❝[...] Les forces kémalistes furent accusées de "planifier l’extermination totale des Arméniens" et de "préparer un massacre général".❞
📕Taner Akçam, "From Empire to Republic : Turkish Nationalism and the Armenian Genocide", Page 197.
❝[...] Voici maintenant un témoignage irréfutable au sujet de ce qui précède. Le docteur Yowell, membre de l'Américan Relief Comitee, récemment rentré de Kharpout, a, dès son arrivée à Constantinople, soumis un long rapport au Haut Commissaire des Etats-Unis. Dans ce rapport, sans la moindre préconception personnelle et d'une façon absolument impartiale, il relève ce qui suit :
Il a pris du service, au mois d'Octobre dernier, à Kharpout. Au mois de Mars, il fut arrêté et expulsé sans aucune raison. Après son expulsion, les autorités kémalistes ont arrêté trois autres de ses collègues dont deux dames. Tous furent maltraités de la façon la plus brutale, et cela bien que les Musulmans mêmes eussent profité de l'œuvre humanitaire de la mission américaine. Encouragés par les hésitations des alliés au moment de l'armistice et plus tard, les Turcs deviennent de plus en plus cruels et intolérants à l'égard des minorités.
M. Yowell insiste sur ce point et accentue que, si une Puissance étrangère ne s'empresse pas de se porter au secours des minorités, le dernier chapître de l'histoire sanglante des Chrétiens d'Asie Mineure aura été achevé. Plus loin, le Dr Yowell dit :
"Un grand nombre de réfugiés Chrétiens, gravement malades, ont été jetés, sans pitié, par les Turcs dans la rue, et sont condamnés à périr. L'hôpital des enfants a été, sans rime ni raison, fermé par les Turcs. Nombre de maisons dans lesquelles les réfugiés avaient cherché asile, ont été occupées par des fonctionnaires Turcs. Les Arméniens de ces régions ont été réduits à l'état d'esclavage. Ils n'ont pas le droit de voyager, ni de se rendre d'une ville à l'autre.
[...]
Tous les biens des Chrétiens déportés on été confisqués. Les Chrétiens ne peuvent pas porter plainte devant les tribunaux. Une nouvelle loi, récemment promulguée, prive les Chrétiens du droit de succession sur les biens de leurs parents autres que le père ou le frère.
Les Chrétiens sont mis en prison aux seuls fins de forcer leurs parents à donner de l'argent. Les femmes chrétiennes sont enfermées dans les harems sans avoir le droit de s'adresser aux tribunaux.
Les fonctionnaires publics turcs qui, depuis cinq mois, n'ont pas reçu leurs appointements, déclarent ouvertement, que le seul moyen de trouver de l'argent, c'est de confisquer adroitement les biens des Chrétiens."❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 18-19.
📆Mai 1922
📍La Troisième Assemblée nationale grecque
🗣️Extrait du discours du ministre des Affaires étrangères Geórgios Baltatzís :
❝Il y a un an, au cours de la discussion qui avait eu lieu dans l'assemblée au sujet des persécutions antigrecques en Turquie, je disais que ces persécutions ne pouvaient être comparées qu'à celles qui furent pratiquées par les Turcs au moment du déclenchement de l'insurrection grecque. Malheureusement, les horreurs et les orgies commises et qui furent revelées depuis l'année dernière, dépassent de beaucoup, en ce qui concerne aussi bien le nombre que l'étendue, toutes les atrocitées précédentes. L'intention qui inspire toutes ces cruautés ne laisse plus aucun doute. C'est l'extermination systématique de tout Grec, de tout Chrétien dans les pays placés sous l'administration directe des autorités turques.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 5.
✍🏻Georges Prévélakis (Enseignant-chercheur et spécialiste franco-grec de géopolitique) :
❝La défaite de l'armée grecque en Asie mineure (1922) a provoqué l'extermination ou l'exode de toute la population orthodoxe de la région. Ainsi, l'espace ethnique grec en Asie disparaissait complètement.❞
📕Georges Prévélakis, "Géopolitique de la Grèce", Page 54.
❝A Bafra, après avoir frappé la population mâle de lourds impôts de 60 à 2.000 Livres par personne, ils les ont tous transportés, au mois de Juin 1921, à un endroit, non loin de la ville, où dans l'espace de cinq jours, ils en ont tué plus de deux mille. L'extermination accomplie, les habitants et les organes de l'autorité ont saccagé les maisons et les magasins des Grecs. Le pillage a duré des jours entiers. Les femmes et les enfants qui restent sont privés de tout. Ils n'ont pas même du pain. Les maladies et la faim achèvent l'oeuvre des massacreurs.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 9.
❝A Merzifoun, Osman agha avec ses compagnons, après avoir dépouillé les Chrétiens de tout, a mis le feu aux quartiers grec et arménien. Les scènes de l'incendie étaient terribles. Les Turcs ont occupé toutes les issues et tuaient ou lançaient de nouveau dans les flammes tous ceux qui cherchaient à s'échapper. Ils n'épargnaient ni les femmes, ni les vieillards, ni les petits enfants.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 8.
❝A la petite localité de Kavak, mêmes horreurs. Seul un vieillard, âgé de 80 ans, a pu se sauver. A Havza, ils ont réuni les femmes et les enfants près du fleuve. Après les avoir tous massacrés, ils les ont jetés à l'eau. Les villages grecs de cette circonscription ont été incendiés. Les habitants ont péri dans les flammes. Dix huit jeunes filles et femmes nouvellement mariées, choisies parmi les plus belles, ont été distribuées par Osman Agha aux chefs de bande qui, après avoir, pendant plusieurs jours, assouvi leurs passions, ont enfermé toutes ces malheureuses dans une maison à Havza où ils les ont brûlées vives.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 8.
❝Dans les districts d'Amissos (Samsoun) et Bafra, l'œuvre d'extermination fut menée d'une façon plus sauvage et plus systématique. La population fut déportée en cinq convois. Le premier comptait 2.000 hommes, le second 1.900, le troisième 3.000, le quatrième 500 et le cinquième 620. Près de la petite ville de Kavak, à une distance de huit heures de Samsoun, tandis que les déportés descendaient la pente d'une montagne, les organes de l'autorité qui les accompagnaient ont ouvert un feu nourri contre eux. Le premier convoi eut 580 tués et le troisième 800. Les pertes des autres convois n'ont pas été connues. Les survivants, de vraies ruines humaines, après avoir été dépouillés de tout, même de leurs vêtements, ont été dirigés sur Malatia, Kharpout et Elbistan où l'œuvre de l'extermination est achevée.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 8.
❝Au mois de Juillet 1921, les Turcs ont déporté toute la population mâle, d'un âge de 15 à 50 ans, dans les districts de Trébizonde, Sourmena et Rizeh. En route, la plupart de ces malheureux furent massacrés. Les autres ont succombé à la faim et aux tortures.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 7-8.
❝Aux districts de Fatza et d'Ouniah, dans le courant des mois de juin, juillet et août, le même Osman agha a commis les mêmes horreurs qu' à Kérassounde (Giresun). Un peu après le massacre de la population mâle, les autorités ont reçu l'ordre d'expulser les femmes et les enfants. Les femmes qui ne se doutaient point de ce qui les attendait, ont, imitant en cela l'exemple des vierges de Souli, préférant de se donner, elles-mêmes, la mort. Leurs enfants et leurs jeunes frères aux bras, elles sont montées sur le rocher de Saint Nicolas, près de la côte et après avoir, d'abord, jeté dans l'abîme les petits martyrs, elles ont adressé un dernier salut à cette belle terre grecque pour s'envoler ensuite à l'éternité.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 7.
❝Dans les districts de Tyrépoli (Tripoli), de Kérassounde (Giresun) et d'Ordou (Ordu), le fameux Osman agha, tristement célèbre pour sa sauvagerie et ses instincts sanguinaires, a assassiné un très grand nombre de notables Grecs dont il s'est ensuite approprié la fortune. Puis, au mois de juillet, il a fait transporter toute la population mâle à Kharpout et à Elbistan. Quant, aux femmes, il en a mis de côté les plus belles pour en faire cadeau à ses compagnons de débauche. Les autres ainsi que les enfants, après avoir été dépouillés de tout, ont succombé à la faim, aux souffrances et aux sévices. A Kérassounde (Giresun), sur 14.000 Grecs, il est resté seulement 4.000 femmes et enfants. Tous les autres ont été achevés en roure.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 7.
📆Mai 1922
📍La Troisième Assemblée nationale grecque
🗣️Extrait du discours du ministre des Affaires étrangères Geórgios Baltatzís :
❝Il y a un an, au cours de la discussion qui avait eu lieu dans l'assemblée au sujet des persécutions antigrecques en Turquie, je disais que ces persécutions ne pouvaient être comparées qu'à celles qui furent pratiquées par les Turcs au moment du déclenchement de l'insurrection grecque. Malheureusement, les horreurs et les orgies commises et qui furent revelées depuis l'année dernière, dépassent de beaucoup, en ce qui concerne aussi bien le nombre que l'étendue, toutes les atrocitées précédentes. L'intention qui inspire toutes ces cruautés ne laisse plus aucun doute. C'est l'extermination systématique de tout Grec, de tout Chrétien dans les pays placés sous l'administration directe des autorités turques.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 5.
📌 L'hostilité des kémalistes envers les minorités ethniques et religieuses (Chaîne de notes)
❝La situation des Grecs est encore plus horrible que celle des Arméniens. Des 30.000 Grecs qui ont abandonné Sivas, 5.000 sont morts avant de pouvoir atteindre Kharpout, 2.000 sont morts à Kharpout pendant l'hiver et 3.000 ont succombé sur les chemins à l'est de Kharpout. La commission a établi des postes de secours entre Sivas, Kharpout et Diarbékir pour offrir un appui aux réfugiés, malgré que les terres avaient été occupées. Les deux tiers des Grecs déportés sont des femmes et des enfants.❞
📕Le Kémalisme contre les chrétiens d'Anatolie, Paris, 1922, Page 14.
📆Mai 1922
📍La Troisième Assemblée nationale grecque
🗣️Extrait du discours du ministre des Affaires étrangères Geórgios Baltatzís :
❝Il y a un an, au cours de la discussion qui avait eu lieu dans l'assemblée au sujet des persécutions antigrecques en Turquie, je disais que ces persécutions ne pouvaient être comparées qu'à celles qui furent pratiquées par les Turcs au moment du déclenchement de l'insurrection grecque. Malheureusement, les horreurs et les orgies commises et qui furent revelées depuis l'année dernière, dépassent de beaucoup, en ce qui concerne aussi bien le nombre que l'étendue, toutes les atrocitées précédentes. L'intention qui inspire toutes ces cruautés ne laisse plus aucun doute. C'est l'extermination systématique de tout Grec, de tout Chrétien dans les pays placés sous l'administration directe des autorités turques.❞
📕Geórgios Baltatzís, "Les atrocités turques en Asie Mineure et dans le Pont", Athènes, 1922, Page 5.
✍🏻Nazlı Temir Beyleryan (Universitaire et chercheuse spécialisée sur l'étude des Arméniens de Turquie) :
❝Après le génocide perpétré de 1914 à 1923, par les Jeunes-Turcs contre les Arméniens, les Assyriens et les Grecs pontiques, la création de l'État-nation turc par Mustafa Kemal en 1923 a conduit à un changement de la toponymie de cette région. Comme le dit l'historienne Taline Ter Minassian, "Le temps et l'oubli accompliront naturellement leur œuvre jusqu'à l'anéantissement. Interroger la situation actuelle du patrimoine arménien en Turquie, c'est s'intéresser à une catégorie sans véritable existence institutionnelle, à un 'pays arménien' méconnaissable où l'historien, l'archéologue ou l'explorateur patrimonial avance, aveugle et sourd, dans une toponymie transformée". Par conséquent la région historique de l"Arménie occidentale", n'est plus évoquée par la Turquie. Elle est intégrée dans la terminologie courante contemporaine d"Anatolie". Nous emploierons donc, dans cette thèse, le terme d"Anatolie" en ayant conscience qu'il est l'objet d'un usage politique par l'État turc, afin d'éviter de se référer à l'histoire arménienne de ce territoire.❞
📕Nazlı Temir Beyleryan, "La mémoire collective des Arméniens de Turquie : Du génocide au mémoricide", Éditions L'Harmattan, Page 26.
❝[...] Ainsi Michalis Charalambidis parle-t-il d'une "Shoah pontique" pour désigner les brutalités de l'armée turque commises sur la population kurde, de la "SS turque" et de "goulags turcs et kémalistes". Il réclame aujourd'hui que soit adoptée une "Journée internationale des victimes du kémalisme", conception fondée sur le postulat d'une continuité entre la politique de Mustafa Kemal et celle de l'ensemble des gouvernements turcs qui ont suivi.❞
📕Marianne Amar, Hélène Bertheleu & Laure Teulières, "Mémoires des migrations, temps de l'histoire", Les Presses universitaires François-Rabelais, Page 171-172.
✍🏻Le Géographe français Michel Bruneau :
❝On peut citer aussi le "génocide" des Grecs pontiques, qui se situe dans le prolongement de celui des Arméniens, à l'instigation des Jeunes Turcs et du pouvoir ottoman puis kémaliste (1916-1922).❞
📕Michel Bruneau, "Peuples-monde de la longue durée - Chinois, Indiens, Iraniens, Grecs, Juifs, Arméniens", 2022, CNRS Éditions, Page 186.
❝Doghan (Doğan) bey, le commandant des troupes kémalistes assiégeant Hadjine blessé au combat, fut remplacé par Toufan, commandant en chef des troupes kémalistes ayant attaqué le sandjak de Sis. C'est ce dernier qui parvient, au prix d'efforts et de pertes humaines considérables, à faire tomber la ville arménienne, à la mi-octobre 1920. Les habitants, hommes, femmes et enfants, exténués et affamés, sont en quasi-totalité massacrés sur ordre de Toufan bey. Sur environ 7 000 habitants, seuls 480 parviennent à échapper au carnage.❞
📕Julien Zarifian, "La montée du kémalisme en Cilicie (1919-1920) : l'administration française du Sandjak de Kozan face au nationalisme turc", Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, n°38, juillet-décembre 2004, Page 257.
📆1925
🗣️Le Premier ministre Ismet Pacha :
❝Devant la majorité turque, les autres éléments n'ont aucune sorte d'influence. Nous devons à tout prix turcifier les habitants de notre pays. Ce que nous recherchons chez ceux qui veulent servir le pays, c'est avant tout d'être des Turcs et turcistes.❞
📕Hamit Bozarslan, "Histoire de la Turquie contemporaine", Éditions La découverte, 2010, Page 95.
❝Les réformes de laïcisation entreprises par l'État peu après la proclamation de la République en 1923 ont considérablement affaibli le pouvoir des chefs religieux kurdes alévis et facilité l'assimilation des Kurdes alévis. En 1925, suite à la promulgation de la "Loi relative à la fermeture des loges et sanctuaires derviches" (Loi n° 677), les centres de culte et d'enseignement alévis, tels que les dergahs (loges religieuses) et les ocaks (foyers), furent fermés et les chefs religieux alévis interdits d'y dispenser des services religieux. L'accès aux lieux saints alévis (ziyarets) fut restreint et, de fait, ces réformes démantelèrent les structures religieuses kurdes alévis et réduisirent leur capacité à mener une action collective ou une résistance contre la politique d'assimilation kémaliste que l'État commença à mettre en œuvre.❞
📕Umit Cetin, Celia Jenkins & Suavi Aydın, Kurdish Studies Archive, "Alevi Kurds : History, Politics and Identity", Vol. 8, No. 1, 2020, Brill Academy, Page 78.