Petit rappel matinal :
Un-e réfugié-é syrien-ne
= un-e réfugié-e afghan-ne
= un-e réfugié-e ukrainien-ne
= un réfugié-e tout court
(Concentrez vous sur l’écriture inclusive, le reste passera)
- Henri IV était le 4e roi de France à s'appeler Henri. Pouvez-vous citer les noms des Henri précédents ?
- Ouh là là, pfff, euh.
- Non, pas exactement.
Ça explique une bonne partie de l’état désastreux de notre système éducatif. Nivellement par le bas permanent, obsession de l’égalité et refus de la moindre différence de niveau. Tout le monde doit être maintenu au même niveau, quitte à tirer les meilleurs vers le bas. Le tout sous l’influence d’idéologues complètement déconnectés sur ces questions.
Les images générées par IA n’envahissent pas que nos écrans : elles gagnent la rue : les menus de restaurants, les petites annonces pour les brocantes et les associations. On appelle ça le « slop » , dérivée de soupe : du contenu de faible qualité produit m par les outils d’intelligence artificielle. Le mauvais goût existait déjà, mais il s’industrialise.
Il faut avouer que beaucoup de ces affiches sont horriblement moches.
Designers et graphistes partent en guerre contre cette « pandémie de flyers ChatGPT » et appellent au boycott.
C’est touchant, mais largement illusoire. Cela rappelle les luddites brisant les métiers à tisser pour préserver leur gagne-pain, ou les cochers voyant arriver l’automobile avec effroi. On n’arrête pas un progrès technique aussi puissant par blocus ou sabotage.
Faut-il donc se résigner à voir ce contenu bas de gamme envahir notre quotidien ?
Pas forcément. D’abord parce que ces outils vont s’améliorer.
Mais surtout parce qu’une réaction inverse apparaît déjà. Les internautes acclament des affiches bricolées sous Paint, Word ou au stylo, sous les mentions « riposte humaine » ou « garantie sans IA ». Elles sont parfois plus moches que celles de ChatGPT. MAis elles plaisent précisément parce qu’on sent que quelqu’un les a faites.
Dans un monde où le « joli de mauvais gout» devient instantané et gratuit, la maladresse devient une preuve d’humanité.
PISA: Le plus préoccupant n’est pas ce nouveau classement, c’est le mouvement. L’édition 2022 avait déjà marqué une chute historique. Trois ans plus tard, la France perd encore 4 points en sciences, 18 points en compréhension de l’écrit et 16 points en mathématiques. Sur la même période, la moyenne de l’OCDE recule respectivement de 3, 14 et 9 points. En somme la France accompagne la baisse générale des pays développés, mais fait encore moins bien que cette moyenne en lecture et surtout en mathématiques.
Autre souci, le décrochage ne concerne donc pas seulement “les mauvais élèves”. Entre 2022 et 2025, l’écart entre les plus forts et les plus faibles ne se creuse pas significativement : c’est l’ensemble de la distribution qui se déplace vers le bas.
En France, 21,3 % des élèves sont simultanément sous le niveau 2 en sciences, en lecture et en mathématiques. Ils sont donc peu performants dans les trois domaines fondamentaux à la fois. La moyenne OCDE est de 19,7 %. Plus d’un jeune Français de 15 ans sur cinq se trouve ainsi sous le seuil de compétence de base dans l'ensemble des trois disciplines.
Et le problème français ne se limite pas au bas de la distribution. Seulement 9,8 % des élèves français atteignent les niveaux 5 ou 6 dans au moins l’un des trois grands domaines, contre 11,9 % dans l’OCDE.
Le système français produit à la fois un peu plus d’élèves très faibles et un peu moins d’élèves très forts que la moyenne de l’OCDE. Le vieux récit d’une école très inégalitaire mais capable de préserver une élite académique devient donc plus difficile à soutenir. L’inégalité subsiste ; l’excellence, elle, n’est plus particulièrement abondante.
La France appartient donc désormais au milieu de tableau des pays développés, mais à un milieu de tableau lui-même en recul. Elle reste proche de la moyenne en sciences, légèrement en dessous en mathématiques et en lecture, possède moins d'élèves de très haut niveau et davantage d'élèves cumulant de graves difficultés, tout en conservant des écarts sociaux particulièrement importants.
Tout cela était malheureusement bien prévisible...
https://t.co/4XNObnxFGV
https://t.co/S3yjBIGVkp
P’tain, la vache. C’est douloureux à regarder. Le niveau est abyssal. Le moment avec Giscard est particulièrement gênant : elle répète des choses qu’elle a lues dans les boucles de gauche sans même les comprendre (« Je ne connais pas, mais c’est comme Macron, gnééé »).
Et ce sont les mêmes qui vont ensuite vous expliquer qu’à droite, les gens sont débiles, etc. Ne soyez jamais intimidés par la gauche : le niveau est bien plus nul que vous ne le pensez.
Nouvelle dégringolade de la France dans le classement PISA. Les élèves français ont perdu 2 ans de niveau scolaire en 10 ans ! Une hécatombe et une capitulation devant l'avenir.
Nous allons maintenant assister à un concert d'indignation et de mauvaise foi. Ceux qui sont actuellement aux commandes vont s'empresser de désigner des boucs émissaires : le numérique, l'IA... Comme si les pays qui nous surclassent étaient coupés du monde numérique ! Je prends le pari avec vous qu'ils annonceront bientôt une commission, un plan, quelques mesures. Puis plus rien. Jusqu'au prochain classement, où on découvrira que la France aura encore reculé.
C'est pas comme si on ne savait pas... En 20 ans, la France a divisé par 3 la proportion de ses excellents élèves en mathématiques et presque doublé celle des élèves en difficulté.
Ce ne sont pas nos enfants qui sont devenus mauvais ni nos professeurs qui ont failli. C'est un système politique qui a fait de la médiocrité une fatalité, de l'excellence un tabou et de la sélection un scandale inégalitaire. Ils ont même osé retirer les mathématiques du tronc commun en 1ère au lycée, avant de se raviser.
Et tout ça arrive au pire moment. Nous entrons en effet dans un monde où les mathématiques vont s'imposer comme une discipline primordiale pour façonner notre futur. Pas seulement pour devenir ingénieur ou chercheur. Mais parce qu'elles apprennent à raisonner, à démontrer, à appréhender l'entropie, à modéliser la complexité, à distinguer ce qui est vrai de ce qui semble vrai.
À l'heure de l'IA, ceux qui maîtriseront les mathématiques comprendront les machines, les construiront et les dirigeront. Les autres risquent de les subir.
La bataille des maths est donc bien plus qu'une bataille scolaire. C'est une bataille de souveraineté, une bataille pour notre place dans le monde qui vient.
Nos enfants méritent mieux que ce renoncement. Ils méritent qu'on recommence à croire en eux. Et qu'on recommence à exiger beaucoup d'eux.
Sans surprise : en mathématiques, les petits Français du CM1 sont les lanternes rouges de l’Europe, comme tous les parents d’élèves ont pu le constater.
Le niveau ne s’effrite pas, il s’effondre. Et plus vite qu’ailleurs.
There's no "win-win" with cancer. Putin's "aspirations" are the destruction of Ukraine and perpetual war on Europe. We know that because that is what he's doing.
« C’est une filière économique et touristique essentielle »
Pourquoi ne pas rembourser les glaces l'été, les transats sur la plage, les repas au restaurant, les locations de vélo ?
Après tout, ces activités sont des filières économiques essentielles .
Le blocage des prix est à l’économie ce que la théorie des humeurs est à la médecine.
Inouï qu’il y ait encore des gens avec assez peu de sens du ridicule pour le proposer. Et surtout des gens avec assez peu de culture économique pour y croire.
L'Université Duke 🇺🇸 a développé un biomatériau injectable capable (chez la souris) de réparer le cerveau après un AVC ischémique en mobilisant le système immunitaire pour reconstruire les vaisseaux sanguins et les tissus neuronaux.
https://t.co/xP9ilnKOBG
C'est officiel : Tadej Pogacar est forfait pour la fin de saison ! Contraint à l'abandon lors de la Vuelta, le Slovène va "donner la priorité à son rétablissement et à sa rééducation" ces prochaines semaines.
📷 ASO
Certains groupes de personnes ont très bien compris que la France était un gigantesque open bar, très peu protégé, que ce soit les bornes électriques, les lampadaires (!), les agriculteurs qui se font régulièrement voler, etc. Les exemples sont si nombreux que je ne vais pas les énumérer. Les risques sont aussi très faibles, et encore, ça, c’est dans le cas où tu te fais attraper, ce qui est loin d’être certain.
Le double problème, c’est qu’en France, la protection individuelle est très limitée (et peut même se retourner contre la victime), donc il faut se reposer intégralement sur l’État. Or l’État est juste nullissime.
Bref, ça va être de plus en plus compliqué.
La France a perdu un quart de ses naissances en 10 ans.
La plupart des gens n'ont aucune idée que désormais il y a plus de morts que de naissances en France,, et aucune idée de comment nous en sommes arrivé à cela.
Principalement parce que tout le monde essaye de trouver une raison monocausale (c'est l'écoanxiété ! c'est le coût de la vie ! c'est la guerre mondiale qui vient ! c'est l'infertilité ! c'est les applications de rencontre !), alors que le plus probable est que nous soyons face à une crise systémique multicausale.
J'ai repris la littérature existante, et fait des hypothèses raisonnables pour essayer de décomposer notre baisse des naissances, en attribuant une part à chaque critère identifié.
Puis j'ai regardé ce qui selon la littérature sont les leviers les plus efficaces. En effet il y a une asymétrie entre raisons de la baisse et potentiel des politiques publiques. Il est plus difficile de convaincre un écoanxieux de faire des bébés que de donner une chambre en plus à une famille qui pourraît alors faire un enfant supplémentaire.
Je note donc 14 raisons à la baisse des naissances, dont 5 majeures :
- augmentation de l'hédonisme individualiste
- baisse de la tolérence à la charge parentale (notamment du côté des femmes qui sont moins prêtes à un partage inégalitaire des tâches)
- normes sociales qui repoussent l'âge du premier enfant (études longues, puis CDI, puis appartement, puis on voyage, et seulement à ce moment là on se dit qu'il est temps de faire des enfants.)
- coût et taille du logement
- baisse du nombre de couples, et mise en couple stable plus tardive.
Sur les leviers possibles, il y en a 3 majeurs et immédiatement actionnables :
- Abaisser le coût du logement en construisant massivement des grands logements
- Universaliser les modes de garde de la petite enfance, et les rendre gratuits pour les parents.
- Augmenter les transferts de cash, notamment sur les troisièmes enfants.
En 2016, la France empruntait à 10 ans à 0,25%. En gros on empruntait quasi gratuitement. Par exemple, le 5 septembre 2016, le Trésor a émis l’OAT 0,25% 25 novembre 2026 pour 36,7 milliards d’euros. Cette OAT arrive à échéance dans quelques semaines.
Une OAT ce n’est pas un crédit immobilier. Pendant 10 ans, l’État ne rembourse aucun capital. Il verse simplement un coupon annuel. Puis le dernier jour il rembourse la totalité de la somme d’un coup.
Le calcul est vite fait : 36,7 Md€ à 0,25%, ça fait 92 millions d’euros d’intérêts par an. Moins d’un milliard sur 10 ans pour 36,7 milliards empruntés. De l’argent « quasi » gratuit.
Le 25 novembre 2026 il faudra rendre les 36,7 milliards. Sauf que l’État évidemment ne les a pas. Il ne les a jamais eus car il n’a rien mis de côté. La France est un pays socialiste.
Alors l’État fait la seule chose possible : il réemprunte pour rembourser. C’est ce qu’on appelle le roulement de la dette. Le capital n’est jamais remboursé, seulement repoussé. On bouche un trou en creusant le suivant. Tant que les taux étaient bas, c’était indolore.
Mais ça c’est fini. L’OAT 10 ans a atteint hier 4,25% contre 3,53% en janvier. Une record depuis la crise des subprimes de 2008.
L’etat va donc devoir réemprunter 36,7 milliards mais cette fois-ci à 4,25% contre 0,25% il y a 10 ans. Ça représente 1,56 milliard d’intérêts par an. Contre 92 millions quand on empruntait à 0,25% il y a 10 ans. Dix-sept fois plus cher pour exactement la même dette. Environ 15 milliards de surcoût sur 10 ans sur une seule ligne de crédit, alors que la France en compte des dizaines.
Et c’est verrouillé. Le taux d’une OAT est fixe. Si les taux redescendent à 2% dans trois ans, tant pis : on paiera 4,25% sur cette tranche jusqu’en 2036.
Pourquoi ça ne se voit pas encore ? Parce que le taux moyen effectivement payé par la France sur l’ensemble de sa dette tourne autour de 2%, loin des 4,25% du marché. Parce que seuls 10 à 12% du stock arrivent à échéance chaque année.
Mais chaque année une tranche à 0,25% est remplacée par une tranche à 4%. Ce n’est pas un choc. C’est une marée : elle monte lentement, et elle ne redescend pas.
Mais on ne roule pas seulement l’ancienne dette, on en rajoute : 310 milliards d’émissions prévues en 2026, un record. On emprunte toujours plus et toujours plus cher.
Et surtout quand le taux d’intérêt dépasse durablement la croissance nominale, la dette augmente toute seule même avec un budget équilibré hors intérêts. C’est l’effet boule de neige.
Voilà pourquoi on va droit dans le mur et que ça va faire très mal.
Notre classe politique n'a toujours rien compris à la mutation que connaît notre rapport au travail.
Le gouvernement veut durcir les règles sur les arrêts maladie. J'approuve. Mais est-ce que cela va régler le problème de fond ? Non.
Parce que derrière l'absentéisme, il y a une question beaucoup plus profonde, civilisationnelle même : pourquoi le travail est-il désormais considéré, en particulier chez les jeunes, comme un sacrifice alors qu'il devrait être émancipateur ?
Il faut dire que dans beaucoup d'entreprises (et je ne parle même pas des administrations !), on a multiplié les strates de procédures, de reporting, de fonctions support et d'intermédiation managériale. Au point que le salarié ne voit plus à quoi sert son travail, pour qui il travaille, ni quelle part de la valeur il crée.
Ajoutez à ça cette maladie très française qui consiste à dénigrer sans cesse le travail, à le présenter comme une contrainte dont il faudrait se libérer (réduction du temps de travail, âge légal de départ à la retraite, pénibilité...), et vous comprenez pourquoi nous faisons fausse route.
Car le vrai sujet n'est pas seulement de travailler plus ou moins. Le vrai sujet n'est pas de savoir quelle mesure comptable réglera le problème.
Le vrai sujet, c'est de redonner du sens, de la responsabilité et de la fierté au travail. Et par-dessus tout de réconcilier la France avec l'idée même de travail.
Et nous allons devoir le faire vite. Parce que l'IA va bouleverser les métiers, les organisations, le management et jusqu'à notre définition même du travail.
Invité hier soir par David Pujadas sur LCI, j'ai voulu dire les choses.