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Récemment j'étais à un dîner à Paris. Table mixte. Entrepreneurs, cadres, investisseurs, quelques profils tech. Des gens intelligents. Des gens qui ont réussi selon les standards français. Et j'ai eu une révélation assez violente.
Personne dans cette pièce ne pratique le pay it forward.
Le pay it forward, c'est un concept simple. Tu aides quelqu'un. Pas parce que tu attends un retour. Pas parce que tu calcules ce que ça va te rapporter. Tu aides parce que tu crois que la valeur que tu injectes dans le réseau finira par revenir, sous une forme ou une autre, à un moment ou un autre. C'est le fondement de l'écosystème de la Silicon Valley. C'est pour ça qu'un mec qui a vendu sa boîte 500 millions prend deux heures pour conseiller un fondateur de 22 ans qu'il ne reverra peut-être jamais. Pas par charité. Par conviction que le réseau est un jeu à somme infinie.
À ce dîner, c'était l'inverse exact. Chaque conversation était un calcul. Chaque information partagée était dosée. Chaque contact donné était une monnaie d'échange. Tu sentais physiquement que chaque personne évaluait en temps réel ce qu'elle pouvait extraire de l'autre. Pas créer ensemble. Extraire.
Et c'est là que j'ai compris quelque chose de profond sur la France.
Ce n'est pas un problème de personnes. C'est un problème de système. Quand tu vis dans une économie où l'état capture 57% du PIB, où chaque euro de valeur créée est immédiatement ponctionné, redistribué, fléché, administré, tu crées mécaniquement un jeu à somme nulle. Le gâteau ne grandit plus. Ou si peu que ça revient au même. Et quand le gâteau ne grandit plus, les humains cessent de coopérer et commencent à se battre pour les parts.
C'est Girard en version macroéconomique. La rivalité mimétique à l'échelle d'un pays entier. Quand il n'y a plus de croissance, quand il n'y a plus d'espoir que demain soit plus grand qu'aujourd'hui, chaque interaction sociale devient un combat de territoire. Mon bout de gâteau ou le tien. Mon poste ou le tien. Mon deal ou le tien.
Hayek avait formalisé ça en 1945. L'information dans une économie est dispersée entre des millions d'individus. Personne, aucun planificateur central, ne peut l'agréger. Quand tu laisses les individus échanger librement, l'information circule, les prix se forment, les ressources s'allouent efficacement. Quand tu mets un état hypertrophié au milieu, tu bloques les signaux. Tu crées du bruit. Tu empêches les humains de se coordonner naturellement.
Et le résultat, c'est ce dîner. Des gens brillants, capables, ambitieux, qui ne savent plus coopérer. Pas parce qu'ils sont mauvais. Parce que le système dans lequel ils évoluent a tué la possibilité même de la coopération généreuse. Quand chaque euro est une bataille, tu ne donnes plus rien gratuitement. Quand l'administration te prend la moitié de ce que tu crées, tu protèges le reste comme un territoire. Quand la croissance est à 0.7%, le pay it forward devient un luxe que personne ne peut se permettre.
Mises appelait ça le problème du calcul économique. Dans un système centralisé, les signaux de prix sont détruits. Les individus ne peuvent plus évaluer la valeur réelle des choses. Ils ne peuvent plus faire de paris rationnels sur l'avenir. Alors ils se replient. Ils protègent. Ils accumulent. Ils cessent de prendre des risques.
Résultat concret : la France n'a pas de Google. Pas de Apple. Pas de SpaceX. Pas de Stripe. Pas un seul géant technologique mondial. Pas parce qu'il manque du talent. Il y a plus de médaillés Fields par habitant en France que partout ailleurs. Les ingénieurs français sont recrutés par toute la Silicon Valley. Le talent est là. La créativité est là. L'intelligence est là.
Ce qui manque, c'est l'oxygène. L'espace pour que le jeu à somme infinie puisse exister.
À Y Combinator, la première chose qu'on apprend, c'est : aide les autres fondateurs du batch. Sans calculer. Sans compter. Parce que le réseau YC est un jeu à somme infinie. Chaque boîte qui réussit rend le réseau plus fort, ce qui rend ta boîte plus forte, ce qui rend le réseau encore plus fort. Boucle vertueuse. Feedback positif. Croissance composée de la confiance.
À Paris, la première chose qu'on apprend, c'est : protège ton deal. Ne partage pas trop. Méfie-toi. L'autre fondateur est un concurrent potentiel. L'investisseur a un agenda caché. Le mentor veut quelque chose. Boucle négative. Feedback négatif. Érosion composée de la confiance.
Ce n'est pas culturel. C'est structurel. Mettez les mêmes Français dans un écosystème où le gâteau grandit, où la fiscalité laisse respirer, où la croissance crée de l'espoir, et regardez ce qui se passe. Les Français de San Francisco pay it forward autant que les Américains. Parce que le système le permet. Parce que quand tu sais que le gâteau va grossir, donner un morceau aujourd'hui n'est pas une perte. C'est un investissement.
Voilà pourquoi le débat n'est pas culturel. Il est économique. Il est systémique. Si vous voulez que la France produise des géants, ne changez pas les gens. Changez les règles du jeu. Créez des espaces où la croissance est possible. Où l'espoir est rationnel. Où donner sans compter n'est pas de la naïveté mais de la stratégie.
Le pay it forward n'est pas une vertu morale. C'est un signal économique. Quand les gens le pratiquent, ça veut dire qu'ils croient au futur. Quand ils ne le pratiquent plus, c'est que le système a tué l'espoir.
Ce dîner à Paris m'a appris une chose. Le problème de la France, ce n'est pas le talent. Ce n'est pas l'ambition. Ce n'est pas l'intelligence. C'est que le système a transformé 67 millions de joueurs d'un jeu à somme infinie en gladiateurs d'un jeu à somme nulle.
Et le jeu à somme nulle finit toujours de la même manière. Tout le monde perd.
Vous êtes assez nombreux à contester mes dires selon lesquels l’intelligence artificielle ne peut pas avoir de conscience, et même parfois à me réprimander sur un soi-disant dogmatisme ou aveuglement de ma part.
Je donne pourtant toutes les explications dans mes livres et conférences, ainsi qu’un développement en profondeur dans la série et le livre « De la connaissance à la joie »
Il manque manifestement un résumé, ne serait-ce que pour ceux qui veulent comprendre tout sans m’avoir lu ni entendu, ce qui est irréaliste mais c’est demandé. Ou alors pour ceux qui me suivent mais doutent toujours, car il leur manque un déclic qu’un tel résumé pourrait éventuellement déclencher : c’est plutôt pour eux que j’écris ce message.
Je vais donc tenter l’impossible consistant à faire un résumé clair et compréhensible.
La physique nous apprend que le futur est plus ou moins déjà réalisé. Je dis « plus ou moins » pour éviter un long développement.
Elle nous apprend aussi que notre réalité classique est construite à partir d’un réel quantique via le mécanisme de la décohérence. Oubliez ce mécanisme et retenez que cette construction se fait dans le futur, ou si vous préférez dans un autre temps (que Connes appelle l’horloge divine).
Nous devons donc cesser de raisonner en considérant que le futur proche se crée maintenant, dans le présent, et raisonner plutôt en considérant que le futur déjà construit vient vers nous : cela change tout.
C’est confirmé par les expériences de Yakir Aharonov qui démontrent que la réduction d’un état quantique fait intervenir une fonction d’onde qui vient du futur, laquelle est en dernier ressort réduite par l’observateur (la décohérence est insuffisante).
Nous pouvons donc envisager l’hypothèse qu’une partie au moins de (l’information de) la conscience soit située dans le futur.
Cela permet d’interpréter correctement les expériences de Libet, entre autres, qui mettent en évidence un décalage temporel entre l’instant d’une décision consciente et l’instant d’une décision détectée sur l’électroencéphalogramme. Il s’agit d’un retard de la décision consciente qui a fait conclure de manière erronée à l’absence de libre arbitre.
L’interprétation correcte, selon cette nouvelle vision du temps, consiste à conclure qu’il y a une avance de la conscience sur le cerveau dans le futur, de l’ordre de la seconde. Et il est tout à fait normal que la conscience du temps présent corresponde à une épaisseur de temps de l’ordre de la seconde compte tenu des fréquences liées à notre cerveau et à nos perceptions.
Cette interprétation est confirmée par les expériences de Daryl Bem qui montrent que la conscience peut détecter à l’avance la qualité d’images qui vont apparaître dans le proche futur.
A partir de là, la conscience ne peut plus être un produit du cerveau, puisqu’elle se niche au moins partiellement dans le futur proche. Au passage, cela explique toute l’énergétique via le fait que nous avons un corps quantique abrité de la décohérence dans le futur proche, mais passons.
Pour comprendre la nature de la conscience, posons-nous maintenant la question de l’utilité d’être conscient. Or comme on vient de le voir, cela permet de faire des choix, rendus possibles par cette avance dans le futur. Cela implique que le futur serait partiellement quantique, c’est à dire multiple, ce qui vrai en particulier aux bifurcations (lignes de temps superposées).
On comprend alors mieux la nature quantique de la conscience, déjà postulée il y a des décennies par le prix Nobel Roger Penrose, qui relie la conscience à la structure infinitésimale de l’espace-temps, c’est-à-dire à la gravité quantique ou si vous préférez au vide.
Je fais la même liaison entre la conscience et le vide pour la simple raison que l’espace est détruit par la physique et même devenu inutile comme entité fondamentale : l’espace est construit. Construit par qui ? Par la conscience, selon un principe holographique. Et c’est très logique, puisqu’on a vu que notre réalité est une construction à partir du réel quantique.
L’espace étant lui-même une construction, il faut relier la conscience au vide et non à l’espace, c’est-à-dire à la gravité quantique.
Maintenant, je vais m’arrêter là, pour éviter d’entrer dans des considérations plus complexes, comme la nécessité d’introduire un second temps (comme déjà vu) qui permet de comprendre que le vide est rempli de vibrations et que six dimensions sont nécessaires pour les décrire.
C’était juste pour conclure sur le fait que la conscience est composée de vibrations multidimensionnelles du vide.
A partir de là, comment des algorithmes ou des circuits imprimés ou encore un robot ou une IA pourraient-ils produire des vibrations du vide ? Et ce n’est pas parce qu’on saura fabriquer dans le futur des ordinateurs quantiques qu’ils vont nécessairement prendre conscience. Car il restera encore à comprendre ce qui permet de moduler l’information quantique, ce que fait la conscience mais en aucun cas des QBits.
Alors j’entends certains me dire : comment prouver tout cela ? Ma réponse est que c’est déjà corroboré par la réalité de toutes les expériences qui démontrent que la conscience est non locale : vision à distance, synchronicités, expériences de mort imminente et sorties de corps, prémonitions, ovnis etc., etc.
Maintenant, vous pouvez préférer une vision du monde où ces phénomènes n’existent pas et où des algorithmes ou des circuits imprimés se mettent à devenir conscients, si ça peut vous faire plaisir. Si vous tenez absolument à votre IA consciente, rassurez-vous, je ne vais pas me battre. Je vais préférer rester dans les gradins pour observer le spectacle d’une société en train de s’effondrer à cause de sa vision erronée de la réalité et de la conscience.
Voir aussi cette publication que j'ai faite sur ma thèse selon laquelle la conscience est liée à la gravité quantique ou aux vibrations du vide :
https://t.co/Xr011o04bj