Texte très bien écrit. Trop bien même. Aucun doute possible, aucune nuance, un mari réduit à une pizza et une radio, un chien qui comprend mieux que lui. C'est pas un témoignage, c'est un réquisitoire calibré pour les réseaux.
Elle "porte tout" depuis 20 ans. D'accord. Mais qui a décidé qu'elle devait tout porter ? Qui n'a jamais lâché le contrôle ? Qui sait "où sont les papiers, quel médecin appeler, à quelle heure la pilule" et le dit avec autant de fierté que d'amertume ?
Le profil existe et il est documenté : on prend tout en charge, on surveille tout, on corrige tout, et au bout de 15 ans on s'effondre en disant "je suis seule à penser". Oui. Parce que quand l'autre a essayé, ce n'était jamais le bon produit, jamais la bonne heure, jamais la bonne méthode. Alors il a arrêté d'essayer. Ce n'est pas une excuse. C'est un mécanisme à deux. Et le nommer, apparemment, c'est déjà insupportable.
Beaucoup de femmes se plaignent de "penser à tout". Souvent c'est vrai et c'est épuisant. Mais souvent aussi, "penser à tout" veut dire "n'accepter que ma façon de faire". Pendant ce temps l'homme, lui, a changé à peu près toutes ses habitudes de vie pour entrer dans le cadre du couple. Sa façon de ranger, de manger, de voir ses amis, d'organiser son temps, tout ça a été négocié (ou imposé) sans que personne ne parle de sa "charge mentale" à lui. Il "aide" ? Peut-être qu'il a appris qu'il n'avait droit qu'à ça : exécuter les consignes et encaisser le reproche.
Et la doxa ambiante n'arrange rien. On glorifie tous les petits travers féminins parce que ça fait vendre du papier glacé, ça fait du contenu, ça fait des likes. "Queen", "tu mérites mieux", "écoute-toi". Jamais "est-ce que tu as essayé de lui parler vraiment ?". Jamais "est-ce que tu lui as laissé la place de faire à sa manière ?". Au lieu d'expliquer comment faire marcher Mars et Vénus en harmonie, on fabrique des camps. Des victimes d'un côté, des coupables de l'autre. Et on appelle ça de l'empowerment.
Et puis il y a le détail qui dit tout. Elle rappelle à 17h30. Elle écrit à 18h45. Mais à 19h, rien. À 20h, rien. À 21h, rien. Le service était saturé, d'accord. Un SMS prend dix secondes. Soit elle n'a vraiment pas pu, soit, quelque part, elle avait besoin que ça rate. Besoin de la preuve matérielle, indiscutable, pour justifier un départ déjà acté dans sa tête. Parce que "à quoi tu sers ici", ça ne sort pas d'une nuit difficile. C'est du mépris. Et le mépris, ça met des années à mûrir.
Mais bordel, le vrai problème c'est pas Linda. C'est ce texte. Et toute la machine derrière. C'est de l'engagement farming, pur, décomplexé, avec les bons ingrédients : la femme épuisée, le mari inutile, l'animal innocent, la phrase choc en fin de paragraphe, le tout emballé dans une écriture qui interdit la contradiction parce que si tu nuances, "tu défends le mari", et si tu défends le mari, "tu fais partie du problème". Ferme ta gueule et partage.
Un million de vues. Des milliers de "c'est tellement mon histoire". Et si dans le lot, dix femmes qui traversent juste un passage difficile lisent ça un soir de fatigue et décident que leur mec est "le gars du texte" au lieu d'aller en thérapie de couple, on s'en bat les couilles. C'est pas la faute de l'auteur si madame est influençable. Le compteur tourne, l'algo récompense. Les couples cassés, les gosses qui feront deux Noëls, les mecs qui comprendront jamais ce qui leur est tombé dessus, c'est les dommages collatéraux.
Et ça, ça a l'odeur du sang.
Le mal existe.
Quand on vous dit ce que vous voulez entendre c'est pas pour votre bien.
@camille_moscow Je pense que les métaux de synthèse seront plutôt utilisés pour la construction de produit électronique
Mais la valeur des métaux naturels ne changera pas trop