Je ne crois pas que les FDLR constituent une menace crédible pouvant justifier l’intervention militaire du Rwanda en RDC. Aucun prétexte ne peut donner au Rwanda le droit de violer la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.
La Charte des Nations unies interdit le recours à la force contre l’intégrité territoriale d’un État. Or, depuis près de trois décennies, le même scénario se répète : RCD, CNDP, M23… des rébellions qui prospèrent dans l’Est congolais avec, selon de nombreux rapports et résolutions de l’ONU, des formes de soutien rwandais. La résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février 2025, a notamment exigé la fin du soutien au M23 et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Le génocide de 1994 ne peut pas devenir un permis permanent d’intervention au Congo.
Trente-deux ans après le génocide, il est donc temps de poser une question que la communauté internationale semble éviter : quand le Rwanda organisera-t-il enfin « un véritable dialogue interrwandais »capable de traiter les causes politiques et historiques de ses propres tensions internes ?
La RDC doit reprendre l’initiative diplomatique et médiatique. Elle doit dénoncer clairement le double standard qui consiste à exiger de Kinshasa qu’elle règle seule la question des groupes armés tout en tolérant que Kigali utilise cette même question pour justifier une présence militaire en territoire congolais.
Ni les FDLR, ni le M23, ni aucune autre milice ne doivent servir de prétexte à la violation du droit international. La sécurité du Rwanda ne peut être assurée par l’occupation du Congo. Et la mémoire du génocide ne peut être instrumentalisée pour maintenir indéfiniment un rapport de force régional dont le peuple congolais paie le prix.
La paix dans les Grands Lacs ne viendra pas de la force. Elle viendra du droit, du dialogue interrwandais et du respect de la souveraineté de la RDC.
Pour Germain Kambinga, la plus mauvaise rencontre de Joseph Kabila durant ses 18 années au pouvoir, c’est Corneille Nangaa. Sa plus grande malédiction aurait été d’avoir un jour rencontré l’ancien président de la CENI, aujourd’hui devenu chef rebelle. Selon lui, de la défaite électorale du camp Kabila en 2018 à la rébellion de l’AFC/M23, il y a toujours Corneille Nangaa derrière.
La présidentielle de 2018 était une élection que le camp Kabila ne devait pas perdre, a-t-il ajouté. Écoutez ses explications jusqu’à la fin.
Une émission à suivre et à faire suivre …« PAS DE DIALOGUE AVEC KABILA ET NANGAA » FELIX TSHISEKEDI A UNE MISSION... https://t.co/MYV5Qkg3pR via @YouTube
Non à un dialogue qui affaiblirait les institutions démocratiques et la démocratie Congolaise au profit des forces infiltrées pro Rwanda ;Non à un dialogue qui affaiblirait la souveraineté populaire au profit d’une opposition dégagiste.Dialogue des intelligences patriotiques oui!
LA QUATRIÈME RÉPUBLIQUE : UNE NOUVELLE PHILOSOPHIE DE L'ÉTAT
Depuis plusieurs mois, le débat sur la Quatrième République suscite de nombreuses réactions. Beaucoup s'interrogent sur le changement de Constitution, sans toujours s'interroger sur la question essentielle : pourquoi changer ?
Pour LE CENTRE, la Quatrième République n'est pas une simple réforme juridique. C'est une refondation philosophique de l'État congolais.
La Constitution de 2006 a rempli une mission historique : accompagner la sortie des guerres qui ont ravagé notre pays et permettre le retour à un ordre constitutionnel. Mais les défis du Congo de 2026 ne sont plus ceux du Congo de 2003.
Notre ambition ne peut plus être uniquement d'éviter les crises. Elle doit être de construire un État puissant, efficace et capable de conduire durablement le développement national.
C'est pourquoi la Quatrième République doit reposer sur trois principes fondateurs.
Premièrement : la responsabilité.
Une Constitution ne doit pas seulement proclamer des principes ; elle doit garantir leur respect. Lorsqu'une obligation constitutionnelle est ignorée sans conséquence, c'est l'autorité même de la Constitution qui s'affaiblit. Demain, la responsabilité des dirigeants devra être davantage liée au respect de leurs obligations et aux résultats attendus de l'action publique.
Deuxièmement : le mérite.
La compétence doit devenir la première voie d'accès aux responsabilités publiques. Un État moderne ne peut pas prospérer si les fonctions stratégiques sont principalement attribuées selon des considérations politiques, personnelles ou clientélistes. La Quatrième République doit faire de la méritocratie une valeur constitutionnelle au service de l'intérêt général.
Troisièmement : l'indépendance réelle des contre-pouvoirs.
Une justice, une Cour des comptes ou une institution de contrôle ne peuvent exercer pleinement leur mission si elles dépendent matériellement de ceux qu'elles doivent contrôler. L'indépendance doit être garantie non seulement par les textes, mais aussi par des mécanismes institutionnels et financiers qui la rendent effective.
Au fond, la Quatrième République propose un changement de paradigme : passer d'un État organisé principalement pour gérer les équilibres politiques à un État organisé pour produire des résultats.
Parce que le Congo ne manque ni de ressources ni de talents.
Il lui manque des institutions qui fassent de la responsabilité, de l'excellence et de l'intérêt national les véritables moteurs de l'action publique.
La Quatrième République n'est pas une fin en soi. Elle est l'instrument d'une ambition : faire de la RDC une puissance africaine respectée, prospère et durable.
#QuatrièmeRépublique #LECENTRE #Refondation #Institutions #RDC #GermainKambinga
#RDC 🚨Réagissant sur le voyage des opposants à #Bujumbura, l’Hon. Germain Kambinga déclare que @MartinFayulu , @DSESANGA , @kabund_jmkkrock et Joseph Kabila ont besoin de l’affection et de la tendresse du Président Félix Tshisekedi. « Ils ont déjà perdu le combat de l’opinion à #Kinshasa » a déclaré le Président du parti politique Le CENTRE
Montesquieu disait : « J’aime les paysans, car ils ne sont pas assez instruits pour se tromper. »
La quête effrénée de popularité, lorsqu’elle n’est soutenue ni par une vision ni par une stratégie de réussite, transforme le peuple en public passif plutôt qu’en acteur du changement. Elle isole celui qui s’y abandonne, car la majorité silencieuse — les familles, les travailleurs, les citoyens ordinaires — demeure souvent étrangère aux postures et aux démonstrations destinées à capter l’attention.
À force de confondre visibilité et efficacité, on finit par perdre la bataille que l’on prétend mener. On devient prisonnier du cours de l’histoire que l’on voulait combattre. Lorsqu’une cause collective est instrumentalisée pour nourrir un ego ou construire une image personnelle, elle cesse d’être un levier de transformation et devient un simple outil de promotion de soi. C’est alors la cause qui s’affaiblit, et non seulement celui qui la porte.
Voilà ce que devrait être, en réalité, le cœur de la réflexion sur une nouvelle Constitution congolaise.
À partir de notre histoire, de nos réussites comme de nos erreurs, nous devrions nous demander quelles institutions correspondent réellement aux réalités congolaises et permettront enfin à notre pays d’exploiter pleinement son immense potentiel. Le Congo dispose de ressources stratégiques dont le monde entier a besoin et possède les atouts nécessaires pour devenir une puissance économique régionale avant d’accéder, à plus long terme, au rang des nations développées.
S’inspirer des expériences étrangères est utile. Mais reproduire mécaniquement des modèles conçus pour d’autres peuples relève d’une forme d’aliénation intellectuelle. Trop souvent, notre intelligentsia se contente d’importer des idées sans produire une réflexion originale adaptée au contexte congolais.
Pourtant, les faits sont clairs : la Constitution actuelle présente à la fois des problèmes intrinsèques et extrinsèques.
Les problèmes intrinsèques
Cette Constitution est née des compromis politiques conclus à l’issue des conflits armés. Elle visait notamment à intégrer durablement les anciens belligérants dans les institutions et à stabiliser le pays.
Vingt ans plus tard, les résultats restent discutables. La légitimité du pouvoir continue d’être contestée à chaque cycle électoral, transformant régulièrement les élections en crises politiques. Au lieu de consacrer cinq années au développement, le pays passe une grande partie de son temps à gérer des conflits de légitimité.
Même l’alternance pacifique de 2018, longtemps présentée comme la principale réussite du système, apparaît aujourd’hui relativisée par l’évolution du contexte politique et sécuritaire.
Les problèmes extrinsèques
Au-delà de ses limites internes, l’avenir même de cette Constitution est devenu incertain.
À mes yeux, cinq scénarios crédibles peuvent conduire à son remplacement ou à sa profonde transformation :
1. La victoire militaire du pouvoir légal, qui ouvrirait la voie à une réforme constitutionnelle destinée à renforcer l’État.Déjà en cours même sans victoire militaire constatée .
2. La victoire de la rébellion, qui entraînerait nécessairement l’adoption d’un nouvel ordre constitutionnel.
3. Une négociation politique et un partage du pouvoir, nécessitant un nouveau cadre institutionnel comparable à celui mis en place après Sun City.
4. Un coup d’État, dont les auteurs chercheraient à légitimer leur pouvoir à travers un nouveau texte fondamental.
5. La persistance du conflit et une balkanisation de fait du territoire national. Si certaines parties du pays échappent durablement à l’autorité de l’État, la Constitution cesse déjà, dans les faits, de s’appliquer sur l’ensemble du territoire qu’elle est censée régir.
Voilà cette constituon est déjà morte!
Le véritable problème n’est pas de savoir si les dirigeants sont bons ou mauvais. Les hommes sont imparfaits par nature et chaque génération produira ses ambitieux, ses opportunistes, ses patriotes et ses médiocres.
On ne transforme pas une nation en éliminant certains hommes ; on la transforme en modifiant les règles du jeu. Les Constitutions existent précisément pour encadrer les imperfections humaines et protéger l’intérêt général.
La vraie question est donc la suivante : quelles règles institutionnelles permettront demain de réduire les effets des faiblesses humaines et de mettre les immenses ressources du Congo au service du développement national ?
À mes yeux, le débat ne devrait pas consister à défendre la Constitution actuelle comme une relique intouchable, ni à se focaliser exclusivement sur les personnes qui exercent aujourd’hui le pouvoir.
La véritable question est de savoir quel modèle institutionnel permettra enfin à la RDC de garantir sa stabilité politique, de préserver son intégrité territoriale, de valoriser ses ressources stratégiques et de transformer son potentiel en prospérité.
Est-ce que le référendum constitutionnel aura lieu n’est pas la bonne question car l’évidence politique et institutionnelle est devant nos yeux .Si la RDC avait une opposition stratège et vertébrée ,elle comprendrait que le vrai combat est celui du quoi …ça veut dire que mettre et qu’est-ce qu’il ne faut pas mettre dans cette nouvelle constitution en gestation .Au pire, comment mobiliser le peuple pour un rejet de cette constitution si sa rédaction consacrait un recul démocratique évident par exemple ?Bref la victoire du Oui au référendum peut déjà être envisagée faute de combattant du NON .Les conséquences ne devront pas sévir de prétexte demain pour des diatribes stériles .En conclusion, l’opposition congolaise est nulle et n’a pas le niveau requis pour affronter les enjeux politiques du moment.
Le changement de Constitution procède d'une ambition historique majeure, d'une vision civilisationnelle et d'un projet national de long terme.
C'est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l'avènement d'une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d'un acteur politique particulier. Elle procède d'une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde qui se construit sous nos yeux .Je prétends ici donner les fondements d'un nouveau pacte constitutionnel:
Une République de la compétence
Le premier pilier d'une Quatrième République doit être l'institutionnalisation de la méritocratie.
L'État congolais doit progressivement évoluer vers un modèle où les responsabilités publiques sont attribuées selon les compétences, les résultats et l'intégrité.
L'homme qu'il faut à la place qu'il faut.
Cette exigence doit devenir un principe constitutionnel structurant de la gouvernance publique.
Une République de la performance
L'action publique doit être soumise à une obligation de résultats.
Les contrats de performance, les indicateurs d'évaluation et les mécanismes de reddition des comptes doivent être intégrés au fonctionnement normal des institutions.
L'exercice du pouvoir doit être apprécié non à l'aune des intentions mais à celle des résultats obtenus.
Une République stratège
La RDC doit assumer son rôle géopolitique particulier dans l'économie mondiale.
Ses institutions doivent être conçues pour accompagner la transformation industrielle de ses ressources naturelles, favoriser l'émergence d'un capital national puissant et soutenir l'innovation technologique. soutenir l'innovation technologique.
Provincialisation du développement :Une République du développement territorial
Chaque province doit devenir un véritable pôle de développement articulé autour de ses avantages comparatifs.
L'objectif doit être de passer d'une logique de redistribution à une logique de création de richesse territoriale.
Le développement national doit être la synthèse des stratégies de développement provinciales.Nous parlons ici de Provincialisation du développement .
Une République de la responsabilité
L'une des faiblesses récurrentes de notre gouvernance réside dans l'absence de conséquences réelles lorsqu'une disposition constitutionnelle demeure inappliquée.
Une future Constitution devra intégrer des mécanismes explicites de responsabilité et de sanction politique.
Dans un État moderne, l'absence d'exécution d'une obligation constitutionnelle ne peut rester sans conséquence.
Une République du savoir
Le développement durable de la RDC passera nécessairement par la valorisation du capital humain.
L'enseignement technique, scientifique, professionnel et technologique doit devenir un axe prioritaire de la politique nationale.
Le véritable minerai stratégique du XXle siècle n'est pas seulement celui qui se trouve dans notre sous-sol ; c'est également l'intelligence de notre jeunesse.
Conclusion : penser le siècle plutôt que l'échéance
La question fondamentale n'est donc pas de savoir s'il faut ou non changer la Constitution.
La question fondamentale est de savoir pourquoi la changer et au service de quelle ambition historique.
Une Constitution ne doit jamais être l'instrument d'une circonstance politique. Elle doit être l'expression d'un destin collectif.
Si la République Démocratique du Congo devait s'engager sur la voie d'une Quatrième République, celle-ci devrait être conçue non comme la Constitution d'un pouvoir, mais comme la Constitution d'une nation décidée à transformer son potentiel exceptionnel en puissance économique, technologique et civilisationnelle.
L'histoire offre rarement plusieurs fois la même opportunité aux peuples.
Le défi de notre génération est de faire en sorte que le XXle siècle soit celui de l'avènement de la puissance congolaise.
Je prétends que le débat relatif à une éventuelle réforme ou à un éventuel changement de la Constitution mérite davantage de hauteur de vue qu'il n'en reçoit généralement dans l'espace public. Trop souvent, il est abordé sous l'angle des rapports de force politiques du moment, des intérêts partisans ou des échéances électorales à venir. Une telle approche est réductrice et ne permet pas de saisir les véritables enjeux de la question constitutionnelle.
La Constitution n'est pas un simple instrument d'organisation du pouvoir. Elle constitue l'expression juridique d'une vision de la société, d'une conception de l'État et d'une ambition collective. Elle définit non seulement la manière dont une nation se gouverne, mais également la direction historique qu'elle entend emprunter.
À cet égard, il me paraît nécessaire d'affirmer avec lucidité que les institutions actuellement au pouvoir disposent, si elles le décident, des moyens politiques, parlementaires et institutionnels susceptibles de conduire un processus de réforme constitutionnelle. Cette réalité peut être contestée sur le plan politique ; elle ne peut être ignorée sur le plan analytique.
L'observation objective de la situation nationale révèle en effet que nous ne sommes pas aujourd'hui dans une configuration comparable à celle qui prévalait entre 2016 et 2018. À cette époque, le rejet populaire du régime alors en place était devenu manifeste. Les tensions politiques, les mobilisations sociales et les revendications les revendications démocratiques traduisaient une rupture profonde entre le pouvoir et une partie importante de la population.
Le contexte actuel est d'une nature différente. La défense de l'intégrité territoriale face à l'agression extérieure, notamment dans l'Est du pays, continue de structurer le rapport entre une partie significative de l'opinion publique et les institutions en place. Malgré les difficultés militaires rencontrées et les épreuves subies par les populations de Goma et de Bukavu, la question de la souveraineté nationale demeure un facteur central de légitimation politique.
Dès lors, le véritable débat n'est pas de savoir si certains acteurs politiques disposent ou non de la capacité d'empêcher une réforme constitutionnelle. Le véritable débat consiste à déterminer les principes fondamentaux qui doivent encadrer toute transformation éventuelle de notre ordre constitutionnel.
La souveraineté appartient au peuple. Ce principe, consacré par notre Constitution, implique une responsabilité collective. Les citoyens doivent pleinement mesurer que le pouvoir qu'ils confient à leurs dirigeants n'est jamais abstrait. Il produit des conséquences concrètes sur l'organisation de l'État, sur les institutions et sur l'avenir de la Nation. Le choix démocratique est, par essence, un acte de responsabilité historique.
Pour ma part, en qualité de responsable politique du Centre, je considère qu'une Constitution ne saurait être remplacée pour répondre à des considérations circonstancielles, à des contraintes administratives ou à des commodités de gouvernance.
Lorsqu'il s'agit d'adapter certaines dispositions à des réalités nouvelles, la révision constitutionnelle constitue l'outil approprié.
ambition historique majeure, d'une vision l'outil approprié.
Le changement de Constitution relève d'une tout autre logique. Il ne peut être légitime que lorsqu'il procède d'une ambition historique majeure, d'une vision civilisationnelle et d'un projet national de long terme.
C'est précisément pour cette raison que je défends, depuis 2017, l'avènement d'une Quatrième République.
Ma position ne repose ni sur les contingences du moment ni sur les intérêts d'un acteur politique particulier. Elle procède d'une réflexion sur la place que la République Démocratique du Congo est appelée à occuper dans le monde du XXle siècle.
À quoi jouent ceux qui se font appeler « Opposition congolaise » ?complice ou simplement hypocrite ?
Dans une nation dont les fondements sont menacés par l’agression rwandaise, nous avons pourtant des compatriotes qui semblent ignorer une réalité évidente : le peuple manifeste de moins en moins d’intérêt et d’appétence pour leurs discours et leurs actions.
Après avoir organisé sur les réseaux sociaux une prétendue « ville morte » qu’ils ont eux-mêmes présentée comme un succès retentissant, au point, selon eux, de faire trembler le régime et de l’empêcher de dormir, les voilà revenus avec une nouvelle série d’initiatives aussi surprenantes qu’inefficaces. Leur objectif affiché : empêcher la tenue d’un référendum. Leur conviction : leur minorité politique disposerait encore d’un pouvoir suffisant pour infléchir seule le destin national.
Pourtant, cette même opposition a déjà compromis sa propre stratégie électorale pour 2028. En affirmant qu’il ne peut y avoir de référendum sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, elle affirme implicitement qu’il ne pourrait pas davantage y avoir d’élections générales en 2028 sans la fin de la guerre et la libération des territoires occupés. Elle offre ainsi au pouvoir, gratuitement et par manque de clairvoyance, l’argument d’un éventuel glissement du calendrier électoral. Premier échec.
Aujourd’hui, elle revient avec une proposition qui relève soit de la naïveté politique, soit d’une forme de complicité objective avec le pouvoir qu’elle prétend combattre. Elle envisage de poursuivre le Chef de l’État devant les instances judiciaires pour ce qu’elle qualifie de « coup d’État constitutionnel » à travers une tentative de changement de la Constitution.
Or, quelle serait la conséquence probable d’une telle démarche ? Tout simplement une décision judiciaire ou constitutionnelle venant confirmer la légalité du processus engagé. Le Président de la République, qui n’a d’ailleurs entrepris à ce stade aucune initiative personnelle formelle, pourrait alors se voir reconnaître, sur la base des dispositions légales en vigueur, la possibilité de lancer un processus référendaire si les institutions compétentes en décidaient ainsi.
En d’autres termes, l’opposition entend poursuivre le Chef de l’État pour un débat d’initiative parlementaire et pour l’expression d’une opinion politique légitime sur l’avenir de la nation. Une démarche pour le moins étrange.
À moins que l’objectif réel ne soit tout autre : donner une caution indirecte à ce processus en jouant le rôle d’un adversaire de façade, tout en contribuant objectivement à l’atteinte des objectifs du pouvoir.
Cette situation me rappelle mes années à l’Assemblée nationale. Jeune député, j’avais rapidement compris que lorsque certains aînés nous demandaient de quitter l’hémicycle en signe de protestation, c’était souvent pour permettre à la majorité de faire passer discrètement ses textes ou de sauver l’un des siens, en éliminant toute contradiction et en évitant le débat de fond. Bien entendu, ces manœuvres n’étaient pas toujours désintéressées.
À la lumière de ces observations, je considère que l’opposition congolaise contribue largement, parfois malgré elle, parfois consciemment, à la réalisation des objectifs du pouvoir. Ce chef-d’œuvre d’hypocrisie politique ne trompe plus que les plus naïfs.
La RDC mérite mieux. Son avenir devra s’écrire en tenant compte de toutes ces responsabilités et de toutes ces forfaitures politiques
l’opposition devrait organiser ses forces afin de combattre le « Oui » lors d’un éventuel référendum en développant des arguments crédibles en faveur du « Non ». Chercher avant tout à démontrer son existence politique, comme dans une forme de besoin narcissique d’affirmation en réponse au qualificatif provocateur d’« opposition ya pete » utilisé par le pouvoir, revient à tomber dans un jeu politique dont l’UDPS maîtrise parfaitement les règles. C’est poursuivre l’ombre plutôt que la proie.
Examinons la situation politique actuelle :
1. Le pouvoir a déjà remporté la bataille du glissement institutionnel.
En effet, la perspective d’une prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2028 semble désormais admise, y compris avec le concours involontaire d’une partie de l’opposition. Lorsqu’elle affirme qu’il ne peut y avoir de référendum sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, elle valide indirectement la thèse du pouvoir et celle du Président lui-même : pas d’élections sans ces deux provinces. Une question se pose alors : avons-nous l’opposition la plus maladroite du monde ?
2. Le rapport de force est largement favorable au pouvoir.
La puissance institutionnelle du pouvoir, combinée à la faiblesse de l’opposition sur les plans organisationnel, stratégique, populaire et opérationnel, laisse penser qu’en cas de référendum, le « Oui » l’emporterait. Le peuple ne semble ni comprendre clairement les positions de l’opposition ni les suivre, faute d’une incarnation crédible et fédératrice de celle-ci.
3. La question de l’intégrité territoriale est devenue périphérique dans le débat politique.
La sécurité de l’Est du pays semble désormais reléguée au rang d’argument secondaire, utilisé davantage pour agrémenter le discours d’une opposition faible et peu incarnée que comme une véritable priorité politique. Or, la population ne manifeste guère d’adhésion à cette approche.
4. Sauf accident de l’histoire, le pouvoir dispose aujourd’hui d’un boulevard politique.
Cependant, à l’attention des tenants du pouvoir, je prétends qu’il existe également un risque d’excès de confiance. Une gestion à court terme de la situation peut empêcher de mesurer la profondeur et l’ampleur des défis auxquels le pays est confronté.