L’audition (magistrale) du patron de Mistral AI Arthur Mensch par la commission d’enquête sur les vulnérabilités numériques devant une salle quasi vide: une image humiliante pour les députés, qui en dit long sur la hiérarchie des enjeux pour de nombreux politiques…
Excellente intervention de Mensch cette semaine à la commission d’enquête sur la souveraineté numérique.
Il aborde à peu près tous les thèmes avec brio, et expose parfaitement les enjeux.
C'est à se taper la tête contre les murs qu’il n’y ait eu qu’une poignée de personnes présentes, alors que c’est le futur du pays qui se joue là.
TOUS les politiciens devraient prendre verbatim son intervention et l'intégrer à leur programme 2027.
Ceux qui ne comprennent pas ce qu'il dit, ceux qui ne le prennent pas en compte, trahissent la France et son avenir.
Résumé :
Mensch commence par exempliquer que si la France et l'Europe passent à côté de l'IA, elles sortent de l'Histoire, et que ça se joue maintenant.
Stratégie de reconquête numérique : Le cloud, c'est l'IA. La distinction entre les deux est obsolète. La croissance et la marge à haute valeur ajoutée sont dans l'IA ; tout le reste suit.
Conséquence opérationnelle : on ne reconquiert pas le cloud par les couches basses (stockage, VM), on part de la couche haute marge et on redescend. C'est la matrice exacte d'un colbertisme technologique appliqué au numérique : capter l'amont stratégique, laisser l'aval se déployer.
Cadre macro. L'IA transforme électricité en tokens, ressource naturelle à traiter comme telle. Horizon 3-4 ans : 10% de la masse salariale européenne sera dépensée en IA, soit 1 trillion annuel. Importé, c'est 1 trillion de déficit commercial supplémentaire, réinvesti en R&D ailleurs. L'Europe n'a donc qu'un seul enjeu économique pour sa balance commerciale : produire de l'IA localement.
Horizon 5 ans : 1 kW d'IA potentiellement utilisable par personne, 40 GW à construire en France, 400 GW en Europe, 20 trillions d'investissement. C'est 24 EPR2 pour la France ! Sur la chaîne électron=>token, 10% de la valeur revient à l'électron, 90% au reste. Vendre seulement de l'électricité revient à abandonner 90% de la valeur. Mensch reprend cette idée essentielle que vendre de l'électrcité sans la tranformer en IA est une stratégie de pays non industrialisé. C'est précisément la trajectoire que la banane rouge doit empêcher : la France ne doit pas devenir la batterie d'un système industriel arbitré ailleurs.
Souveraineté = levier, pas isolationnisme. Importer 100% des services numériques = aucune carte à la table. Exporter de la technologie = levier réel. Mistral fait 70% hors de France, 25% hors d'Europe. Postionnement de Mensch contre le libre-échange naïf et contre l'autarcie symbolique.
Urgence : fenêtre de 2 ans. Les hyperscalers déploient 1 trillion en 2026 et monopolisent l'énergie européenne avant que la demande ne se matérialise. Surplus français de 9 GW capté par ceux qui paient avant la demande et aujourd'hui gaspillés en bradant à nos voisins. Mistral vise 1 GW d'ici 2029, insuffisant faute de visibilité marché. C'est le calendrier réel d'une résurgence civilisationnelle : deux ans pour reprendre une position dans la chaîne, ou disparition durable de la fonction.
Commande publique = levier décisif sous-utilisé. 50% du PIB européen. Doctrine américaine depuis les années 40. Tabou européen à briser. Préférence en bout de chaîne sur les services à forte valeur ajoutée, pas en subvention amont. Planifier la demande, pas la dépense. Application directe de la doctrine défendue ici : l'État ne distribue pas, il oriente la demande vers la base productive nationale.
Critique de la régulation comme protection. La régulation favorise toujours les gros, donc les Américains. RGPD + DSA + AI Act + copyright = empilement incohérent, 27 régulateurs.
Fragmentation : 60 telcos contre 3 aux US, fiscalité et droit social non unifiés. Mais attention au récit colonial intériorisé : "l'Europe a perdu car elle régule." Ce n'est pas le point central. Le point central est la domination géopolitique américaine et le manque d'investissement européen.
Validation directe du refus de l'échelle européenne : Mensch ne propose jamais d'action européenne coordonnée - à mon humble avis à raison, car les débats et les conflits à cette échelle empêchent d'être à la bonne vitesse d'exécution - il vise la commande publique nationale (Luxembourg cité en contre-exemple positif), le surplus énergétique national, les champions industriels nationaux. La seule chose qu'il demande à l'Europe c'est d'alléger sa réglementation.
Campus IA. Participation Mistral minoritaire. Capitaux étrangers faute de fonds de pension européens. Acceptable sous gouvernance contrôlée (siège BPI). Une partie servira les hyperscalers car la demande européenne est à 80% américaine ; trajectoire d'inversion à construire. Réfutation des critiques environnementale : nucléaire français = empreinte réduite vs Texas ; densité élevée (1 GW = 100 ha) ; internaliser la production pour avoir voix sur les externalités, sinon importer les arbitrages d'autrui. Logique banane rouge appliquée : un site énergie-ancré dont la chaîne aval reste à capturer.
Défense. Travail avec MinArm sans droit de regard sur l'usage final : pas de légitimité démocratique face à l'armée. (J'aime qu'ils n'essayent pas de se substituer à l'état contrairement aux hyperscaler américains). L'IA est désormais indispensable à la dissuasion conventionnelle (drones russes massivement IA-pilotés). Cyber : tous les modèles frontière découvrent vulnérabilités et orchestrent attaques, capacité linéaire et prédictible. Mythos d'Anthropic : marketing de la peur, pas une exclusivité technique.
Modèle économique et productivité. Chez Mistral, ingénieurs n'écrivent plus de code, x2 productivité en six mois. Services client x5. 10% masse salariale = prix d'achat pour 20% de gain net (règle : la techno ne capture jamais plus de 50% de la valeur créée). Trois chocs simultanés : destruction-transformation d'emplois rapide, inflation par conflit d'usage électrique, déficit commercial des services multiplié par 5. Triade analytique à intégrer. Le déplacement valeur travail→capital, avec capital majoritairement non-européen, est le problème distributif central : qui capte les gains de productivité IA en France, et comment cette captation peut financer la reproduction démographique des strates productives plutôt que repartir en dividendes hors-zone.
Bulle. Pas de bulle de demande, problème d'offre (semi, mémoire, hélium, électrons saturés). 50 Md$ pour 1 GW, retour attendu 100 Md,valeur client 200Md : ordres cohérents si parts captées vite.
Médiation cognitive. Les modèles "actionnent une politique" : biais de code, choix de bibliothèques, médiation de l'information et de l'action. Si les modèles sont importés, les représentations culturelles, la langue, l'éthique opérationnelle sont arbitrées ailleurs. C'est le mécanisme exact par lequel la France-fonction peut être désaccouplée de la France-civilisation : les institutions continuent d'opérer, mais sur des arbitrages cognitifs faits hors-sol. La contre-ingérence informationnelle n'est dès lors pas un service périphérique, c'est la condition d'existence d'une souveraineté cognitive dès lors que l'IA générative médie l'accès à l'information.
Indépendance. Capital américain dans Mistral < 30%. Mission : rester indépendant, viser cotation, refuser rachat. "Si vous vous faites racheter, vous avez raté." Critique frontale de la culture exit-vers-US dominante dans l'entrepreneuriat européen, c'est-à-dire de la stratégie qui transforme systématiquement chaque succès européen en filiale américaine.
Impression globale très satisfaisante de m'entendre moi-même dans le smots de Mensch.
Il reste cependant encore tellement de travail de plaidoyer pour que ces évidences prénètrent l'esprit de tous les politiques.
Mais nous sommes sur le bonne voie.
https://t.co/rSLjA5yA1O
L'Europe ne meurt pas malgré la social-démocratie réglementariste. Elle meurt À CAUSE d'elle. Démonstration par A+B, chiffres en main, pour qu'on arrête de tourner autour du pot.
A. Le diagnostic comparé. 2008 : PIB UE et PIB US à parité, 16 000 Mds $ chacun. 2024 : US à 29 000 Mds, UE à 19 000 Mds. Sur 16 ans, l'écart est passé de 1:1 à 1:1,5. Pendant ce temps, qu'est-ce qui distingue structurellement les deux blocs ? Pas la démographie (US +9% pop, UE +4%). Pas les ressources. Pas le capital humain (l'UE produit plus de PhD STEM que les US). Une seule variable explique le delta : la densité réglementaire et le poids du capital alloué par l'État.
B. La preuve mécanique. Le stock réglementaire UE a augmenté de ~13 000 actes législatifs depuis 2004. Le code du travail français : 11 000 pages. L'AI Act : 458 pages avant les actes délégués. La CSRD impose 1 144 data points de reporting ESG. Chaque norme prise isolément se justifie. L'agrégat est mortel. Coût total de la régulation pour les PME européennes estimé par la Commission elle-même : ~150 Mds €/an. Un fondateur français passe 50-100h sur l'admin la première année. Un fondateur Delaware : <5h. Ce différentiel n'est pas un détail bureaucratique. C'est une taxe pure sur la prise de risque, appliquée AVANT que la première ligne de code soit écrite.
C. L'allocation étatique du capital ne marche pas. Études BCE et OECD convergentes : multiplicateur des aides sectorielles européennes inférieur à 0,8. Cela veut dire qu'1 euro de subvention discrétionnaire produit moins de 0,80 € de valeur économique. Le crédit d'impôt neutre, lui, tourne à 1,3-1,5. France 2030, Horizon Europe, plans nationaux : machines à destruction de valeur opérées par des comités de fonctionnaires qui n'ont jamais bâti une entreprise. Pendant ce temps, le capital privé européen (Livret A, assurance-vie en euros = 2 000 Mds €) dort à 1-2% au lieu de financer le tissu productif. C'est un choix politique socialiste : préférer la "sécurité" du bilan d'État à la productivité du capital privé.
D. La preuve par le talent. Sur 50 entreprises tech créées depuis 2000 valant >100 Mds $, 4 sont européennes. Zéro en IA frontière. 30 000 chercheurs et fondateurs quittent l'Europe chaque année. Pourquoi ? Pas pour le climat de SF. Pour 3 raisons précises et toutes liées au logiciel socialiste : 1) fiscalité du travail qualifié et des stock-options qui rend impossible de recruter face aux US (45-65% en France vs 10-20% au UK EMI), 2) droit du travail qui rend tout pivot d'équipe lent et coûteux, 3) régulation ex-ante qui interdit de tester avant d'avoir prouvé. Quand Mistral lève à Paris mais incorpore une partie aux US, ce n'est pas de la trahison. C'est de l'arithmétique.
E. La preuve par l'énergie. Le pilotage politique étatique du mix énergétique européen — sortie du nucléaire allemande, dépendance au gaz russe, taxonomie verte fragmentée — a abouti à un prix de l'électricité industrielle à 110 €/MWh en moyenne UE, contre 40-50 €/MWh aux US. Conséquence directe : aucun cluster IA gigawatt en Europe. Zéro fab semi avancée. La désindustrialisation n'est pas un accident, c'est la conséquence DIRECTE de décisions prises par des bureaucrates et des politiques contre l'avis des ingénieurs. Le logiciel "planification verte par l'État" a livré le pire des deux mondes : pas plus vert (l'Allemagne brûle du charbon), beaucoup moins compétitif.
F. La preuve par la démographie. Le modèle social européen reposait en 1945-1975 sur 4-5 actifs par retraité. On va vers 1,5/1 en 2050. Mathématiquement : soit on coupe les prestations de 40%, soit on retrouve une croissance productivité de +2,5%/an. La social-démocratie réglementariste a produit ~+0,5%/an depuis 15 ans. Donc elle ne préserve pas le modèle social — elle le condamne. Les défenseurs du statu quo se croient protecteurs. Ils sont les fossoyeurs du modèle qu'ils prétendent défendre. C'est le point que personne n'ose dire frontalement.
G. Le contre-exemple qui tue le débat. Quels pays ont rebondi sur les 30 dernières années ? Irlande (fiscalité agressive, marché libre, common law) : PIB/habitant x3. Estonie (admin numérique, fiscalité plate) : sortie du tiers-monde post-soviétique en 20 ans. Pologne (libéralisation post-89) : PIB x4 en 30 ans. Suisse (concurrence cantonale, fiscalité modérée, refus de l'UE réglementaire) : numéro 1 mondial productivité. Tous ces succès partagent UNE caractéristique : faible densité réglementaire, capital privé prioritaire, État régalien fort mais retiré de l'allocation économique. Aucun succès européen ne s'est produit par PLUS d'État. Tous se sont produits par MOINS.
H. L'objection classique réfutée. "Mais les pays scandinaves !" Mythe persistant. Suède, Danemark, Finlande sont classés systématiquement dans le top 15 mondial de la liberté économique (Heritage, Fraser Institute). Marché du travail plus flexible qu'en France. Pas de salaire minimum légal en Suède. Pas d'ISF. Successions allégées. Ils ont un État social fort financé par une économie ULTRA-libérale en amont. Ce n'est pas un contre-exemple à ma thèse, c'est sa confirmation. La social-démocratie qui marche présuppose le capitalisme qui produit. Inverser l'ordre, comme le fait la France, c'est garantir l'effondrement des deux.
Conclusion sans appel. Le logiciel socialiste-réglementariste européen n'est pas une option politique parmi d'autres. C'est un système causalement responsable du décrochage. Chaque année supplémentaire sous ce logiciel = compounding négatif. La gauche européenne pense défendre les faibles en défendant ce système. Elle défend en réalité les rentes acquises contre la mobilité sociale réelle, qui ne vient QUE de la création d'entreprises et de la productivité. Le jeune diplômé sans emploi au sud, le retraité dont la pension dépend de la croissance, l'ouvrier dont l'usine ferme faute de compétitivité énergétique : tous sont sacrifiés sur l'autel d'un logiciel qui se croit moral.
Build or die. Et "build" implique de tuer le logiciel d'abord.
En 1830, Charles X suspend la liberté de la presse et censure les journaux. Trois jours plus tard, il est renversé.
En 1848, Louis-Philippe interdit les banquets républicains. Trois jours plus tard, il est renversé.
En 2026, la gauche veut tout d'un coup : censurer la presse, museler les réseaux sociaux et interdire les banquets patriotes.
Certains ne retiennent jamais les leçons de l'Histoire. 2027 : la chute du socialisme ?
La "start-up nation" 🇫🇷 de Macron a décroché ?
35 stands de la France sur près de 4000 entreprises présentes au Hannover Messe, le plus grand salon industriel du monde.
Pour comparaison : la Roumanie en alignait 37, la Belgique 44, la Turquie 141, l'Italie 154, la Chine 1 145, l'Allemagne 1263.
Ces chiffres viennent du tableau officiel de l'organisateur. Ils suffisent, à eux seuls, à dire ce que le débat français refuse encore d'admettre : nous ne décrochons plus, nous avons décroché. [Frédéric Dulin, Atlantico]
Merci à qui ? 🤨
MACRONIE du TIERS-MONDE
"Grâce" à son allégeance à l'Allemagne, à Bruxelles, et à son REFUS obstiné du patriotisme industriel, #MACRON prive la France :
- de voitures (Stellantis)
- d'électroménager (Brandt)
- de ciment (Lafarge)
- de téléphones portables (Nokia)
- d'usines de munitions et d'armes
de poing
- de turbines nucléaires ARABELLE (#ALSTOM)
- Etc. Etc.
Et, depuis hier, pour être certain d'achever la RUINE,
- les DERNIÈRES usine de pâte à papier
(Fibre Excellence) entrent en agonie
- POLYTECHNYL, spécialisée dans la production
chimique de plastiques techniques à
base de nylon,
est rachetée par fonds US prédateur.
* Plus de chimie française ;
* Plus de voitures
* Plus de papier...
* Plus RIEN...
EELV et MACRON sont contents.
BERLIN aussi...
https://t.co/nHRQZqf1mb
🔴 « Il faudra au minimum 2 à 5 ans pour que le système énergétique mondial revienne à la normale. En mettant les choses au mieux ! »
@russeurope, @alancelin et @bernathoustra étaient en direct sur QG
L'émission en accès libre ➡️ https://t.co/xE2YPF3MJw
Prof lynché à Montpellier : tout cela constitue les prémices d'une grande confrontation sociale qui peut être une guerre civile ou une sorte de révolution.
La société s'effondre sous nos yeux mais on ne veut pas le voir. Chaque fait de ce genre est un pan de notre tissu collectif qui tombe par terre.
Taper un prof c'est un tabou. Briser les tabous, c'est déverrouiller les boulons qui font tenir l'ensemble...