Nouvelle victoire, cette fois contre Bouygues, au sein même du Tribunal judiciaire qu’ils ont construit.
Après avoir fait tomber des procédures initiées par Emmanuel et Brigitte Macron, Didier Lallement, Gérald Darmanin, Martin Hirsch… et une infinité de leurs subordonnés, une avancée de plus dans cette véritable guerre de positions dans laquelle on ne va rien lâcher.
Bouygues avait décidé de me poursuivre après que j’ai dénoncé la corruption qui a entouré la construction du Tribunal judiciaire de Paris.
Je me suis défendu seul, et obtenu la relaxe, face à une litanie de confrères mobilisés pour l’occasion.
Du conseil constitutionnel, qui nous a récemment donné raison, aux tribunaux judiciaires, administratifs et cours d’appel de Pontoise, Toulon, Grenoble, Cayenne, Fort de France, Saint-Omer, Melun, Nanterre, Cusset, Paris… en passant par Dakar, si on ne nous en avait pas empêché, Luxembourg, Abuja, Madrid, Strasbourg, Genève, La Haye, où nous représentons cahin cahan des citoyens et militants contre des puissants, ces derniers mois ont été chargés.
En l’occurrence, l’histoire remonte à 2019, et l’audience n’a eu lieu qu’en avril dernier. Elle a duré des heures. Nous avons tout invoqué. Et il a fallu quatre mois de délibéré pour que la relaxe soit acquise.
J’étais jugé au sein même du bâtiment qui était dénoncé.
Nous avons dû faire face, collectivement à une infinité de procédures ces dernières années. A chaque fois, une lutte titanesque pour les emporter.
Il faut les voir et les éprouver, les regards des magistrats, lorsqu’ils doivent rendre des décisions dont ils craignent les répercussions. Parce que le plaignant a pour nom Macron. Ceux qui, cyniques au dernier degré, paons satisfaits, sentant le souffle du pouvoir, se font au contraire porteurs de violences infinies. Ceux qui, enfin, comptent sur le silence et la discrétion pour tenter d’enterrer les affaires sans discussion.
Les rares, les très rares qui savent se libérer de la bêtise, la vanité et les préjugés.
Il faut surtout l’éprouver, ce long chemin déshumanisé, qui attend les justiciables et leurs conseils avant d’être innocentés. S’interroger sur ce sentiment de loterie, qui ne cesse de vous accompagner.
Nous prenons très peu d’affaires, malgré le nombre absurde de sollicitations, car nous choyons les nôtres, et sommes prêts à tout pour les accompagner.
Jusqu’à, comme au Sénégal, risquer la prison ou lors de l’affaire Pavlenski, la radiation.
Toujours, cependant, cette pesanteur. Cette violence de l’institution. Ces années passées à attendre, s’inquiéter, craindre de ne pas avoir su assez s’expliquer. Et que quelques hommes, d’un mot, dévastent des destins qui auraient dû être choyés.
J’ai pris le parti de croire que l’absurdité de ce que nous appelons « justice » et la terreur que les défaillances de cet édifice suscitent chez une grande partie de la population sont tout à fait intentionnels. Quelle meilleure façon de s’assurer qu’un peuple se tienne sage ?
Lundi, après quatre ans de lutte, nous avons obtenu la premier audition devant un juge d’instruction de Maxime Nicolle, figure des gilets jaunes, arrêté sur ordre politique le 14 juillet 2019, sans aucune justification.
Le ministre de l’intérieur et le préfet de police, qui s’en étaient félicités, étaient cités dans notre plainte, ainsi que les membres de l’Elysée ayant ordonné l’opération. Les conséquences ont été immédiates. Quatre ans durant, il aura fallu contourner des obstacles aberrants.
Nous n’avons rien lâché. Mais vous n’imaginez pas la débauche de moyens mise en œuvre pour enterrer, orienter, instrumentaliser. Pour, le cas échéant, garantir l’impunité ou au contraire sacrifier.
Qui croit en « l’indépendance » de l’autorité judiciaire est aveugle ou ne l’a jamais éprouvée lorsque le pouvoir décide de s’y intéresser.
Je peux vous l’assurer.
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