Madame Celeste Amarilla,
Vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction.
Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. Par votre inconscience et votre racisme décomplexé, le monde entier a déjà oublié le parcours et l’effort historique que vos joueurs ont réalisés durant cette coupe du monde pour laisser place à une dame incompétente donnant la pire image possible de son pays.
Je ne laisserai jamais aux gens comme elle, la liberté de laisser propager leur haine et leur racisme à travers le monde.
Pendant plus de deux ans, le reporter Palestinien Suhail Nassar a filmé son quotidien et celui de deux enfants dans le génocide de la bande de Gaza
On aurait jamais pu faire ce film sans votre aide et désormais il vous appartient
From Gaza with love
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Des souris et des hommes de John Steinbeck, publié en 1937, est l'un de ces romans qu'on finit la gorge serrée, les yeux humides, en se demandant comment si peu de pages ont pu faire autant de dégâts. Pas de saga en mille tomes. Pas d'intrigue labyrinthique. Juste deux hommes, un rêve, et un monde qui ne leur laissera aucune chance.
George et Lennie sont ouvriers agricoles itinérants en Californie. George est petit, vif, lucide, peut-être trop. Lennie est immense, fort comme un bœuf, et déficient intellectuel : incapable de contrôler sa propre force, incapable de comprendre le danger qu'il représente. Ils dorment à la belle étoile, voyagent de ranch en ranch, et partagent un rêve humble mais lumineux : posséder un jour leur propre lopin de terre, élever des lapins, être enfin libres. Ce rêve, Lennie le fait répéter à George comme une prière, comme un conte pour enfants qu'on réclame chaque soir avant de dormir. Et chaque fois que George le raconte, on y croit avec eux. C'est là tout le génie de Steinbeck.
Mais pour comprendre ce roman, il faut comprendre l'Amérique dans laquelle il est né. Nous sommes en pleine Grande Dépression. Après le krach boursier de 1929, des millions d'Américains sont ruinés. Dans les Grandes Plaines, une sécheresse catastrophique, le Dust Bowl, détruit les terres agricoles sur des milliers de kilomètres. Des centaines de milliers de familles abandonnent tout et migrent vers la Californie, espérant survivre comme ouvriers saisonniers. On les appelle les "Okies". On les méprise. On les exploite. Ils n'ont ni droits, ni voix, ni avenir.
C'est dans ce monde-là que Steinbeck a grandi. Né en 1902 à Salinas, en Californie, il n'écrit pas sur les ouvriers agricoles depuis un bureau confortable, il a travaillé avec eux, vécu comme eux, partagé leur misère et leurs rires.
Dans le ranch où débarquent George et Lennie, on rencontre une galerie de personnages que l'Amérique officielle préférerait oublier. Candy, le vieux balayeur manchot, qui sait que le jour où il ne servira plus à rien, on le jettera comme on vient de jeter son vieux chien. Crooks, le palefrenier noir, ségrégué dans son écurie, interdit de dortoir parce que sa peau est d'une autre couleur. La femme de Curley, sans prénom dans tout le roman, juste "la femme de", seule, cherchant désespérément un regard humain dans un monde d'hommes qui ne voient en elle qu'un danger. Chacun de ces personnages est une fracture dans le mythe américain.
Car c'est bien de ça que parle ce roman, au fond : du rêve américain comme promesse cruelle. La "terre promise", la liberté, la réussite par le travail : tout cela existe dans les discours, pas dans les vies de ces hommes. Steinbeck montre que le système broie ses membres les plus vulnérables non par méchanceté pure, mais par indifférence totale. Ce qui est peut-être pire.
La force du roman tient aussi à sa construction. Steinbeck écrit comme on raconterait une histoire au coin d'un feu de camp, une prose limpide, presque orale, des dialogues d'une justesse absolue.
John Steinbeck recevra le prix Nobel de littérature en 1962. L'Académie suédoise saluera "son réalisme imaginatif et sa sympathie humaine profonde." Mais la vraie récompense, c'est ce moment où vous refermez ce livre de 120 pages et que vous restez là, silencieux, à penser à George, à Lennie, à leurs lapins qu’ils rêvent de posséder un jour.
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