colonel, St Cyr 95/98,auditeur 2021-2022 @CHEM_FR et @ihedn, ancien chef de corps du @cdc31rg 2017-2019, @ecoledeguerre 2009-2010, Mastère @HECParis 2010-2011.
Déplacement à Lille pour un brief opérationnel au sein du Commandement de la force et des opérations terrestres (CFOT), aux côtés du Général Pierre Schill @CEMAT_FR et du Général Philippe de Montenon.
Le CFOT est le centre de gravité opérationnel de l’@armeedeterre.
En tant que pilier de l’efficacité opérationnelle, il a pour mission d’opérer, de générer et de transformer la force terrestre, garantissant ainsi sa capacité à répondre aux exigences des opérations actuelles et futures.
Situé à proximité des centres décisionnels de la défense et des instances nationales et internationales, comme l’OTAN, le CFOT assure un lien direct avec les grandes orientations stratégiques.
Vive émotion à l'annonce du décès du caporal-chef Anicet Girardin, du 132e régiment d'infanterie cynotechnique de Suippes.
Engagé exemplaire au sein du contingent français déployé dans le cadre de la FINUL au Liban, il est mort pour la France après un ultime combat.
Mes pensées vont à sa famille, ses proches et ses camarades.
La France, qui rendra hommage demain à l'adjudant Florian Montorio, mortellement touché au cours de l'embuscade et aux côtés duquel intervenait le caporal-chef Girardin, salue son engagement total, son sacrifice et sa mémoire.
Profonde tristesse à l'annonce du décès du Sch Montorio, une très belle figure de soldat et de chef que j'avais eu l'honneur de commander entre 2017 et 2018. Je me souviens d'un chef de groupe charismatique, un caporal-chef qui se distinguait par son sens du commandement.
Il y a 42 ans, 58 militaires français sont morts dans l’attentat du Drakkar à Beyrouth.
Ils ont payé de leur vie l’engagement de la France pour promouvoir la stabilité et la paix au Liban.
Nous ne les oublions pas.
@armeedeterre@UNIFIL_FR_DAMAN
[Délégué national] À l'occasion de ma prise de fonction en tant que délégué national de l'Ordre de la Libération, j'ai voulu me recueillir dans la crypte du mémorial de la France combattante au Mont Valérien où repose le dernier Compagnon de la Libération, Hubert Germain.
🇫🇷 22 juillet 1932, Charles de Gaulle publie Le Fil de l'épée où il expose sa vision de l'histoire, de la guerre, et de ce que doit être un chef militaire. Il écrit notamment : « Notre temps est dur pour l'autorité. Les mœurs la battent en brèche, les lois tendent à l'affaiblir. Au foyer comme à l'atelier, dans l'État ou dans la rue, c'est l'impatience et la critique qu'elle suscite plutôt que la confiance et la subordination. Heurtée d'en bas chaque fois qu'elle se montre, elle se prend à douter d'elle-même, tâtonne, s'exerce à contretemps ou bien au minimum avec réticences, précautions, excuses, ou bien à l'excès par bourrades, rudesses et formalisme. »
#14Juillet | Le Défilé 🇫🇷
Médecins, pharmaciens, vétérinaires, infirmiers : 130 élèves des Écoles militaires de santé défilent sur les Champs-Élysées
🎓 Formés pour soigner partout où les forces sont engagées, en France comme en OPEX
#FiertéSSA#NotreDéfense#FiersDeNosSoldats
Marcher pour prouver que rien n’arrête un soldat.
Courir pour montrer que la blessure n’efface pas l’engagement.
Demain, à Paris, l’@armeedeterre sera unie pour un moment de fraternité et de résilience.
#AvecNosBlesses
🇫🇷 Hommage à Jean-Louis Debré, gaulliste, engagé auprès de Jacques Chirac, qui vient de nous quitter. Fils de Michel Debré, fondateur de la Vème République, député, maire, ministre, président de l'Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, il fut fidèle aux principes du gaullisme même s'ils devinrent malheureusement minoritaires dans sa famille politique.
Une part de l'histoire de la Vème République s'en va aujourd'hui.
Pensées et condoléances à sa famille et à ses proches.
@guilldebre
Hommage à Valérie André, médecin militaire, parachutiste, pilote d’hélicoptère et première femme à accéder au rang de général en France, qui est morte aujourd'hui à l’âge de 102 ans.
Née le 21 avril 1922, Valérie André était « détentrice du symbolique brevet n°001 remis en 2010 par le chef d’état-major de l'Armée de l'air et de l’espace », rappelle-t-elle.
En 1948, elle avait obtenu son brevet de parachutisme et était devenue à la fois médecin militaire et pilote d’hélicoptère.
Elle avait été engagée lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, évacuant avec son appareil les combattants blessés vers les hôpitaux.
En 1976, elle fut promue au rang de médecin général du service de santé des armées, l’équivalent du grade de général, une première en France. Elle recevra sa troisième étoile, équivalent au rang de général de division, cinq ans plus tard avant de quitter le service actif.
Multi-décorée, elle a totalisé au cours de sa carrière 4.200 heures de vol, réalisé plus d’une centaine d’évacuations sanitaires, 496 missions de guerre et sept citations avec la croix de guerre. En son honneur, l’héliport de Paris/Issy-les-Moulineaux a été baptisé « Valérie André » en mars 2022.
🇫🇷 19 décembre 1964, il y a 60 ans, inoubliable discours d'André Malraux lors de la cérémonie de transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon :
« Monsieur le Président de la République,
Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants...
Puissent les commémorations des deux guerres s'achever par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort.
Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son accent de légende, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français.
Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « II serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du Général de Gaulle.
Néanmoins, lorsque le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française.
C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au Général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ».
Le Général assumait alors le Non du premier jour; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : « II faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. » La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le Général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat.
C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme - comme feront les troupes du parti communiste.
C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la micro photo du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. »
Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des États-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. À partir du débarquement, il apparaît que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance.
C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » II y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien « préfet de gauche », chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule !
Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-Tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. II a été le Carnot de la Résistance.
Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle : penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France.
En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le Général de Gaulle décidait la création d'un « Comité de coordination » que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs), était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace.
De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy.
« Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : "Mettez-vous au garde-à-vous", puis : "Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire." Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 1940, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. »
Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne.
Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée, en haillons, de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération.
Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Jusque-là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. C'est alors qu'elle commence à combattre en face de l'enfer.
Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit à son agent de liaison, Suzette Olivier : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller.
La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé.
Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du Conseil national de la Résistance.
Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines dans un État d'où la justice sociale ne sera pas exclue et qui aura le sens de la grandeur ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale réelle sur le plan économique et social, dans un monde où la France aura regagné son prestige. »
Puis il donne lecture d'un message du Général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente.
Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres.
Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris.
Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » II veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire.
Ils l'y attendent, en effet.
La Gestapo aussi.
La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance.
En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa soeur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. »
Comprenons bien que pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout.
Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures.
Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich.
Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit...
Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « Écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. »
L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. Écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. À côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France... »
#Déploiement ⚓️ En novembre dernier, la frégate multi-missions [FMM] « Auvergne » 🇫🇷 a quitté #Brest pour rallier la #Baltique, avec pour mission principale de participer aux mesures de réassurance de l’OTAN au sein du Task Group 441.01 https://t.co/d9bSukieYZ @AJDPresse#Marine
🇫🇷 "Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg." - Général Leclerc, serment de Koufra, 1941. Le 23 novembre 1944, la 2e DB honore ce serment en libérant Strasbourg. #SermentDeKoufra
🇫🇷 "Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg." - Général Leclerc, serment de Koufra, 1941. Le 23 novembre 1944, la 2e DB honore ce serment en libérant Strasbourg. #SermentDeKoufra
🇲🇫 23 novembre 1944, Libération de Strasbourg. Le 23 novembre 1961, le Général de Gaulle prononce un grand discours devant plusieurs milliers de militaires et la population sur cette victoire et la puissance militaire de la France :
« Il est en France des lieux où la conscience nationale parle plus haut qu’ailleurs. Par une sorte de décret de la nature et de l’Histoire, Strasbourg est l’un de ces lieux-là, en vertu de deux motifs qui sont l’Alsace et le Rhin. C’est pourquoi le destin de la ville, arrachée en 1871, recouvrée en 1918, perdue en 1940, symbolisait le sort de la patrie. En 1944, il était donc d’un intérêt national capital que la ville fût libérée le plus tôt et dans les meilleures conditions possibles. Cela fut fait le 23 novembre et d’une telle manière que l’épisode revêtit un éclat exceptionnel.
À Strasbourg, se réalisait un plan d’après lequel, d’accord avec nos alliés, une grande Unité française, axée de loin sur la direction voulue, avait été mise à même de saisir l’occasion, au bon moment, par ses propres moyens. La Division était une Division blindée, d’abord parce que ce type répondait à l’entreprise, ensuite parce qu’il fallait, au point de vue de l’art et de l’Histoire, qu’un succès retentissant remporté par une de nos formations cuirassées vint compenser en quelque mesure, le désastre essuyé naguère faute que nous en avions eu alors de semblables et employées comme il fallait. Enfin, ce n’est pas sans raison que le choix s’était porté sur une Division dont le noyau était issu de l’élite de la France Libre, qui avait été complétée en Afrique du Nord par des éléments venus de la Métropole et brûlant de s’illustrer à leur tour, qui venait de libérer Paris et dont le chef était, au plus haut degré, doué du sens du combat, de l’audace, de l’autorité, grâce à quoi, parfois, s’accomplit une de ces prouesses qui font la fierté des armées.
On sait ce que fut celle-là. On sait comment, le 22 novembre, la Deuxième Division blindée, combattant et manœuvrant à travers les Vosges, saisit les débouchés de la plaine à Saverne et à Phalsbourg. On sait comment, le 23, elle mena vers Strasbourg une charge de 35 kilomètres, y pénétra par cinq côtés et rendit la ville à la France en faisant 15 000 prisonniers.
Mais ce qui donnait ce relief au succès du Général Leclerc et de ses troupes ce n’était pas seulement la réussite proprement militaire. C’était aussi la preuve apportée à la nation terriblement meurtrie et déchirée, qu’en fin de compte, après tant de troubles, ses soldats lui étaient fidèles. La libération de Strasbourg, comme, en même temps, la bataille menée en Alsace par la 1re Armée et les engagements sur la côte atlantique, comme, plus tôt, les combats victorieux de nos forces en Tunisie, puis en Italie, comme, auparavant, les exploits des Français Libres, en Érythrée, en Libye, au Fezzan, dissipaient des doutes pesants.
Résistante et combattante au fond d’elle-même en dépit d’un désastre momentané et des abandons publics qui le suivirent, la France voyait sa propre force reparaître pour la servir et ne servir qu’elle seule. Or, ayant vécu de longs siècles et de grands drames, elle sait que son armée ne doit être que la sienne et que, d’ailleurs, sans cela, il n’y a pas d’armée qui tienne. La loi de grandeur et de servitude se réalisait à Strasbourg. Malgré les vicissitudes des événements, les tendances diverses qui avaient été ressenties dans les rangs, les oppositions d’hier entre fractions militaires, les souhaits, parfois les regrets, voire les chagrins des individus, la loi de grandeur et de servitude s’accomplissait, une fois de plus, dans la gloire conquise à Strasbourg. La leçon est éternelle. Plus que jamais, elle s’impose aujourd’hui.
Car, au milieu d’un univers où tout est en jeu, voici la France de nouveau menacée dans son corps et dans son âme. La voici, à proximité presque immédiate d’un bloc totalitaire ambitieux de dominer et brandissant un terrible armement. La voici, tellement essentielle que, si elle se tient ferme et droite, le monde libre peut garder son espoir et sa cohésion, mais que si par malheur elle vient à fléchir, c’en est fait de l’Europe et, bientôt, de la liberté du monde. En aucun temps, la France n’eut à ce point le droit et le devoir d’être elle-même, ni tant besoin de ses soldats.
Il est vrai que les sirènes de la décadence l’appellent de-ci, de-là, à renoncer à être la France, s’irritent même qu’elle y prétende et l’engagent à s’en remettre aux buts et à la protection des autres. Ainsi, ferait-elle l’économie, non point de ses hommes et de son argent, ni, le cas échéant, de ses ruines et de ses sacrifices, mais de ses responsabilités, c’est-à-dire, de son indépendance. Il va de soi qu’une telle conception ne saurait être celle de notre pays qui a repris conscience de ce qu’il est et accroît, jour après jour, ses moyens et son rayonnement. Certes, l’alliance « atlantique » est absolument nécessaire. Certes, il serait bien utile que les grandes puissances de l’Occident concertent en permanence la politique qu’elles mènent en tout point de l’univers. Certes, il est indispensable qu’elles préparent ensemble l’action de leurs forces et, éventuellement, conjuguent leurs efforts de guerre. Mais, dans ce concert, cette préparation et cette conjugaison, la France doit garder sa volonté, sa figure et son armée, à elle.
Cela exige que notre puissance militaire soit organisée et dotée de manière à pouvoir agir suivant les conditions qui sont celles de notre temps. C’est dire qu’elle doit comporter un armement atomique, à moins, bien entendu, qu’il n’en existe plus nulle part. Car, si effrayants que soient ces moyens de destruction, et justement parce qu’ils le sont, un grand État qui n’en possède pas, tandis que d’autres en possèdent, ne dispose pas de son destin. Nous pourvoir de projectiles nucléaires stratégiques et tactiques et d’engins pour les lancer, tant qu’il y en aura ailleurs, c’est notre premier but en fait de défense. Nous sommes en marche pour l’atteindre.
D’autre part, comme l’éloignement relatif des continents ne cesse pas de se restreindre, il n’est plus, où que ce soit, de danger, ni de conflit, qui n’intéressent une puissance mondiale et, par conséquent, la France. Au surplus, sous des formes nouvelles adaptées à notre siècle, la France est, comme toujours, présente et active outre-mer. Il en résulte que sa sécurité, l’aide qu’elle doit à ses alliés, le concours qu’elle s’est engagée à fournir à ses associés, peuvent être mis en cause en une région quelconque du globe. Une force d’intervention terrestre, navale et aérienne, faite pour agir, à tout moment, n’importe où, lui est donc, bel et bien, nécessaire. Nous commençons à la réaliser.
Enfin, tout en nous rendant capables de porter au loin l’action de nos armes, encore devons-nous être prêts à assumer, sur terre, sur mer et dans les airs, notre défense immédiate. C’est là le troisième élément constitutif de notre puissance. Il y faut les forces voulues, comportant des noyaux actifs solides, complétées par la mobilisation et préparées à utiliser, pour combattre l’envahisseur, les possibilités du terrain et de la population. Voilà, au total, ce que doit être la défense nationale française et voilà ce qu’elle est en train de devenir.
Cette transformation de notre corps militaire est possible à mesure du changement qui s’accomplit outre-mer. Car tout se tient. L’immense mouvement qui emporte le monde et, d’autre part, le génie de la France, nous conduisent, nous aussi, à convertir en association les liens de colonisation que nous avions naguère noués avec maints peuples du dehors. Cela a été juste à temps, entrepris et réussi pour ce qui concerne onze États africains et la République malgache. Mais, tandis que nous y procédions, une rébellion acharnée se trouvait depuis des années déclenchée en Algérie, favorisée par le sentiment de la masse de la population, liée à la passion du monde musulman, aidée depuis par les États voisins, soutenue par toutes sortes de concours dans l’ensemble international.
En effet, la présence en Algérie d’une nombreuse communauté d’origine européenne, la forme d’administration qui y était établie, l’attachement de la métropole à l’égard d’un pays uni au nôtre depuis 130 ans, l’instabilité et l’incertitude du régime d’antan, avaient empêché la politique française de discerner et de vouloir, au moment où il l’aurait fallu, l’évolution nécessaire. En même temps, dans les cadres de l’armée, engagée partout en Algérie, certains éléments s’étaient, quant au but de leur combat, formés une conception limitée à leurs souhaits immédiats et au terrain où ils opéraient. Pour résoudre un problème qui, dans cette voie, n’avait point d’issue et risquait d’entraîner chez nous — on ne l’a vu que trop clairement — d’affreux déchirements intérieurs, il fallait que fût fixée la volonté de la France.
C’est ce qui a été fait. Croit-on que ç’ait été facile ? L’autodétermination, autrement dit la libre disposition des Algériens par eux-mêmes aboutissant à l’institution d’un État souverain, des garanties assurées aux Algériens de souche européenne, la coopération organisée de l’Algérie et de la France, ce fût, c’est, la solution arrêtée par le Chef de l’État, adoptée par le Gouvernement, approuvée par le Parlement, ratifiée par le peuple français.
Cependant, pour aboutir, dans des conditions conformes au dessein, à la dignité et à l’intérêt de la France, il fallait que jamais nos armes ne fussent mises en échec et, qu’au contraire, elles maîtrisent partout et toujours le terrain. Les ordres n’ont pas manqué d’être donnés, les moyens d’être fournis, constamment, en conséquence. En outre, et pour susciter, parmi les Algériens, — et il était grand temps, — des sentiments qui puissent servir à la future coopération, tout fut fait pour que notre armée protégeât la population, l’aidât à vivre et à se développer, multipliât avec elle les contacts de bon aloi. Qu’il se soit agi de combats ou bien de pacification, je dis ici, je dis bien haut, qu’au total, en Algérie, l’armée française a rempli sa tâche avec courage et avec honneur et que notre avenir, sur place, à l’intérieur de nous-mêmes et vis-à-vis de l’univers, en aura finalement dépendu.
Certes, chacun peut s’expliquer, — et moi-même le premier, — que, dans l’esprit et le cœur de certains soldats, se soient fait jour naguère d’autres espoirs, voire l’illusion qu’à force de le vouloir, on puisse faire que, dans le domaine ethnique et psychologique, les choses soient ce que l’on désire et le contraire de ce qu’elles sont. Mais dès lors que l’État et la nation ont choisi leur chemin, le devoir militaire est fixé une fois pour toutes. Hors de ses règles, il ne peut y avoir, il n’y a, que des soldats perdus. En lui, au contraire, le pays trouve son exemple et son recours.
Aujourd’hui, à Strasbourg, en ce jour anniversaire d’un des plus beaux faits d’armes de notre Histoire et en un temps grave et dangereux, j’affirme la confiance de la France en elle-même et en son armée.
Vive la République !
Vive la France ! »
En 1940, il est capitaine, 6 enfants, promis à la plus belle des carrières, mais il part à Londres car il refuse la défaite. Ce 23 novembre 1944 il est général et "sa" 2e DB libère Strasbourg après Paris. "Enfants de France, dira de Gaulle, rêvez tous d'être un jour des Leclerc".