Oui, on sait Djame
45% de prélèvement obligatoire sur le PIB
57% de dépenses sociales sur le PIB
Et puis l’article 1 de la 5ème République avec marqué
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale »
Ce n'est pas du vrai socialisme, on sait
M. @Gabriel_zucman, la situation actuelle mérite probablement autre chose que ce genre de communication.
Sur le fond, nous vous avons déjà répondu dernièrement, et point par point. Vos interpellations restent les mêmes, mais les faits sont tenaces :
✅ TotalEnergies acquitte ses impôts là où elle exerce ses activités et où elle crée de la valeur, dans le strict respect des règles internationales. Il s'agit principalement des pays producteurs.
En 2025, la contribution de TotalEnergies aux finances publiques françaises a malgré tout dépassé 2 milliards d'€ : impôts, taxes et cotisations sociales pour plus de 35 000 collaborateurs dans le pays.
✅ Sur cinq ans, TotalEnergies a versé près de 100 milliards de $ d’impôts dans le monde, ce qui en fait l’entreprise française qui en paie le plus. TotalEnergies supporte ainsi un taux moyen d’imposition d’environ 43 %.
❌ C'est bien supérieur au taux français de 25,8 % : difficile d'évoquer une optimisation fiscale ou un choix de délocaliser des profits...
❌ Votre démonstration sur les prix de transfert repose sur le cas australien d’une autre entreprise.
Par ailleurs, comme vous le savez, les prix de transfert sont encadrés par des règles internationales et régulièrement contrôlés par les administrations fiscales.
❌Enfin, vous suggérez - une nouvelle fois - des catégories de pays "mystérieux" qui n'en sont pas.
Non seulement notre rapport de transparence fiscale est... transparent, mais ces points ont été abordés publiquement le 17 juin devant la commission des finances de l'Assemblée nationale.
En direct de Ponteves, où l’incendie repart violemment, après Cotignac, en soutien aux maires, habitants, pompiers, protection civile et tous les bénévoles mobilisés.
Le diagnostic est posé depuis l’été 2022 : commissions, rapport du Sénat, propositions des forestiers; les solutions sont connues. Il faut agir sur les trois temps du feu : avant, pendant, après.
La prévention bute sur cinq verrous.
Premier verrou : la contradiction de l’État avec lui-même. Le code forestier impose le débroussaillement, le code de l’environnement le limite au nom des espèces protégées. L’arrêté du 29 mars 2024 présumait les débroussaillements conformes non attentatoires à ces espèces, mais le Conseil d’État, le 6 février 2026, a jugé qu’une dérogation reste nécessaire en cas de risque caractérisé. Il faut sécuriser juridiquement les propriétaires et consolider par la loi la présomption de conformité.
Deuxième verrou : les moyens des maires, qui assument la police du débroussaillement et la défense incendie parfois sans ingénierie technique, et pour qui créer une réserve d’eau coûte souvent plus en études qu’en travaux. Le modèle des Alpes-Maritimes (ingénierie mutualisée à l’échelle départementale) doit se généraliser, tout comme l’arrêt de l’urbanisation diffuse aux interfaces habitat-forêt.
Troisième verrou : le financement. Les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours, financés par les départements et les intercommunalités) manquent de ressources propres, alors qu’une part de la taxe sur les conventions d’assurance (environ 1,1 milliard d’euros) va à la CNAF plutôt qu’aux départements. Le Parlement a préféré créer une taxe nouvelle sur l’assurance auto plutôt que flécher autrement l’existant. Il faut l’inverse : aucun impôt supplémentaire, mais la réaffectation de ce qui est déjà collecté.
Quatrième verrou : une sanction inappliquée. 90 % des maisons détruites étaient sur des terrains mal débroussaillés, mais l’amende de 50 €/m² reste théorique. À défaut, l’assurance peut faire ce que la loi n’a pas fait, en conditionnant primes et franchises à la conformité.
Cinquième verrou : les incendiaires. 90 % des feux sont d’origine humaine. Fauchage des bords de route, extincteurs obligatoires, interdiction réelle d’accès aux massifs à risque extrême : l’administration contrôle plus les travailleurs légaux que les imprudents. En Gironde, le parquet de Bordeaux a requalifié des infractions en mise en danger de la vie d’autrui. Cette fermeté doit devenir la norme.
La lutte se joue dans les premières minutes, avec l’eau au bon endroit. Or, on puise encore dans l’eau potable de communes rurales sous-dimensionnées. Il faut un plan de stockage pluriannuel et la réduction du recours à l’eau potable. Les moyens aériens (du ressort de l’Etat) resteront insuffisants avant 2028, la flotte ne passant de douze à seize appareils qu’en 2033 : l’effort des prochaines saisons se joue donc au sol.
La reconstitution est le grand oublié : une forêt brûlée devient source de carbone plutôt que puits, et pénaliser le renouvellement forestier en pleine sécheresse, c’est préparer les incendies suivants.
Les forestiers ne demandent pas des milliards, mais du bon sens : une piste DFCI n’est pas une blessure à la nature, un débroussaillement raisonné n’est pas un recul écologique. La vraie menace pour la biodiversité et le carbone, c’est le feu. Le feu, lui, ignore les délais de recours et les études d’impact. À chaque niveau, les moyens de ses obligations ; et à l’État, sa mission première : sanctionner ceux qui détruisent, non entraver ceux qui protègent.
La réalité : si le « petit » Hamza n'insultait pas des gens, ne menaçait pas des gens, ne jetait pas du mobilier urbain sur des gens ou dans la Seine et ne faisait pas hurler une femme innocente en la bloquant dans une cabine de toilettes publiques, personne n'en aurait parlé.
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Je suis pour la liberté d'expression totale. Que chacun soit libre de dire des bêtises. Comme ça on peut les corriger.
Le tweet de Clémence Guetté sur Mamdani est un cas d'école de foutage de gueule. Démontage.
"En 4 mois, Mamdani a ramené le budget à l'équilibre. De 12 milliards à 0."
D'abord : NYC est légalement obligée de présenter un budget équilibré chaque année depuis 1975 (Financial Emergency Act, après la quasi-faillite de la ville). C'est le 47e budget équilibré consécutif. Présenter ça comme un exploit, c'est déjà mentir par omission.
Maintenant, comment le "trou" de 12 Mds$ a été comblé :
→ ~8 Mds$ d'aide de l'État (Gouverneure Hochul a sorti le chéquier)
→ 1,64 Md$ en repoussant les paiements de pensions de 2032 à 2037
→ 500 M$ d'une taxe pied-à-terre pas encore votée
→ 1,77 Md$ d'économies réelles sur 2 ans
→ Le reste : revenus fiscaux supérieurs aux prévisions
Ce ne sont PAS les finances de la ville qui s'améliorent. C'est Albany qui paye. Les médias locaux (Vital City, THE CITY, NY Focus) appellent ça pour ce que c'est : un bailout de l'État.
Le tour de magie le plus crade : étirer l'amortissement des dettes de pensions sur 5 ans de plus.
Citizens Budget Commission (non partisan) : "un gimmick qui équilibre ce budget sur le dos des futurs New-Yorkais."
William Glasgall (Volcker Alliance) : "Étendre la période d'amortissement crée une dette plus chère que des obligations municipales." Traduction : Mamdani emprunte au taux le plus cher possible pour faire semblant d'équilibrer aujourd'hui.
Andrew Rein (CBC) : "On demande à des gens qui n'habitent même pas encore ici de nous aider à équilibrer le budget."
Ce que Mamdani n'a PAS dit dans sa présentation : son propre budget projette un déficit de 7 Mds$ pour 2028. Les experts disent qu'ils ne se souviennent pas d'un maire qui ait omis de mentionner les déficits futurs. C'est de la com pure.
Et toutes ses promesses de campagne ? KILLED.
- Taxe sur les millionnaires : tuée par Hochul
- Hausse corporate : tuée
- Bus gratuits : tués
- Property tax hike : retirée en panique
Il n'a fait passer aucune de ses idées radicales. Il a juste pris l'argent des autres et pelleté la dette sur 2037.
Ce n'est pas de la "gestion au service des gens". C'est un mirage comptable financé par l'État fédéré et payé par les générations futures.
Quand un politicien socialiste dit "j'ai mis le budget à zéro", vérifie d'où vient l'argent, vérifie les paiements différés, vérifie les déficits futurs, vérifie ce qu'il a abandonné.
La gestion publique honnête, ça ne tient pas dans un tweet de 4 lignes. La propagande, si.
Piketty utilise l'analogie de la taxe foncière pour vendre la taxe Zucman. "Vous payez déjà 1% par an sur votre maison, donc 2% sur le patrimoine c'est normal."
Sauf que c'est un sophisme grossier que n'importe quel étudiant de L2 d'éco devrait pouvoir démonter.
La taxe foncière n'est pas un impôt sur le patrimoine. C'est une redevance de services locaux. Voirie, école, pompiers, ordures. Ta maison consomme physiquement ces services. Une action Hermès non.
La taxe foncière compense aussi un loyer fictif non taxé à l'IR. Les actions produisent des dividendes déjà taxés à 30%, après un IS à 25%. Le flux est taxé trois fois avant d'arriver dans la poche.
Donc Piketty compare une redevance de service à un prélèvement sur stock, en ignorant que les flux sous-jacents sont déjà imposés multiple fois.
Ce n'est pas une "extension de principe", c'est un empilement.
Et au passage : ISF supprimé en 1982-2017 = 200 milliards de base partie à l'étranger, rendement net proche de zéro. Suède, Allemagne, Danemark, Autriche, Pays-Bas, Luxembourg, Finlande : tous ont supprimé leur ISF. Pas par idéologie, par constat empirique.
La Norvège a réintroduit en 2022. Plus de 80 milliardaires partis en deux ans.
Mais cette fois ce sera différent, promis juré.
Mélenchon, le mec qui te promet la lune en cassant l'échelle.
"La dette n'existe pas, mettez ça à la poubelle". Ok mon pote, on va décortiquer pourquoi cette phrase, c'est exactement le genre de connerie populiste qui mène un pays au gouffre.
Thread. 🧵
D'abord, c'est quoi la dette publique ?
Quand l'État dépense plus qu'il ne récolte en impôts (ce qui arrive en France TOUS les ans depuis 1974), il doit combler le trou. Pour ça, il emprunte. Il émet des obligations (les fameuses OAT) que des investisseurs achètent.
En échange, l'État s'engage à rembourser, avec des intérêts.
La dette française aujourd'hui : 3 513 milliards d'euros. 117% du PIB. Soit environ 51 000€ par Français, bébés compris.
Et la charge d'intérêts ? 70 milliards d'euros en 2026. C'est le 2ème poste budgétaire du pays, devant la Défense, devant la Justice. Chaque année, on crame l'équivalent du budget de plusieurs ministères juste pour payer les intérêts.
Maintenant, comment notre système social est financé ?
Spoiler : il ne l'est pas. Du moins, pas par nos impôts.
En 2025, l'État a encaissé 311 milliards de recettes nettes. Il a dépensé 450 milliards. Déficit : 139 milliards. On finance la Sécu, les retraites, l'école, l'hôpital, les allocs… en partie à crédit. Chaque année.
Le modèle social français tient debout grâce à QUI ? Aux investisseurs qui acceptent de nous prêter. 53% sont étrangers. Fonds souverains norvégiens, banques centrales, fonds de pension japonais, américains, britanniques.
Ce sont eux qui achètent notre dette parce qu'ils nous font (encore) confiance.
Et c'est là qu'arrive Jean-Luc, le génie qui a découvert l'eau tiède : "ils sont étrangers, donc on s'en fout, on annule".
Mon vieux, t'as raté un cours d'économie. En fait, t'as raté toute la matière.
Conséquence n°1 d'un défaut souverain : tu ne peux plus emprunter. Personne ne te prête à un fou qui vient de rayer ses créances. Donc demain, plus 1 centime de nouvelle dette.
Or je te rappelle : on a besoin de 310 milliards d'emprunts en 2026 juste pour faire tourner la boutique.
Conséquence n°2 : 139 milliards de dépenses qu'on ne peut plus financer. Du jour au lendemain. Donc concrètement : tu ne paies plus les retraites, tu ne paies plus les fonctionnaires, tu ne paies plus les allocs, tu ne paies plus les hôpitaux. Choisis ton secteur, il crève.
Conséquence n°3 : effondrement bancaire. Les banques françaises détiennent une partie massive de cette dette. Tu l'effaces, tu déclenches des faillites en cascade. Tes économies, ton livret A, ton assurance-vie ? Vapeur.
Conséquence n°4 : fuite des capitaux, effondrement de l'euro (la France c'est 20% de la zone euro), inflation explosive sur tout ce qu'on importe (énergie, alimentation, médicaments). Le pouvoir d'achat des Français pulvérisé en 6 mois.
Regarde la Grèce en 2010-2012. Pas un défaut total, juste une restructuration. Résultat : 25% de chute du PIB, chômage à 28%, suicides en hausse, retraites coupées de moitié, hôpitaux sans matériel. Pendant 10 ans.
Et c'était avec l'aide de l'UE et du FMI. Imagine sans.
Mais Jean-Luc ne s'embarrasse pas de ces détails. Lui, il vend du rêve à des gens qui souffrent vraiment, en leur faisant croire qu'il existe un bouton magique pour tout régler.
C'est pas de la politique, c'est de la démagogie pure. Et c'est dangereux.
Le pire ? Il sait. Il n'est pas idiot. Il sait pertinemment qu'annuler la dette c'est condamner les classes populaires, celles qu'il prétend défendre, à la misère absolue. Les riches ont les moyens de partir. Les pauvres se prennent l'effondrement en pleine gueule.
La vraie question n'est pas "comment annuler la dette" (réponse : on peut pas sans tout détruire). La vraie question, c'est "comment arrêter d'en créer". Et ça, ça suppose de réduire la dépense publique, qui atteint 57% du PIB en France. Record mondial ou presque.
Mais réduire la dépense, ça veut dire dire non à des gens. Ça veut dire faire des choix. Ça demande du courage politique.
Mélenchon préfère vendre du fantasme. C'est plus facile, ça fait des votes. Et tant pis si le pays brûle après lui.
La dette existe, Jean-Luc. Et un jour ou l'autre, quelqu'un la paie. La seule question c'est : qui ?
Avec ton plan, ce sera tout le monde, en même temps, et brutalement.
Y a des mecs qui se lèvent à 5 h du mat' pour aller à l'usine et financer le didgeridoo et les bolas d'Inès et ces potes punk à chiens devant le Carrefour Market.
Et du poisson ça se mange nacré,
Toujours en cuisson basse température
Ce type de restaurant met surtout en avant les produits sans artifices et rendent hommage à la qualité du produit brut.
Quand on a de la chance d’avoir des produits exceptionnels comme une volaille de Bresse, une cuisson au bouillon suffit amplement pour lui laisser ses lettres de noblesse
Après c’est vrai que quand on a pas l’habitude ça peut rebuter je comprends
Mais on respecte des températures très précises pour avoir la meilleure dégustation et évidemment en respectant les règles sanitaires
Gabriel Zucman se présente en détective qui a "plongé dans la comptabilité" de TotalEnergies.
Après lecture attentive du même Tax Transparency Report 2024 qu'il brandit, le verdict est sévère : ce n'est pas une analyse fiscale, c'est un réquisitoire politique construit sur des erreurs méthodologiques graves, des omissions stratégiques, et au moins une confusion entre deux indicateurs comptables fondamentaux que tout étudiant de première année de finance apprend à distinguer.
Reprenons point par point.
📌Argument 1 : "La France affiche une perte, où sont les profits ?"
Zucman ouvre avec la France : profit avant impôt de -226 992 milliers de dollars en 2024, 37 369 employés, et il s'exclame : "Où atterrissent donc vos profits ?"
Effet rhétorique garanti.
Sauf qu'on est dans le même tableau que lui.
L'Allemagne, dans ce même tableau, affiche -36 561 milliers de dollars de perte en 2024 avec 4 437 employés.
Silence de Zucman sur ce point.
Pourtant l'Allemagne était son cheval de bataille préféré dans ses travaux précédents ,"l'Allemagne perçoit plus d'IS que la France".
En 2024, l'Allemagne est elle aussi dans le rouge comptable.
Il ne le mentionne pas.
Pourquoi ? Parce que ça détruit la narration.
Mais surtout : le rapport lui-même explique pourquoi la France affiche une perte comptable tout en ayant payé 101 328 + 142 807 milliers de dollars d'impôts en 2024.
La note est explicite : "CIT paid in 2024 includes cash settlements of CIT relating to 2022 and 2023."
Les impôts décaissés en 2024 couvrent des exercices antérieurs.
La perte comptable reflète des spécificités de périmètre consolidé, pas une évaporation de profits vers les Caïmans.
Et pendant que Zucman pleure sur la France, il ne dit pas un mot sur la Belgique dans le même tableau : 1,276 milliard de profits pour 89 millions d'impôts accrued.
Taux effectif : 7%.
Même source.
Même rapport.
Il ne le voit pas, ou choisit de ne pas le voir.
La sélectivité d'un chiffre qu'on cite et d'un autre qu'on tait, ce n'est pas de l'analyse, c'est de la plaidoirie.
📌 Argument 2 : Les Bermudes et les Bahamas, "mise en scène" d'un rapport transparent
Zucman insinue que TotalEnergies "met savamment en exergue" les Bermudes pour accréditer l'idée qu'il n'y a pas d'optimisation.
Il dit que c'est une mise en scène.
Le rapport indique noir sur blanc : structures des Bermudes constituées avant 2010, à une époque où la France appliquait le régime de consolidation mondiale ; ces entités étaient donc imposées en France à 33%.
Aujourd'hui : "absent any profit derived or located in Bermuda, no tax benefit is derived from this incorporation."
Zéro profit. Zéro avantage fiscal.
Ce n'est pas une mise en scène, c'est exactement ce qu'une vraie transparence fiscale doit montrer.
Les Bahamas : acquisition de décembre 2024 d'actifs malaisiens dont la holding était incorporée aux Bahamas.
Total indique qu'il examine la migration de cette structure.
Zéro profit aux Bahamas, opérations réelles en Malaisie.
Si Zucman connaît la mécanique des acquisitions d'actifs pétroliers ,où la cible est souvent une holding dans une juridiction neutre , il sait que ça n'a rien d'anormal.
Le paradoxe est brutal : Total liste ces entités vides pour montrer qu'elles sont vides.
Et Zucman retourne ça en preuve de dissimulation.
On ne peut pas être à la fois coupable de cacher et coupable de montrer.
📌 Argument 3 : Le "reste du monde" à 4% — l'erreur méthodologique cardinale
C'est là que le thread se fracasse contre la réalité comptable.
Zucman pointe la ligne "Rest of the World" pour 2022 : 11,562 milliards de profits, 514 millions d'impôts payés.
Taux apparent selon lui : "4%". Il répète ce chiffre avec insistance.
Tout son raisonnement sur la sous-taxation repose dessus.
Le problème est fondamental : il confond CIT paid et CIT accrued.
Le CIT accrued est l'impôt comptabilisé rattaché à l'exercice , pour le "reste du monde" en 2022 : 1,212 milliard de dollars.
Divisez par 11,562 milliards et vous obtenez 10,5%, pas 4%.
Le CIT paid (décaissements effectifs) est de 514 millions parce qu'il intègre des régularisations d'années antérieures.
Utiliser le CIT paid pour calculer un taux sur les bénéfices de l'année, c'est une erreur de première année de DCG , ou une manipulation délibérée.
En comptabilité d'engagement, on n'impute pas des décaissements multi-années à un bénéfice annuel.
Avec le bon numérateur, le taux du "reste du monde" en 2022 est de 10,5%.
Pas formidable ,mais ce n'est pas 4%.
Sur la composition de cette ligne : TotalEnergies liste 73 pays individuellement, représentant 94% de ses impôts.
Le "reste du monde" c'est les 6% restants éparpillés sur des dizaines de petites juridictions.
C'est une pratique comptable standard conforme au cadre CbCR OCDE, pas une dissimulation.
📌 Argument 4 : La Suisse "cachée" — l'accusation la plus faible
Zucman affirme que TOTSA, le desk de trading de TotalEnergies à Genève, serait "caché" dans le "reste du monde", aurait réalisé 1 milliard de profit en quelques jours, et que la Suisse "ne mérite pas sa ligne" dans les comptes.
Premier problème : la Suisse n'est pas un paradis fiscal.
Pas selon l'OCDE.
Pas selon l'UE.
Pas selon la liste française des États non coopératifs.
Le taux IS à Genève est d'environ 14%.
Depuis 2024, le Pilier 2 de l'OCDE impose un minimum de 15% aux grandes multinationales dans toutes les juridictions, y compris la Suisse. TotalEnergies y est soumis.
Qualifier la Suisse de paradis fiscal en 2026, c'est ignorer cinq ans de réforme fiscale internationale.
Sur TOTSA : c'est une activité de trading réelle.
Des salariés, des bureaux, des contrats, des cargaisons physiques. Vitol, Trafigura, Jane Street ont des ratios profits/employés identiques.
Ce n'est pas de l'optimisation fiscale, c'est de la finance marchande.
Traiter ce ratio comme une preuve d'évasion, c'est ne pas comprendre ce qu'est un desk de trading.
Sur "1 milliard de profit en quelques jours" : c'est une estimation du Financial Times.
TotalEnergies ne l'a jamais confirmé.
Présenter une estimation journalistique non vérifiée comme un fait établi dans une démonstration fiscale, ce n'est pas du travail académique.
Enfin, sur pourquoi l'Eswatini et les Fidji ont leur ligne et pas la Suisse : ces juridictions figurent dans des catégories spéciales du CbCR qui requièrent une déclaration obligatoire quelle que soit l'exposition.
Ce n'est pas un choix de Total.
C'est le cadre réglementaire. Zucman devrait le savoir.
📌 Argument 5 : La taxe sur les superprofits, confusion entre fraude et erreur législative
Zucman affirme que Total a "échappé" à la taxe française sur les superprofits de 2022 , elle n'a rapporté que 69 millions au lieu de 3 milliards.
Ce qu'il ne dit pas : cette taxe a été rédigée de façon délibérément restrictive par le législateur français, limitée aux activités en France, définition étroite des superprofits.
Les entreprises ont appliqué la loi telle qu'elle était écrite.
Appeler ça une "évasion", c'est confondre optimisation légale et fraude, confusion que Zucman entretient soigneusement tout au long de son thread.
Ce qu'il omet : l'UE a imposé une contribution de solidarité à TotalEnergies de 1,7 milliard d'euros en 2022.
Et les chiffres globaux sont publics et auditables : 33 milliards de dollars d'impôts et taxes payés en 2022. Taux effectif mondial : 38,8% au T4 2025, 41,4% au T1 2025, certifiés par les commissaires aux comptes.
Un groupe qui "échappe à l'impôt" ne paie pas 40% de taux effectif mondial.
📌 Pour finir
Zucman a le droit d'avoir des positions politiques sur la fiscalité des multinationales.
Ce qui pose problème, c'est qu'il présente une plaidoirie politique avec les attributs formels d'une démonstration technique.
Ce thread est construit sur : une confusion entre CIT paid et CIT accrued, l'omission sélective de l'Allemagne et de la Belgique dans le même tableau qu'il cite, la qualification de la Suisse en paradis fiscal contre toutes les classifications officielles, un chiffre journalistique non confirmé transformé en fait établi, et une erreur législative française rebaptisée en fraude d'entreprise.
Il conclut en appelant à imposer les superprofits mondiaux.
C'est un débat politique légitime.
Mais vouloir changer la loi ne prouve pas que Total viole la loi actuelle.
Ce sont deux questions distinctes que Zucman fusionne délibérément pour produire un effet rhétorique maximal.
Et se servir d'un Tax Transparency Report , un document que Total a publié volontairement, au-delà de ses obligations légales , pour instruire un procès en opacité, c'est peut-être l'aspect le plus savoureux de l'affaire.
C'est triste d'en arriver à mentir pour faire de l'idéologie politique et ruiner sa réputation académique