Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris, a demandé à ses militants d'aller "affronter" les chasseurs à l'ouverture de la saison.
Fin août, à l'université d'été du mouvement d'Aymeric Caron, elle a choisi ses mots. Aller dans les forêts et les campagnes. Empêcher ce qu'elle appelle un "permis de tuer". Se tenir "debout, face à eux, physiquement". Ce n'est pas une métaphore floue. C'est une consigne de terrain, dite par une élue de la République.
Interrogée ensuite à la télévision, elle a changé de version. Mettez un gilet jaune et allez vous promener en forêt, a-t-elle résumé. Les verbes "affronter" et "empêcher" avaient disparu. Le mot "physiquement" aussi.
Les chasseurs n'ont pas entendu une invitation à la balade. Leur fédération nationale porte plainte. Des fédérations départementales suivent. Une pétition demande sa démission. Leur président alerte déjà sur des propos violents remontés du terrain.
On peut être contre la chasse. On peut vouloir la réglementer davantage. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est une parlementaire qui désigne une activité légale comme un adversaire à affronter, puis qui réécrit la phrase dès que ça chauffe.
La France des bois n'est pas un décor pour université d'été. Ce sont des gens qui paient, qui gèrent le gibier, qui vivent là où l'État se fait rare. Leur demander de rester calmes après qu'on les a montrés du doigt, c'est le grand classique.
Qui décide vraiment ce qui est permis dans ce pays ? La loi, ou le militant qui arrive avec un gilet et une consigne ? (L'Action agricole picarde, 2 septembre 2026)
GLUCKSMANN : LE DÉBAT, MAIS SURTOUT PAS TROP VITE
Je dois reconnaître que cette interview m’a presque réconcilié avec une idée : finalement, Raphaël Glucksmann a peut-être parfaitement raison de ne pas vouloir débattre.
Après l’avoir regardé face à Apolline de Malherbe, je comprends mieux pourquoi.
Je pensais que l’on avait exagéré son talent pour l’esquive. On m’avait dit qu’il était mauvais en débat. Je découvre qu’on était encore très en dessous de la réalité.
Là, ce n’est même plus « mauvais ». C’est calamiteux.
Les questions posées ne sont pourtant pas des pièges diaboliques surgis de nulle part.
Ce sont précisément les questions auxquelles un candidat à la présidentielle doit s’attendre.
Et pourtant, à plusieurs reprises, on a l’impression de regarder un cancre à l’oral du BAC !
Réponse à côté. Pirouette. Détour. Nouvelle pirouette.
Mais la question, elle, reste tranquillement sur la table.
Et c’est probablement ce qui m’a le plus frappé : cette incapacité à répondre simplement et spontanément.
Glucksmann ne veut pas débattre avec les autres candidats ?
Evidemment, il est incapable d’encaisser une question sans donner l’impression que le cerveau cherche désespérément la sortie de secours.
Face à un contradicteur rapide, incisif et un peu moins bienveillant qu’une interview télévisée, ça risque de devenir une boucherie.
Parce qu’un débat, ce n’est pas une dissertation préparée. Ce n’est pas une tribune dans laquelle on peut prendre trois paragraphes pour contourner le sujet.
C’est du tac au tac. Une question. Une réponse. Une objection. Une réplique.
Et là, franchement, le tac au tac n’est pas exactement son sport olympique.
Devant mon écran, je n’ai pas vu un futur candidat à la présidentielle.
J’ai vu le bobo coincé, sûr de son intelligence, alors que très manifestement il n’en dispose que d’un maigre échantillon, sans valeur.
Beaucoup de posture. Beaucoup de certitudes. Beaucoup de grands principes.
J’ai bien peur que Glucksmann découvre rapidement une vérité assez cruelle : le costume de président est infiniment plus grand que lui.
Monsieur Lecornu et son gouvernement à trouver la variable d’ajustement budgétaire et c’est la famille.
Cette année, la variable d’ajustement budgétaire, ce n’est pas le train de vie de l’État. Ce n’est pas les cabinets. Ce n’est pas les inspections. Ce n’est pas les comités Théodule, les hauts-commissariats, les agences, les autorités indépendantes, les missions flash, les revues de dépenses de 485 pages, les conseils, les délégués interministériels, les task forces et les structures qui se recréent dès qu’on en ferme une.
C’est la famille.
On baisse les seuils des allocations. On supprime la réduction d’impôt pour le collège et le lycée. On transforme la majoration de retraite des parents de trois enfants en forfait. 591 000 ménages. Ceux qui travaillent, ceux qui paient déjà et ceux qui ont des enfants.
Quelle classe!!!
L’État, lui, ne se rabote pas. Il se « recentre ». Il « bascule ». Il « débranche certaines dépenses » jamais les siennes. Les comités restent. Les rapports restent. Les frais restent.
La famille, elle, devient une ligne à ajuster.
Vous parlez de natalité le lundi et vous cherchez 75 euros par mois dans les foyers le mardi.
Le palais est intouchable.
La maison, non.
Cette année, le bouc émissaire a un prénom : la famille.
Pas l’État, jamais l’État.
C’est une honte. Et c’est les pistes de votre budget.
C’est à vomir 🤮
La réalité chez LFI n’existe pas. C’est un concept bourgeois, comme le budget, la production ou le fait qu’un salaire ne pousse pas tout seul dans le jardin du Palais-Bourbon.
Louis Boyard passe sur BFM et sort la recette miracle : embaucher à tour de bras, profs, pompiers, policiers. Oui. On en a besoin, personne de sérieux ne dit le contraire.
Le problème commence juste après la virgule, là où le cerveau LFI s’arrête.
Pour les payer, il faut de l’argent.
Pour avoir de l’argent, il faut créer de la richesse.
Pour créer de la richesse, il faut des gens qui produisent, vendent, innovent, exportent, risquent, investissent.
Ce n’est pas des gens dont le bulletin de paie dépend d’un impôt prélevé sur ceux qui font encore tourner la boutique.
Mais ça, c’est trop compliqué pour le simplet Boyard. Chez lui, l’économie c’est un distributeur automatique : tu appuies sur « justice sociale », et l’État recrache des postes. D’où vient le billet ? Mystère. Qui le fabrique ? Silence. Combien de temps avant que la machine rende « fonds insuffisants » ? Hors sujet. LFI ne gère pas un pays, elle gère un slogan.
On peut aimer les profs, les pompiers et les policiers et quand même comprendre qu’on ne finance pas un hôpital avec un communiqué.
On peut vouloir plus de service public sans croire que le service public se finance tout seul miraculeusement.
La France c’est une économie, et une économie, même basique, refuse de se laisser insulter par un député qui confond « dépenser » et « produire ».
Boyard veut embaucher très bien mais commence par embaucher une notion : celle de réalité.
Chez LFI, le poste est vacant depuis longtemps. 🤭🤡
Macron, ce n’est pas un président. C’est une agence de communication mensongère.
Depuis dix ans, le pays n’a pas un cap. Il a un calendrier d’annonces, des chiffres, un sourire, et demain on verra.
Le schéma est toujours le même.
On prend un dossier flou, on gonfle le montant, on promet des milliers d’emplois.
On sort le mot « historique », on poste et on disparaît.
Le projet, lui, reste au stade PowerPoint.
Parc Dragon Ball : 6 milliards, 22 000 emplois, « du jamais vu depuis Disneyland » à t’il dit.
Le jour même, personne n’y croit. Licence japonaise absente, Toei n’est pas au courant.
Les Saoudiens gênés par le chiffre, aucune date, un protocole et déjà la victoire.
Le grand classique.
Avant ça : les usines qui « reviennent ». Les start-up nation, les 1 million d’emplois, le plein emploi.
La réindustrialisation, le nucléaire relancé, l’école du futur, la souveraineté et l’Europe puissante.
Toujours le même générique du film pourrit jusqu’à l’os.
Chez lui, l’annonce n’est pas le début d’une politique. C’est la politique.
Le réel peut attendre, le communiqué, non.
On gouverne à coups de formules. On administre à coups de tweets et on répare le pays avec des mots.
Le mensonge n’est même plus tactique. Il est structurel.
Trop de promesses, trop de chiffres, trop de « jamais vu ». Au bout d’un moment, ce n’est plus de l’optimisme. C’est une addiction à la mise en scène.
Dix ans de ce spectacle pitoyable.
Le pays a compris avant les journalistes : quand Macron annonce, il ne construit pas, il occupe l’espace et il gagne 48 heures. Il recule le moment où il faudra montrer quelque chose.
Macron c’est l’effet d’annonce, la photo le chiffre gonflé et l’oubli collectif.
Le reste, c’est du décor.
Et le décor, lui, il sait très bien que Shenron n’arrivera jamais.
Je vous présente les 3 « scientifiques » qui veulent nous expliquer que, puisque les élèves n’y arrivent pas, c’est la langue qui a tort.
Liliane Sprenger-Charolles, Anne Abeillé, Bernard Cerquiglini.
Petit rappel se sont surtout les trois auteurs du rapport du Conseil scientifique de l’Éducation nationale Rationaliser l’orthographe du Français.
Trois universitaires qui observent que moins de 20 % des élèves maîtrisent l’accord du participe passé avec avoir et en concluent qu’il faut donc le supprimer.
Le raisonnement est d’une élégance rare :
La règle est difficile, les élèves se trompent, les adultes aussi, donc la règle est « désuète » donc on la change.
On ne se demande pas pourquoi on n’arrive plus à l’enseigner.
On ne se demande pas si 8 heures de grammaire par an suffisent.
On ne se demande pas si le problème vient de la règle ou de l’école.
Non, on rationalise, on libère du temps, on modernise.
On appelle cela le progressisme.
Demain, « les lettres que j’ai reçu » sera correct.
Après-demain, on s’étonnera que plus personne ne sache distinguer un COD d’un complément circonstanciel.
Et les trois experts pourront publier un nouveau rapport expliquant que, décidément, le français est trop complexe pour les Français.
Clément Marot a importé cette règle d’Italie au XVIe siècle.
Cinq siècles plus tard, on la renvoie à l’expéditeur parce qu’elle fatigue les évaluations de fin de primaire.
Voilà ce qu’on appelle désormais « la science ».
Ma colère vient d’atteindre sa limite pas de la petite irritation, de la vraie.
Radio France n’est plus un service public.
C’est une officine. Une chapelle qui vit de l’impôt, qui se prend pour la conscience nationale, et qui déclare aujourd’hui, en assemblée générale unanime, qu’une voix un peu trop à droite est « incompatible » avec ses valeurs.
Ils votent la grève, contre le pluralisme et et avec notre argent.
Le mot « pluralisme » leur sert de bouclier depuis des années.
Derrière, c’est simple : « le bon camp » a le droit de parler le jour, l’autre a le droit de parler la nuit, et celui qui dépasse d’un centimètre se fait traiter de ligne rouge, de paillasson, d’organe multi-condamné.
L’Arcom les a déjà rappelés à l’ordre. Ils s’en foutent. Ils préfèrent bloquer l’antenne plutôt que d’admettre qu’une opinion différente a le droit d’exister sans passer par leur tamis moral.
Il faut privatiser cette officine, et vite. Pas dans six mois, pas après une énième commission, maintenant.
Qu’ils aillent chercher leurs sous chez ceux qui partagent leur catéchisme. Que le contribuable arrête d’être otage d’une rédaction qui considère qu’une grande majorité du pays n’a pas le droit de parole avant minuit.
On ne veut plus financer le luxe d’une indignation sélective, on ne veut plus financer le droit de grève contre le débat.
On coupe, on vend et on laisse enfin les gens choisir s’ils veulent ou non subventionner cette tribune.
🗣️ @GilbertCollard: "je fais un nettoyage des cités, j'envoie l'armée, on va attendre quoi? Aujourd'hui, on a vu des vidéos qui circulent, on les regarde comme des abrutis comme si on était au cinéma, j'ai un copain qui gardien de prison à la retraite, on lui a donné comme mission pour s'occuper d'aller installer des bracelets électroniques. Quand il doit aller installer un bracelet électronique dans une cité, il m'a raconté qu'il passe par une douane. Quand on en est là, des cités avec des points de deal avec des armements à l'intérieur, on envoie des forces capables de neutraliser les endroits."
🗣️ Tout est dit en - 1 min, bientôt en France?
@LeSommierRgis : sur trop plein migratoire en Angleterre : "il y a encore une fois une déconnection totale entre les élites et le peuple. Le peuple c'est lui qui subit, c'est lui qui récupère les migrants qu'on met dans des hotels en attendant leur traitement, c'est lui qui vit avec eux au quotidien, ce peuple a l'impression d'être déclassé. Il y a des statistiques ethniques au Royaume-Uni, en France, on ne peut pas en parler. Il y a 15 ans, à Londres, 90 % de la population était des britanniques de souche, aujourd'hui, il n'y en a plus que 30 %.
Cette réalité montre qu'une partie du peuple britannique se sent remplacée, se sent ostracisée, ne se sent plus chez lui, et ces excès et ces débordements sont la traduction de gens qui ont l'impression de ne plus pouvoir faire face."
Excellente idée socialiste !
Olivier Faure propose d'interdire aux entreprises qui ne sont pas engagées dans la transition écologique de verser un dividende.
La première étape est de recruter d'urgence un bon millier de fonctionnaires pour répondre à des questions telles que :
- Qu'est-ce que la transition écologique ?
- Quelle batterie d'indicateurs pour mesurer la transition écologique ?
- À partir de quel seuil peut-on considérer que l'entreprise est vraiment engagée dans la transition écologique ?
Une fois que c'est fait, ces fonctionnaires aguerris vont s'assurer, à chaque versement de dividendes, que les entreprises remplissent bien les critères.
Au fait, combien d'entreprises versent un dividende en France ? Il n'y a pas que le CAC 40... si on prend en compte toutes les boîtes, il doit bien en avoir 400 000 ...ça va faire du boulot.
Donc on recrute quelques milliers de fonctionnaires en plus.
Le système ne marche toujours pas : faisons un partenariat public-privé.
Des entreprises vont pouvoir répondre à un appel d'offre pour faire de la certification d'engagement écologique.
Quelques mallettes circulent et hop, 3 entreprises obtiennent un monopole sur la certification. Dans deux ans, on en saura plus sur les conflits d'intérêt derrière ces attributions mais l'essentiel est que le système marche.
Les entreprises doivent maintenant allouer du personnel pour faire des actions bidons pour l'écologie et pour remplir des formulaires staliniens à envoyer aux entreprises certificatrices avant chaque versement de dividende.
Bilan de l'opération :
- Les entreprises ont perdu un peu de compétitivité.
- Ça ne change rien au climat.
Mais au moins les socialistes ont détourné un peu d'argent via les postes de fonctionnaires et les marchés publics.
⚠️ ROI DU SILENCE ⚠️
Canonné sur @CNEWS
Un macroniste :
« L’immigration est nécessaire pour payer nos retraites ! »
« Ah oui ?
Nous avons accueilli 10M d’immigrés en 20 ans.
S’ils payaient nos retraites pourquoi vous acharner sur une réforme qui nous fait taffer 2 ans de plus ? »
Énorme bug.
Trente ans que cet homme nous explique comment bien vivre.
Trente ans qu’il occupe l’antenne publique pour nous parler d’environnement, de modestie, de vivre-ensemble et d’humilité, pendant que sa propre existence contredit chaque mot.
Une candidate de son jeu veut s’acheter un fourgon diesel pour travailler. Il la recadre en direct, moqueur, sur le ton de celui qui sauve la planète. Quelques semaines plus tard on le retrouve en avion pour un match, en tribune au Qatar, sur un yacht ou dans sa villa de Saint-Tropez estimée à dix millions d’euros, piscine comprise. Il collectionne les Louboutin, roule en Porsche de collection et en Tesla avec chauffeur. Le même qui a déclaré sans complexe qu’il gagne très bien sa vie et qu’il n’a pas à s’en cacher.
Le mécanisme est simple. Il a bâti une fortune colossale sur le service public. Contrats de production juteux, parts dans Banijay valorisées en dizaines de millions, cachets annuels estimés entre sept cent cinquante mille et un million d’euros, plus la radio. L’argent des Français finance l’homme qui leur enseigne la vertu. Pendant ce temps il signe des tribunes contre le Rassemblement national, menace de quitter le pays si le Front national arrive au pouvoir, et utilise son micro pour faire passer des leçons de morale que personne n’ose contester sur le plateau. Le service public lui offre la caisse de résonance. Lui offre le confort. Lui offre l’impunité morale.
La conséquence est civilisationnelle. On a laissé s’installer une caste qui prêche la frugalité depuis ses villas, la solidarité depuis ses comptes en banque et le vivre-ensemble depuis ses listes noires d’artistes. Nagui n’est pas une exception. Il est le prototype réussi. Celui qui a compris qu’il suffisait de parler le langage de la gauche bien-pensante pour continuer à s’enrichir sur le dos de ceux qu’on moralise. Le wokisme n’est pas une idéologie. C’est un costume de scène. Derrière le costume, il y a toujours le même type qui prend l’avion, qui compte ses millions et qui vous regarde de haut quand vous voulez juste bosser.
Il restera le symbole parfait de ce que trente ans de télévision publique nous ont imposé : la leçon permanente d’un homme qui ne s’applique rien.
On a vendu Mai 68 comme une fête.
Une plage sous les pavés. Des étudiants heureux. Un général trop vieux. Une jeunesse qui voulait juste aimer et respirer.
C’est une légende. Et comme toutes les légendes utiles, elle cache l’opération.
Mai 68 n’est pas né de la misère. La France de 1968 est riche. Les Trente Glorieuses tournent à plein. On n’occupe pas Nanterre parce qu’on a faim. On l’occupe parce qu’on ne supporte plus qu’il existe encore un père, un professeur, un règlement, une chambre de filles fermée à clé, une vérité qui ne se négocie pas.
Le 8 janvier 1968, à Nanterre, Cohn-Bendit interrompt le ministre Missoffe : votre Livre blanc sur la jeunesse n’a pas un mot sur le sexe. Le 22 mars, cent cinquante étudiants occupent la tour administrative. Le détonateur est minuscule. Le logiciel, lui, est déjà là.
Le but n’était pas l’Élysée. De Gaulle l’a compris plus vite que les commentateurs. Le but était la transmission. Qui a le droit de dire à un enfant ce qui est vrai, ce qui est beau, ce qui se fait et ce qui ne se fait pas. Une fois que vous cassez ça, vous n’avez plus besoin de prendre le palais. Le palais suivra.
Ils ont trouvé la formule parfaite : il est interdit d’interdire.
Écoutez le verbe. Pas « interdit », l’état. Interdire, l’action.
Le slogan prétendait abolir la norme. Il a fait autre chose. Il a changé le titulaire du verbe. Désormais, ce n’est plus le père, l’école, l’Église, l’armée, la langue elle-même qui ont le droit d’interdire. C’est le militant, le département, la rédaction, le commissaire au récit. « Interdire d’interdire » voulait dire : nous seuls interdirons.
Politiquement, ils ont perdu. En juin 68, le pays vote gaulliste à la pelle. La rue se vide. Les usines rouvrent. Le cadavre du communisme politique est déjà froid, même si l’URSS mettra encore vingt-trois ans à s’allonger dans le cercueil.
Culturellement, ils ont gagné. C’est toute l’histoire.
Faute de coup d’État, un coup d’éclat : Vincennes, 1969. Une anti-Sorbonne plantée dans un bois. Foucault y dirige la philosophie. Deleuze arrive. Lyotard. Rancière. Badiou. On n’y cherche plus ce qui est vrai. On y cherche qui domine, qui est victime, quel récit imposer. J’ai déjà raconté comment cette manufacture a traversé l’Atlantique et enfanté le wokisme. Mai 68 est l’usine. La French Theory est le produit exporté.
Le journal aussi. En 1973, Sartre et Serge July fondent Libération. L’enfant déclaré de Mai 68. Quatre ans plus tard, une pétition paraît dans Le Monde et dans Libération. Elle demande qu’on cesse de traiter comme un crime les relations sexuelles entre adultes et enfants de douze ans. « Si une fille de 13 ans a droit à la pilule, c’est pour quoi faire ? »
Parmi les signatures : Sartre, Beauvoir, Deleuze, Guattari, Barthes, Lyotard, Sollers, Aragon, Lang, Kouchner. Et Philippe Gavi, cofondateur du journal. Ce n’est pas une dérive. C’est la consigne poussée jusqu’au bout. Si interdire est le crime, alors interdire de toucher un enfant de douze ans devient le dernier tabou à faire sauter. Le même logiciel. La même caste. Les mêmes pages.
Voilà le communisme qui a vraiment survécu.
Pas celui des kolkhozes. Celui-là a implosé. Le mur tombe en 89. L’URSS se dissout en 91. En 1999, on croit que c’est fini. Fukuyama a déjà écrit la notice. Les marchés ont gagné. L’histoire aurait atteint son terme.
On s’est trompé de cadavre.
Le communisme politique est mort. Le communisme moral était déjà dans les murs. Il avait changé d’hôte. Plus besoin de saisir les moyens de production. Il suffisait de saisir les moyens de signification : l’université, la langue, la rédaction, le concours, la DRH, l’école. Rudi Dutschke l’avait dit dès 67, de l’autre côté du Rhin : la longue marche à travers les institutions. Mai 68 a été le jour J. Les trente années suivantes ont été le débarquement.
En 1999, le virus n’était pas mort. Il était incubé. Il a condamné des millions de gens qui n’avaient rien demandé : des profs honnêtes formés à soupçonner au lieu de transmettre, des jeunes à qui on a appris que leur civilisation est une scène de crime, des femmes à qui on a vendu que la nature est une oppression, des pauvres à qui on a expliqué que le mérite est une violence. Les mauvaises idées tuent d’abord ceux qui y croient. Puis elles se reproduisent.
Ce ne sont pas des monstres. Ce sont des gens qui ont reçu un logiciel. Le même qui, en 68, a pris une faculté isolée au milieu d’un bidonville et en a fait le modèle de l’université occidentale.
Il nous faut un anti-Mai 68.
Pas une revanche. Un retournement du verbe. Remettre interdire à sa place : interdire le mensonge, interdire de détruire ce qu’on n’a pas construit, interdire de confondre la liberté avec la démolition de toute norme. Et rendre à l’école, à la famille, à l’entreprise, à la langue, le droit de transmettre.
Les bâtisseurs n’ont jamais eu le luxe de la déconstruction. Le réel les sanctionne tout de suite.
Pardon. Et au travail.
🚨 Vous savez ce que devient Anne Hidalgo ?
Après douze années passées à ravager Paris et à creuser une dette abyssale, vous pensiez peut-être qu’Anne Hidalgo allait enfin découvrir le chômage.
Évidemment que non.
Dans ce merveilleux petit monde, les responsables politiques ne disparaissent jamais : ils sont recyclés par leurs amis dans des structures internationales aux noms suffisamment pompeux pour que personne ne cherche à comprendre ce qu’elles font réellement.
Anne Hidalgo est donc devenue « ambassadrice mondiale de la Convention mondiale des maires pour le climat et l’énergie ».
Vous ne savez pas ce que c’est ?
C’est normal.
Cette usine à gaz a été créée par la Commission européenne et la fondation du milliardaire Michael Bloomberg. Elle prétend représenter plus de 14 000 collectivités dans le monde afin de « porter leur voix », « créer des synergies », « mobiliser des financements », « renforcer les partenariats » et autres formules creuses dont raffolent les parasites institutionnels.
Concrètement, Anne Hidalgo va voyager, participer à des conférences, prononcer des discours, rencontrer d’autres responsables politiques et réclamer toujours davantage d’argent pour financer leurs lubies climatiques.
- Elle ne construit rien.
- Elle ne produit rien.
- Elle ne dirige aucun chantier.
- Elle ne répond devant aucun électeur.
Mais rassurez-vous : elle dispose tout de même d’un petit cabinet à Bruxelles pour organiser son agenda, préparer ses éléments de langage, répondre à ses courriels, réserver ses voyages et traiter ses notes de frais.
Rien que son assistant administratif est payé 73 382 € brut par an. Sa propre rémunération, elle, demeure soigneusement introuvable.
Et qui finance cette merveille ?
Officiellement, un mélange de fondations privées et d’argent public européen. Pour seulement trois programmes de cette machine - son secrétariat mondial et ses branches en Asie et en Amérique - l’Union européenne a déjà engagé près de 22 millions d’euros.
Donc oui, le contribuable passe encore à la caisse.
Le plus grotesque, c’est que l’évaluation commandée par l’Union européenne elle-même reconnaît des retards, des inefficacités, une gouvernance complexe, des problèmes de communication, des coûts inutiles et de grandes difficultés à mesurer les résultats concrets de tout ce cirque.
En revanche, pour organiser des sommets, rédiger des rapports, recruter de nouvelles villes et offrir une nouvelle carrière internationale aux anciens élus, la machine fonctionne parfaitement.
Voilà comment marche le système :
Vous échouez, vous endettez, vous partez… puis vos petits camarades vous offrent un titre ronflant, un bureau à Bruxelles, un cabinet et des voyages internationaux.
Ghislaine, 78 ans, retraitée est très en colère : "Je trouve inadmissible que tous ces politiques qui n'ont jamais travaillé de leur vie à part faire de la politique, qui ont des avantages mirobolants, tapent encore par lâcheté sur les retraités.
Quand vous voyez, Édith Cresson touche toujours une retraite, 30 ans après, pour quelques mois au gouvernement, je trouve ça inadmissible.
En Allemagne ou en Italie, les vacances de @GiorgiaMeloni ou du chancelier allemand ça a coûté 0 euro à l'Etat, nous, @EmmanuelMacron est parti une semaine à Brégançon, ça nous a coûté 400 000 € sans compter tous ses déplacements, tout l'argent qu'il distribue à droite ou à gauche, l'Etat fait aucune économie.
Le budget du Sénat est mirobolant, ça suffit pour l'argent qu'il leur manque!"
Après Cumulators et les Constatators je vous présente les Rapportators
Cousins germains germains (rares) des Cumulators et des Constatators.
Spécialité maison : quelque chose cloche, on commande un rapport.
On attend le rapport.
On commente le rapport.
On promet des suites « dès que le rapport sera pleinement analysé ».
Puis on commande… un nouveau rapport.
Le mode d’emploi est simple :
1. Problème réel (déficit, incendies, armées, climat, pouvoir d’achat…).
2. « Nous lançons une mission flash / un rapport d’expertise / une évaluation indépendante. »
3. Délai : 15 jours, 3 mois, 6 mois… (au choix).
4. Réception du rapport avec mine grave.
5. « Les conclusions sont intéressantes, nous allons les étudier. »
6. Retour à l’étape 1.
Roland Lescure Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle.
Lui, c’est le Rapportator des chiffres.
Déficit ? Rapport.
Inflation ? Rapport.
Réindustrialisation ? Rapport, feuille de route et comité de suivi.
Il peut te sortir un PowerPoint de 87 pages en 48 h.
Pendant ce temps, le trou se creuse, mais « les indicateurs sont sous surveillance étroite ».
Catherine Vautrin
Ministre des Armées et des Anciens combattants.
Spécialité : les rapports de capacité et les « revues stratégiques ».
Besoin de drones ? Rapport.
Munitions ? Rapport.
Morale des troupes ? Encore un rapport.
Elle constate (pardon, elle rapporte) que « l’effort est sans précédent ».
Pendant que les stocks restent… à étudier.
Monique Barbut
Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales.
La reine des rapports climatiques et des COP.
Canicule ? Rapport d’adaptation.
Forêts qui brûlent ? Mission d’évaluation.
Pesticides ? « Nous attendons l’avis de l’ANSES et un rapport complémentaire. »
Elle a même proposé de financer l’adaptation avec « l’épargne des Français » après un rapport, bien sûr.
Le climat n’attend pas, les rapports si.
Maud Bregeon
Porte-parole du Gouvernement (et énergie en bonus).
Elle, c’est la Rapportator de com’.
Chaque crise devient une « séquence de communication » appuyée sur un rapport.
Elle traduit les 200 pages en trois phrases rassurantes :
« Priorités claires », « mobilisation totale », « l’État est au rendez-vous ».
Le rapport original finit dans un tiroir, la formule reste.
Bravo les gars (et les filles).
Lescure pour les tableaux Excel.
Vautrin pour les livres blancs de la défense.
Barbut pour les rapports verts.
Bregeon pour la version grand public.
Vous êtes les champions de la République du Rapport Permanent.
On ne gouverne plus : on documente, on évalue, on missionne.
Prochaine crise dans 48 h max.
Préparez déjà le communiqué :
« Une mission indépendante sera diligentée dans les plus brefs délais. »
On connaît le script.
Le pays, lui, continue d’attendre les conclusions pendant que les Rapportators remplissent les classeurs.🤣
Il y quelques jours, on a parlé des Cumulators et de leur retraite dorée.
Aujourd’hui, place à leur cousin germain : LES CONSTATORS.
Spécialité maison : ouvrir un constat d’urgence, réunir une cellule de crise, faire une mine grave et recommencer demain.
Le chef de la bande, Emmanuel Macron.
Lui, il constate de très haut.
« C’est inédit », « c’est historique », « on ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent ».
Traduction : « C’est pas ma faute, c’est la météo, la géopolitique, le monde qui a changé. »
Le Constateur en chef. Il regarde le feu depuis Antibes et trouve ça « totalement inédit ».
Le patron de la boutique, Sébastien Lecornu.
Premier ministre et champion toutes catégories du « constat d’urgence conseil ».
Canicule ? Cellule de crise.
Incendies ? Cellule de crise.
Budget introuvable ? Loi spéciale d’urgence.
Cyberattaque ? Nouvelle unité d’urgence.
L’homme ne gouverne plus, il constate en boucle.
Lecornu a transformé Matignon en tour de contrôle permanente.
Il active les plans ORSAN comme d’autres commandent un café.
Niveau 2 le mardi, niveau 3 le jeudi… on n’est plus loin du « niveau apocalypse mais on a bien constaté ».
Pendant ce temps, les réformes de fond ?
« On verra plus tard, là c’est l’urgence. »
Arrive Gérald Darmanin.
Lui, sa spécialité, c’est le constat des « dysfonctionnements accablants et inacceptables ».
Il constate que ça dysfonctionne.
Il constate que c’est grave.
Il constate qu’il est choqué.
Et après le constat ? On demande un rapport sous 15 jours. Classique.
Et Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur.
Lui, il a le talent rare de constater deux choses en même temps :
– Devant les pompiers (en privé) : « Vous avez raison, y’a pas assez de moyens. »
– Devant les Français (en public) : posture officielle, « tout est sous contrôle ».
Le double constat. Un artiste.
Le mode d’emploi du Constatator version 2026 :
1. Quelque chose brûle / fond / explose / dysfonctionne.
2. On active une cellule interministérielle de crise.
3. On fait un constat solennel.
4. On annonce des moyens « dès demain ».
5. On attend la prochaine crise.
6. Retour à l’étape 1.
C’est rodé. C’est fluide. C’est presque une discipline olympique.
Le plus beau dans tout ça ?
Ils constatent tellement d’urgences qu’ils n’ont plus le temps de gouverner.
La France est devenue un grand cabinet d’expertise en constats.
On ne résout plus les problèmes, on les documente en temps réel avec une gravité digne des plus grands experts.
Alors bravo les gars.
Macron pour la hauteur de vue.
Lecornu pour le volume de constats.
Darmanin pour le constat moral.
Nunez pour le constat à géométrie variable.
Vous êtes les rois.
Les vrais champions de la République du Constat Permanent.
Prochaine crise dans 48h maximum.
On vous laisse préparer les formules toutes faites :
« Situation inédite », « mobilisation totale », « priorités claires », « l’État est au rendez-vous ».
On connaît déjà le script.
On a juste plus le droit de rire ou alors si, justement.
Les Constatators, c’est le nouveau luxe français : on constate cher, on constate souvent, on constate longtemps.
Et le pays, lui, continue de brûler pendant qu’on remplit les procès-verbaux.
Gros coup de gueule de José Pérez, coprésident de la CR sur la gestion de l'eau en France :
"La gestion de l'eau est catastrophique, il y a des gens qui vivent sur le système, tout le monde a peur de cette écologie punitive, c'est une catastrophe. Créer des lacs, faire des réserves, faire des barrages, il y a quoi de plus normal?
On a l'exemple du fameux lac de Caussade, qui a été fait illégalement, alors que toutes les autorisations étaient en-cours, mais une asso d'écolos s'est mise au milieu.
Nos prédécesseurs ont eu le courage de faire ce lac et, aujourd'hui, il alimente 40 exploitations, il y a de l'eau dans le Caussade, il y a une vie, il y a des poissons, et tout le monde est ravit.
Je ne comprends pas que dans le beau pays qu'est la France, on nous mette des contraintes en permanence, et avec les quantités de millions de m³ qui sont passés dans la Garonne cet hiver, qu'on n'en ait pas gardé une partie pour irriger.
Il y a une gestion catastrophique de l'irrigation, il faut arrêter d'avoir peur de ces écologistes qui comprennent rien. Si on dit à un écolo : "Si on crée un lac, il y aura de l'eau toute l'année, alors que si il n'y a pas de lac, les ruisseaux se vident, je ne comprends pas, je ne sais même pas s'ils se rendent compte de ce qu'ils disent !"