🇫🇷 "On est dans la souveraineté la plus performante de la France."
Éric Trappier a dit ça au #REF2026 du @medef, et il ne parlait pas de Dassault Aviation. Il parlait de 500 entreprises anonymes (sous-traitants, PME, ateliers dont personne ne connaît le nom, adhérents de l'UIMM) qui usinent, soudent, contrôlent, sans jamais signer le contrat qu'elles rendent pourtant possible.
Aucune, seule, ne porte l'indépendance de la France.
Ensemble, elles la portent tout entière.
Le Prési' raconte qu'il visite ces ateliers, et qu'à chaque fois, quelqu'un lui montre une pièce ; ce "petit bout de #Rafale" - avec la fierté d'un homme qui sait exactement ce que ses mains ont produit. L'image pourrait sembler dérisoire. Elle ne l'est pas. C'est là, précisément, que se loge la souveraineté : dans un dixième de millimètre vérifié par quelqu'un qui ne verra jamais l'avion voler.
Car cette chaîne obéit à une loi qui ne pardonne rien : "ce n'est pas du à peu près, il faut être quasiment à cent pour cent sûr d'y arriver." Voilà ce qu'exige la dissuasion nucléaire et cette exigence ne s'arrête pas aux portes de Dassault, elle descend, intacte, jusqu'au dernier sous-traitant.
Une dissuasion crédible n'admet pas de maillon faible. "C'est une vraie fierté française que d'être capable de fournir à ses armées un outil d'indépendance", sauf que cette fierté-là n'appartient à personne en particulier. Elle se fabrique à cinq cents endroits à la fois, dans le silence des ateliers, loin des estrades.
On aime nos grands industriels. On a raison de les aimer. Mais la France ne tient pas debout grâce à quelques logos. Elle tient parce que, quelque part, ce soir encore, un ouvrier referme sa machine sur une pièce dont dépend, sans qu'il le sache tout à fait, la parole de son pays.
@PatrickMartin_1@Dassault_OnAir
Non. Le problème n'est pas que "les Français ne bossent pas assez"; qu'ils ne font pas assez d'heures de travail.
C'est qu'aujourd'hui, ils bossent mal, et ne produisent pas assez de valeur par heure de travail.
On appelle cela la productivité. C'est une mesure essentielle, en économie. Cruciale.
Et cela se mesure. La productivité : c'est le PIB réel, divisé par le nombre total d'heures travaillées.
Bref, la productivité mesure l'efficacité avec laquelle une économie transforme des ressources utilisées en valeur produite.
Pendant longtemps la France a fait d'énormes progrès en la matière; jusqu'à rattraper la productivité américaine. Et notre pays était, sur ce plan, bien meilleur que les autres pays européens.
Mais depuis 20 ans, patatras. En France, aujourd'hui la productivité se réduit - et nettement plus fortement que dans les autres grands pays.
Voir graphiques ci-dessous.
POURQUOI ?
1. Les compétences.
Commençons par le plus désagréable pour nous : parce que nous sommes mauvais et incompétents.
L'OCDE estime en 2026 que le déficit de compétences des adultes (salariés... et dirigeants) explique environ la moitié de l'écart de productivité sectorielle avec les pays les plus performants. La moitié.
Ce n'est pas qu'on est plus bêtes que les autres. Cela signifie que le système éducatif et la formation professionnelle ne forment pas aux compétences dont les entreprises ont besoin, notamment dans les domaines techniques et numériques.
Solutions : renforcer considérablement les maths/sciences au collège et au lycée ; développer l'apprentissage industriel et technologique ; former massivement aux logiciels, à l'IA, à l'automatisation et à la maintenance ; évaluer réellement les résultats de la formation professionnelle ; financer davantage les formations débouchant effectivement sur des emplois productifs ; attirer des ingénieurs, chercheurs et techniciens étrangers. Etc.
Au départ, l'éducation est la clef de tout.
2. L'innovation.
Pendant les Trente Glorieuses, la France a énormément augmenté sa productivité en rattrapant les technologies et méthodes déjà disponibles aux États-Unis : mécanisation, électrification, automobile, chimie, informatique, grandes infrastructures, etc. Il était facile d'imiter.
Mais aujourd'hui, l'innovation marque le pas. L'OCDE l'a également souligné, à juste titre. La France dispose d'entreprise très pointues. Mais la diffusion des technologies de pointe (notamment : numériques) vers les entreprises "ordinaires" est insuffisante. Il existe une résistance, parfois volontaire, à l'usage de ces technologies. Une méfiance, même, dans l'esprit du public - et dans le monde du travail.
Solutions : amortissement fiscal accéléré des investissements numériques et robotiques ; aide temporaire à la transformation numérique des PME ; généralisation de l'IA dans les fonctions administratives répétitives ; numérisation complète des procédures publiques ; formation des salariés à l'utilisation de l'IA ; partage sécurisé des données publiques utilisables par les entreprises. Etc.
L'objectif n'est pas tant de créer une "start up nation". C'est de faire utiliser l'IA et les nouvelles technologies par 5 millions d'entreprises et de travailleurs.
3. L'investissement.
La France investit. Mais assez mal.
a. L'OCDE souligne en 2026 un sous-investissement persistant dans les actifs incorporels : logiciels, données, propriété intellectuelle, organisation, compétences, etc. Qui sont pourtant, aujourd'hui, des facteurs clefs pour la production de valeur.
b. La France désinvestit plus lentement dans les secteurs les moins rentables que ses partenaires. Et moins vite dans les secteurs porteurs.
En France, après 2008, cette réallocation des ressources vers les entreprises les plus productives s'est fortement ralentie.
Motifs, entre autres : les obstacles réglementaires à la création et à la croissance des entreprises.
Idem : des entreprises ont conservé des salariés malgré une activité temporairement insuffisante, ce qui fait mécaniquement baisser la productivité mesurée.
L'OCDE parle désormais plus largement d'un affaiblissement du dynamisme économique : moins de création d'entreprises innovantes, moins de mobilité et moins de renouvellement économique.
c. La désindustrialisation a été plus forte, en France. Or c'est dans ce secteur, globalement, que la productivité est généralement la plus élevée.
Solutions : privilégier les secteurs industriels dans lesquels la France peut réellement être compétitive.
Par ailleurs : la productivité dépend énormément du capital disponible par salarié. Il faut donc favoriser la robotisation ; machines ; logiciels ; infrastructures numériques ; recherche-développement ; brevets ;
équipements industriels. Et rendre la fiscalité stable sur 10–15 ans : une entreprise n'investit pas facilement 500 millions d'euros si elle pense que les règles fiscales peuvent changer tous les deux ans.
Idem : réduire drastiquement les délais administratifs maximums pour les investissements industriels stratégiques : une usine qui met 7 ans à obtenir toutes ses autorisations est une usine mort née.
Enfin : réduire drastiquement la complexité réglementaire. Et rendre bien plus compétitif le secteur public, en réduisant notamment la production de règles et de contrôle.
Cela ne signifie pas nécessairement qu'il faille "supprimer des fonctionnaires". Il y en a davantage dans les pays scandinaves. Cela veut dire qu'ils doivent travailler mieux et plus vite sur les sujets essentiels.
L'administration française travaille plutôt bien; mais trop sur des choses en partie inutiles.
Résultat : en France, il faut, en moyenne, 776 jours, en justice, pour régler les affaires civiles contentieuses en première instance. Contre 265 jours au Danemark. Et ce genre de chosespèse sur l'ensemble de l'économie.
Il y a bien d'autres raisons qui expliquent pourquoi la productivité française est trop basse.
Mais ces trois là sont probablement les principales.
Le problème n'est donc pas vraiment de faire produire les Français plus longtemps. Car, s'ils travaillent davantage sans être efficaces, cela ne servira pas à grand chose.
Le problème, c'est de faire en sorte qu'ils travaillent mieux, pour produire davantage. 🙂
PS. Et c'est un problème qui devrait être central, dans le programme d'une gauche moderne et intelligente.
Car si la productivité est faible, il y a moins d'argent produit.
Donc moins d'argent à partager pour réduire les injustices sociales et mener une politique écologique sérieuse...
Des gisements d’économies existent partout, bien entendu cher @chdevoogd ! Il importe néanmoins d’avoir en tête à la fois la structure de la dépense publique et les causes de son dynamisme.
Si, par exemple, le Parlement avait décidé en 2025 de supprimer intégralement les crédits de l’aide publique au développement (4,2 Md€ au titre de l’APD), les ressources de l’audiovisuel public (4 Md€), l’aide médicale l’État (un peu moins de 1,5 Md€ pour l’AME) ou encore les crédits affectés à la prise en charge des mineurs non-accompagnés (0,1 Md€), cela n’aurait même pas couvert la seule indexation des pensions de retraite (9,8 Md€ versus 13,2 Md€).
Les dépenses sociales sont non seulement les plus importantes (46 % du total contre 27 % pour les dépenses de l’État, 20 % pour les dépenses des collectivités locales et 7 % pour les « organismes divers d’administration centrale » (ODAC) qui regroupent un grand nombre d’agences et opérateurs de l’État), mais elles sont surtout les plus dynamiques : près de 70 % de la hausse de la dépense publique en 2025 (hors charge d’intérêts de la dette) provenait des seules prestations sociales.
Et parmi les dépenses sociales, les dépenses de chômage (qui ont stagné voire légèrement reculé…), les minima et allocations ou encore les dépenses de santé orientées vers la population en âge de travailler (+ 0,8 Md€ pour les indemnités journalières, + 0,4 Md€ pour les prestations incapacité et invalidité) ont été nettement moins dynamiques que les dépenses sociales orientées vers les retraités (+ 13,2 Md€ pour les pensions et + 5,5 Md€ pour les seuls remboursements de santé, qui sont très logiquement fonction de l’âge).
Que cette dégradation accélérée des finances publiques s’accompagne d’un taux d’épargne qui continue de croître après 60 ans est une anomalie économique et sociale au regard de la théorie du cycle de vie.
Signalons par ailleurs que, côté recettes, les niches fiscales les plus coûteuses et les plus dynamiques (12,5 Md€ au titre de l’ensemble des taux dérogatoires de CSG en 2025, 7 Md€ au titre du crédit d’impôt en faveur de l’emploi des salariés à domicile, 5 Md€ au titre de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite…) bénéficient assez largement aux personnes retraitées.
Bref, si l’effort de redressement des comptes doit être partagé par tout le monde, il ne peut pas ne pas reposer prioritairement sur les retraités. Ce n’est pas une position anti-« boomers », c’est une analyse objective de la structure de nos finances publiques :)
C’est définitif : le Parlement a adopté l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Mais derrière la protection des mineurs, nous venons d’organiser la plus grande collecte de données d’identification jamais lancée sur des adultes.
Et les précédents montrent que ça finit très mal.
https://t.co/Qf32ZnRWS5
La France vient de refuser la conduite autonome de Tesla au nom de la sécurité.
Cinq pays voisins l'ont autorisée.
Ce refus illustre un arbitrage important mais rarement conscient.
Être prudent, c'est chercher à éviter les erreurs coûteuses. C'est limiter le risque de faire. Ici, il s'agit de protéger les conducteurs français. Mais l'excès de prudence expose à un autre risque, souvent invisible : celui de ne pas faire. Rater une opportunité, freiner une innovation, perdre du terrain.
Le cas du FSD le montre bien. Les données disponibles indiquent que le système cause nettement moins d'accidents qu'un conducteur humain : environ six fois moins d'accidents majeurs selon les chiffres de Tesla. Les chiffres sont identiques pour les autres systèmes de conduite autonome. Le bloquer parce qu'il n'est pas parfait, c'est préférer les morts certaines de l'erreur humaine aux défauts corrigibles de la machine. Réduire le risque de faire, au nom de la prudence, c'est augmenter le risque de ne pas faire.
C'est toute la nocivité du principe de précaution : en ne comptant que les risques de l'action, il ignore le coût de l'inaction, qui peut être très supérieur. La prudence affichée est en fait une mise en danger réel.
Le cookie est mort alors ils ont cuisinés une nouvelle merde pour vous traquer 👉
Utiq, c'est un système de tracking qui n'a pas besoin de cookie. Il utilise votre opérateur télécom.
Le site que vous visitez transmet votre IP à Utiq. Utiq la transmet à Orange, SFR ou Bouygues. Votre opérateur crée un identifiant lié à votre numéro de téléphone. Et cet identifiant vous suit sur tous les sites partenaires.
Vider votre cache ne change rien. La navigation privée non plus. C'est cross-plateforme. Votre IP = votre identifiant publicitaire. Formidable.
Derrière Utiq, on trouve Deutsche Telekom, Orange, Telefónica et Vodafone. Les opérateurs qui transportent vos données depuis 20 ans viennent de décider qu'ils allaient aussi les monétiser.
C'est présenté comme une alternative "éthique et européenne" aux GAFAM. 😂
Vous échangez Google contre votre opérateur télécom. Qui connaît votre numéro de téléphone, votre adresse, et tout votre trafic réseau.
Cliquez sur Rejeter.
Bientôt une « gigafactory » européenne de l’IA en France ?
Et si l’avenir de l’intelligence artificielle européenne s’écrivait depuis la France ?
Face à l’hégémonie technologique américaine et asiatique, huit poids lourds tricolores de la tech, de l’énergie et de la finance lancent une contre-offensive d’envergure.
Annoncé ce 20 mai 2026, le consortium inédit baptisé « AION » rassemble huit champions nationaux : Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, le groupe Iliad, Orange et Scaleway.
Leur objectif commun ? Porter une candidature française unifiée et ainsi remporter l’appel d’offres de l’Union européenne pour implanter une « gigafactory IA » de pointe sur le territoire français. Un projet à 10 milliards d’euros.
L’enjeu est colossal. Il s’agit de doter le continent d’une infrastructure souveraine, capable d’héberger, d’entraîner et de déployer des modèles d’intelligence artificielle à très grande échelle. Pour relever ce défi, chaque membre de l’alliance apporte une brique stratégique. Bull fournira les supercalculateurs haute performance, tandis qu’Orange et Scaleway (filiale cloud d’Iliad) déploieront les infrastructures d’hébergement.
De leur côté, Capgemini et Artefact piloteront l’intégration de ces solutions pour les entreprises, le tout soutenu par la force de frappe financière du fonds d’investissement Ardian.
L’atout maître de la candidature française réside aussi dans l’énergie. L’IA nécessitant une puissance de calcul extrêmement énergivore, l’intégration d’EDF au projet est décisive. Elle garantit à la future gigafactory un abondant approvisionnement en électricité, compétitif et surtout bas carbone, grâce à notre mix nucléaire / renouvelable. Cet avantage permettra au consortium de maîtriser l’empreinte environnementale de cette super-infrastructure.
Ouvert sur un vaste écosystème de partenaires de la recherche et de la tech (Inria, Hugging Face, Kyutai, Quandela…), le projet AION entend privilégier les technologies open source. Plus qu’un défi technique, cette alliance industrielle marque une étape importante pour l’indépendance et la compétitivité de l’Europe dans la course mondiale à l’IA.
#Gaming🎮| Vous l'avez demandé, il l'a fait : Roland Lehoucq sur Outer Wilds c'est sorti !💥
Retrouvez Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA, sur la chaîne de @GamologyFR et préparez-vous pour un voyage mémorable où la science tutoie la fiction👉 https://t.co/hNjMhueQ8x
former 20 millions d'actifs à l'IA en 5 ans est exactement le genre d'annonce qui sonne brillant en commission parlementaire et qui produit 0 effet réel je dis bien 0 effet sur le terrain parce qu'on a oublié quelque chose de fondamental qui est que:
l'IA n'est pas une compétence en soi c'est un amplificateur des compétences cognitives qui préexistent dans votre cerveau, savoir lire profondément, savoir raisonner par premiers principes savoir formuler une intention claire ou même savoir reconnaître un raisonnement bancal
autant de muscles intellectuels qui se construisent uniquement par 20 ans de friction réelle avec des livres, ddes problèmes mathématiques exigeants et des projets concrets sur lesquels on échoue / itére avant de réussir
je crois que le drame de cette annonce c'est qu'elle traite l'IA comme un nouveau excel qu'il faudrait apprendre à manipuler en 6 modules de formation alors alors que le vrai sujet c'est de reconstruire dans le système éducatif français les fondations cognitives qui permettent ensuite à un adulte d'utiliser l'IA comme un véritable allie démultiplicateur
ce n’est que mon avis MAIS sachez que sans ces fondations vous obtenez exactement le contraire de l'effet recherché, des millions d'actifs qui délèguent leur pensée à la machine et perdent en 18 mois ce qu'il restait de leur autonomie cognitive, c'est l'inverse exact d'une politique souveraine c'est une politique de zombification industrielle financée par les impôts des contribuables
et ce que cette annonce va concrètement produire dans les 24 mois est facile à prévoir, l'apparition massive d'une nouvelle génération de Brivael, ces opportunistes qui ne tweetent plus eux mêmes mais qui font tweeter leurs agents IA pendant qu'ils encaissent en vendant des formations et des calls à 999 dollars de l'heure parce que chaque fois que l'etat français sort une enveloppe budgétaire avec le mot innovation dedans c'est exactement le profil qui se rue dessus pour la capter
on aura donc dépensé plusieurs milliards d'euros publics pour enrichir des grifteurs qui n'ont eux mêmes jamais rien construit dans leur vie pendant que les vrais bâtisseurs deeptech par ex continueront de galerer pour financer leur première levée
je suis persuadé que ce dont la France a vraiment besoin n'est pas une formation IA pour 20 millions d'actifs, c'est une refonte profonde de l'école primaire et du collège pour reconstruire les capacités d'attention de lecture de raisonnement et de créativité de la jeunesse française
c'est aussi un investissement massif dans la recherche fondamentale en mathématiques, en physique et en biologie, c'est un soutien acharné aux bâtisseurs qui font de la deeptech et du hardware en France plutôt qu'aux vendeurs de formation digitale
mettez vous vous en tête que qu'à la fin des fins ce qui déterminera la position de la France en 2050 ce n'est pas le nombre d'adultes qui savent prompter ChatGPT, c'est plutôt le nombre de cerveaux capables de produire la pensée originale que la machine ne pourra jamais générer toute seule
Pfizergate : Le vrai scandale n'est pas là où les antivax crient au loup.
(Résumé audio/vidéo en pièce jointe)
Toute la sphère antivax est en ébullition. Les emojis sirènes 🚨 et bombes 💣 pleuvent sur 𝕏, accompagnant un message aux accents apocalyptiques : "ALERTE GENERALE, tous les contrats Covid Pfizer sont publiés". Le tout est scellé par l'injonction vitale de "RT, PARTAGER ET SAUVEGARDER UN MAX" avant une prétendue suppression imminente.
L'ironie visuelle est immédiate : ces "révélations explosives" nous parviennent via trois liens hébergés sur FlipHTML5. Pour ceux qui l'ignorent, FlipHTML5 est cette formidable plateforme commerciale conçue pour convertir des fichiers PDF en livrets interactifs, généralement plébiscitée pour héberger le menu de la pizzeria du coin ou la dernière plaquette promotionnelle d'Avon. Le décalage est fabuleux. WikiLeaks sortait des bases de données cryptées ; en 2026, le "plus grand scandale sanitaire du siècle" n'est pas révélé par un lanceur d'alerte traqué, mais sur un site qui nécessite d'accepter un bandeau de cookies pour tourner virtuellement la page.
Face à ce vacarme numérique, il est temps de sortir le scalpel. Que contiennent réellement ces liens, que nous disent-ils du droit, et surtout, où se trouve la véritable trahison démocratique ?
I. L'inventaire du vide intersidéral : ce que le "leak" montre vraiment
Démontons d'abord le mythe de l'exhaustivité. L'affirmation selon laquelle "tous les contrats" viennent d'être exhumés est une escroquerie intellectuelle. L'architecture d'approvisionnement européenne est une hydre bureaucratique redoutablement complexe. Elle se compose de contrats-cadres initiaux, d'avenants tarifaires ultérieurs (notamment conclus en mai 2022 et mai 2023), et surtout d'une multitude de commandes nationales spécifiques passées par les 27 États membres. Présenter trois liens comme l'alpha et l'oméga de la stratégie vaccinale européenne, c'est confondre la couverture du livre avec l'encyclopédie complète.
Que pointent exactement ces fameux menus de pizzeria en ligne ? Trois textes :
🔹 L'Advance Purchase Agreement (APA) du 20 novembre 2020.
🔹 Un Purchase Agreement (PA) daté du 16 février 2021.
🔹 Un troisième Purchase Agreement daté du 20 mai 2021 (le fameux méga-contrat pour les variants).
Voici la première douche froide pour les vendeurs de panique : ces textes ne sont absolument pas inédits. La Commission européenne a elle-même publié les versions expurgées (caviardées au marqueur noir) de ces accords dès le printemps et l'été 2021. Le 23 mars, le 26 mars et le 7 juin 2021 très exactement, sur sa page officielle "EU Vaccines Strategy". De plus, des versions non expurgées ont fuité dans la presse et via des ONG (comme Transparency International) dès le printemps 2021.
L'idée "oh mon Dieu, les contrats apparaissent enfin en 2026" est donc morte dans l'œuf. Ces documents sont connus, indexés, disséqués et débattus depuis plus de cinq ans. Quant à l'injonction pathétique "sauvegardez avant suppression", elle relève de la pure manipulation. Elle crée une urgence et une rareté artificielles destinées à stimuler l'algorithme. Personne ne va supprimer ces textes : ils dorment paisiblement sur les serveurs institutionnels de l'UE et dans les bases de données judiciaires.
II. Immunité magique et puces 5G : Ce que les contrats NE prouvent PAS
La méthode de la complosphère est toujours la même : prendre un texte juridique complexe en anglais, en isoler une clause, et la traduire avec la rigueur analytique d'un complotiste sous Red Bull.
Le mythe de l'immunité totale ("Pfizer n'a aucune responsabilité")
Les pyromanes numériques s'excitent systématiquement sur la clause d'indemnisation (Article I.12 ou Article 16 selon les montages documentaires). Dans leur traduction libre, cela signifierait que les laboratoires savaient que leur produit était un poison létal et se sont fait signer un permis de tuer en toute impunité. Le droit des contrats est un peu plus terre à terre. Ce mécanisme prévoit que les États membres indemnisent le fabricant pour les réclamations et frais de justice liés à l'utilisation du vaccin. En clair : l'État paie la facture. C'est un transfert massif de risque financier. Cependant, le Tribunal de l'UE a été formel : le producteur reste juridiquement responsable vis-à-vis de la victime. Surtout, cette couverture étatique saute en cas de faute intentionnelle, de négligence grave ou de non-respect des bonnes pratiques de pharmacovigilance de la part du laboratoire. Ce n'est pas une "immunité totale magique". C'est l'Europe qui a accepté de jouer les assureurs tous risques face à une industrie qui, en 2020, refusait d'assumer seule les aléas d'un vaccin développé en urgence mondiale. C'est commercialement brutal, c'est asymétrique, mais ce n'est pas un pacte reptilien.
Le mythe de la dissimulation planifiée
Quid des clauses de confidentialité (Article II.15) ? Elles stipulent que les informations échangées doivent rester secrètes. Conclusion virale : "Les États ont accepté de cacher les effets secondaires !". C'est factuellement faux. La confidentialité verrouillée par Pfizer porte sur le saint des saints capitaliste : le secret des affaires (les prix unitaires, les calendriers de livraison, la propriété intellectuelle). La collecte des données de pharmacovigilance (les effets secondaires réels) ne relève pas d'un accord commercial, mais de directives sanitaires impératives gérées par l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui restent entières.
Le mythe du "poison assumé"
On lit aussi que la notion de "risques inconnus" dans le contrat prouverait que l'injection était une expérimentation illégale assumée. C'est ignorer la clause des "meilleurs efforts raisonnables" (Best reasonable efforts) et la gestion de la force majeure. L'acheteur (l'UE) reconnaît contractuellement l'état de l'art scientifique au moment de la signature. Il s'agit d'une précaution standard de fourniture d'urgence pour limiter les contentieux en cas de retard de production ou d'aléas de développement. Le vaccin n'était pas "sans autorisation" ; il a suivi la procédure européenne d'autorisation conditionnelle de mise sur le marché (CMA) le 21 décembre 2020.
III. Ursula, les SMS et le marqueur noir : Le VRAI scandale de la rue de la Loi
Si le complotisme sanitaire recycle du vide, il faut pourtant reconnaître une vérité dérangeante : l'hystérie antivax ne prospère que parce que les institutions européennes lui ont fourni un terreau d'une fertilité exceptionnelle. La Commission européenne a géré ce dossier avec une opacité et une arrogance qui défient l'entendement.
Le vrai scandale ne réside pas dans des micro-puces imaginaires, mais dans les milliards d'euros d'argent public négociés dans la pénombre. Et ce n'est pas X qui le dit, c'est la Cour de justice de l'Union européenne.
Le Pfizergate validé par la justice
Le 17 juillet 2024, le Tribunal de l'UE a officiellement condamné la Commission, jugeant qu'elle n'avait pas donné un accès suffisamment large aux contrats. La justice européenne a estimé illégitime l'usage abusif du marqueur noir pour caviarder les clauses d'indemnisation et, fait gravissime, pour masquer les déclarations d'absence de conflit d'intérêts des équipes de négociation.
Le coup de grâce judiciaire est tombé le 14 mai 2025 (arrêt Stevi et The New York Times / Commission). La Grande Chambre du Tribunal a purement et simplement annulé la décision de la Commission refusant l'accès aux fameux SMS échangés entre la présidente Ursula von der Leyen et le PDG de Pfizer, Albert Bourla. En pleine crise, la présidente a outrepassé les équipes de négociation conjointes pour finaliser le méga-contrat par textos interposés. Quand la presse et la Médiatrice européenne (qui a conclu à la "maladministration") ont exigé de lire ces messages engageant des dizaines de milliards d'euros, la Commission a répondu qu'elle ne les trouvait plus. La justice a tranché : cette explication ne tient pas debout. Ce refus illégal de transparence détruit la confiance publique.
Le hold-up financier et la rigidité aveugle
L'autre scandale, totalement documenté, c'est le rapport de force financier. Sans aucun contrôle démocratique immédiat, le prix unitaire de la dose Pfizer est passé sous le manteau de 15,50 euros à 19,50 euros lors de la signature du contrat de mai 2021 (portant sur 1,8 milliard de doses). Les coûts initiaux de recherche étaient pourtant déjà amortis.
Pire encore, la rédaction de ce contrat était tellement rigide et favorable au laboratoire qu'elle a créé un monstre juridique. L'obligation d'achat ferme était si stricte qu'en ce mois d'avril 2026, des pays souverains comme la Pologne, la Hongrie et la Roumanie se retrouvent traînés devant les tribunaux belges par Pfizer. Le laboratoire exige d'eux le paiement de milliards d'euros pour des stocks colossaux de vaccins que ces États ont refusés, faute de besoins épidémiologiques. Le véritable complot n'est pas sanitaire, il est comptable et contractuel.
IV. Anatomie d'une panique 2.0
Pourquoi le tweet initial fonctionne-t-il si bien ? Parce qu'il repose sur un syllogisme frauduleux qui flatte notre biais de confirmation :
1. L'Union européenne est opaque et cache des choses (C'est juridiquement vrai).
2. L'UE a très mal négocié ces contrats (C'est financièrement et institutionnellement vrai).
3. DONC, ces PDF hébergés sur FlipHTML5 prouvent qu'on nous a injecté du venin expérimental (C'est une aberration absolue).
Les auteurs de cette désinformation instrumentalisent les défaillances réelles de la Commission von der Leyen pour induire en erreur sur la nature du texte. Ils transforment la dissimulation condamnable des méthodes de négociation (les SMS) en une preuve fallacieuse de complot médical. C'est un sophisme par association, enrobé d'une alerte rouge et d'une fausse censure imminente pour vous empêcher de réfléchir.
Conclusion : Le scalpel plutôt que la tronçonneuse
Être exigeant envers nos institutions, réclamer la transparence absolue sur l'utilisation des deniers publics, traquer le moindre conflit d'intérêts et exiger des comptes sur les SMS fantômes de la Commission, ce n'est pas du complotisme. C'est l'essence même d'un esprit critique sain et d'une démocratie fonctionnelle.
Mais s'exciter sur la republication d'un contrat de 2020 en criant à la révélation explosive devant un PDF hébergé sur une plateforme de menus de sushis, c'est du bruit. C'est de la pollution numérique qui arrange tout le monde : elle décrédibilise l'opposition légitime et permet aux véritables responsables de l'opacité institutionnelle de balayer toutes les critiques en les qualifiant de délires antivax.
Le scandale n’est pas que ces contrats “viennent d’être publiés”. Le scandale, plus banal mais plus solide, c’est que des contrats publics d’une telle importance aient été si longtemps caviardés, si mal expliqués, et qu’on laisse ensuite des pyromanes numériques transformer cette opacité réelle en feu d’artifice complotiste.
Lecornu parle de "casse du siècle" sur le piratage de l'ANTS.
Sauf que c'est un casse de TP étudiant.
Une faille de 2007.
Avec 200 millions d'euros d'effet d'annonce par-dessus.
Le 15 avril 2026, deux choses se sont passées.
À Bruxelles, Ursula von der Leyen présente l'app européenne de vérification d'âge. "Techniquement prête". "Normes les plus élevées au monde" pour la vie privée.
À Paris, le même jour, l'ANTS détecte une intrusion massive.
11,7 millions de Français.
24h plus tard, le consultant Paul Moore poste la démo du hack de l'app d'Ursula.
Moins de 2 minutes.
Sur Android. Sans outil spécialisé.
Une édition de fichier de configuration.
Petit disclaimer.
Je m'exprime peu sur l'actualité cyber sur twitter.
J'ai 6 mandats en cours. Pas de chaîne YouTube à nourrir. Pas de newsletter à promouvoir.
Et zéro CVE recyclée en thread alarmiste cette semaine.
Donc oui, j'arrive après les 800 premiers "ENFIN UN EXPERT OSE PARLER".
Sans emoji feu. Sans hot take.
Mais le dossier est trop bien aligné pour le laisser aux threads-alerte.
L'ANTS, c'est quoi ?
Le portail unique pour ta carte d'identité, ton passeport, ton permis, ta carte grise.
Le socle de ton identité administrative.
Date de naissance, lieu de naissance, nom de naissance.
Une fois dehors, c'est dehors pour toujours.
La cause technique tient en quatre lettres.
IDOR.
Insecure Direct Object Reference.
Sans jargon : tu modifies un chiffre dans une URL, le serveur te renvoie le dossier d'un autre citoyen.
Pas de zero-day.
Pas de génie criminel.
Le pirate (15 ans, interpellé) a qualifié la faille de "vraiment stupide".
Il a raison.
Cette faille IDOR figure dans le top 10 OWASP depuis 2007.
L'iPhone venait de sortir.
Dix-neuf ans dans tous les manuels.
Analogie pompiers.
Tu n'attends pas que ta maison brûle pour appeler les pompiers.
Tu installes les détecteurs AVANT.
L'État français a fait l'inverse.
Il a payé sa caserne (l'ANSSI). Il a financé son portail (315M€ de budget ANTS).
Il découvre, le jour où ça brûle, que les détecteurs n'avaient jamais été branchés.
Réponse politique : 200 millions d'euros pour acheter de nouveaux détecteurs.
Sauf que les anciens étaient déjà budgétés.
Le moment où ça devient gênant.
Si tu es une PME qui laisse fuiter des données ?
Jusqu'à 4% du CA mondial d'amende CNIL.
500M€ d'amendes prononcées en 2025.
L'ANTS, agence d'État qui gère tes papiers ?
Pas de MFA côté dev. Pas de détection des aspirations massives.
DMARC en mode "p=none" depuis juillet 2019.
Sept ans sans politique anti-spoofing sur un domaine .gouv.fr.
L'État sanctionne les autres.
Et laisse une faille de première année sur son propre portail.
La paille dans l'œil du voisin.
La poutre dans le tien.
Maintenant, l'alignement du 15 avril.
Pendant que l'ANTS s'effondre sur une faille de 2007, on annonce à 450 millions d'Européens qu'ils vont devoir scanner leur carte d'identité pour accéder à Twitch.
Promesse : "normes les plus élevées au monde".
24h plus tard : app piratée en 2 minutes.
Le pattern qu'il faut nommer.
→ Back doors dans les messageries chiffrées
→ Chatcontrol et scan automatisé des messages privés
→ Carte d'identité pour les sites adultes (déjà en vigueur)
→ Carte d'identité pour les réseaux sociaux (l'app hackée)
Le motif est toujours le même.
"Donne-nous tes données pour ta sécurité."
Confiées à des acteurs publics qui n'arrivent pas à fermer un IDOR.
Le problème, ce n'est pas l'enveloppe.
L'État met déjà 700M€ à 1Md€ par an dans le cyber.
L'ANTS avait 315M€ de budget propre en 2026.
Le problème, c'est la discipline d'exécution.
Et ça, personne ne l'achète avec un chèque annoncé en pleine crise.
La cybersécurité n'est pas une arrière-pensée.
Ça se planifie EN AMONT.
Avant le code. Avant la mise en prod.
Avant qu'on demande à 450 millions d'Européens de scanner leur identité pour aller sur Twitch.
Tant qu'on traite la cyber comme une réaction à l'incident, on signera tous les chèques de 200 millions du monde sans corriger l'écart.
Et on aura, tous les six mois, un nouveau "casse du siècle".
La faille de l'ANTS est de 2007.
La discipline d'exécution qui aurait dû la corriger, on l'attend depuis aussi longtemps.
Peut-être que si le législateur s'intéresserait réellement aux problèmes de la presse, ça aiderait ?
Parce que bon, c'est mignon de claironner que vous voulez des médias indépendants, mais, on n'a jamais la parole (en tout cas, à moi, on ne me la donne jamais).
(À dérouler)
Je crois que vous ne réalisez pas ce que ça implique mentalement de se dire que demain, on peut se faire sucrer son agrément CPPAP, ce qui revient à foutre à la poubelle des années de travail et de sacrifices personnels.
Mieux encore : je n'ai pas le droit à la carte de presse française. Parce que je ne suis pas salariée.
Moi, c'est pas Bolloré qui me fait chier (il ne sait pas que j'existe).
C'est l'administration et les règles des années 80 qui vont avoir raison de mon travail.
Un membre de mon Discord rappelle la loi Hadopi : si ton WiFi est utilisé pour pirater Rihanna, c'est toi le responsable.
Mais, si l'ANTS se fait pwnded par un gamin de 15 ans, personne n'est responsable sauf le gamin.
[Message de service] Je recherche une maison d'édition pour mon prochain bouquin donc, si vous pensez à une maison ou à un éditeur sérieux, faites signe :)
C'est compliqué l'informatique pour certains parlementaires apparemment.
[Message de service] quand vous partagez des documents confidentiels, pensez à virer les métadonnées.
https://t.co/aLQTYynjcU
Cherchons-nous vraiment un Homme d’État ? Un Homme (ou une Femme) d’État est celui qui parle de ce qui est important pour l’avenir du pays, pas seulement des sujets qui « intéressent » les Français. Il va dans le sens de l’intérêt général, non dans celui que dessinent les sondages. Pas vraiment les qualités requises pour être élu… Ma chronique dans @lamontagne_fr.
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