Connaissez-vous l’histoire de Samuel Ringer.
Samuel Ringer naît le 5 novembre 1918 à Tarnów, en Pologne, dans une famille juive ashkénaze modeste. Enfant naturel, il est élevé par sa mère couturière et sa grand-mère (son père, tailleur costumier de théâtre, n’est pas vraiment présent dans sa vie). Il grandit à Oświęcim (la petite ville qui deviendra tristement célèbre sous le nom d’Auschwitz pendant l’Occupation allemande). Dès l’enfance, il dessine avec passion. Malgré l’antisémitisme ambiant des années 1930, il passe avec brio le concours d’entrée à l’Académie des beaux-arts de Cracovie en 1937. En 1939, à seulement 20 ans, il remporte le premier prix de dessin. La guerre va tout briser.
L’invasion allemande de la Pologne en septembre 1939 interrompt ses études. En 1940, comme beaucoup de jeunes Juifs, Sam est réquisitionné pour participer à la construction du camp d’Auschwitz I. Il est ensuite déporté et passe par neuf camps de concentration différents entre 1940 et 1945 : Annaberg (sous-camp de Flossenbürg), Sacrau, Mechtal, Markstädt (sous-camp de Gross-Rosen), Fünfteichen, Gross-Rosen, Buchenwald, Berga am Elster (sous-camp de Buchenwald) et enfin Theresienstadt (Terezín).
Il y survit grâce à une incroyable volonté, à la chance et à une constitution robuste, malgré la dysenterie, les maladies pulmonaires et les privations extrêmes. Il est libéré par l’Armée rouge au printemps 1945 à Theresienstadt.
A la libération, il pèse à peine 40 kilos et passe des mois en convalescence à Litoměřice (Tchécoslovaquie) puis à Cracovie.
À peine rétabli, il s’inscrit en troisième année aux Beaux-Arts de Cracovie. En 1947, il quitte la PologneI et arrive en à Paris, « le rêve des artistes » selon ses propres mots. Il entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts et y étudie six ans sous la direction de maîtres comme Jean Souverbie (peinture), Édouard Goerg et Camille Fonce (gravure) ou René Jaudon (lithographie). Il devient un peintre-graveur rattaché à l’École de Paris, influencé par les grands maîtres italiens, Jérôme Bosch et Max Ernst. Son univers est fantastique, coloré, vibrant : il peint la vie, la matière, les ondes lumineuses et sonores.
Sam Ringer ne parle presque jamais de la Shoah. À la place, il dessine sur papier calque, à la fin des années 1940, des scènes du village juif imaginaire de Kasrilevke imaginé par l’écrivain yiddish Sholem Aleikhem. Ces rouleaux (la « lanterne magique ») sont un témoignage poignant et poétique de la vie ashkénaze d’avant-guerre : marchés, fêtes, personnages hauts en couleur.
Il continue à peindre jusqu’à sa mort, tout en travaillant à côté pour faire vivre sa famille (« il préférait rester inconnu et pauvre plutôt qu’être marqué par des obligations »,)
En 1957, il épouse Jeannine Ettlinger, architecte rencontrée aux Beaux-Arts. Ils ont deux enfants : Catherine (née en 1957) et Luc (1960). Catherine rendra hommage à son père dans des chansons comme C’était un homme ou Le Petit Train. Sam meurt le 8 octobre 1986 à Paris, à 67 ans. Il repose au cimetière de Montmartre.
Aujourd’hui, son œuvre sort peu à peu de l’ombre : expositions au MAHJ, ventes aux enchères (notamment en 2023 organisées par Catherine), documentaires comme La lanterne magique de Sam et Catherine Ringer. C’est l’histoire d’un homme qui a transformé l’horreur en art vivant, coloré et plein d’humanité. Un survivant qui a choisi de peindre la vie plutôt que de ressasser la mort.
Catherine, sa fille, est la cofondatrice du groupe Les Rita Mitsuko…
Ils ne sont qu'à mi-chemin mais la magie opère déjà. Les quatre astronautes de la mission Artemis II vers la Lune ont envoyé leur premiers clichés spectaculaires de la Terre. Ils sont en ce moment à environ 230 000 km de nous. Ils racontent leur émerveillement. #JT13h
🚨: Earth and the Moon move together through space, linked by gravity and shared history.
This view shows how small our home looks in the endless cosmos.