Tout le monde demande à une IA qui va gagner la Coupe du monde.
Le supercalculateur d'Opta a rejoué le tournoi 25 000 fois. Son favori c'est l'Espagne… à 16 %.
Traduction : même la machine la plus sérieuse te dit qu'elle ne sait pas vraiment.
Et à côté, ChatGPT te répond sans la moindre hésitation. Sauf qu'il se plante parfois complètement.
Du coup j'ai voulu comprendre laquelle croire.
Et je suis tombé sur une règle un peu contre-intuitive : plus une IA a l'air sûre d'elle, moins ça devrait te rassurer.
Le foot c'est juste la porte d'entrée. Derrière il y a la météo, la bourse, ta santé, tout ce qu'on nous promet que l'IA va anticiper à notre place.
J'explique tout dans ma nouvelle vidéo 👉 https://t.co/nTkU780b44
OpenAI s'est mis à vendre un ballon de basket floqué ChatGPT.
Oui, un ballon de basket.
À 70 dollars, 100% caoutchouc, dans sa boutique de merch.
Pour situer : un ballon caoutchouc équivalent, c'est 20 dollars en magasin de sport.
Et le détail sur la fiche produit vaut le détour.
La même boîte qui nous promet d'inventer la superintelligence sort un goodie à poser sur l'étagère.
Avec cette mention noir sur blanc : le ballon "ne contient aucune intelligence artificielle, aucun capteur, aucune connexion internet".
Ça fait partie d'une campagne merch baptisée "Pause. Play. Prompt".
Je ne juge pas OpenAI.
Mais quand un labo qui veut réécrire l'histoire de l'humanité se met à faire de la boutique, je me dis qu'on est peut-être à un moment assez précis du cycle.
Entre le storytelling "on change le monde" et le ballon brandé à 70 balles, y a un écart que je trouve assez marrant à regarder.
Et le plus fou ? Il a sold out en une journée.
On peut vendre du rêve à coups de superintelligence.
On peut aussi le vendre à coups de ballon en caoutchouc.
Visiblement, ça marche dans les deux sens.
Depuis quelques jours, mon feed me répète que Gemini 3.5 Pro, le modèle de Google, est sorti.
Date de lancement, prix, benchmarks, tout y est.
Sauf que Google, lui, n'a rien annoncé.
On lit les specs comme si le modèle tournait déjà :
→ un contexte de 2M tokens
→ un mode "Deep Think" réservé à l'abo Ultra à 250$/mois
→ une date "leakée" au 17 juillet
→ des benchmarks qui circulent
Et certains agrégateurs titrent carrément "Google Launches Gemini 3.5 Pro".
Le point qui me gêne, c'est qu'au 21 juillet je ne trouve toujours aucune source primaire qui confirme ce lancement côté Google.
Pas de model card.
Pas de page de prix.
Pas de listing gemini-3.5-pro dans la doc de l'API publique.
La seule parole officielle que je retrouve, c'est le blog de Google, daté du 19 mai : 3.5 Pro est "utilisé en interne" et ils promettaient de le déployer "le mois prochain".
On est le 21 juillet.
La promesse de mai a déjà glissé de juin à juillet, et la date du 17 qui circulait est passée sans rien.
La page modèle de DeepMind, elle, affiche juste "coming soon".
Donc on a une date, un prix et des benchmarks pour un modèle que l'éditeur n'a encore mis entre les mains de personne.
Je trouve ça fascinant à observer.
On voit l'attente d'un modèle se fabriquer en temps réel, avant même que le modèle existe.
Qu'on soit clairs : je n'ai rien contre Google ni contre Gemini.
Il sera peut-être excellent le jour où il sortira vraiment.
C'est le récit autour qui m'interpelle, pas la techno.
Et derrière ce bruit, il y a une question plus intéressante que la date de sortie.
Les leaks annoncent Gemini 3.5 Pro dans la même cour que Fable 5 et GPT-5.6 Sol : un modèle du top niveau.
Sauf qu'en face, le décor a changé en quelques semaines.
Des modèles chinois open weight comme Kimi K3 arrivent tout près de ce niveau.
Téléchargeables, adaptables, à une fraction du prix.
Alors quelle carte Google va jouer ?
Sortir un énième gros modèle fermé, premium, à 250$ l'abo Ultra, pendant que l'open weight rattrape le haut du panier pour presque rien ?
Je n'ai pas la réponse. Mais c'est peut-être ça, le vrai sujet. Bien plus que la date de sortie.
Une date qui fuite et des benchmarks qui circulent, ça fabrique surtout de l'attente.
Le produit, lui, personne ne l'a encore touché.
Quand un labo qui rationnait son meilleur modèle se met soudain à l'offrir à presque tout le monde, pose-toi une question : qui lui a forcé la main ?
Anthropic vient d'inclure Fable 5, son meilleur modèle, dans presque tous ses abos.
Officiellement, c'est une histoire de capacité.
Moi, je regarderais plutôt du côté de la Chine.
D'abord les faits, rapidement, parce que tu les as sûrement déjà vus passer.
Depuis le 20 juillet, Fable 5 est inclus dans les plans Max et Team Premium, à 50% des limites.
Les Pro et Team Standard y accèdent via des crédits d'usage, plus un crédit unique de 100$.
La raison donnée par Anthropic : la demande pour Fable était dure à prévoir, ils ont élargi l'accès par étapes à mesure qu'ils sécurisaient de la capacité.
Donc, une histoire d'offre et de demande (de logistique).
Sauf que je n'en reste pas là.
Parce qu'il s'est passé autre chose ces derniers jours.
Kimi K3 est sorti. Un modèle chinois open weight, presque au niveau de Fable 5 sur les benchmarks indépendants, à une fraction du prix.
Open weight, ça veut dire que n'importe qui peut le télécharger, le faire tourner, l'adapter. Sans passer par une API payante.
Et Kimi n'est pas seul.
Depuis des mois, une vague de modèles chinois ouverts grignote le terrain (DeepSeek, GLM, maintenant Kimi).
Axios parle carrément d'une "insurrection open-weight". Sur certaines plateformes, la part des modèles américains serait passée d'environ 70% à 30% en un an.
Alors quand un labo qui vendait son meilleur modèle au compte-gouttes se met soudain à l'inclure presque partout, je me pose une question toute bête :
→ à qui ça profite de garder Fable rare, quand un modèle presque aussi bon est gratuit à télécharger en face ?
Bon.. par contre je précise : Anthropic n'a jamais dit ça.
Leur version, c'est la capacité. La mienne, c'est une lecture, pas un fait. Je peux me tromper.
Mais je me place du côté de celui qui paie l'abo.
Et de ce côté-là, un constat tient : quand la Chine sort des modèles ouverts qui tiennent la route, les gros labos fermés deviennent, comme par hasard, plus généreux.
La version officielle parle de capacité.
Perso, je vois surtout un marché où l'open weight chinois commence à peser sur les prix des autres.
Et pour l'utilisateur qui paie, c'est plutôt une bonne nouvelle.
On classe les IA avec des benchmarks, des scores, des podiums, "le modèle X écrase le modèle Y".
Et je me demande de plus en plus si ça veut dire grand-chose.
Avril 2025, Meta sort Llama 4.
Il débarque numéro 2 d'un des classements les plus suivis.
Sauf que la version envoyée au classement était bricolée pour plaire aux votants (réponses plus longues, emojis).
Le modèle que le public pouvait vraiment tester, lui, tombait autour de la 32e place.
Un modèle peut devenir excellent pour réussir des tests sans devenir plus intelligent pour autant.
Un des pères de l'IA, Yann LeCun, a bâti tout un pari là-dessus (1 milliard de dollars).
Je décrypte son argument dans ma dernière vidéo si le sujet te parle → https://t.co/YmOGXpZw2R
12 millions d'apps créées avec l'IA en un an.
Le chiffre est partout depuis cette semaine, pour une startup qui vient de passer licorne.
Sauf qu'il ne veut peut-être pas dire ce qu'on croit.
C'est le chiffre-phare d'Emergent, une boîte indienne de no-code fondée par des jumeaux, Mukund et Madhav Jha :
→ série C à 130M$
→ valorisation 1,5 milliard$
Franchement, 12 millions d'apps, ça sonne révolution.
C'est fait pour ça.
Un chiffre pareil, on le lit et on se dit que le métier de dev vient de sauter.
Sauf que "créée", ça veut pas dire grand-chose.
Créée ≠ utilisée ≠ utile ≠ qui tourne encore aujourd'hui
Je peux générer 50 apps dans un après-midi et n'en garder aucune.
Ça fait +50 au compteur quand même.
Et ce chiffre, c'est Emergent qui le donne, pas une mesure indépendante.
En février, ils annonçaient 7 millions d'apps.
En juillet, 12 millions.
Ça grimpe vite, sur la parole du fondateur.
Donc je me méfie du chiffre-vitrine.
MAIS je vais pas cracher sur Emergent pour autant.
Parce que l'histoire vraie, en dessous, elle est plutôt cool.
Toujours selon le fondateur : 70% des utilisateurs n'ont jamais codé.
Et ce qu'ils construisent, c'est pas des gadgets.
→ des transporteurs qui se bricolent un suivi de livraisons
→ des usines et des chantiers BTP qui montent leurs propres ERP
→ des gestionnaires immo qui se montent leur outil interne de gestion client
Des gens qui résolvent leur propre problème métier, sans attendre un dev ni un budget.
Ça, c'est du concret.
Et le business a l'air réel : ~120M$ de revenu annualisé revendiqués par Emergent, 200 000+ clients payants.
C'est pas rien.
Bref ! On nous vend une révolution en volume (12 millions d'apps, chiffre maison).
Le vrai intérêt est plus modeste, et je le trouve plus intéressant : des non-devs qui se font l'outil qui leur manquait.
Le chiffre est là pour impressionner.
L'usage, lui, est plus discret.
Et bien plus parlant.
Pourquoi payer le prix d'un modèle frontière quand un modèle à 5x moins cher fait presque aussi bien ?
Moonshot vient de lâcher Kimi K3, un modèle open-source, et en moins d'une journée l'annonce a déjà doublé, ~15M de vues.
Et certains ressortent le mot : "moment DeepSeek".
Sur le papier, y a de quoi s'emballer :
→ ~2,8 trillions de paramètres
→ 1M de tokens de contexte
→ multimodal natif
→ un système "Kimi Delta Attention" donné jusqu'à 6,3x plus rapide sur les longs contextes
Et surtout la phrase qui met le feu : un modèle ouvert qui passerait devant Opus 4.8, au prix d'un Sonnet.
C'est ça qui fait exploser le compteur.
Un modèle libre et gratuit à télécharger qui vient bousculer les gros modèles fermés, à prix cassé.
Moi je trouve le move impressionnant, franchement. Un labo qui sort ça en open source, c'est une vraie actu, pas du vent.
Un premier benchmark indépendant est déjà tombé (Artificial Analysis). Et il confirme une partie de l'histoire : sur l'index de perf, K3 passe bien devant Opus 4.8.
Il ne bat pas GPT-5.6 Sol ni Fable 5.
Moonshot le dit elle-même, noir sur blanc, dans son propre guide officiel :
"second only to Claude Fable 5 and GPT-5.6 Sol."
Un modèle presque aussi bon que le haut du panier, 5 fois moins cher, en open-source : c'est déjà un problème pour tous ceux qui vendent leur modèle au prix fort.
Le modèle complet sort le 27 juillet. Là, toute la communauté pourra vraiment le tester en conditions réelles.
K3 force peut-être quelque chose de plus important que le titre de meilleur modèle du monde : celui qui oblige tout le monde à revoir sa grille de prix.
OpenAI vient de sortir un clavier physique à 230 dollars pour piloter ses agents Codex.
Des touches RGB qui s'allument pour afficher l'état des agents en direct.
Plus de 3,4M de vues en moins de 24h.
Sur le papier c'est bien pensé :
→ 6 touches dépolies dont la couleur change selon l'état de l'agent (blanc = en attente, bleu = réflexion, vert = terminé, ambre = besoin d'input, rouge = erreur)
→ un joystick pour lancer une revue de PR ou un debug, des touches accept/reject, du push-to-talk
→ une molette pour régler le niveau de raisonnement
→ spectaculaire, les LED qui s'animent pendant que ça code.
Visuellement ça claque, je comprends les vues.
Mais je me demande juste : on nous vend quoi, là ?
Codex, l'outil, il est solide.
Je m'en sers.
Le vrai levier d'un agent, c'est le logiciel et la manière de s'en servir.
Un périphérique à lumières, ça reste un gadget, aussi joli soit-il.
Un clavier qui met en scène les agents en train de bosser, ça donne surtout l'impression d'être à la pointe.
Regarder l'IA travailler sous des LED, ça peut êter un plaisir, je peux le comprendre.
Le gain de productivité réel derrière, je le cherche encore.
Petit contexte : ça tombe pile pendant que la boîte est déjà en bataille juridique sur le hardware.
Je m'arrête là dessus, c'est une autre histoire.
L'outil est réel, l'accessoire reste un totem.
J'ai rien contre se faire plaisir avec un beau clavier.
Je me demande juste à partir de quand on confond avoir l'air à la pointe et l'être vraiment.
Le labo le plus attendu de 2026 vient de sortir son premier modèle.
Et il parie contre tout ce qu'on nous raconte depuis 2 ans.
Thinking Machines, le labo de Mira Murati (ex-OpenAI), vient de sortir Inkling.
Depuis 2 ans, on nous raconte une seule direction.
Toujours plus gros.
Un modèle-mastodonte unique, qui fait tout, pour tout le monde.
Là, un des labos les plus scrutés du moment fait le pari inverse.
Inkling sort en poids ouverts (les fichiers du modèle sont téléchargeables et modifiables par tout le monde, pas juste accessibles via une API fermée), dispo sur Hugging Face.
→ il raisonne sur le texte, l'image et l'audio
→ il se fine-tune : on peut l'adapter à son besoin (via Tinker et un Inkling Playground)
→ Contexte annoncé à 1M de tokens
TechCrunch résume bien l'intention du labo : il mise explicitement contre le "one-size-fits-all".
Donc, contre l'idée du modèle géant qui fait tout.
Alors je préviens tout de suite : je ne vais pas dire qu'Inkling est génial.
On ne sait pas encore ce qu'il vaut à l'usage.
Un lancement, c'est une promesse, pas une preuve.
MAIS il y a un signal, et il est intéressant.
Même du côté des labos stars, le "toujours plus gros" n'est plus la seule voie qu'on assume publiquement.
Un modèle ouvert, qu'on façonne, ça raconte une autre histoire du futur.
Peut-être que le futur utile, c'est une multitude de modèles qu'on adapte à ce dont on a vraiment besoin, plutôt qu'un modèle unique.
Bref ! Je ne sais pas si Inkling tiendra la route.
Mais le simple fait qu'un labo comme celui-là parie ouvertement là-dessus, ça me fait me demander si on ne s'est pas raconté la mauvaise direction pendant 2 ans.
Un des hommes qui a créé l'IA moderne a parié 1 milliard de dollars CONTRE ChatGPT.
Yann LeCun. Prix Turing, 12 ans chez Meta à bâtir ces modèles.
Aujourd'hui il dit qu'ils sont dans une impasse.
Et son argument m'a scotché :
→ ton chat comprend mieux le monde réel que l'IA dans laquelle on a englouti des milliards.
J'ai voulu comprendre ce qu'il a vu.
C'est ma nouvelle vidéo 👇
https://t.co/YmOGXpYYdj
Cette semaine on nous titre que "Claude est conscient".
Le papier d'Anthropic qui a lancé ça, je suis allé regarder ce qu'il dit vraiment.
Il dit quelque chose de fascinant.
Mais pas ce que le titre raconte.
Le fait réel : l'équipe interprétabilité d'Anthropic a trouvé, à l'intérieur de Claude, un petit espace de représentations internes.
Une sorte de tableau blanc partagé où l'info transite.
Ils l'ont surnommé le "J-space", repéré avec une technique maison (le "J-lens").
Et cette part ne pèse jamais plus de 10% de l'activité du modèle, avec une médiane autour de 6-7%.
Le point qui a mis le feu : ce petit espace coche 5 propriétés fonctionnelles que des neuroscientifiques associent à l'accès conscient chez l'humain (verbal report, directed modulation, internal reasoning, flexible generalization, selectivity).
Ça fait écho à une théorie bien connue en neurosciences, l'espace de travail global, proposée à l'origine par Bernard Baars.
Sur le papier, le mot qui claque, c'est : conscience.
Sauf qu'Anthropic elle-même met le frein à main dans son propre texte.
Leurs expériences ne montrent pas que Claude ressent quoi que ce soit.
Ils parlent de "conscience d'accès" : pouvoir manipuler une info et raisonner dessus.
Pas de "conscience phénoménale" : le fait d'avoir une expérience, de ressentir de l'intérieur.
Et là je trouve que tout se joue sur un seul mot.
Le titre "Claude est conscient" prend un sens technique très précis (accéder à une info et la traiter) et le fait glisser vers le sens qu'on entend tous dans la vie (ressentir, avoir un vécu).
Le papier décrit une structure qui ressemble, sur le plan fonctionnel, à une théorie de la conscience.
Anthropic précise noir sur blanc que ça ne dit rien sur le fait de ressentir.
C'est dans cet écart que le raccourci se glisse.
Est-ce qu'une IA peut être consciente un jour ?
Aucune idée, ce n'est pas un titre qui va trancher ça.
Ce que je vois, c'est un vrai résultat de recherche, honnête et prudent, aplati en une phrase qui fait cliquer et qui inquiète un peu.
La recherche mérite mieux que son titre.
Source : https://t.co/hdUHsnMlCm
OpenAI préparerait son premier objet physique. D'après Bloomberg, ce serait une enceinte mobile, sans écran, vendue comme un "compagnon IA" qui vit dans ta maison.
Dévoilé cette année, sortie prévue 2027.
Mais il y a un détail, plus loin dans le scoop, qui change tout.
Sur le papier, ça pilote la maison connectée, ça lance de la musique, ça répond aux questions et aux messages, via ChatGPT.
Le tout en voix, avec GPT-Live (leur mode vocal avancé).
Et cette partie-là est réelle. La voix d'OpenAI est bluffante.
L'appareil intégrerait des éléments mécaniques qui bougent tout seuls.
Pas pour une fonction.
Juste pour "donner le sentiment qu'il est vivant, pas juste un objet qui répond" (d'après Bloomberg).
Et ça change tout.
C'est du design émotionnel, une mise en scène pensée pour créer de l'attachement, comme on s'attache à un animal ou à quelqu'un.
Ça reste un choix de produit, pensé pour créer du lien plutôt que pour résoudre un problème.
Ça me rappelle le bruit qu'il y a eu autour de ChatGPT-4o l'an dernier.
Des gens tellement attachés à ce modèle qu'ils ont vécu son retrait comme un deuil.
Sam Altman lui-même a reconnu le phénomène, et OpenAI a fait marche arrière en 3 jours pour le remettre en ligne.
Jusqu'où OpenAI est prêt à aller pour qu'on s'attache à ses produits ?
Ou alors ils ont un autre objectif en tête, que je ne vois pas encore.
À San Francisco, plus de 100 personnes ont défilé du siège d'OpenAI jusqu'à Anthropic puis Google.
Et avec un détour pour huer a16z, un poids lourd du capital-risque tech qui investit à fond dans l'IA.
L'opé s'appelait "Freeze AI on Slushy Day", menée par Michaël Trazzi, un ex-stagiaire en sécurité IA à Oxford devenu créateur de contenu et activiste.
Il avait déjà fait une grève de la faim devant les bureaux de DeepMind à Londres en septembre.
Alors soyons clairs tout de suite.
Je me sers de l'IA tous les jours. Je construis avec. Je ne signe pas pour la pause, et ce post n'est pas un appel à tout arrêter.
Mais je trouve l'image intéressante à regarder.
On voit surtout le discours des labos.
→ les keynotes
→ les démos
→ les promesses
La rue qui conteste physiquement la course, ça, on ne le voit presque jamais.
Et ce qui me frappe, c'est le mélange dans leurs pancartes.
D'un côté, la peur pure : "Pls Do Not Kill Me", "Stop the AI race".
De l'autre, une demande plus politique : "it's not too late to regulate".
Le même cortège porte les deux. La terreur existentielle et l'appel à réguler, côte à côte.
Trazzi résume son inquiétude simplement : des boîtes qui construisent "an AI that is so smart that we can't control it".
Et je pense que ça dit quelque chose du climat autour de l'IA en ce moment.
Quand le discours de la course devient assourdissant (on nous vend l'AGI pour demain matin), un backlash finit par sortir.
Pas forcément là où on l'attend, et pas toujours bien cadré.
Je ne suis pas là pour donner raison aux manifestants ni pour me moquer d'eux.
Je note juste que la peur pure et la demande de régulation se retrouvent dans le même cortège.
Et que ça se passe pile devant les portes des boîtes qui vendent le rêve.
Bref !
Je n'ai pas de leçon à tirer de ça.
Mais je me demande ce que ça annonce, quand la contestation de l'IA descend dans la rue et mélange la terreur existentielle avec l'appel à la loi.
Demis Hassabis vient de publier un essai sur l'AGI :
→ "A Framework for Frontier AI and the Dawning of a New Age"
→ 8M vues
Le gars est brillant : prix Nobel, DeepMind, on parle de quelqu'un qui a vraiment fait avancer la science.
Mais son texte est écrit comme une prophétie.
"We were standing in the foothills of the singularity."
"We've essentially found a way to make sand think. It's miraculous."
Et l'IA, ce serait "perhaps 10x of the Industrial Revolution at 10x the speed."
Ça m'a fait tiquer.
Et c'est pas sur la techno : ce que fait DeepMind est réel, et impressionnant.
Ce qui m'arrête, c'est le registre.
Le vocabulaire mystique : "Miraculeux", "singularité", "new golden age", "incredible human flourishing".
Quand quelqu'un d'aussi solide passe sur un "ton de prophète", je me demande une chose simple.
Est-ce que ces mots décrivent quelque chose.
Ou est-ce qu'ils vendent une promesse.
Parce que c'est exactement le ton qu'on nous sert depuis 2 ans.
Bref... J'admire ce que fait Hassabis, je me méfie du ton, pas de la personne.
Et peut-être qu'à son niveau, il voit des choses qu'on ne voit pas encore.
L'avenir nous le dira.
Anthropic vient de prolonger l'accès à Fable 5 jusqu'au 19 juillet, j'en ai parlé hier dans un post.
Mais il y a un deuxième geste, dans la même annonce, qu'on a moins vu passer.
Ils remontent aussi les limites hebdo de Claude Code de 50%, sur la même période.
Et je trouve ce détail plus parlant que le report du prix lui-même.
Prolonger l'accès gratuit, ça calme la grogne générale sur le prix.
Remonter les limites de Claude Code, ça cible plutôt les devs qui codent avec l'IA au quotidien, ceux pour qui une limite qui saute en plein sprint fait vraiment mal.
J'ai l'impression qu'Anthropic ne prolonge pas juste un tarif, ils essaient aussi de garder la patience de leurs utilisateurs les plus utiles pendant que la bascule vers les crédits payants se prépare.
Bref... Un sursis sur le prix, un bonus sur l'usage.
Ça ressemble à une même hésitation, sur deux fronts différents.
@RekonAstra Je te rejoins aussi : Anthropic s’amuse un peu trop avec son marketing de la peur.
Ils s’en sortaient parce qu’ils avaient de l’avance, ça commence à ne plus être le cas.
Ce matin je vois que Kimi 3 rivalise avec Fable…
La bulle Claude risque d’éclater
Anthropic dépasserait OpenAI sur les marchés secondaires : environ 1 200 milliards de dollars de valorisation implicite, contre 908 milliards pour OpenAI.
Un trillion. Le mot claque. Et il cache un détail qui change tout.
Tout d'abord, je tiens à préciser : j'utilise Claude tous les jours, j'adore ce que fait Anthropic.
Mon problème n'est pas la boîte.
Ce qui m'interroge, c'est le décalage.
Ce chiffre de 1 200 milliards vient d'une seule plateforme de marché secondaire (Caplight), où quasiment personne ne vend ses parts Anthropic.
Le prix s'envole justement parce que l'offre est rare, pas parce qu'un marché normal s'équilibre.
Anthropic elle-même met en garde (plus ou moins) contre ce marché sur son propre site.
Sur le tour de table officiel, la comparaison est différente et bien plus posée : 965 milliards pour Anthropic en mai, 852 pour OpenAI en mars.
Déjà un dépassement, mais sans le mot "trillion".
On célèbre des valorisations implicites à +550% en un an pendant qu'on cherche encore, collectivement, l'usage quotidien qui justifie ces sommets.
Le chiffre grimpe vite. L'usage réel, lui, se cherche encore.
Bref ! Je ne sais pas si c'est une bulle, personne ne le sait, moi le premier.
Mais je me demande juste une chose : on compte les trillions, qui compte les usages ?
Personne ne pariait sur les pubs IA aux Cannes Lions. 2 viennent de gagner.
Les 2 montées sur Kling.
Le post qui annonce ça tourne très fort (128k vues).
Et franchement, la prouesse est réelle.
Il y a 2 ans, une pub générée avec de l'IA qui décroche un prix de pub, personne n'y croyait.
Les 2 films :
→ "L'Ultimo Uomo Reale" pour The RealReal (Silver Lion Film + Bronze Lion en catégorie "AI Craft", toute nouvelle cette année)
→ "Lorem Ipsum" pour le studio Purga Films (Bronze Lion Film B2B).
Donc oui, c'est un vrai cap.
Maintenant je nuance, parce que le récit va un peu vite.
"Gagner à Cannes", ça ne dit pas que l'IA a fait la pub.
Derrière, il y a une idée, une direction artistique, un montage, une équipe.
L'IA est un outil dans la chaîne, pas l'auteur du prix.
Et il y a un détail qui compte : le tweet qui raconte cette victoire porte le badge "partenariat rémunéré", avec Kling, l'outil cité.
Autrement dit, la personne qui te raconte que "l'IA a triomphé" est aussi payée par l'outil qui en profite.
Ça n'enlève rien à la performance, ça la remet juste à sa place.
Pour moi, la vraie info elle est là : des créatifs qui ont l'œil savent se servir de ces outils.
Le prix récompense un regard, l'IA a seulement aidé à le poser.
Apple attaque OpenAI en justice.
Et la plainte se lit comme un thriller de bureau.
On nous vend l'IA comme une course à l'innovation, à coups de démos et de modèles toujours plus gros. Là, on est ailleurs.
On est dans une salle de tribunal en Californie.
Selon la plainte déposée le 10 juillet, Apple accuse OpenAI d'avoir pioché dans ses secrets industriels pour ses futurs appareils IA.
Et les détails allégués sont savoureux :
→ Tang Yew Tan, chef hardware d'OpenAI et ancien VP Apple pendant 24 ans, aurait demandé à des candidats d'apporter de vraies pièces Apple en entretien, pour des sessions "show and tell".
→ Chang Liu, un ex-Apple (8 ans maison), aurait gardé son laptop et téléchargé plus de 1000 pages de documents confidentiels.
Le message qu'on lui attribue dans la plainte : "LOL, I found out I can access the [server], so funny."
→ selon la plainte, plus de 400 anciens d'Apple bosseraient aujourd'hui chez OpenAI.
À lire ça, on ne pense plus benchmarks. On pense cabinet d'avocats.
Maintenant, qu'on soit clairs : ce sont des accusations d'Apple, pas des faits jugés.
Rien n'est prouvé.
Et OpenAI dément en bloc ("We have no interest in other companies' trade secrets").
Présomption d'innocence pour tout le monde.
Mais je trouve que ce feuilleton dit un point qu'on regarde peu.
La vraie bataille de l'IA ne se joue pas qu'en public, sur la scène des keynotes.
Elle se joue aussi sur le talent, sur qui recrute qui, et sur la propriété intellectuelle.
On regarde les modèles se battre sur un ring.
Pendant ce temps, les géants se battent sur le terrain le moins filmé : les cerveaux et les brevets.
Deux mastodontes, une plainte, et un rappel utile.
Derrière la course à l'innovation, il y a aussi une guerre de recrutement et de procès.
Elle est juste moins photogénique.