𝐇𝐚ï𝐭𝐢 : 𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞, 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐥'𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥 à 𝐥'𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧
De #SOSHAITI
Mes amis, frères, sœurs, tous ceux qui écoutent avec un cœur et une conscience, nous vivons des temps vraiment désespérés, où l'injustice est partout et souvent juste sous nos yeux. Laissez-moi vous demander quelque chose. Quelle est la devise des Nations Unies, paix, dignité et égalité ? Quand Haïti a-t-elle jamais été en paix ? Quand Haïti s'est-elle vue rendre sa dignité ? Nous n'avons rien fait de substantiel autre que de débattre depuis 2022.
Je ne peux plus rester silencieux. Je suis ici pour parler d'un cauchemar qui n'est pas sur une planète lointaine, mais juste ici, dans notre arrière-cour, en Haïti. Imaginez vivre dans un endroit où le son des coups de feu est votre réveil matinal. Dire au revoir à votre famille chaque matin porte le poids d'un dernier adieu. Imaginez ne pas savoir quand vous ne pourrez plus être chez vous, car des membres de gangs armés peuvent décider d'attaquer votre quartier et tirer sur tout le monde à vue. Ainsi, vous devez fuir, courant sans but, avec les bagages que vous avez pu prendre pendant ce carnage. Ce n'est pas de la fiction. C'est la cruelle réalité pour nos frères et sœurs haïtiens. Leurs villes, en particulier Port-au-Prince, sont devenues des champs de bataille, avec des gangs prenant le contrôle, maniant les armes comme des seigneurs de guerre, transformant les rues en rivières de peur et de désespoir.
En ce moment même, les aéroports sont assiégés, interrompant la ligne de vie des vols qui relient Haïti au monde, paralysant toute chance de fuite ou d'aide pour nos concitoyens et le peuple haïtien. Les postes de police, symboles d'ordre et de sécurité, sont maintenant en ruines, attaqués par des gangs, et souvent détruits jusqu'au sol. À l'instant où nous parlons, les mêmes institutions censées protéger le peuple sont dévorées par les flammes et la violence. Comment ce pays peut-il respirer, espérer ou croître quand ses lignes de vie sont coupées une attaque brutale après l'autre ?
L'urgence de notre situation ne peut être surestimée. Parlons franchement. Depuis octobre 2022, nous, la communauté internationale, sommes assis dans nos fauteuils confortables à débattre de l'intervention. Conseil de sécurité après conseil de sécurité. Nous avons débattu de quoi faire, comment le faire, et même de si nous devrions le faire. Pendant ce temps, un enfant à Port-au-Prince est abattu, une mère ou une sœur est violée ou kidnappée, un père ou un frère saigne à mort dans les rues. Nous parlons d'êtres humains comme vous et moi, avec des espoirs et des aspirations. Nous avons débattu pendant que les Haïtiens saignent dans ces rues. Puis nous rentrons chez nous, confortables d'avoir accompli notre devoir de citoyen du monde.
Cela, ce que nous avons échoué à faire est une tache laide sur notre conscience collective. Notre indécision, notre paralysie bureaucratique coûte des vies. Cela coûte des vies depuis des années maintenant. Les 5 000, 10 000, 20 000, 40 000 vies haïtiennes perdues sont dues à l'indécision. Et pourtant, le génocide continue et continuera. Et oui, je suis furieux, furieux parce que les armes alimentant cette apocalypse portent plus souvent qu'autrement le sceau "fabriqué aux États-Unis". Notre pays, un phare de liberté et d'espoir, arme involontairement les forces qui déchirent Haïti. C'est une amère ironie qui brise mon cœur. Combien de temps allons-nous laisser vivre cette contradiction ? Combien d'autres vies doivent être brisées?
"Si les gangs veulent nous envahir, nous allons nous défendre. Nous aussi, on a nos propres armes."
Une dizaine de membres présumés d'un #gang ont été lynchés par des habitants de #PortAuPrince, en #Haïti 🇭🇹, ce lundi, dans des conditions qui restent floues
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