Je me souviens. Il y a pile 45 ans, je passais l'oral le plus court de ma vie.
Il a duré très exactement 15 secondes.
Et j'en ai tiré des leçons.
Le professeur s'appelait Georges Tapinos. Il était le prestigieux patron de l'Institut National des Etudes Démographiques (INED). Et il tenait à Sciences Po un séminaire intitulé "Evolution et permanence de la théorie économique"...
... Ce qui était assez flou pour qu'il puisse raconter ce qu'il voulait, dans l'ordre où il le voulait, et de la façon qu'il souhaitait.
Lors de son premier cours, nous étions 220 à l'écouter, dans le grand amphithéâtre Boutmy. Mais il s'est révélé si aride, si ardu et si abscons, notamment en matière mathématique et statistique, que plus d'un quart des élèves ne sont pas revenus, pour son second cours.
Lequel fut pire.
Et cela a continué ainsi pendant 3 mois. Jusqu'à ce qu'on se retrouve à 8, dans une petite salle, au deuxième étage.
Là, il a dit : "Bon, on va maintenant pouvoir être moins compliqué".
Il est quand même resté très difficile à suivre.
Dès lors, pour le comprendre, il fallait lire. Lire vraiment les œuvres des auteurs dont il parlait, lire leurs critiques, et réfléchir.
Cela ne se faisait pas trop, à Sciences Po, où l'on travaillait tellement que la plupart du temps, les élèves se contentaient d'apprendre sagement ce qu'on leur disait de croire, sur les œuvres inscrites au programme.
Mais, en dépit de mes lectures, j'avoue que souvent, G. Tapinos expliquait des choses que je ne comprenais pas bien.
Dans ce cas, je ne l'interrompais pas. J'allais le voir, après le cours. Et là, lui, le patron débordé de l'INED, prenait un temps infini pour expliquer, détailler. Au point qu'à plusieurs reprises, nous allions terminer la discussion au Basile, le bistrot à côté de Sciences Po.
J'en sortais intensément heureux.
Il n'a fait qu'un cours "simple". Sur "Le parapluie et les utopistes français". 🙂
Il avait fait venir un copain, dont j'ai hélas oublié le nom. Qui, partant du fait que Proudhon, Fourier, Cabet souhaitaient couvrir les trottoirs pour protéger les passants du soleil et de la pluie - alors que les libéraux préféraient le parapluie individuel - expliquait, sous cet angle, toute la philosophie économique du "socialisme" pré-marxiste, en France.
C'était brillant - et concret.
Mais, le reste du temps, Georges Tapinos flottait dans ses limbes, avec passion.
Surtout, il n'enseignait pas seulement ses certitudes. Il expliquait ses doutes.
C'était passionnant.
Ce fut même le professeur le plus passionnant que j'ai eu à Sciences Po.
Et, peut-être parce qu'il était né à Athènes, et qu'il était d'origine grecque, j'ai toujours pensé qu'il enseignait comme Platon ou Aristote enseignaient.
En sélectionnant les plus coriaces, les plus avides de connaissances. Et petit à petit, en les poussant à lire, à réfléchir. A s'accoucher d'eux-mêmes.
Puis vint l'oral. Après avoir enseigné à 8 élèves pendant des mois, après avoir discuté avec chacun, il nous connaissait bien.
Mais il fallait un oral, pour que le séminaire soit "validé".
Il était assis dans une petite salle, derrière un bureau. Je me suis approché, l'ai salué, me suis assis en face de lui.
J'ai, comme on nous l'apprenait, posé ma montre à plat sur le bureau, afin de bien calculer le temps, et de rester dans les 10 minutes que devait durer un oral.
Et là, il m'a demandé :
- "Que pensez vous de Keynes ?"
J'ai eu un vertige. Une panique. En économie, John Maynard Keynes est un monument. Un auteur immense.
J'avais presque tout lu de lui; lu les néo-keynésiens, les critiques de Keynes. Mais comment faire une synthèse ?
Alors, le temps que je mobilise mes neurones pour tenter de trouver un plan englobant tout ce que je savais, j'ai dit, très sincèrement, la première chose qui m'est venue - à laquelle je crois toujours :
- "Keynes... ? C'est bien écrit".
Il m'a regardé, a hoché discrètement la tête, en signe d'approbation. Puis il a répondu :
- "Je vous remercie. Bonne journée."
Et du geste, il m'a m'invité à me retirer.
J'ai repris ma montre. Le tout avait duré 15 secondes.
Et je suis sorti, un peu éberlué.
Il m'a mis 16/20. Ce qui, à l'époque, à Sciences Po, était considéré comme une très bonne note.
Je ne sais pas si Platon ou Aristote faisaient passer des oraux. Je ne pense pas.
En tout cas, j'en ai gardé l'idée qu'un grand enseignant n'est pas là, d'abord, pour évaluer / noter / juger. Mais pour passionner tellement ses élèves, qu'il n'a même plus besoin de les noter.
J'y pense encore, aujourd'hui...
... Et si le Paradis existe, j'avoue : j'aime à m'imaginer que Georges Tapinos y discute des heures, avec Pareto, Galbraith, Keynes, Schumpeter ou Solow. Autour d'un verre de résiné bien frais.🙂
"Se débarrasser des archives papier et les remplacer par des archives numériques leur permet de supprimer l’histoire. Un jour, vous trouverez le message « la page n’existe pas », et le lendemain, vous les verrez nier que cela ait réellement eu lieu".
Julian Assange
Un membre de mon Discord rappelle la loi Hadopi : si ton WiFi est utilisé pour pirater Rihanna, c'est toi le responsable.
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Nous sommes cette génération qui ne reviendra pas.
Nous avons grandi avec des chaussures couvertes de poussière, des genoux écorchés et un cœur pressé.
Non pas pour regarder un écran,
mais pour finir le goûter et courir dehors — là où la seule chose importante était un ballon et quelques amis.
Nous étions ceux qui rentraient de l’école à pied.
Parlant fort ou rêvant en silence,
l’esprit déjà tourné vers le prochain jeu, la prochaine aventure,
entre un trou creusé dans le sable et un secret chuchoté derrière un coin de mur.
Un bâton pouvait devenir une épée.
Une flaque se transformait en océan à conquérir.
Nos trésors étaient des billes, des images à collectionner, des petits bateaux de papier.
Et le ciel, notre seule limite.
Nous n’avions pas de sauvegardes, seulement des souvenirs dans la mémoire et sur les pellicules photographiques.
Les photos se touchaient, se respiraient, se gardaient dans des tiroirs —
aux côtés de lettres écrites à la main,
de cartes postales des grands-parents,
et de dessins colorés que les parents conservaient comme des bijoux.
Nous appelions « maman » celle qui soignait nos fièvres.
Et « papa » celui qui nous apprenait à faire du vélo.
Il n’en fallait pas plus.
La nuit, sous les couvertures,
nous parlions à voix basse avec le frère dans le lit voisin,
riant de bêtises,
craignant qu’un adulte entende et éteigne ce petit monde de complicité.
Cette génération s’en va, peu à peu,
comme une photographie qui perd ses couleurs,
mais que personne ne veut jeter.
Nous nous éloignons en silence, emportant une valise invisible :
l’écho des rires dans la rue,
l’odeur du pain encore chaud,
des courses insensées,
et cette liberté qui ne connaissait pas les notifications.
Nous étions des enfants quand il était encore possible de l’être.
Et peut-être que c’est là notre plus grande fortune.
C’EST DIT. « Nous avons eu un changement de régime [en #Iran]. Il s'agit d'un changement de régime car les dirigeants sont tous différents ».
Donald Trump, président des États-Unis, mardi 24 mars 2026.
La résilience ferroviaire en une photo.
La plupart des lignes de trains en 🇫🇷 et en 🇪🇺 ont été construite entre 1840 et 1920.
Et à l’époque, on prévoyaient les futurs problèmes hydraulique. Les ingénieurs allaient voir les anciens, dans les villages, et demandaient toujours le niveau de la plus grande crue. Et ils construisaient en prenant en compte ce paramètre.
Un vieux cheminot m’a dit: « Quand y a des grandes inondations, les voies ferrées sont souvent construite bien au dessus, si tu cherches une bonne maison, fait en sorte qu’elle soit au dessus de la voie ferrée, tu seras pas emmerdé ».
Le dicton est toujours d’actualité.
Si tu achètes une maison ou tu cherches un terrain à construire, trouve le « au dessus » du train.
« Si Dieu existe, qu’il le prouve. S’il n’existe pas, qu’il ait le courage de l’avouer. »
« Il faut qu’une porte soit ouverte… ou d’une autre couleur. »
Pierre Dac est mort il y a pile 51 ans.
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🚧 Le Conseil d'orientation des infrastructures préfère donner la priorité à la rénovation de l'existant plutôt qu'à des nouvelles lignes à grande vitesse.
Un puissant courant océanique engendrera d'abondantes précipitations sur les trois-quarts de la France dans les deux prochaines semaines, et les #inondations actuelles vont devraient s'étendre et s'accentuer ! Notre article >>> https://t.co/u9y5nDP0TT
Spécialisée dans la confection de boucles en laiton depuis près de 200 ans, la maison Poursin est un incontournable dans les mondes équestres et de la maroquinerie du luxe français. Elle est désormais menacée par l’inox chinois, vers lequel se tournent certaines maisons pour faire des économies, au détriment du savoir-faire.
🍂 Venez découvrir le Boulevard des Pyrénées à Pau en automne !
Sous un ciel limpide, les montagnes se parent de neige tandis que les arbres flambent de mille couleurs. Une balade suspendue entre ciel et terre, où chaque pas offre une vue grandiose sur les Pyrénées.🌄
Tranquillement Google annonce que son IA Gemini va lire vos emails.
D'ailleurs quelqu'un ui a donné accès sans s'en rendre compte et le résultat fait froid dans le dos😨⬇️
En lisant 16 ans de ses emails, Gemini pouvait analyser qui était son meilleur ami en 2009, commençait à écrire dans son style et à faire son profil psychologique...
Donc si vous voulez désactiver ce truc faut aller dans "Manage Workplace smart feature settings" et désactiver Gemini.
@c46d333ca0554b6@v_joron Ben vu le prix de remplacement d’une batterie… en fait s’ils gardent leur VE plus longtemps c pour avoir 60 km d’autonomie avec leur vieille batterie. Test par un ami : kangoo électrique 6000 euros à l’argus, batterie 20000.
🇨🇭 EN SUISSE IL EST POSSIBLE DE SE BAIGNER DANS LA PLUPART DES RIVIÈRES.
Celles où c'est interdit, la cause n'est pas la qualité de l'eau mais la force du courant.