[THREAD] Pourquoi la position de Bouteldja sur la Pride des banlieues cherchant à diviser les luttes antiracistes et les luttes féministes et LGBT est réactionnaire et fausse.
Tout en défendant une ligne para-LFI et jouant à son conseillère politique, Bouteldja propose une critique féroce non du « libéralisme LGBT » mais des luttes LGBT des personnes racisées et immigrées tout court.
Elle déclare que ces luttes et le sujet politique LGBT ont pour origine l’Occident et sont occidentales dans leur nature et ne doivent pas exister sous la même forme ou même du tout dans Saint-Denis, Bakou, Marrakech, etc.
Bouteldja prétend que la Pride des banlieues ne devrait pas exister tant que n’a pas cessé le racisme d’Etat, la répression coloniale des quartiers populaires, etc.
Il faudrait plutôt hiérarchiser et se préoccuper d’abord de Gaza, des violences policières, de l’islamophobie, des premières préoccupations des populations subissant le racisme.
C’est la version antiraciste de la logique class first : « le sexisme on va s’en occuper après la révolution, aujourd’hui la priorité c’est l’économie ».
Les luttes LGBT des personnes racisées et immigrés sont vues avec du soupçon, ce serait de l’intégration dans l’ordre blanc et dominant au détriment des siens.
La position de Bouteldja est grossière, volontairement polémique, anachronique et fausse.
Les LGBT, immigrés et non, racisés et non, prennent part aux luttes pour la Palestine, aux luttes antiracistes, dénoncent l’islamophobie et violences policières.
Leur propre oppression en tant que LGBT n’est pas un sujet secondaire mais aussi une lutte à part entière qu’on doit articuler aux combats contre l’impérialisme, le capitalisme et le racisme d’Etat.
Les luttes LGBT de façon générale ont été instrumentalisées par l’Etat et les entreprises ces dernières décennies pour donner un vernis progressiste au néolibéralisme.
Ce fait réel ne peut pas être utilisé pour les décrédibiliser comme néolibérales en soit, au contraire, cette cooptation doit être combattue. Les luttes LGBT doivent être de nouveau politisées et poussées dans un sens révolutionnaire
Donc, en ce qui concerne la Pride des banlieues, certains éléments que peut pointer Bouteldja sur l’instrumentalisation politique par l’État sont justes, mais c’est la tradition du néolibéralisme progressiste.
Dans le cas de la Pride des banlieues, le risque d’instrumentalisation ne saurait effacer l’engagement sincère des centaines de jeunes queers racisés, habitants des quartiers, immigrés, mais aussi le contenu de la marche qui réclame des investissements massifs pour la santé et la régularisation de tous les sans papiers
Ces jeunes et moins jeunes qui, souvent, sont obligés de quitter leur foyer car ils et elles sont homosexuels et trans, doivent traverser des océans et des mers pour survivre pour arriver dans une Europe traversant un tournant à droite et un nouveau saut dans la persécution des personnes LGBT
Bouteldja, d’ailleurs, parle de cette tendance, du début de la fin du néolibéralisme progressiste, des attaques de Trump et de Starmer contre les droits LGBT. Les Etats et les grandes entreprises abandonnent le soutien hypocrite aux LGBT, Bouteldja le voit et n’en tire aucune conclusion progressiste...
Que peut proposer à ces opprimés Bouteldja ? Ranger leur identité LGBT dans le placard, ne pas politiser l’oppression qui les a relégués à la marge de la société. Il faudrait être invisibles et lutter pour des « vraies priorités ».