Cercle soufi de transmission, d'étude et de méditation autour des enseignements du Cheikh Ahmad Tijāni et des maîtres de la voie. IG : awladul_khatm_tijani
LE MAÎTRE SPIRITUEL PARFAIT
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#SeydinaCheikh#Awladulkhatm
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Dans le soufisme, on distingue généralement quatre types de maîtres : le maître enseignant (Shaykh at-taʿlīm), le maître éducateur (Shaykh at-tarbiya), le maître élévateur (Shaykh at-tarqiya) et le maître accompli et accomplissant (Shaykh kāmil mukammil).
Le maître d’enseignement (Shaykh at-taʿlīm) transmet les sciences religieuses et spirituelles : le Coran, la Sunna, la jurisprudence, la doctrine soufie, les règles de convenance (ādāb) et les enseignements de la voie. Il instruit, mais n’est pas nécessairement chargé de transformer intérieurement les disciples.[…]
Le maître éducateur (Shaykh at tarbiyya) prend en charge la purification et la transformation intérieures du disciple. Il travaille à purifier son âme (nafs), à corriger son comportement, à détacher son cœur des créatures et à l’orienter vers Allah. Il peut lui prescrire des évocations, des retraites spirituelles, des exercices ou certaines règles particulières.
Le maître élévateur (Shaykh at-tarqiya)
Le maître élévateur possède la capacité de faire progresser effectivement le disciple à travers les stations spirituelles (maqāmāt). Il ne se contente pas d’enseigner la voie : il y fait marcher le disciple, en vertu d’une autorisation spirituelle reconnue.
Le maître accompli et accomplissant (Shaykh kāmil mukammil) est celui qui est lui-même parvenu à la connaissance d’Allah et qui a reçu l’autorisation d’éduquer et de guider d’autres personnes. Il est accompli ou réalisé intérieurement (kāmil) et capable, avec la permission d’Allah, de conduire autrui vers l’accomplissement (mukammil). Ce dernier est le seul à maîtriser toutes les stations spirituelles et à pouvoir s’adresser à chaque cheminant selon son propre niveau.
Nul ne peut revendiquer la station de murabbī (maître éducateur) sans être capable de donner à chaque créature ce qui lui sied, et d’éclaircir toute confusion ou ambiguïté liée aux états et sciences spirituels. Cela provient d’une lumière qu’Allah place dans leur cœur, et non d’un enseignement extérieur. C’est pourquoi ils sont les véritables maîtres éducateurs.[…]
Shaykh al-Islām al-Ḥājj Ibrāhīm Niasse a, quant à lui, réparti les maîtres en deux grandes catégories :
« Le maître qui veut t’être utile et le maître qui veut que tu lui sois utile. Le maître qui veut t’être utile luttera afin que tu parviennes au but, tandis que celui qui veut que tu lui sois utile ne te montrera que lui-même. »
Extrait d’un article du Shaykh Sayyid ‘Abd Razzāq Ba At tijānī Al Bambilōrī, qu’Allah l’agrée. Article complet disponible sur le lien ci-dessous.
https://t.co/XIAkLm5bHC
« Le Prophète ﷺ , est le guide des élus qui ont bénéficié de l’ouverture de ce qui était clos : al-Fātiḥ li-mā ughliqa (celui qui a ouvert ce qui était clos). Cette ouverture s’accompagne également d’une fermeture (khātimi limā sabaq) de l’âme à tout ce qui relève des bassesses et des vices de l’âme incitatrice au mal (an-nafs al-ammāra bi-s-sūʾ).
Il est également celui par lequel ceux qui ont reçu le secours divin (à travers la manifestation des lumières de la guidance divine ) sont secourus par le Vrai au moyen de la Vérité : nāṣir al-ḥaqq bi-l-ḥaqq (celui qui soutient la Vérité par la Vérité).
La capacité de réaliser cette perfection n’est donc pas le simple fruit de l’adoration ou des efforts humains. Elle relève avant tout d’une élection divine et constitue une faveur immense accordée au cheminant. »
Propos recueillis auprès de notre Maître Sayyid ‘Abd Razzāq Ba At Tijānī Al Bambilōrī le 29 juillet 2022, après le dhikr du vendredi.
Qu’Allah sanctifie son précieux secret, l’agréé et ne cesse de l’élever dans la Présence de son Seigneur tout en nous abreuvant de la mer du Pôle caché de manière perpétuelle.
Al insān al kāmil - L’Homme Universel
Partie 2 (fin)
« Ce récit montre que Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui, n’a pas accepté la foi par simple habitude, mais qu’il a cheminé à travers une recherche sincère et intellectuelle de la Vérité. Nous retrouvons ainsi l’un des archétypes de l’Homme universel dans le cheminement de Sayyidunā Ibrāhīm.
Durant le Voyage nocturne et l’Ascension céleste (al-Isrāʾ wa-l-Miʿrāj) du Prophète, paix et salut sur lui, celui-ci rencontra, au premier ciel, le prophète Ādam, paix sur lui. Notons que c’est également au ciel de ce monde que le Coran fut descendu dans son intégralité (bayt-al-‘izzah) avant d’être révélé progressivement au Prophète au cours des vingt-trois années de sa mission prophétique.
Au septième ciel, le Prophète rencontra Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui, qui enseigne le Coran aux enfants musulmans morts avant d’avoir atteint l’âge de la responsabilité religieuse. Nous observons ainsi une correspondance entre ces deux cieux associés à ces deux nobles prophètes.
Nous pouvons également relever une certaine correspondance entre :
- Le deuxième ciel (demeure de Sayyidunā ʿĪsā et de Sayyidunā Yaḥyā, paix sur eux) et le sixième ciel, associé à Sayyidunā Mūsā, paix sur lui ;
- Le troisième ciel, associé à Sayyidunā Yūsuf, paix sur lui, et le cinquième ciel, associé à Sayyidunā Hārūn, paix sur lui.
Seul le quatrième ciel, associé à Sayyidunā Idrīs, paix sur lui, possède une réalité propre et singulière par rapport aux autres. Il représente le centre et l’axe autour duquel tout gravite, conformément à la parole coranique : « Chacun vogue dans une orbite. »
Il constitue ainsi le centre de cette organisation cosmique. C’est pourquoi le Pôle de l’époque (Quṭb az-Zamān) est le maẓhar (le lieu de manifestation) de Sayyidunā Idrīs, paix sur lui. »
#Awladulkhatm
#SeydinaCheikh
Al insān al kāmil - L’Homme Universel
Partie 1
﷽
Un frère questionna le Cheikh à propos de la réalité de l’Homme universel (al-Insān al-Kāmil).
Le Cheikh ʿAbd ar-Razzāq répondit en ces termes :
« Concernant l’Homme universel (al-Insān al-Kāmil), il existe deux prototypes : Sayyidunā Ādam, paix sur lui, et Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui.
Étymologiquement, al-Insān al-Kāmil se traduit par « l’Homme parfait », mais sa traduction la plus juste, dans le sens qui nous intéresse ici, est « l’Homme universel ».
Par définition, il est celui qui englobe toutes les réalités de l’Univers, depuis la première descente, ou le premier degré de la création, qui est la Plume (al-Qalam), également appelée l’Intelligence première (al-ʿAql al-Awwal), jusqu’à la dernière descente, ou au dernier degré de la création, qui est l’Homme universel lui-même. Celui-ci est le symbole du Coran personnifié.
À ce propos, la Mère des croyants, Sayyidatunā ʿĀʾisha, qu’Allah l’agrée, fut interrogée au sujet du caractère du Prophète, paix et salut sur lui. Elle répondit : « Son comportement était le Coran » (kāna khuluquhu al-Qurʾān).
Pour que l’homme atteigne ce degré, il lui est dès lors nécessaire de revenir au modèle parfait qu’est le Prophète, paix et salut sur lui.
En somme, il doit évoluer jusqu’à rejoindre le rang des Muḥammadiyyūn, c’est-à-dire ceux qui s’abreuvent directement à la source qu’est le Prophète Muḥammad, paix et salut sur lui. »
« Ainsi, la différence entre les perfections de ces deux prototypes de l’Homme universel réside dans le fait que Sayyidunā Ādam, paix sur lui, incarne la perfection dans sa nature originelle, ayant été créé et façonné directement par Allah, le Tout-Miséricordieux, tandis que Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui, incarne l’Homme universel à travers son cheminement.
Le premier découvre sa nature primordiale et la réalité de son être, conformément à la parole : « Quiconque se connaît soit même, connaît son Seigneur » (man ʿarafa nafsahū fa qad ʿarafa Rabbahū).
Cette perfection adamique nous enseigne que le cheminant découvre ce que le Tout-Puissant a placé en lui. Cette découverte oriente alors ses efforts dans le cheminement jusqu’à la connaissance du Seigneur de l’Univers, laquelle constitue la perfection représentée par le second modèle.
À chaque prière obligatoire et à chaque récitation de la Fātiḥa, le cheminant demande la réalisation de cette perfection lorsqu’il prononce : « Guide-nous sur la voie droite » (ihdinā aṣ-ṣirāṭ al-mustaqīm).
De même, dans la récitation de la Prière de l’Ouverture (Ṣalāt al-Fāti��), le cheminant formule cette demande lorsqu’il demande à Allah de prier sur le Prophète ﷺ « celui qui guide vers Ta voie droite » (al-hādī ilā ṣirāṭika al-mustaqīm). »
« Cependant, l’archétype pur de l’Homme universel se retrouve chez les deux prophètes évoqués précédemment : Sayyidunā Ādam, paix sur lui, et Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui.
Concernant le premier, Sayyidunā Ādam, paix sur lui, Allah dit dans le Coran, dans la sourate al-Baqara : « Et Il apprit à Ādam tous les noms » (Coran, 2:31).
Dès lors, son être est lié à l’ensemble de la création, de la lettre أ (Alif) jusqu’à la lettre و (Wāw). Toute chose étant une manifestation des Noms et des Attributs divins, Ādam est donc, par sa nature même, kāmil, c’est-à-dire universel et accompli.
Concernant le second, Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui, sa perfection se manifeste dans son cheminement et, plus particulièrement, dans la réalisation de son tawḥīd.
L’évolution du tawḥīd (l’affirmation de l’Unicité d’Allah) chez Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui, à travers sa contemplation de l’étoile, de la lune puis du soleil, constitue un récit coranique profond illustrant sa quête intellectuelle et spirituelle de la Vérité. Ce récit est mentionné dans la sourate al-Anʿām (6:75-79).
Ainsi, à travers une démarche à la fois rationnelle et spirituelle, Sayyidunā Ibrāhīm fait usage de la raison pour rejeter l’idolâtrie. Il démontre que les astres, malgré leur grandeur apparente, ne sont eux-mêmes que des créatures soumises à Allah. Il proclame finalement son tawḥīd en disant :
« Je tourne mon visage exclusivement vers Celui qui a créé les cieux et la terre, en pur monothéiste. » (Coran, 6:79) »
Fin de la première partie des propos recueillis auprès de notre Maître Sayyid ‘Abd Razzāq Jibrīl Ba At-tjiānī Al Bambilōri, qu’Allah sanctifie son précieux secret et l’agrée.
Al insān al kāmil - L’Homme Universel
Partie 1
﷽
Un frère questionna le Cheikh à propos de la réalité de l’Homme universel (al-Insān al-Kāmil).
Le Cheikh ʿAbd ar-Razzāq répondit en ces termes :
« Concernant l’Homme universel (al-Insān al-Kāmil), il existe deux prototypes : Sayyidunā Ādam, paix sur lui, et Sayyidunā Ibrāhīm, paix sur lui.
Étymologiquement, al-Insān al-Kāmil se traduit par « l’Homme parfait », mais sa traduction la plus juste, dans le sens qui nous intéresse ici, est « l’Homme universel ».
Par définition, il est celui qui englobe toutes les réalités de l’Univers, depuis la première descente, ou le premier degré de la création, qui est la Plume (al-Qalam), également appelée l’Intelligence première (al-ʿAql al-Awwal), jusqu’à la dernière descente, ou au dernier degré de la création, qui est l’Homme universel lui-même. Celui-ci est le symbole du Coran personnifié.
À ce propos, la Mère des croyants, Sayyidatunā ʿĀʾisha, qu’Allah l’agrée, fut interrogée au sujet du caractère du Prophète, paix et salut sur lui. Elle répondit : « Son comportement était le Coran » (kāna khuluquhu al-Qurʾān).
Pour que l’homme atteigne ce degré, il lui est dès lors nécessaire de revenir au modèle parfait qu’est le Prophète, paix et salut sur lui.
En somme, il doit évoluer jusqu’à rejoindre le rang des Muḥammadiyyūn, c’est-à-dire ceux qui s’abreuvent directement à la source qu’est le Prophète Muḥammad, paix et salut sur lui. »
« En effet, Sayyidunā Mūsā et Sayyidunā Hārūn étaient tous deux prophètes, malgré la grande différence de degré prophétique entre eux.
Leur relation est particulièrement significative, puisque Sayyidunā Mūsā demanda explicitement à Allah que Sayyidunā Hārūn devienne son auxiliaire dans sa mission.
Lorsqu’il reçut l’ordre d’aller vers Pharaon, il demanda à Allah :
« Et assigne-moi un auxiliaire (wazīr) de ma famille : Hārūn, mon frère. Accrois par lui ma force et associe-le à ma mission. » (Coran 20, 29-32) »
2/5 — Les héritiers des 111 Sciences
Dans toute l’Existence, en dehors du Messager d’Allah ﷺ et de ses compagnons, seuls deux saints ont reçu la grâce particulière d’hériter de la totalité des 111 Sciences muhammadiennes que le Prophète ﷺ leur a lui-même accordées : Shaykh Aḥmad al-Tijānī, qu’Allah l’agrée, et son Khalife suprême, Sīdī ʿAlī Ḥarāzim Barrāda, qu’Allah l’agrée.
Ils sont eux-mêmes l’essence de la Khatmiyya. Cependant, aucun d’eux ne réalise ces 111 sciences comme le Prophète ﷺ lui-même : ils les réalisent différemment et, à chaque niveau, d’une manière moindre que lui. Une même science peut en effet être réalisée selon des degrés et des profondeurs différents.
La recommandation que le Prophète ﷺ adressa à Shaykh Aḥmad al-Tijānī au sujet de Sīdī ʿAlī Ḥarāzim indique leur rapport particulier :
« Ô Aḥmad, demande conseil à ton serviteur et à ton bien-aimé le plus réputé, ʿAlī Ḥarāzim, car il est pour toi au rang de Hārūn auprès de Mūsā. »
Comme Mūsā et Hārūn, tous deux prophètes malgré leur différence de degré, ʿAlī Ḥarāzim est celui qu’Allah a associé à la mission du Shaykh et par lequel Il a accru sa force.
Shaykh Aḥmad al-Tijānī l’a nommé son Khalife de Qāf à Qāf, c’est-à-dire de l’azal à l’abad, et a dit :
« Ce que le Khalife a dit, je l’ai dit. »
Et encore :
« Il ne parviendra rien de moi que par l’intermédiaire de Sīdī al-Ḥājj ʿAlī Ḥarāzim. »
« Heureux celui qui reconnaît sa station, et malheureux celui qui la nie : il aura perdu un immense bienfait et sera privé d’une grande faveur ici-bas et dans l’au-delà. »
Sayyid ‘Abd Razzāq Jibrīl رضي الله عنه
« Beaucoup considèrent le fait qu’il ait récité le Grand Nom puis se soit évanoui à Badr, au point que ses disciples aient cru à sa mort, comme un signe de faiblesse. Mais il n’en est pas ainsi. En réalité, il réalise, dans la récitation du Nom, ce que nul autre ne réalise.
C’est pour cette raison que le Shaykh lui demanda de se rendre à Médine et de réciter le Nom devant la noble tombe du Prophète ﷺ. S’il avait récité le Nom en ce lieu, il aurait réalisé de son vivant la fonction de Khalīfa al-Akbar. Car aucun corps ne peut réaliser totalement ce Nom sans le madad provenant du corps du Prophète ﷺ. Tous ceux qui récitent le Grand Nom n’en réalisent en réalité qu’une infime partie. C’est la raison pour laquelle ils peuvent le réciter un grand nombre de fois sans éprouver de gêne considérable, tandis que celui qui le réalise parfaitement ne peut le réciter qu’un petit nombre de fois (entre une fois et dix-huit fois pour l’essentiel).
Quiconque pense réaliser le Grand Nom tout en le récitant plusieurs fois ne le sait pas, mais il est semblable à quelqu’un qui prononce des mots dépourvus de lumière et de sens. En réalité, si toutes les créatures de l’Univers récitaient le Grand Nom 70 000 fois chacun et que son dépositaire le récitait une seule fois, la différence entre leurs récitations serait comparable à celle qui sépare la lumière du Soleil de celle des étoiles. »
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3/5 — Sīdī ʿAlī Ḥarāzim et le Grand Nom
Les flux qui émanent de l’essence du Khatm al-Awliyāʾ, Shaykh Aḥmad al-Tijānī, sont recueillis par l’essence de Sīdī ʿAlī Ḥarāzim avant d’être transmis aux autres saints, chacun selon la mesure qui lui est destinée.
Sa mort à Badr, avant celle du Shaykh, représente un déplacement de sa mission terrestre vers le Barzakh, afin qu’il y remplisse sa fonction de Khalīfa al-Akbar (Khalife suprême).
Lorsqu’il s’évanouit à Badr après avoir récité le Grand Nom (Ism Allāh al-Aʿẓam), ses compagnons, pensant qu’il était mort, l’enterrèrent. Il avait pourtant déclaré à Sīdī Ibrāhīm al-Riyāḥī :
« Celui qui possède la Connaissance, lorsqu’il prononce le Nom Suprême d’Allah, il fond ; puis, lorsqu’il achève son dhikr, il revient à son état initial. »
Ce fait ne doit donc pas être compris comme une faiblesse. Il réalise, dans la récitation du Nom, ce que nul autre ne réalise.
C’est pourquoi le Shaykh lui demanda de se rendre à Médine et de réciter le Nom devant la noble tombe du Prophète ﷺ : aucun corps ne peut réaliser totalement ce Nom sans le madad provenant du corps prophétique.
Tous ceux qui récitent le Grand Nom n’en réalisent qu’une infime partie. Celui qui le réalise parfaitement ne peut le réciter qu’un petit nombre de fois — essentiellement entre une et dix-huit fois.
Le but n’est donc pas de connaître le Grand Nom, mais de réaliser sa station.
5/5 — Les 28 héritages
Une autre science concerne les mouvements célestes et les cycles cosmiques, dans laquelle sont enfouis les secrets des Livres révélés et les connaissances qu’Allah a voulu transmettre aux créatures.
Selon Rawḍ al-Muḥibb al-Fānī, Shaykh Aḥmad al-Tijānī rapporte que celui qui en hérite comprend le mouvement des sphères et des astres.
Cette première Science muhammadienne se compose de 72 parties, chacune divisée en 72 sous-parties. Celui qui en hérite totalement réunit les sciences exotériques (ẓāhir) et ésotériques (bāṭin) et peut interpréter chaque verset du Coran selon une multiplicité de sens allant jusqu’à 72.
S’y ajoutent notamment 4 sciences relatives aux décrets divins, 6 relatives aux fondements de la Création et 8 propres au genre humain (ʿulūm Ādamiyya), liées au degré de la Wāḥidiyya dans le Hāhūt et à la réalité du verset :
« Et Il enseigna à Adam tous les Noms. »
Et tant d’autres sciences, accessibles ou inaccessibles, connues ou méconnues, manifestes ou cachées, dont aucune intelligence humaine ne saurait mesurer l’étendue.
Allah dit :
« … et il ne vous a été donné que peu de science. »
L’ensemble est résumé dans 28 héritages, préservés dans la réalité des 28 lettres. À chaque lettre, Allah a assigné un ange chargé d’en préserver la réalité.
Seul celui qui a bu à ces 28 sources peut prétendre à la station du Khatm al-Wilāya al-Muḥammadiyya, le Sceau de la Sainteté muhammadienne.
Et Allah est plus Savant.
Par Sayyid ʿAbd ar-Razzāq Jibrīl qu’Allah sanctifie son précieux secret.
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4/5 — De la Fardāniyya aux 72 Sciences
Les 111 Sciences muhammadiennes sont en réalité contenues dans la lettre Alif, première lettre du Nom Suprême, dont elle constitue le secret. Toutes les autres sciences dérivent d’elle.
Les awliyāʾ se distinguent selon la part de cet héritage qui leur est accordée, d’une science jusqu’à 72.
Quiconque hérite d’une seule de ces sciences hérite de la connaissance des Premiers et des Derniers : prophètes, saints, anges rapprochés et autres créatures.
La première Science muhammadienne s’hérite lorsque le cheminant accède à la station de la Fardāniyya, lorsqu’il devient l’un des Afrād — les Rapprochés (al-Muqarrabūn).
Lorsqu’il réalise pleinement la station des Afrād : 8 sciences.
À la Quṭbāniyya : 18 sciences.
À la Quṭbāniyya al-ʿUẓmā, ainsi que selon le degré du Pôle de l’époque : 25 à 35 sciences.
Au seuil des Mafātīḥ al-Kunūz : 50 sciences.
Lorsqu’il réalise pleinement cette station : 72 Sciences muhammadiennes.
Parmi les 111 se trouvent notamment : 1 science propre au Pôle de l’époque ; 16 propres à ceux qui réalisent la Quṭbāniyya al-ʿUẓmā sans être le Pôle ; 22 propres à l’élite des Mafātīḥ al-Kunūz ; 10 propres aux pôles ; 8 propres aux Afrād ; et 5 relatives aux influences cosmiques.
3/5 — Sīdī ʿAlī Ḥarāzim et le Grand Nom
Les flux qui émanent de l’essence du Khatm al-Awliyāʾ, Shaykh Aḥmad al-Tijānī, sont recueillis par l’essence de Sīdī ʿAlī Ḥarāzim avant d’être transmis aux autres saints, chacun selon la mesure qui lui est destinée.
Sa mort à Badr, avant celle du Shaykh, représente un déplacement de sa mission terrestre vers le Barzakh, afin qu’il y remplisse sa fonction de Khalīfa al-Akbar (Khalife suprême).
Lorsqu’il s’évanouit à Badr après avoir récité le Grand Nom (Ism Allāh al-Aʿẓam), ses compagnons, pensant qu’il était mort, l’enterrèrent. Il avait pourtant déclaré à Sīdī Ibrāhīm al-Riyāḥī :
« Celui qui possède la Connaissance, lorsqu’il prononce le Nom Suprême d’Allah, il fond ; puis, lorsqu’il achève son dhikr, il revient à son état initial. »
Ce fait ne doit donc pas être compris comme une faiblesse. Il réalise, dans la récitation du Nom, ce que nul autre ne réalise.
C’est pourquoi le Shaykh lui demanda de se rendre à Médine et de réciter le Nom devant la noble tombe du Prophète ﷺ : aucun corps ne peut réaliser totalement ce Nom sans le madad provenant du corps prophétique.
Tous ceux qui récitent le Grand Nom n’en réalisent qu’une infime partie. Celui qui le réalise parfaitement ne peut le réciter qu’un petit nombre de fois — essentiellement entre une et dix-huit fois.
Le but n’est donc pas de connaître le Grand Nom, mais de réaliser sa station.
1/5 — La Ḥaqīqa al-Muḥammadiyya
L’Essence du Prophète ﷺ, la Ḥaqīqa al-Muḥammadiyya (Réalité muhammadienne), est un trésor de sciences, de lumières, de connaissances et de perfections dont la totalité demeure inaccessible à toute créature autre que le Prophète ﷺ.
En elle se manifestent des théophanies provenant directement de l’Essence divine, au degré de l’Aḥadiyya — l’Unicité absolue.
Parmi elles se trouvent 111 flux de sciences qui se déploient dans la Réalité muhammadienne. Ces 111 flux sont appelés al-ʿUlūm al-Muḥammadiyya, les Sciences muhammadiennes.
Seules 72 sont accessibles à l’élite spirituelle dont la réalité se situe au-dessus même de celle des pôles (aqṭāb) : les Mafātīḥ al-Kunūz (Clefs des Trésors) et ceux qui viennent après eux, ayant atteint la station du Khatm.
Malgré l’immensité de leur degré, leur héritage ne dépasse donc pas 72 sciences.
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2/5 — Les héritiers des 111 Sciences
Dans toute l’Existence, en dehors du Messager d’Allah ﷺ et de ses compagnons, seuls deux saints ont reçu la grâce particulière d’hériter de la totalité des 111 Sciences muhammadiennes que le Prophète ﷺ leur a lui-même accordées : Shaykh Aḥmad al-Tijānī, qu’Allah l’agrée, et son Khalife suprême, Sīdī ʿAlī Ḥarāzim Barrāda, qu’Allah l’agrée.
Ils sont eux-mêmes l’essence de la Khatmiyya. Cependant, aucun d’eux ne réalise ces 111 sciences comme le Prophète ﷺ lui-même : ils les réalisent différemment et, à chaque niveau, d’une manière moindre que lui. Une même science peut en effet être réalisée selon des degrés et des profondeurs différents.
La recommandation que le Prophète ﷺ adressa à Shaykh Aḥmad al-Tijānī au sujet de Sīdī ʿAlī Ḥarāzim indique leur rapport particulier :
« Ô Aḥmad, demande conseil à ton serviteur et à ton bien-aimé le plus réputé, ʿAlī Ḥarāzim, car il est pour toi au rang de Hārūn auprès de Mūsā. »
Comme Mūsā et Hārūn, tous deux prophètes malgré leur différence de degré, ʿAlī Ḥarāzim est celui qu’Allah a associé à la mission du Shaykh et par lequel Il a accru sa force.
Shaykh Aḥmad al-Tijānī l’a nommé son Khalife de Qāf à Qāf, c’est-à-dire de l’azal à l’abad, et a dit :
« Ce que le Khalife a dit, je l’ai dit. »
Et encore :
« Il ne parviendra rien de moi que par l’intermédiaire de Sīdī al-Ḥājj ʿAlī Ḥarāzim. »