Le plus célèbre défenseur des travailleurs n'a jamais versé le moindre salaire à sa propre employée de maison.
Karl Marx a passé sa vie à dénoncer l'exploitation de l'homme par l'homme.
Mais sous son propre toit, le prophète de la lutte des classes agissait exactement comme certains patrons bourgeois qu'il condamnait.
Pendant plus de quarante ans, Helene Demuth a été la servante de la famille Marx.
Elle a lavé leur linge, cuisiné leurs repas et élevé leurs enfants. Le tout sans jamais percevoir le moindre salaire régulier.
La domestique était simplement logée et nourrie. Taillable et corvéable à merci.
En 1851, l'auteur du Manifeste du parti communiste franchit une autre limite : il met sa servante enceinte.
Un garçon naît de cette relation asymétrique : Frederick.
Pour Marx, l'existence de ce fils illégitime est une catastrophe. Elle menace son image publique et son mariage avec une aristocrate prussienne.
Le grand défenseur du prolétariat refuse alors froidement de reconnaître son propre enfant ouvrier.
Pire, il orchestre un mensonge misérable pour sauver sa respectabilité.
Il convainc son fidèle ami, le riche industriel Friedrich Engels, d'endosser publiquement la paternité à sa place.
Le petit Frederick est arraché à sa mère et discrètement envoyé dans une famille d'accueil des quartiers pauvres de Londres.
Marx ne l'a jamais reconnu. Il ne lui a jamais versé le moindre sou.
Pendant des années, lorsque le garçon venait rendre visite à sa mère, Marx lui interdisait de passer par la porte principale de la maison. Il devait entrer par la porte de service, côté cuisine.
Le secret sera farouchement gardé par les pères du communisme.
Ce n'est que sur son lit de mort qu'Engels avouera enfin la véritable identité du père de l'enfant.
Karl Marx a écrit "Le Capital" pendant que sa servante nettoyait ses parquets gratuitement, après avoir caché et abandonné le fils qu'il lui avait fait.