d'elle-même. L'Europe a tout ce qu'il faut pour revenir — le capital, les talents, l'histoire, une faim enfouie sous un siècle de confort. Il lui manque une seule décision : arrêter d'administrer son déclin, et recommencer à bâtir.
Le reste n'est qu'une question de volonté.
Au travail.
Depuis 50 ans, la gauche a réussi le plus grand hold-up intellectuel de l'histoire moderne.
Pas avec des armes. Pas avec des lois. Avec des mots.
Et honnêtement ? Chapeau. C'est génial. C'est diabolique. C'est du grand art.
Ils ont compris une chose qu'Orwell avait écrite noir sur blanc dans 1984 : celui qui contrôle le langage contrôle la pensée. Change les mots, et tu changes ce que les gens sont capables de penser. Rétrécis le vocabulaire, et tu rétrécis le champ du possible.
Dans 1984, ce n'est pas un détail. C'est le cœur du réacteur. Le ministère de la Vérité fabrique les mensonges. Le ministère de l'Amour torture. Le ministère de la Paix fait la guerre. « La guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage. » La novlangue ne décrit pas le monde — elle le remplace.
Et c'est exactement ce qui s'est passé. Regardez la mécanique :
Le « progressisme » ? C'est l'anti-progrès. Ceux qui bloquent le nucléaire, qui freinent la tech, qui diabolisent la croissance, qui rêvent de décroissance et veulent punir ceux qui construisent. Le mot dit « avant ». Le projet dit « arrière ».
L'« antiracisme » ? Il a réinjecté la race partout. Il assigne les gens à leur couleur, les enferme dans des cases, dresse les groupes les uns contre les autres. Un mouvement censé effacer la race l'a remise au centre de tout. Il a fabriqué le racisme qu'il prétend combattre.
Les croisades « contre l'homophobie » ? Elles crispent, elles clivent, elles imposent — et fabriquent en retour une partie du rejet qu'elles disaient vouloir éteindre.
La « protection » façon Union européenne ? C'est du flicage. On te surveille « pour ton bien », on te censure « pour te protéger », on te contrôle « pour ta sécurité ». Chaque mot est une inversion. Le vocabulaire de la bienveillance au service d'un projet orwellien.
Et le plus beau dans l'arnaque, c'est le verrou. Le piège parfait.
Aujourd'hui, des millions de gens lucides, qui voient parfaitement le problème… se taisent. Pourquoi ? Parce qu'ils refusent d'être traités de « racistes ». Sauf qu'être « antiraciste » au sens où le mot a été retourné, c'est précisément devenir raciste. Ils ont piégé les gens avec leur propre morale. Échec et mat.
Voilà le chef-d'œuvre : ils n'ont pas eu besoin de vous convaincre. Ils ont juste rendu le désaccord impensable, en confisquant les mots pour le formuler.
Alors oui — respect. Bonne guerre. Ils ont joué une manche, et ils l'ont gagnée.
Mais il y a un truc que la novlangue n'avait pas prévu.
Tout le monde a compris.
Le voile est tombé. Les mots reprennent leur poids. Et une inversion sémantique ne survit pas à l'instant précis où les gens la voient à l'œil nu. Ça, c'est terminé.
On reprend les mots. On reprend le réel. On reprend la partie.
Posez-vous une seule question, et tout l'édifice s'effondre.
Pourquoi des causes qui n'ont, en apparence, rien à voir entre elles finissent-elles toujours par dire exactement la même chose, avec les mêmes mots, contre les mêmes gens?
Le droit des homosexuels n'a rien à voir avec le climat. Le climat n'a rien à voir avec la question raciale. La question raciale n'a rien à voir avec la théorie du genre. Quatre sujets distincts, quatre histoires, quatre publics, quatre champs d'expertise séparés.
Et pourtant. Prenez le porte-parole le plus visible de chacun de ces combats. Mettez les quatre dans une pièce. Vous obtenez quatre personnes qui votent pareil, qui méprisent les mêmes gens, qui emploient le même lexique (systémique, déconstruire, privilège, inclusif), et qui ne se contredisent jamais. Jamais.
Ce n'est pas une coïncidence. C'est une loi. Elle fonctionne en trois temps, et chacun se vérifie avec des chiffres.
Premier temps. Dans n'importe quel groupe, ce n'est jamais la majorité qui parle. C'est la frange la plus militante.
La masse vit sa vie. Le petit noyau le plus idéologisé s'empare du micro, parce que lui seul a le temps, l'argent et le fanatisme de le tenir. Ce n'est pas une intuition. L'étude Hidden Tribes (8 000 Américains interrogés) chiffre cette frange, les Progressive Activists, à 8% de la population. Un Américain sur douze. En face, une majorité épuisée de deux tiers qui n'a jamais demandé le micro et qui n'a jamais voté pour le porte-parole.
Robert Conquest avait formulé la mécanique dès les années 1960 : toute organisation qui n'est pas explicitement de droite finit, avec le temps, par devenir de gauche. Pas par complot. Par sélection naturelle. Le fanatique reste quand le modéré rentre chez lui.
Deuxième temps. Cette frange ne ressemble en rien à ceux qu'elle prétend représenter, et elle est plus radicale qu'eux.
Voici le chiffre qui devrait clore le débat. Le bloc militant le plus à gauche d'Amérique, celui qui parle au nom des minorités à longueur de journée, est composé à 67% de Blancs. Sept pour cent de Noirs (Pew, juin 2026). Le groupe le plus diplômé, le plus aisé, le plus connecté du pays. Ceux qui hurlent le plus fort au nom des opprimés sont, statistiquement, les plus privilégiés du tableau.
Et ils sont plus extrêmes que les concernés eux-mêmes. 71% des Blancs progressistes veulent couper le budget de la police. Les Noirs américains, eux, sont partagés (53% pour, 44% contre), et seulement 28% ont soutenu le slogan "defund the police". Les Hispaniques y étaient majoritairement opposés (57%). Le porte-parole autoproclamé était donc plus radical que la communauté au nom de laquelle il prétendait parler. Une étude (ANES) pousse jusqu'au vertige : les Blancs progressistes sont le seul groupe du pays à mieux noter les autres races que la leur.
Traduction. Un diplômé aisé a décidé de parler au nom de l'opprimé. Et l'opprimé n'est pas d'accord.
Et ces franges sortent toutes du même moule. Le même appareil universitaire (Foucault, Derrida, l'École de Francfort, dont j'ai raconté la généalogie). Le même écosystème de fondations, qui financent ouvertement, sur catalogue public, l'associatif militant de chaque cause. Le même séminaire, le même lexique, les mêmes formations. On ne produit pas vingt idéologies. On produit vingt antennes d'un seul émetteur.
Troisième temps. Une fois installée, la frange parle au nom de tous et écrase ceux qui, à l'intérieur du groupe, refusent de suivre.
L'homosexuel discret qui ne se reconnaît pas dans le mégaphone. Le Noir conservateur. La femme qui refuse qu'on efface le mot femme. Tous traités en traîtres. Parce que le premier ennemi du militant n'est jamais l'adversaire d'en face. C'est le modéré de son propre camp. Le modéré est le danger absolu : il prouve, par sa seule existence, que le mégaphone ment quand il dit parler au nom de tous.
Résultat. Vous croyez voir une mosaïque de combats pour les droits. Vous voyez en réalité un seul logiciel, installé sur des machines différentes.
La cause n'est jamais la cause. La cause est le costume.
Et celui qui porte le costume sert toujours le même propriétaire : l'idée que tout, absolument tout (la famille, la nation, le mérite, la norme, la frontière, la vérité elle-même) est une structure d'oppression à abattre. C'est la matrice marxiste, qui a simplement quitté l'usine pour l'identité. La lutte des classes ne fonctionnait plus (les ouvriers s'embourgeoisaient), alors on a multiplié les classes : une par minorité, une par cause, à l'infini. Un prolétariat de rechange, renouvelable indéfiniment.
Et voici le test qui ne trompe jamais, le seul qui compte. Une cause sincère accepte la contradiction en son sein. Un costume idéologique, non. Le jour où vous verrez le porte-parole d'une de ces causes défendre publiquement un dissident de son propre camp, contre son propre camp, vous saurez que c'était une vraie cause. Vous attendrez longtemps.
La bonne nouvelle, c'est que ce qui tient par un seul fil tombe par un seul fil. Une frange de 8% ne gouverne que tant que les 92% se taisent. Le jour où la majorité silencieuse de chaque groupe reprend son micro, l'émetteur se retrouve sans antennes. Il n'émet plus que dans le vide.
Ce micro, personne ne vous interdit de le reprendre.
Au travail.
@itsmeback_ Mi sembra che il video e soprattutto il sito linkato dicano tutt'altro https://t.co/G1KVKuKtaO
Perché diffondere notizie false su X approfittando della barriera linguistica?
Il y a un truc qui me fascine.
C'est qu'Elon soit aussi seul.
Des milliers de milliardaires sur cette planète. Des gens qui ont assez d'argent pour ne plus jamais rien craindre de personne. Et un seul ouvre sa gueule.
Il existe une expérience fascinante en éthologie : la boîte des rats de Didier Desor.
On met six rats dans une cage. Pour manger, il faut plonger dans un tunnel immergé et rapporter les croquettes. Très vite, une structure émerge toute seule : deux exploiteurs qui ne plongent jamais et volent la nourriture des autres, deux exploités qui plongent et se font racketter, un souffre-douleur qui ramasse les miettes.
Et un seul autonome. Le rat qui plonge lui-même, rapporte sa propre nourriture, la défend, et ne se soumet à personne.
Le plus troublant : peu importe la composition du groupe. Tu remets six exploiteurs ensemble, la même structure se reforme. Tu remets six autonomes ensemble, pareil. Comme s'il existait une loi naturelle qui fixe la proportion de courage disponible dans une population. Une loi de la paire de couilles, distribuée par la nature avec une avarice remarquable.
Dans la boîte des rats à milliardaires, Elon est le seul autonome.
Les autres ont les mêmes moyens que lui. Souvent les mêmes opinions que lui. C'est ça le plus fascinant : en privé, la grande majorité des milliardaires sont d'accord avec Elon. Sur la liberté d'expression, sur la dérive idéologique des médias, sur le wokisme, sur tout. Ils le disent à voix basse dans les dîners, ils l'écrivent dans des messages privés, ils hochent la tête.
Et puis ils retournent financer les ONG qui les protègent, sponsoriser les médias qui les épargnent, signer les tribunes qui les dédouanent. Ils plongent, rapportent les croquettes, et se laissent racketter par la meute. Avec des centaines de milliards sur le compte.
L'argent ne donne pas le courage. Il révèle juste combien tu en avais au départ.
Un seul rat a refusé le jeu. Il a dit "go fuck yourself" aux exploiteurs devant le monde entier, il a accepté de perdre des milliards, et trois ans plus tard il est le premier trillionnaire de l'histoire.
La nature est bien faite : c'est toujours le rat autonome qui finit par posséder la boîte.
Tout le monde devient fou parce qu'Elon Musk a une fortune de 1 000 milliards de dollars.
Très bien. Faisons les comptes, calmement.
L'État fédéral américain dépense 7 000 milliards de dollars par an. La fortune entière d'Elon, accumulée sur 30 ans de travail, représente 52 jours de dépenses de Washington. L'État français dépense 1 700 milliards d'euros par an, 57% du PIB, record absolu du monde développé. La fortune d'Elon, c'est 7 mois de dépenses publiques françaises.
Maintenant, la question que personne ne pose : qu'est-ce que chacun a produit avec cet argent ?
Washington, avec 7 000 milliards par an : un déficit de 1 800 milliards, une dette de 38 000 milliards, et des intérêts de la dette qui dépassent désormais le budget militaire. La Californie de Newsom a brûlé plus de 15 milliards dans un train à grande vitesse qui n'existe pas. La NASA a dépensé plus de 24 milliards pour développer le SLS, une fusée jetable à 4 milliards le lancement.
La France, avec 1 700 milliards par an : un hôpital en crise permanente, une école qui s'effondre dans les classements internationaux, 3 400 milliards de dette, et pas une seule entreprise technologique de rang mondial créée en 25 ans.
Elon, avec une fraction microscopique de ces budgets : le Falcon 9 développé pour environ 400 millions de dollars, là où la NASA estimait elle-même qu'il lui en aurait coûté 4 milliards. Dix fois moins cher. Des fusées qui atterrissent. Le coût du kilo en orbite divisé par 20. Starlink qui connecte des millions de personnes que les plans d'aménagement du territoire ont oubliées pendant 40 ans. Tesla qui a forcé toute l'industrie automobile mondiale à basculer vers l'électrique, ce que 30 ans de COP et de subventions n'avaient pas réussi à faire.
Donc récapitulons. Les États ont des moyens 10 à 50 fois supérieurs, le monopole de la loi, le monopole de l'impôt, et des décennies d'avance. Elon a beaucoup moins de moyens, zéro pouvoir de contrainte, et il surperforme tout le monde, dans tous les domaines où il entre.
Ce n'est pas un hasard. C'est structurel. Quand un entrepreneur alloue son propre argent, chaque erreur lui coûte personnellement, donc il apprend vite. Quand un bureaucrate alloue l'argent des autres, chaque erreur est invisible, diluée, et souvent récompensée par un budget supplémentaire l'année suivante. L'un a une boucle de feedback, l'autre n'en a pas.
La conclusion s'impose d'elle-même : le pouvoir de créer des systèmes dans le monde réel doit TOUJOURS être donné aux entrepreneurs qui allouent leur propre argent. Pas parce qu'ils sont meilleurs moralement. Parce qu'ils sont les seuls à payer le prix de leurs erreurs, et donc les seuls capables de corriger.
Milei a TOUT compris. Re-regardez son discours de Davos. "L'État n'est pas la solution, l'État est le problème lui-même." Tout le monde a ri en 2024. L'Argentine est sortie de l'hyperinflation pendant que la France cherche encore 40 milliards d'économies qu'elle ne trouvera jamais.
L'histoire ne juge pas les intentions. Elle juge l'allocation.
Tout le monde pense que le monde libre a gagné en 1989, à la chute du mur de Berlin.
C'est faux.
Et c'est exactement pour ça que le monde est aujourd'hui en feu.
Ce qui est tombé le 9 novembre 1989, c'est un appareil.
Une économie planifiée, un empire militaire, un mur de béton. Ce qui n'est pas tombé, c'est l'idée. L'idée que le monde se divise en oppresseurs et en opprimés. L'idée qu'il existe une égalité finale à atteindre, par tous les moyens. L'idée que tout ce qui existe (la famille, la nation, le mérite, l'héritage) est une structure de domination à abattre.
Cette idée-là n'était plus dans le bâtiment quand le bâtiment s'est effondré.
Il faut reprendre la chronologie, parce que tout est dans la chronologie :
Le communisme économique avait un défaut fatal : il était réfutable. Il promettait l'abondance, il produisait des famines. Il promettait l'émancipation, il produisait des barbelés. Budapest 1956, Prague 1968, L'Archipel du Goulag publié à Paris en 1973, les boat people de 1979 : à chaque décennie, le réel envoyait sa réfutation. Les boat people étaient une réfutation flottante, visible depuis les plages.
Alors l'idéologie a fait ce que fait tout organisme menacé : elle a muté.
La mutation a un nom, et j'en ai raconté la généalogie ici : la French Theory.
Foucault a déplacé la guerre du terrain des faits, où le communisme perdait à chaque fois, vers le terrain du savoir lui-même.
S'il n'y a pas de vérité, s'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir, alors plus aucune famine, plus aucun mur, plus aucun goulag ne peut réfuter quoi que ce soit.
La French Theory n'a pas enterré le marxisme.
Elle l'a rendu irréfutable.
Et la mutation a des dates. Toutes antérieures à 1989.
1934 : l'École de Francfort, chassée d'Allemagne, s'installe à Columbia. La critique de l'économie devient critique de la culture.
1964-1965 : Marcuse, exilé allemand devenu professeur américain, remplace le prolétariat défaillant par un nouveau sujet révolutionnaire (les minorités, les étudiants, les marginaux) et écrit noir sur blanc que la tolérance doit être accordée aux mouvements de gauche et refusée à ceux de droite.
Octobre 1966 : le débarquement a une date précise. Université Johns Hopkins, Baltimore. Derrida, Barthes, Lacan présentent la pensée française aux campus américains.
1967 : Rudi Dutschke lance le mot d'ordre, la longue marche à travers les institutions.
1968 : les révolutions de rue échouent partout.
Qu'importe. La révolution ne passera plus par la rue, elle passera par la salle de classe.
1975-1985 : Yale, Berkeley, Columbia absorbent la théorie, qui devient le système d'exploitation des humanités.
1987 : Allan Bloom publie The Closing of the American Mind pour donner l'alerte. Un million d'exemplaires vendus.
L'université le traite de réactionnaire et passe à autre chose.
L'Amérique avait son Aron, elle en a fait la même chose que nous du nôtre.
Puis arrive le 9 novembre 1989.
Le Mur tombe. L'Occident célèbre. Fukuyama avait déclaré la fin de l'Histoire dès l'été, avant même la chute. On démantèle les missiles, on encaisse les dividendes de la paix, on déclare le match terminé.
Nous avons célébré notre victoire sur une adresse vide. L'idéologie avait déménagé vingt ans plus tôt. Nous avons gagné contre les chars et perdu contre les chaires.
Pendant ce temps, l'autre empire communiste faisait la lecture inverse. Pékin avait écrasé Tian'anmen dans le sang cinq mois avant Berlin. Sinistre, mais lucide sur un point : la Chine savait que la guerre était idéologique.
Elle a choisi : abandonner l'économie marxiste, garder le contrôle du récit. L'Occident a fait l'exact opposé : il a gardé le marché et absorbé l'idéologie. Trente-cinq ans plus tard, regardez qui construit des centrales et qui déboulonne ses statues.
Vous voulez la preuve que c'est le même logiciel ? Faites la table de correspondance.
La lutte des classes est devenue la lutte des identités.
Les koulaks sont devenus les privilégiés.
L'autocritique maoïste est devenue le privilege checking. Les commissaires politiques sont devenus les DEI officers.
Le samizdat est devenu le compte shadowbanné.
La nomenklatura a quitté Moscou pour Davos et Bruxelles.
Et le paradis ne s'appelle plus la société sans classes : il s'appelle l'équité, l'égalité des résultats.
Exactement ce que je décrivais ici il y a quelques semaines.
On me dira : il n'y a pas de Goulag.
C'est vrai. C'est même tout le génie de la version 2.0.
Le communisme dur devait briser les corps parce qu'il ne tenait pas les esprits.
Le communisme mou tient les esprits : il lui suffit de briser les carrières.
Pas de camps, des services RH.
Pas de procès de Moscou, des excuses publiques.
Pas de Sibérie, la mort sociale.
Demandez aux émigrés du bloc de l'Est installés en Occident ce qu'ils ressentent en traversant une université américaine en 2026.
Ils reconnaissent l'odeur.
Et voilà pourquoi le monde est en feu.
Une civilisation a passé trente-cinq ans à enseigner à ses propres enfants qu'elle était le problème. Résultat : elle ne sait plus défendre ses frontières, transmettre son héritage, ni même nommer ses ennemis.
Quand la présidente de Harvard, devant le Congrès, répond que condamner un appel au génocide « dépend du contexte », vous voyez le logiciel tourner en production.
Et les prédateurs du dehors lisent cette faiblesse comme un livre ouvert : Moscou teste, Pékin patiente, l'islamisme avance dans les rues de nos capitales.
Le feu extérieur n'est que la conséquence du désarmement intérieur. On ne brûle bien que les maisons qui se sont vidées de leurs défenseurs.
Le Mur n'est pas tombé. Il s'est déplacé. Il ne sépare plus l'Est de l'Ouest : il passe désormais à l'intérieur de chaque institution occidentale, entre ceux qui construisent et ceux qui déconstruisent.
La première guerre froide s'est gagnée avec des missiles et du PIB. La seconde se gagnera avec des écoles, des médias libres et des modèles d'IA. Celui qui écrit les valeurs dans les machines écrira le prochain 1989.
Cette fois, ne nous trompons pas de victoire. Au travail.
‼️‼️‼️ NUOVO POST ‼️‼️‼️
Su substack il nuovo articolo per la community con i veri numeri del supporto UE (e quindi nostro) all'Ucraina. Una spiegazione che secondo me nessuno sapeva. Dati a mio parere allucinanti per dimensione e modalità. Buona lettura.
https://t.co/nB1A4DI80D
Assolutamente imperdibile e inorridire TUTTO DA LEGGERE @ClaudioBorghi su Substack
“ Ma che succede “se” l’Ucraina non dovesse ripagare i suoi debiti? Beh, semplice: escluso che l’UE faccia a sua volta default sul suo debito, la cifra dovrà essere pagata dagli Stati membri secondo la propria quota di partecipazione al bilancio UE. Per l’Italia questa quota è pari a circa il 13%, tenuto conto che alcuni stati, come l’Ungheria, si sono saggiamente tenuti fuori dalla maggior parte di questo incredibile futuro buco nero. Senza contare gli interessi, quindi la nostra quota già adesso potrebbe essere valutata attorno ai 25 miliardi.
Ma come è possibile che un impegno finanziario di simile portata non sia mai passato per un voto parlamentare negli Stati membri e mai discusso in Commissione Bilancio per le opportune analisi e deliberazioni? Rimane alle cronache solo un recente voto al Parlamento Europeo relativo al prestito da 90 miliardi ovviamente passato nell’entusiasmo generale. Dei partiti di maggioranza l’unico voto contrario è stato quello della Lega e l’unico a far presente la gravità della questione in aula del Senato in occasione delle comunicazioni del Presidente del Consiglio sono stato io, “
Il ricercatore italiano Giovanni Trambusti ha analizzato i dati sulla mortalità in eccesso nel centro e nel sud Italia, e ciò che ha scoperto nei numeri mina direttamente una delle affermazioni centrali del racconto pandemico.
Le morti in eccesso in quelle regioni sono state più alte nel 2022 rispetto al 2021, e più alte che nel 2020, in un periodo in cui i decessi per COVID erano in calo. Quando gli è stato chiesto se i dati supportino l'affermazione che i vaccini COVID abbiano salvato milioni di vite, la sua risposta è stata inequivocabile:
Non può essere vero.
I numeri dicono il contrario.
Ma la scoperta più significativa riguarda il modo in cui i decessi sono stati classificati. In Italia, chiunque morisse entro 14 giorni dal ricevimento di un vaccino veniva contato come non vaccinato. Ogni morte in quella finestra temporale è stata collocata nella categoria sbagliata. Quella singola decisione contabile, sostiene il ricercatore, è ciò che ha creato la base statistica per il racconto di una "pandemia dei non vaccinati".
Mentre l'Italia distribuiva i vaccini a specifici gruppi di età in sequenza, i decessi in quegli stessi gruppi di età schizzavano tra le persone classificate come non vaccinate, in coincidenza diretta con la distribuzione dei vaccini per quella coorte. Lo stesso schema si è ripetuto attraverso ogni gruppo di età man mano che la distribuzione li raggiungeva. Quelle morti non stavano avvenendo tra persone non vaccinate. Stavano avvenendo tra i neo-vaccinati, e la regola di classificazione dei 14 giorni le stava spostando nella colonna sbagliata.
Sub. Ita 🇮🇹
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Sommario mio viaggio in Russia (il terzo in un anno)
1) Il governo italiano o non sa dell’immenso, immenso, goodwil di cui l’Italia gode qua e lo sta distruggendo inconsciamente. O lo sa, e lo sta distruggendo intenzionalmente
2) L’economia della Russia ha varie difficoltà, alcune strutturali (le geografia etc) ed altre contingenti ai postumi covid e a qualche sanzione che rende la vita più complessa ad alcuni cittadini
3) Ma non esiste nessuno, ripeto nessun, problema economico tale da portare la Russia al ritiro dall’Ucraina. E quindi, le sanzioni sono state un fallimento totale, come previsto,
4) Le sanzioni non le mette la “UE cattiva” ma il gruppo di capi di governo che le votano all’unanimità: quindi la responsabilità del fallimento delle sanzioni e delle conseguenze sulla nostra economia sono del governo #Meloni
5) la Russia resta aperta a riaprire i rapporti commerciali con quelle aziende europee italiane che hanno lasciato il paese senza aver lasciato troppo amaro in bocca. Ora parte la corsa dei topi che risalgono sulla nave.
6) la Russia è un paese bellissimo e ricco di arte e culture e tradizioni che consiglio a tutti di visitare sia la ovviamente splendida San Pietroburgo che tutte le regioni orientali, come ho fatto io nei miei tanti viaggi
7) l’Unione Europea è considerata una nullità assoluta nell’arena geopolitica e su questo mi trovo anche io d’accordo
8) la proposta della Russia per far terminare il conflitto in Ucraina e contenuta nel documento di Istanbul di quattro anni fa al netto di alcune variazioni territoriali e su questo la Russia non farà nessun passo indietro
9) l’Unione Europea e l’Italia resteranno col cerino in mano perché sono gestiti da incompetenti, nel caso migliore
vorrei enfatizzare il punto uno, perché è molto importante e non riesco forse a trasmetterne l’importanza: l’amicizia che il popolo russo hai nei confronti dell’Italia è un fenomeno intergenerazionale che risale agli anni dell’unione sovietica, anni 60 e 70, dalle auto Fiat ai nostri cantanti alla nostra cultura ..un legame che i nonni hanno trasmesso a molti dei giovani di oggi e che Meloni Tajani e Salvini stanno distruggendo
Sono stato chiaro ? Il nostro governo sta distruggendo il rapporto Russia e Italia
E se li votate ancora , la colpa è anche vostra
Il fatto che la maggioranza dei governi europei siano disposti a perdere le elezioni pur di continuare a finanziare Zelesky è la prova provata che a governare i paesi europei non sono i loro governi
Today I received the news that I was banned from the European Parliament because a video I posted a few months ago was too controversial.
Freedom is just an illusion in Europe.
We live under a tyranny.
La fottuta UE ci ha appena detto che non possiamo ridurre le accise, che dobbiamo perseguire a tutti i costi la transizione energetica (leggasi: attacco al patrimonio immobiliare e alla mobilità privata) e che il Patto di Stabilità è sacro, ma ci verrà data la possibilità di usare uno 0,3% per tamponare l'aumento delle bollette.
Non li odiamo abbastanza.
La Cina che sorveglia internet e cerca di bloccare le VPN veniva indicata dalla UE come una realtà illiberale e totalitaria.
Oggi la UE vuole sorvegliare internet e bloccare le VPN.
Questa è la verità e qualsiasi europeista la neghi è un agente della propaganda.
L'Ungheria, Orban o non Orban, non fa giri di parole quando si tratta di immigrati musulmani.
Multata con 200 milioni di euro dall'Unione Europea per aver rifiutato di accogliere rifugiati musulmani entrati illegalmente nel suo territorio, ha risposto trasportandoli direttamente a Bruxelles in autobus!
Quando questa follia che sta uccidendo l'Italia sarà finita , il discorso di Buttafuoco dovrà essere studiato nelle scuole !
Le sue parole raccolgono l'essenza dell'essere italiano!
Le sue parole serviranno a curare i disastri che media e governi vari hanno provocato negli anni
Dopo che ieri alcuni esponenti di diversi partiti hanno espresso il loro entusiasmo per la possibilità di un Euro digitale, ribadisco ufficialmente la posizione CONTRARIA della Lega a tale progetto il cui fine è tutt'altro che chiaro e dove i rischi superano i benefici. No grazie
ECCO COME HANNO SVENDUTO L'ITALIA
Dal 1992, l'Italia ha compiuto il più vasto processo di privatizzazioni nella storia del mondo. Soltanto il Giappone supera i ricavi ottenuti, ma essi sono stati frutto di poche operazioni in condizioni favorevoli negli anni '80.
L'ampiezza, la profondità, l'intensità della vendita di industrie e asset pubblici in Italia non hanno pari.
Il totale ammonta a 152 miliardi di euro, largamente sottostimati rispetto al valore reale di quelle aziende, spesso vendute a prezzo di sconto a imprenditori che hanno dilapidato veri e propri gioielli industriali.
Tutto questo è stato fatto per accordarsi alle regole dell'Unione Europea ed entrare nella moneta unica.
Oggi, questo Eurosuicidio lo stiamo pagando con un'assenza di politica industriale, di autonomia geostrategica, di irrilevanza geopolitica.
E' ora di riprendere il controllo di snodi fondamentali dell'economia italia, di compiere una vera e propria rivoluzione culturale.
Ma cosa è davvero successo?
Negli anni Ottanta, in un momento di difficoltà dell'Iri, si era scelto di privatizzare alcune aziende e procedere con iniezioni di capitali per migliorare i conti. C’erano state le vendite parziali nel settore delle telecomunicazioni (Sirti e Stet), la vendita di Alfa Romeo, di una quota di Alitalia, Enimont, Crediop e della Banca Commerciale Italiana. Ma le privatizzazioni non venivano viste come la soluzione ordinaria alle necessità gestionali delle partecipazioni statali.
Nel 1992 ci fu la svolta: il nuovo clima culturale europeo imponeva
una modifica senza ambiguità dell’approccio italiano all’industria di Stato. La prospettiva dell’entrata nell’euro richiedeva
una grande dismissione. La promulgazione della legge 359/1992
segna l’avvento di una delle più grandi stagioni di privatizzazioni che il mondo abbia mai osservato: si imponeva la trasformazione in società per azioni dei conglomerati pubblici, a cui
doveva seguire un drastico progetto di vendite nel settore bancario e assicurativo.
Diverse banche strategiche (tra cui Credito Italiano, Banca Commerciale Italiana, Bnl, Banca di Roma, Mps, Istituto Bancario San Paolo di Torino, Imi) e l’Ina furono privatizzate, in gran parte mediante quotazione sulla Borsa di Milano. L’Iri disinvestì tutte le sue partecipazioni nel settore alimentare e riavviò la privatizzazione della Stet. Si quotò Eni e si vendettero le prime quote. Ci fu la vendita di quote di Ilva, del 100 per cento di Nuovo Pignone e di Acciai Speciali Terni. Tra il 1996 e il 2000, il processo di privatizzazione raggiunse il picco: progredì la privatizzazione di Eni, con una sequenza di tre offerte pubbliche di vendite, si fusero Stet e Telecom Italia per privatizzare la newco, riprese la privatizzazione del settore dei trasporti, furono vendute ulteriori partecipazioni bancarie e assicurative nella Banca di Roma, nell’Istituto Mobiliare Italiano, in Bnl, in Mps, in Ina.
La più importante privatizzazione di quel periodo fu la quotazione in borsa di Enel: secondo la Corte dei Conti, essa è «ancor oggi una delle più grandi OPV della storia, non solo italiana, ma a livello globale». Poi, ci furono Autostrade e la quotazione di Finmeccanica.
Ai sensi delle nuove liberalizzazioni del settore elettrico, il monopolio di Stato dovette ridurre la sua quota di mercato a un livello inferiore al 50 per cento. L’Enel realizzò lo spin-off di tre generatori che furono in parte comprati da tre delle più grandi società elettriche europee: Electricité de France (edf), Endesa, e Electrabel. Nel 2003, il Mef trasferì a Cassa Depositi e Prestiti , trasformata intanto in S.p.A., quote significative di Eni, Enel, Poste Italiane e Stmicroelectronics, per poi collocare il 30 per cento del capitale di cdp a un consorzio di 66 fondazioni bancarie. Poi ci furono operazioni di secondo livello, cioè dismissioni promosse da società partecipate dal mef: l’OPV del 9,5 per cento di Snam, l’Ipo
di Terna. Ci fu anche la terza tranche di collocamento di Enel, un’altra vendita di una parte di Terna da parte di Enel e poi la quarta tranche di Enel, per un altro 9,3 per cento. La stessa Enel vendette la controllata Wind al gruppo egiziano Weather Investments.
Come ha riportato la Corte dei Conti nel 2010, la conseguenza di questo immenso, profondo, pervasivo e sbrigativo processo di vendita fu che «a fronte di un peso del 18 per cento nel 1991, il contributo al pil delle imprese partecipate dall’amministrazione centrale è oggi pari al 4,7 percento»
Il capitalismo italiano preferì spesso accaparrarsi, magari a debito, pezzi dell’industria di Stato piuttosto che investire in nuovi progetti industriali. Poco dopo, infatti, queste stesse aziende potevano essere rivendute generando facili plusvalenze. Il capitalismo privato si dimostrò spesso più pigro, autoreferenziale e avido rispetto a come aveva agito lo Stato italiano in decenni di industria pubblica. La lungimiranza, il prendere in considerazione aspetti diversi da quelli immediatamente finanziari e una logica non retorica di interesse nazionale avevano portato a ottime performance aziendali per diversi decenni e indipendenza strategica in molti settori.
Al contrario della vulgata dominante, infatti, l’intervento dello Stato aveva costituito uno dei motori fondamentali per lo sviluppo economico italiano. Nel 1982 l’iri produceva da solo il 3,6 per cento del Pil italiano (il 5 per cento includendo i rapporti indiretti), esportava il 20 per cento della sua produzione, il doppio rispetto alle imprese private negli stessi settori, mostrava
una maggiore produttività del lavoro, era più capital-intensive
e maggiormente presente nei settori ad alta tecnologia. Inoltre,
nel 1986, occupava mezzo milione di lavoratori e rappresentava il 15 per cento della spesa totale italiana in ricerca e sviluppo
21. Ancora nel 1992, l’Iri era il decimo gruppo industriale al
mondo in termini di vendite e il terzo in Europa. Era il quarto gruppo al mondo per asset posseduti e il primo in Europa;
il quinto datore di lavoro nel settore manifatturiero e il terzo
in Europa22. Era cioè una delle più grandi aziende al mondo.
Andava tutto bene? No, c’erano nicchie di inefficienza. Ma si
scelse di buttare il bambino con l’acqua sporca: invece di separare il grano dalla gramigna, ricapitalizzare, sanare, correggere, investire, ci si gettò entusiasti in un processo ingarbugliato e caotico di privatizzazioni generalizzate, solo per entrare entusiasti in UE e nell'euro. Questo finì non solo per indebolire la dinamica della crescita italiana ma anche per favorire quei pochi gruppi finanziari che poterono estrarre plusvalenze e profitti da industrie che il pubblico aveva fondato, migliorato e rilanciato nei decenni precedenti.
Tutto ciò fu attuato per assolvere proprio a quei compiti che i
trattati europei ci richiedevano e a cui la nostra classe dirigente si adeguò con lo spirito bastonato degli scolaretti rimproverati dalle maestre severe.
L’adesione alle regole europee ha così impresso una svolta
radicale all’economia italiana. Il nostro paese si è posto in un’attesa millenaristica verso i nuovi dogmi che provenivano dagli
ambienti di Bruxelles, nella presunzione – ideologica in quanto mai verificata – che il mercato fosse strutturalmente più efficiente dello Stato.
Il nostro declino non è perciò un effetto collaterale dell’UE. È un suo prodotto. È proprio perché si è adeguata ai suoi dettami, con il conformismo cieco della nostra classe politica, che l’Italia ha messo in atto un’efficacissima strategia per la propria marginalizzazione. Ed è forse arrivato il momento di prenderne una nuova e più radicale consapevolezza, proprio quando questa stessa Unione pretende oggi di assumere – senza una modifica sostanziale alla sua impostazione – nuovi poteri nei mutati scenari internazionali. Per l’Italia, assecondare queste tendenze vorrebbe dire non solo non voler imparare dai propri errori, ignorando del tutto l’esperienza storica, ma anche prediligere una forma un po’ perversa di masochismo politico.
Gabriele Guzzi
Fonte: Eurosuicidio, cap.3 "La più brava della classe: strategia italiana per il proprio tramonto", pp. 92-97