La plus grave crise pour la jeunesse, c'est la difficulté à trouver du travail : 21,5 % de chômage chez les 15‑24 ans, contre 7,9% chez tous les Français. L'alternance, présentée comme la solution, a empiré le problème.
Les recruteurs exigent des diplômes, des années d'expérience et des étapes de recrutement à rallonge pour des emplois auxquels les anciens étaient embauchés avec juste un bac (voire moins) il y a quelques décennies.
Le marché du travail vous fait miroiter une solution : l'alternance ! Si vous avez une école, vous pouvez travailler un an ou deux, puis on vous jettera pour vous remplacer par un autre alternant. Dans bien des cas, un jeune fraichement diplômé et sortant d'une alternance n'est pas considéré comme suffisamment confirmé pour postuler à des offres demandant plusieurs années d'expérience.
D'après l'APEC, 38 % des diplômés d'un bac+5 en 2025 ont mis 6 mois ou plus à obtenir leur poste, contre 18 % pour la promotion 2022. Pourquoi ? La plupart des postes de junior ont été remplacés par des alternances ou des stages de 6 mois.
L'entreprise qui embauche un alternant reçoit des aides de l'Etat : ce n'est plus l'entreprise qui paie le maigre salaire de l'alternant, mais la collectivité. Il est donc moins cher pour elles - voire rentable, les aides pour un alternant étant bien plus élevées que son salaire - d'embaucher un alternant, plutôt qu'un junior en CDD. Système absurde : les travailleurs paient des impôts pour financer des postes qui, en bout de chaine, bloquent les carrières de leurs enfants...
Les entreprises, elles, ne forment plus personne en interne et se défaussent sur les écoles privées. Cela réduit encore les chances d'être recruté s'il vous manque ne serait-ce qu'une compétence qui pourrait s'apprendre en une demi-journée de formation.
Les recruteurs se permettent donc de chercher des moutons à 5 pattes qui savent tout faire, ont les diplômes et de l'expérience, sont autonomes, mais ont des prétentions salariales d'un stagiaire de 18 ans.