⚫️ Un texte magnifique sur la mort, le trauma et le deuil.
Au procès Paty en appel, la nièce de Samuel, Salomé (fille de Gaëlle Paty), a prononcé un discours qui a scotché le public et les journalistes. Elle dit l’enfance fauchée, la « perpétuité » intime infligée aux cousins Paty, enfants et neveux du professeur, condamnés à grandir avec la douleur.
"Mesdames et messieurs de la cour, nous avions 5, 7, 8, 15 et 17 ans le jour où nous avons été condamnés. Le 16 octobre 2020, aucun d’entre nous n’avait encore fini l’école, aucun d’entre nous ne pouvait boire de l’alcool, aucun d’entre nous n’avait le permis.
Nous ne connaissions pas à quoi ressemblait l’intérieur d’une boîte de nuit, ni un bulletin de salaire. Nous ne connaissions rien de tout ça, parce que, tous les 6, nous étions des enfants. À 5, 7, 8, 15 et 17 ans, ce que nous connaissions, en revanche, ce sont les escortes de police, les hommages nationaux, la fuite des journalistes, les noms de codes aux hôtels et les adultes autour de nous, nos parents, nos grands-parents qui s’effondraient tous, un à un.
À 5, 7, 8, 15 et 17 ans, ce que nous connaissions c’était le visage de notre père, et notre oncle, affiché dans les rues, sur les bâtiments, dans nos écoles, sur nos réseaux sociaux, et notre nom de famille tournant en boucle dans les articles de médias.
À 5, 7, 8, 15 et 17 ans, nous avons été condamnés à la perpétuité. Sans procès, sans appel. Notre vie n’avait même pas eu le temps de commencer que le volant n’était déjà plus à nous.
(...)
La meilleure analogie que j’ai trouvée récemment, pour ceux qui tenteraient de comprendre, c’est que cette douleur, ce trauma, c’est un peu comme des paillettes. Vous savez, ces petits tubes de paillettes pour les enfants qui se seraient renversés sur une moquette, dans un canapé ou une armoire. Au début, il y en a partout, ça recouvre toute la surface, on ne voit que ça. Puis on se met à nettoyer, on réussit à enlever le plus gros. Mais on est tous passé par là. On sait tous qu’on aura beau passer un, deux, trois coups d’aspirateur, secouer les coussins, mouiller le sol… une semaine, un mois, un an après, en soulevant un t-shirt pour s’habiller le matin, on trouvera toujours des paillettes accrochées dessus.
(...)
Les années s’enchaînent et je trouve toujours des nouvelles paillettes à chaque fois que je soulève un coussin. Ma liste est longue et elle continue de s’allonger à chaque mois qui passe. Je ne peux vous dire que la mienne aujourd’hui, je ne connais pas la liste de mon frère et mes cousins. Je ne suis certaine que d’une chose, c’est que la leur sera encore bien plus longue quand ils auront enfin l’âge de la partager. Parce que, Mesdames et Messieurs de la cour, une vie c’est long quand, à 5, 7, 8, 15 et 17 ans, on a été condamnés à la perpétuité."
>> A lire en entier ici : https://t.co/yr7V1BsIlb
"Moi je me suis pas engagé il y a 20 ans contre la rassemblement national, c'est pas pour coller les affiches d'un type qui se fait plier à 60/40 par Le Pen".
Les médias :
Il serait temps de s'intéresser aux initiatives citoyennes pour mettre en avant l'une de nos valeurs : la Fraternité. Il y a des choses qui fonctionnent dans ce pays. Allez à la rencontre des citoyens de toute la France.
10 ans après, il est temps de considérer l'idéologie fondée sur la haine des juifs, des homosexuels, des apostats, des femmes et de tout ce qui compose notre modèle républicain, pour ce qu'elle est : une idéologie totalitaire.
#CharlieHebdo#HyperCacher#ClarissaJeanPhilippe
Ce soir, j’ai pris conscience que j’étais devenu un aidant.
Mes parents, âgés de 80 ans, vivent à la campagne, dans la Loire. Ma mère perd progressivement son autonomie, au point d’être hospitalisée aujourd’hui après une chute assez grave. Mon père, quant à lui, se retrouve seul, perdu, et peu habitué à vivre sans elle au quotidien. Je suis désormais un aidant… à 800 kilomètres de distance.
Je vais me rendre sur place, dans la Loire, pour engager les démarches nécessaires : aide à domicile, demande d’APA, organisation, et tout ce que cela implique. Mais c’est une réalité difficile à accepter. Tout le monde autour semblait avoir remarqué leur perte d’autonomie… sauf moi.
Ils ne m’en parlaient pas. Lors de nos visites, ils ne laissaient rien paraître d’inquiétant, souriants devant leur petit-fils. Parce qu’ils ne voulaient pas ajouter à l’inquiétude d’un fils déjà malade et en situation de handicap.
Et pourtant, aujourd’hui, les amis qui ont accueilli mon père m’ont parlé. Ils m’ont expliqué la situation. Cette réalité, que je n’avais peut-être pas voulu voir, me frappe de plein fouet.
Ce sont mes parents. Aujourd’hui, c’est à moi d’être là pour eux. Mais comment être un bon aidant à distance, tout en gérant ma propre vie, ma maladie et ma famille ? Je suis traversé par une multitude d’émotions : culpabilité, impuissance, inquiétude… mais aussi l’envie et le devoir d’être à la hauteur.
C’est une étape de la vie que je redoutais, sans m’attendre à ce qu’elle arrive de manière si soudaine. Pourtant, elle est là, et je dois faire face.
Je tiens à remercier les soignants de l’hôpital d’Annonay pour leur bienveillance et leur empathie. Grâce à eux, l’espace de quelques instants, ce sentiment de culpabilité qui m’habite a semblé s’atténuer. Ils m’ont permis de retrouver un peu de réconfort, même par téléphone.
Je ferai tout ce que je peux, un pas après l’autre.
[Suite]
Lorsque que l'on était adolescents, quand l'un de mes frères ou l'une de mes sœurs réclamait une paire de basket Nike -qui pour rappel coûtaient extrêmement chers par rapport aux revenus de l'époque-, mon père avec cette grande phrase :
"Ah 500 francs ? D'accord : toi 500, l'autre 500, lui 500, elle 500, moi 500, ta mère 500, ta sœur 500, ton frère 500. Et on mange quoi à la fin du mois ? "
Maladroitement, ils nous renvoyaient à notre condition sociale. J'ai compris plus tard que son intention n'était pas de nous culpabiliser mais de nous faire prendre conscience de la situation. Néanmoins, ils faisaient des efforts pour nous vêtir correctement, et, parfois, ils cédaient à ces Nike pour ne pas que nous nous sentions frustrés ou différents des autres à l'école.
Ma sœur a été la première de la famille à faire des études supérieures. Une fierté pour mes parents jusqu'à la famille de l'autre côté de la Méditerranée. Une reconnaissance presque internationale. Pour la remercier et surtout pour l'encourager, mes parents avaient acheté un ordinateur de marque Packard Bell d'une valeur de 12 000 francs ! L'équivalent de deux SMIC de l'époque. Ils l'avaient installé dans la chambre de mes sœurs et l'avait exposé comme une œuvre d'art avec un napperon sur l'écran. Son blanc étincellant égayait cette pièce en la rendant plus moderne et plus belle. On ne voyait plus les vieux lits, on ne voyait plus la tapisserie d'un autre temps et on ne voyait plus la vieille armoire bancale tenant sur ses trois pieds.
En cours d'économie en seconde, lors du chapitre traitant des besoins primaires et secondaires, la professeure avait posé la question suivante "qui possède un ordinateur chez lui ?" Fier avec un sourire aux lèvres, j'avais levé la main avec 4 ou 5 autres camarades sur un groupe de 35. Quel ratio ! J'étais privilégié même si je n'avais toujours pas les dernières Nike avec une bulle d'air. La professeure, d'un air étonnée, m'avait regardé en m'interpellant "Ah bon Fayçal, tu as un ordinateur ?" J'étais très gêné car j'ai senti à ce moment précis que cette question était un contrôle pour détecter si mensonge il y a. Ne me laissant pas déstabilisé, j'avais pris la parole et lui avait listée toutes les caractéristiques techniques de ce bijou Packard Bell, son Windows, ses logiciels et (surtout) son prix de 16 000 francs ! J'étais devenu quelqu'un.
Durant ce cours d'économie, j'ai appris que nous vivions pratiquement que des prestations sociales. Mon père était tombé au chômage à la fin des années 1980. L'usine avait fermé. La seule compétence que mon père maîtrisait était le port de sac de sucre de 50kg sur le dos. Il avait tenté des reconversions en vain. Du chômage dégressif de l'époque, il bénéficiera du revenu minimum d'insertion (RMI, ancêtre du RSA) pratiquement jusqu'à sa retraite avec quelques emplois très précaires de temps à autre. Donc, j'apprends ce que sont les fameux revenus de transferts et la redistribution. Je crois que l'amour que je porte à mon pays s'est construit à ce moment : en France, on aide les gens comme nous, on aide les familles précaires, la République est sociale pour tous.
Le spleen s’installe, c’est la fin des jeux paralympiques !
Vous avez été exceptionnels et tellement beaux.
Merci aux athlètes !
Merci aux volontaires !
Merci aux forces de sécurité !
Merci à toute l’organisation !
Et un grand merci au public !
C’est la #France 💙🤍❤️
Du sport,de la ferveur,de belles victoires,des liens et de la fraternité,des services publics et des bénévoles au top,de l'humanité et de l'universalité,des images merveilleuses,de la fête,de la joie d'être ensemble. Merci à celles et ceux qui ont fait ces JO de Paris.