La LFI : « La Nouvelle France » c'est toujours en lien avec des Noirs et des Arabes.
Le RN « Le Grand Remplacement » c'est toujours contre des Noirs et des Arabes.
Voilà la tenaille identitaire.
Ces partis se nourrissent : ils bossent ensemble pour mieux s'affronter à la fin.
Pour mettre deux pièces dans le débat sur la "jeune" et la "vieille école".
Pour avoir longuement étudié la question, et même fait une thèse d'histoire sur le cas précis de l'armée française avant et après 1914, puis après 1918 ; pour avoir observé aussi la chose de près à l'intérieur de l'institution, je pense qu'il y a un phénomène nouveau, par rapport à toutes ces époques : l'énorme poids des programmes militaro-industriels.
Malgré toute la bonne volonté du monde à se transformer - et pour l'armée de Terre au moins elle est indéniable - on est forcément obligé de faire avec des programmes-cathédrales que l'on met au moins dix ans à concevoir, quinze ans à produire en absorbant la majorité des ressources et vingt ans à conserver après le dernier produit.
Le conservatisme se crispe lorsque le nouveau oblige à effectuer trop de changements internes et suscite trop de perdants potentiels. Si le nouveau permet simplement à la grande majorité de faire sensiblement la même chose mais en mieux, l'évolution est rapide.
Ce que je ressens, encore une fois dans l'armée de Terre, est qu'il n'y a pas forcément beaucoup de perdants potentiels dans la révolution en cours (avec des nuances selon les armes) et celle-ci est accueillie avec enthousiasme dans les régiments, et notamment dans les régiments d'infanterie (2e RIMa et 2e REI) que j'ai pu voir récemment.
La vraie tension que j'observe n'est pas entre une jeune ou vieille école, mais entre les "innovants" et les "capacitaires". Pour faire simple : on voit à peu près dans quel sens il faut aller mais on est plombé par le programme de communications CONTACT (un milliard d'euros), déjà obsolète alors qu'il est en cours de mise en place et ce pendant des années, ou même les véhicules Griffon, Serval à un million pièce ou Jaguar à 4-6 millions, de bons engins en soi mais qui seraient mal adaptés au contexte ukrainien. Or, la simple acquisition de ces engins absorbe la majorité des ressources disponibles jusqu'en 2035.
Ce que j'entends donc c'est : réduisons les programmes lourds conçus depuis l'arrière, supprimons même les couteusement inutiles, et récupérons des ressources pour permettre aux régiments d'investir dans du léger moderne en liaison avec un écosystème industriel plus agile.
La vraie tension n'est pas entre les jeunes et les vieux, entre les capitaines et les généraux (tous les généraux que je connais sont "révolutionnaires") mais entre ceux qui sont destinés à aller dans une zone de mort peuplée de drones et robots terrestres, et le complexe militaro-industriel qui se destine surtout à faire toujours la même chose pourvu que ce soit plus cher.