On me demande souvent si je crois vraiment que l'Occident va gagner.
Alors j'ai fait le calcul. Froidement. Avec les données, pas avec l'espoir.
Voici les odds.
D'abord, concédons tout ce qui doit l'être. Le wokisme tient encore les universités. Il tient les administrations. Il tient une génération entière de Millennials diplômés, installés dans les postes intermédiaires pour trente ans. Seulement 5% des entreprises ont réellement supprimé leurs programmes DEI. Le reste a juste changé les étiquettes. Le vocabulaire meurt, la nomenklatura reste en poste. Quiconque vous dit que c'est déjà gagné vous ment.
Maintenant, regardez les courbes.
The Economist a mesuré la présence des idées woke dans quatre domaines: opinion publique, médias, universités, entreprises. Partout la même courbe. Montée en 2015, pic en 2021-2022, déclin continu depuis. "White privilege" apparaissait 2,5 fois par million de mots dans la grande presse américaine en 2020. Trois ans plus tard: 0,4. Chez les étudiants américains, l'identification non-binaire a été divisée par deux entre 2022 et 2025. Le soutien à BLM s'effondre année après année.
Une idéologie ne meurt pas quand on la réfute. Elle meurt quand elle cesse de recruter. Et elle a cessé de recruter.
Dans les urnes, c'est un réalignement historique. Pour la première fois de l'histoire moderne, les partis anti-système sont simultanément en tête dans les trois principales économies d'Europe. Reform écrase tout au Royaume-Uni avec un Starmer à -61 de popularité nette. L'AfD devant la CDU. Le RN plus haut que jamais. L'Italie gouvernée. L'Autriche, le Portugal, les Pays-Bas qui basculent. Trump réélu. Milei qui redresse l'Argentine en direct.
Ce n'est pas une vague. C'est tout le bloc occidental qui rejette le même logiciel en même temps.
Pourquoi maintenant? Parce que l'idéologie a commis l'erreur que sa version précédente avait mis 70 ans à commettre: elle a pris le pouvoir. Une idéologie d'opposition est irréfutable. Une idéologie au pouvoir produit des résultats. De 2020 à 2024 elle a gouverné, et le réel a recommencé à envoyer ses réfutations, comme Budapest 1956, comme les boat people. Tout le monde a vu les villes ingérables, les écoles effondrées, les fondatrices de BLM s'acheter quatre manoirs avec l'argent de la cause. Le peuple n'a pas eu besoin de lire Foucault. Il a regardé qui s'enrichissait en prêchant le sacrifice.
Et puis il y a le facteur que ni l'URSS ni la French Theory n'ont jamais eu à affronter.
En 2024, Peter Thiel dîne avec Elon Musk. Thiel lui dit: si Trump perd, je quitte le pays. Elon répond: "There's nowhere to go." Il n'y a nulle part où aller. Thiel rentre chez lui et comprend deux heures plus tard ce qu'il vient d'entendre: Elon ne croit plus en Mars comme refuge. Parce que le gouvernement socialiste et l'IA woke le suivraient jusque sur Mars.
L'homme qui construit des fusées pour quitter la Terre venait de conclure que la fuite était impossible.
Qu'a-t-il fait de ce désespoir? Il n'a pas émigré. Il a racheté la place publique mondiale, cassé le monopole de la censure, mis sa fortune dans la bataille. Cet homme est aujourd'hui en route pour devenir le premier trillionaire de l'histoire de l'humanité, et il a fait de la destruction de cette idéologie un objectif explicite. Jamais, dans toute la guerre froide, le monde libre n'a eu un atout pareil. Les dissidents soviétiques tapaient des samizdats à la machine. Nous, nous avons les fusées, les modèles d'IA et les réseaux de distribution de l'information entre les mains de gens qui ont choisi notre camp.
Reste le mécanisme de fond, celui que presque personne ne voit.
Le wokisme est une économie politique de la rareté. Il a besoin de gatekeepers qui contrôlent l'accès aux carrières. Il a besoin de commissaires entre vous et le résultat. Il a besoin que les places soient rares pour que leur redistribution ait un sens. Son apogée fut le covid: populations immobilisées, dépendantes des canaux officiels, chaque interaction soumise à autorisation. Le pic du projet globaliste et le pic woke tombent la même année dans toutes les données. Ce n'est pas une coïncidence. C'est le même phénomène.
L'IA détruit les trois piliers à la fois. Elle pulvérise le diplôme comme péage. Elle remplace l'organisation et ses commissaires par un individu et ses agents. Elle casse la somme nulle en créant l'abondance cognitive. Une idéologie de gestion de la pénurie ne survit pas à la fin de la pénurie. Le marxisme économique n'a pas survécu aux Trente Glorieuses, il a dû muter en marxisme culturel. Cette fois, la mutation n'a nulle part où aller: l'IA attaque aussi le monopole du récit.
Une seule condition. Que l'IA reste entre les mains des bâtisseurs. Une IA capturée serait l'inverse exact: le commissaire politique installé dans chaque poche. C'est le seul scénario de défaite totale, et je le chiffre à 5-10%.
Donc voici mes odds, posées publiquement pour qu'on puisse me juger dessus.
Perte de l'hégémonie culturelle woke d'ici 2030: 90-95%. C'est presque déjà fait.
Perte des institutions d'ici 2035: 55-65%. C'est la bataille de la décennie, la plus dure.
Victoire civilisationnelle de l'Occident d'ici 2040: 60-70%. Conditionnée à une seule variable: qui écrit les valeurs dans les machines.
Probabilité que dans quinze ans on regarde 2020-2024 comme le pic historique du wokisme, son 1977 à lui, l'extension maximale juste avant le reflux: 85%.
Alors non, le UK n'est pas fini. La France n'est pas finie. En 1975, les bâtisseurs étaient apolitiques et les clercs avaient le monopole du récit. En 2026, les bâtisseurs possèdent les canaux et sont entrés dans la bataille. C'est une inversion du rapport de force sans précédent depuis 1966.
Le déclinisme n'est pas de la lucidité. C'est l'idéologie ennemie qui tourne dans votre tête et vous fait faire son travail gratuitement.
Il n'y a jamais eu autant d'espoir pour le monde libre. Le vrai. Pas le mirage de 1989.
Au travail.
Tout le monde pense que le monde libre a gagné en 1989, à la chute du mur de Berlin.
C'est faux.
Et c'est exactement pour ça que le monde est aujourd'hui en feu.
Ce qui est tombé le 9 novembre 1989, c'est un appareil.
Une économie planifiée, un empire militaire, un mur de béton. Ce qui n'est pas tombé, c'est l'idée. L'idée que le monde se divise en oppresseurs et en opprimés. L'idée qu'il existe une égalité finale à atteindre, par tous les moyens. L'idée que tout ce qui existe (la famille, la nation, le mérite, l'héritage) est une structure de domination à abattre.
Cette idée-là n'était plus dans le bâtiment quand le bâtiment s'est effondré.
Il faut reprendre la chronologie, parce que tout est dans la chronologie :
Le communisme économique avait un défaut fatal : il était réfutable. Il promettait l'abondance, il produisait des famines. Il promettait l'émancipation, il produisait des barbelés. Budapest 1956, Prague 1968, L'Archipel du Goulag publié à Paris en 1973, les boat people de 1979 : à chaque décennie, le réel envoyait sa réfutation. Les boat people étaient une réfutation flottante, visible depuis les plages.
Alors l'idéologie a fait ce que fait tout organisme menacé : elle a muté.
La mutation a un nom, et j'en ai raconté la généalogie ici : la French Theory.
Foucault a déplacé la guerre du terrain des faits, où le communisme perdait à chaque fois, vers le terrain du savoir lui-même.
S'il n'y a pas de vérité, s'il n'y a que des rapports de pouvoir déguisés en savoir, alors plus aucune famine, plus aucun mur, plus aucun goulag ne peut réfuter quoi que ce soit.
La French Theory n'a pas enterré le marxisme.
Elle l'a rendu irréfutable.
Et la mutation a des dates. Toutes antérieures à 1989.
1934 : l'École de Francfort, chassée d'Allemagne, s'installe à Columbia. La critique de l'économie devient critique de la culture.
1964-1965 : Marcuse, exilé allemand devenu professeur américain, remplace le prolétariat défaillant par un nouveau sujet révolutionnaire (les minorités, les étudiants, les marginaux) et écrit noir sur blanc que la tolérance doit être accordée aux mouvements de gauche et refusée à ceux de droite.
Octobre 1966 : le débarquement a une date précise. Université Johns Hopkins, Baltimore. Derrida, Barthes, Lacan présentent la pensée française aux campus américains.
1967 : Rudi Dutschke lance le mot d'ordre, la longue marche à travers les institutions.
1968 : les révolutions de rue échouent partout.
Qu'importe. La révolution ne passera plus par la rue, elle passera par la salle de classe.
1975-1985 : Yale, Berkeley, Columbia absorbent la théorie, qui devient le système d'exploitation des humanités.
1987 : Allan Bloom publie The Closing of the American Mind pour donner l'alerte. Un million d'exemplaires vendus.
L'université le traite de réactionnaire et passe à autre chose.
L'Amérique avait son Aron, elle en a fait la même chose que nous du nôtre.
Puis arrive le 9 novembre 1989.
Le Mur tombe. L'Occident célèbre. Fukuyama avait déclaré la fin de l'Histoire dès l'été, avant même la chute. On démantèle les missiles, on encaisse les dividendes de la paix, on déclare le match terminé.
Nous avons célébré notre victoire sur une adresse vide. L'idéologie avait déménagé vingt ans plus tôt. Nous avons gagné contre les chars et perdu contre les chaires.
Pendant ce temps, l'autre empire communiste faisait la lecture inverse. Pékin avait écrasé Tian'anmen dans le sang cinq mois avant Berlin. Sinistre, mais lucide sur un point : la Chine savait que la guerre était idéologique.
Elle a choisi : abandonner l'économie marxiste, garder le contrôle du récit. L'Occident a fait l'exact opposé : il a gardé le marché et absorbé l'idéologie. Trente-cinq ans plus tard, regardez qui construit des centrales et qui déboulonne ses statues.
Vous voulez la preuve que c'est le même logiciel ? Faites la table de correspondance.
La lutte des classes est devenue la lutte des identités.
Les koulaks sont devenus les privilégiés.
L'autocritique maoïste est devenue le privilege checking. Les commissaires politiques sont devenus les DEI officers.
Le samizdat est devenu le compte shadowbanné.
La nomenklatura a quitté Moscou pour Davos et Bruxelles.
Et le paradis ne s'appelle plus la société sans classes : il s'appelle l'équité, l'égalité des résultats.
Exactement ce que je décrivais ici il y a quelques semaines.
On me dira : il n'y a pas de Goulag.
C'est vrai. C'est même tout le génie de la version 2.0.
Le communisme dur devait briser les corps parce qu'il ne tenait pas les esprits.
Le communisme mou tient les esprits : il lui suffit de briser les carrières.
Pas de camps, des services RH.
Pas de procès de Moscou, des excuses publiques.
Pas de Sibérie, la mort sociale.
Demandez aux émigrés du bloc de l'Est installés en Occident ce qu'ils ressentent en traversant une université américaine en 2026.
Ils reconnaissent l'odeur.
Et voilà pourquoi le monde est en feu.
Une civilisation a passé trente-cinq ans à enseigner à ses propres enfants qu'elle était le problème. Résultat : elle ne sait plus défendre ses frontières, transmettre son héritage, ni même nommer ses ennemis.
Quand la présidente de Harvard, devant le Congrès, répond que condamner un appel au génocide « dépend du contexte », vous voyez le logiciel tourner en production.
Et les prédateurs du dehors lisent cette faiblesse comme un livre ouvert : Moscou teste, Pékin patiente, l'islamisme avance dans les rues de nos capitales.
Le feu extérieur n'est que la conséquence du désarmement intérieur. On ne brûle bien que les maisons qui se sont vidées de leurs défenseurs.
Le Mur n'est pas tombé. Il s'est déplacé. Il ne sépare plus l'Est de l'Ouest : il passe désormais à l'intérieur de chaque institution occidentale, entre ceux qui construisent et ceux qui déconstruisent.
La première guerre froide s'est gagnée avec des missiles et du PIB. La seconde se gagnera avec des écoles, des médias libres et des modèles d'IA. Celui qui écrit les valeurs dans les machines écrira le prochain 1989.
Cette fois, ne nous trompons pas de victoire. Au travail.
@ConceptualJames@DefiyantlyFree And of course the enemy is betting that we won't be able to finish the job within the next few months, thus resulting in Leftists sympathetic to the Islamic Republic largely winning in the midterms.
I cast this frog lure one time and this gator went nuts for it. Chased the lure all the way back to shore to within a few feet of me. I'd never seen a gator get this aggressive unless I had already hooked a fish. Even then, they usually won't pursue all the way to shore.
Even married and with 3+ kids, that's not going to work. Much of this is choice. If you married in the first place, presumably you are attracted to each other. Sure, you will piss each other off over the years and it will get difficult. Still, you reconnect, help each other, fight together through all the challenges life throws your way, and repeatedly rekindle the romance. Or, one or both people can give up and wreck everything you have built.
Motte and bailey as usual. Talarico specifically and intentionally used "non-binary" Queer Theory terminology to describe God. This is not just human terms do not apply to God. Rather, Talarico specifically used a human term and applied it to God. He is a heretic. I've no doubt that his god is non-binary. Perhaps Baphomet? Texas Christians need to vote!
@ConceptualJames@SovMichael Right, I've no doubt Tucker had an agenda, likely the one you explained in another post. And Fr De Young is a self described Bible and history nerd that enjoys talking about Nephilim. I do not think De Young was privy to Tucker's strategem.
@CodyLibolt True, and yet somehow polling shows him ahead. Texans need to take this election seriously and vote, even if the Democrat candidate is a heretical clown.
@ConceptualJames I doubt De Young has any idea about Tucker. More likely, he is suprised and happy somebody is interested to discuss. Your ire at De Young is probably undeserved.
Enjoy this video of Neville Singham addressing an audience of Chinese nationals as “comrades” as he rails against the American system and calls for “a new world order that is based on multilateralism that President Xi and the CPC and China have proposed.”
This man is a Marxist. Full stop. And yet, he funds one of the most influential nonprofit networks here in the United States to the tune of $278 million—all from his comfortable perch in Shanghai.
When Singham isn’t calling for the overthrow of “fascism” and US “imperialism,” his network is fighting tooth and nail to oppose the buildout of American AI.
Are you starting to see how this works?
@JoelWBerry "fully behind Talarico" "straight" totally straight, trust me bro... This is awful. Leftists prove once again they have no idea how to pretend to be normal. I have no malice towards actors. The scriptwriting is just really bad.
Let's understand a few things about what's actually about to happen here if Zohran gets his way -- which he almost certainly will, unless courts intervene.
First and foremost, Cea Weaver and DSA 'organizers' will be unleashed with the full institutional and legal support of the city government to ramp up tenant complaints in targeted buildings. No complaint will be too small. No building will be too small. Everything will be treated as catastrophic. Full-scale demagoguery will ensue, complete with protests, rent strikes, street theater, and harassment of property owners.
Accordingly, the city buildings department will be weaponized to begin writing as many violations as possible in order to bolster the city's effort to justify a seizure. It won't matter how small or large the violations are, the total number will be breathlessly cited as evidence of mismanagement. It will be impossible for landlords to clear these violations in good faith.
The combination of a weaponized buildings department writing hundreds of thousands of dollars in fines, rent strikes, and constant threats and harassment against landlords by militant activists will make the situation untenable for any property owner to realistically fight back, and the city will seize the property. The landlord will be lucky to walk away without prison or being beaten to death in the street by an angry mob (as Zohran's buddy Hasan Piker referred to landlords -- 'let the streets run red with their capitalist blood').
But that's only the first half of the plan, and everyone needs to pay very close attention to the big picture here, because it's hugely important and has national implications.
The properties will then be turned over to nonprofits. This is no small detail. This is in fact the whole point.
The idea here is to build up Zohran's DSA-connected nonprofits with a multbillion-dollar portfolio of hard assets -- New York City real estate. This portfolio could theoretically reach into the hundreds of billions or even the trillions, depending on how aggressive they get.
Now these highly political nonprofits would become the new land barons of New York, complete with all the political clout, leverage, and reach that goes along with it. It would be a true nightmare scenario.
As it stands now, the nonprofits depend mostly on the largesse of grants, donations, and other third-party resources to stay afloat. They are lavishly funded of course, and many do hold significant assets, but it would all pale in comparison to simply handing them the keys to a New York City real estate empire, courtesy of Zohran Mamdani and the DSA.
The resources at their disposal would be immense. The organizing potential that goes along with those resources will have national implications. Every DSA candidate in every town and city in the country would be trained, funded, and staffed by organizers with ties to the NYC nonprofit empire backed by a trillion dollars in free real estate. And they would be shameless in leveraging those resources for pure political power.
That's the game plan here. That's the whole ball of wax.
Zohran isn't interested in making housing better for anyone. If he was, we'd be talking seriously about solving the NYCHA disaster.
Hell, if he was even remotely sincere about seizing these properties from 'bad landlords' for the 'public good' he'd be focused on turning them over to the city itself, as misguided as that would be.
No, this is about nothing more than consolidating political power for the DSA. Just like everything else these people do. Giving the DSA a massive war chest backed by seized real estate.
Once you understand that they have no interest in fixing anything other than elections, it all makes a lot more sense.
I am once again telling you: we aren't going crazy as a society. We're being driven crazy as a society. On purpose. By people with agendas and a lot of money.