@pirflor@matthieu_lahaye Oui elles permettaient cela, tout en proposant des programmes de maths sérieux adaptés à différents profils et surtt évitaient les triplettes hasardeuses pour le post bac (ex. physique sans maths). En term. scient. le choix médecine vs école d’ingé. ne se faisait pas dès la 1re.
@pirflor@matthieu_lahaye Sujet différent selon les « orientations » mais peu importe le niveau, c’est une absurdité par rapport aux intentions du programme de 1re des non spécialistes : « réconciliation et changer l’image des maths ».
Et la spé, la seule avec une épreuve en 1re et poids +lourd pr le bac.
@matthieu_lahaye En maths (jns pas pr les autres matières), les programmes sont denses pour le temps EFFECTIF disponible trop étriqué (pas 36 semaines plutôt 28). Ce qui empêche une bonne assimilation et cause de l’échec. Ce n’est pas ambitieux d’envoyer ainsi une partie des élèves dans le mur.
@pirflor@matthieu_lahaye Instaurer pour tous les élèves, une épreuve en fin de première dont le résultat sera connu pour parcours sup, peu de chance que ça casse la suprématie des maths.
Quant à réconcilier les fâchés et leur donner une autre image des maths, pas sûr que ce soit très efficace.
@DenisBRoth@matthieu_lahaye@CTorossian_Off c’est d’autant moins un retour aux mathématiques du bac C qu’il n’y a plus que 4h en 2de et 4h en 1ère spé maths dans le « nouveau » lycée.
On est loin des 8h de maths en 1ère spé souhaitées dans le rapport VT mais pas mises en recommandation par les auteurs 🙃
Avec la réforme collège 2016, on avait découvert, par la magie des « cycles », l’application simultanée des programmes pour les différents niveaux.
Mais là, le record des décisions absurdes est pulvérisé et pourtant avec la réforme du lycée, le niveau était très haut.
Le taux d'élèves passant en seconde GT n'a bougé que de manière anecdotique depuis 1995: de 62% à 65% environ.
Si le niveau s'est effondré, ce n'est pas à cause de l'afflux d'élèves supplémentaires qui, il y a 30 ans, ne seraient pas rentrés en seconde.
Le taux d'élèves passant en seconde GT n'a bougé que de manière anecdotique depuis 1995: de 62% à 65% environ.
Si le niveau s'est effondré, ce n'est pas à cause de l'afflux d'élèves supplémentaires qui, il y a 30 ans, ne seraient pas rentrés en seconde.
Aussi séduisant soit-il, je ne partage pas du tout cet avis.
Loin d'être originale ou visionnaire, l'idée défendue ici est en réalité très répandue, et elle n'en est que plus dangereuse. Il est d'ailleurs intéressant que ceux qui croient savoir ce qui rendrait les mathématiques "enfin intéressantes" sont ceux-là mêmes qui, d'une part, ne les trouvent PAS intéressantes, et d'autre part, ignorent pratiquement tout de ce qu'elles sont.
L'idée qu'un élève s'intéressera aux mathématiques le jour où il comprendra qu'elles servent à stabiliser des drones ou à orienter des bras robotiques est une idée absurde, voire grotesque. Ce n'est pas seulement se tromper sur la question des mathématiques, c'est aussi se tromper sur la nature de la motivation intellectuelle en général.
On n'apprend pas une chose parce qu'elle est utile – en tout cas pas en profondeur, et pas durablement. L'utilité immédiate peut déclencher un intérêt superficiel, une curiosité passagère, chassée par la suivante. Mais ce qui engage vraiment un esprit, ce qui l'amène à revenir, à insister, à traverser les difficultés, c'est tout autre chose : une résonance intérieure, le contact avec quelque chose d'indéfinissable, un aperçu fugace d'une fragile notion vérité, une rencontre inattendue avec un univers plus vaste, pas tout à fait inaccessible. C'est là qu'opèrent avec puissance les mathématiques. Les réduire à un outil au service d'applications techniques, c'est leur ôter précisément ce qui les rend précieuses, et c'est donc en réalité c'est leur ôter toute chance de susciter le moindre intérêt. D'ailleurs, la méthode proposée a été tentée, maintes et maintes moins… toujours avec le même résultat catastrophique.
Bref, certaines affirmations contenues dans ce message sont séduisantes, mais tout simplement fausses : non, il n'est pas vrai que "les maths deviennent passionnantes quand elles résolvent un problème que vous pouvez toucher, voir et manipuler." Outre que nous n'ayons manifestement pas le même sens du mot "passionnant" (!), c'est n'est tout simplement pas des mathématiques qu'il s'agit ici. C'est comme si l'on disait : "la philosophie devient passionnante quand elle permet d'écrire une liste de course à présenter à un marchant de légumes" (et j'adore les légumes !).
D'ailleurs, l'argument utilitaire s'effondre de lui-mêmes, balayé par les révolutions en cours. Car si l'objectif est de résoudre des équations différentielles ou d'inverser une matrice pour je ne sais quel processus d'optimisation, alors ce type d'apprentissage devient de plus en plus inutile, au contraire ! Franchement, les machines font ça très bien toutes seules. Et il n'y a même plus besoin d'apprendre à les programmer. L'IA s'en charge à merveille !
C'est un contresens complet que de croire qu'on a besoin de plus de gens qui savent résoudre des problèmes de maths. Ce dont on a besoin, ce sont des gens qui savent penser, qui savent dépasser l'évidence approximative, qui savent envisager les choses à leur racine, qui savent identifier des structures communes dans des situations diverses, qui savent envisager les problèmes dans leur globalité, comprendre les dépendances de différentes propriétés d'une même chose, interroger les présupposés hasardeux, etc.
Ce sont des capacités que les mathématiques — dans leur dimension abstraite, justement — développent de manière unique. Les transformer en formation technique déguisée, c'est rater complètement la cible.
À vrai dire, il me paraît difficile d'imaginer projet plus aliénant, moins émancipateur que celui qui consisterait à inculquer l'idée que la valeur des choses se trouve dans leur utilité technique, concrète, immédiate.
Et d'ailleurs, s'il y a effectivement lieu de s'alarmer de l'effondrement du niveau mathématique en France, c'est parce que ce qui a longtemps donné son avantage économique et technologique à notre société, c'est précisément de ne pas l'avoir visé d'emblée dès la maternelle ! C'est d'avoir visé plus loin. Plus profond. D'avoir élevé l'âme et l'esprit à la structure fondamentale des choses, au goût de la vérité, à la méditation sur la nature du monde, sur la notion même d'objet, d'élément, de système, plutôt qu'à tel ou tel système particulier, sans intérêt en lui-même. Les mathématiques révèlent ce qui a un intérêt profond derrière ce qui n'a de l'intérêt que très localement, très anecdotiquement.
Sans compter que les grandes avancées technologiques dont notre société marchande est si friande ne sont absolument pas issues de mathématiques développées avec une quelconque visée applicative (nombres complexes, géométrie non-euclidienne, théorie des groupes, et tant d'autres…).
Comme j'aime à le répéter : on ne découvre pas le laser en cherchant à améliorer la bougie !
Bref, la solution au problème de l'enseignement des mathématiques n'est pas dans l'abaissement des ambitions sous couvert de "pédagogie active". Elle est dans la capacité à transmettre ce qu'il y a de profond, de vaste, d'abstrait bien sûr, bref, de fondamentalement humain car prodigieusement émancipateur, dans les mathématiques elles-mêmes – et, non, ce n'est pas la possibilité de stabiliser un drone en vol !
Ce n'est pas facile, cela requiert de l'exigence – un mot à réhabiliter d'urgence ! – et des enseignants compétents, passionnés, comprenant leur discipline. Mais c'est indispensable.
@CyniqueDeGauche coquille dans 4 pour infty : changer un + infty en un -
rq :
- avec cette notation pour infini alors dans 5, infty-infty n’est pas forcément une FI, par ex +infty-(-infty)
- pr u/v avec limv=0 sf 0+ ou 0-, la précision « v non APCR » est redondante avec la notation 0 sf 0+ ou 0-
@CyniqueDeGauche Décidément, merci pour vos partages théoriques et pratiques.
Coquilles : la numérotation des titres (il y a 2 * no 3) et dans le tableau de signe pour a<0, la 1ere racine devrait être x_2.
J’aurais qqs « suggestions » que je vous proposerai dès que possible.
@CyniqueDeGauche Oui, pour mettre en place un enseignement efficace qui respecte le fonctionnement du cerveau le temps manque cruellement (nbre d’h effectives sur l’année tellement inférieur aux 36 semaines sur lesquelles sont conçus les programmes et ceux à chaque niveau)…