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Il faut savoir gré à Houria Bouteldja de sa franchise : demandez le programme, elle vous le donne.
Un jour on étudiera ces discours hallucinés pour faire comprendre l'opposition sociologique entre le modèle holistique des communautés traditionnelles (où le tout organique prévaut sur le droit des individus) et le modèle individualiste des sociétés modernes (où ce sont les droits de l'individu qui priment).
Nous avons vécu dans l'idée que les modèles communautaires céderaient peu à peu la place à des modèles individualistes ; ce qui s'est souvent vérifié. Mais ce passage d'un modèle de société à un autre laisse toujours un vide, parfois une nostalgie idéalisante de l'unité perdue, que des idéologues cherchent à exploiter.
Et l'on ne retourne pas impunément ni innocemment d'un modèle individualiste moderne à un modèle holistique ancien. Cela ne peut se penser que par une révolution violente, qui débouchera inexorablement non tant sur une société traditionnelle que sur la coercition totalitaire.
Le fascisme et le nazisme en sont un exemple ; le modèle islamique dont se réclame Bouteldja en est un autre.
"Je ne crains qu'un chose, c'est qu'il n'y ait plus d'indigène pour me regarder de travers si je sors dans la rue, de ne plus appartenir à cet inconnu avec qui j'ai l'islam en commun et qu'il n'ait plus aucun pouvoir sur moi.
J'aime beaucoup l'idée de ne pas m'appartenir et que mon corps appartienne à ma communauté et que nous soyons endettés les uns des autres.
Pour autant, la France ne lâche pas l'affaire [...] par conséquent, tous ceux qui ont l'ambition de devenir de bons musulmans, comme moi, n'ont aucun autre choix que de s'engager dans cette lutte qui consiste à précipiter la fin de ce monde." (Houria Bouteldja)
« Ce sont les nazis qui se sont comportés comme nous en Algérie ».
Le roi des comparaisons hasardeuses, j'ai nommé Monsieur Aphatie (@jmaphatie), a encore frappé.
Assurément, la conquête de l'Algérie par la France - conquête qui s'est déroulée sur plusieurs décennies - n'a pas été une promenade de santé. On y recense toutes sortes de massacres, de violences et de spoliations effroyables propres à une guerre de conquête.
En métropole, quelques voix indigénophiles s'élèvent d'ailleurs pour dénoncer à juste titre la barbarie de l'armée française pendant la conquête. Ainsi le libéral Henri Fonfrède dénonce-t-il un « véritable parricide […], crime de lèze-nation et de lèze-humanité ». Par où l'on voit que les controverses actuelles ne sont guère nouvelles.
Toutefois, dire que les nazis se sont comportés comme les Français n'est pas seulement une manière scandaleuse de diluer le phénomène nazi.
Cette comparaison hasardeuse ne permet pas de rendre compte, ni de la singularité de l'entreprise nazi ni de la singularité de la colonisation française, de ses crimes, de ses errements, de l'idéologie qui la motivait et de l'impact qu'elle a eu sur certaines portions de la population algérienne à l'époque.
Est-il possible de disserter sur les crimes et les mésaventures coloniales françaises et occidentales sans tomber dans ce genre d'anachronisme ?
Premier fait remarquable qui devrait inviter les « nazificateurs » à plus de prudence et de décence : aux yeux des Juifs d'Algérie, l'arrivée de la France est celle d'une puissance libératrice.
Je peux évidemment me tromper, mais je ne suis pas certain que l'avènement du troisième reich ait été perçu de cette manière par les israélites.
L'arrivée de la France introduit presque immédiatement une rupture dans la condition juive.
Jusqu'ici, les juifs d'Algérie étaient soumis au statut de la dhimma.
« Assujettis aux Musulmans, tant sous le pouvoir des Arabes que sous celui des Turcs, ils étaient accablés d’impôts spécifiques, il leur était interdit de posséder une terre, de porter des armes, de monter à cheval, d’avoir des vêtements de couleur verte (ce qui aurait offensé les Arabes) ou rouge (ce qui aurait offensé les Turcs) ; c’était eux qui devaient dépendre les pendus, porter sur leurs épaules les riches musulmans lorsque la pluie rendait boueux les chemins, protéger jours et nuits les jardins des puissants lors des invasions de sauterelles, etc… Ils devaient porter des vêtements spécifiques (babouches, vêtements noirs, coiffure cônique des femmes) ; respecter des préséances dans la rue (descendre sur la chaussée pour laisser la place, ne pas regarder les Musulmans dans les yeux…) ; subir de mauvais traitements de la part des enfants et des janissaires ; être plus sévèrement punis que les autres délinquants… », rappelle Joëlle Allouche-Benayoun.
Quelques années avant la conquête, on recense l'enlèvement de filles juives de la communauté de Constantine pour être offertes au dey Ali Khoja.
En 1805, survient le massacre de la population juive à Alger en marge d'une révolution manquée contre le Dey.
En 1815, le grand rabbin d'Alger, Isaac Aboulker est décapité lors d'une émeute.
En 1826, le consul des États-Unis décrivait la vie des Juifs comme un « mélange affreux de bassesse et d’outrages ».
Ainsi, pour la première fois depuis les conquêtes arabes, le statut des juifs va être réhaussé par les « franco-nazis ». Les anciens colonisés vont devenir les égaux de leurs anciens colonisateurs, avant de bénéficier d'un meilleur statut que ces derniers en raison de leur réceptivité aux idées françaises et occidentales.
L'évolution de la démographie juive parle pour elle-même. Estimée entre 15 et 17 000 en 1830, elle est d'environ 130 000 à la veille de l'indépendance, soit une multiplication par 8 environ.
Là encore, je ne crois pas me tromper en disant qu'on aurait tous aimé que le troisième reich puisse se targuer de ce bilan.
Il est une autre catégorie, moins connue, qui va tenter de tirer son épingle du jeu de la présence « franco-nazi » : les milliers d'esclaves noirs. Ce qui n'était pas sans mécontenter les Arabes.
Dès les premières années de la conquête, on recense des esclaves noirs qui vont fuir leurs maîtres arabes pour se réfugier auprès de l'armée française. En 1832, à Oran, le général Boyer rassembla des esclaves exilés sous l'égide d'un des leurs et les tint au service de divers ateliers.
Lorsqu'un fonctionnaire français, de son propre chef, libéra des esclaves tribaux dans la région d'Oran en Algérie en 1840, un notable du nom de Mustafa b. Isma'il se plaignit que « cette mesure nuit à notre religion et détruit notre pouvoir. Or, nous avons entendu dire que le roi des Français a déclaré que personne ne peut détruire notre religion, notre loi et notre pouvoir ».
Il est vrai que les Français ont tardé à abolir l'esclavage en Algérie, de peur de froisser les Arabes. « Je ne pense pas que nous dominons les Arabes depuis assez longtemps, pour que nous puissions sans danger adopter une mesure qui froisserait gravement les interets de ce peuple », réagissait Bugeau en 1844 en réaction aux projets abolitionnistes.
De fait, le décret « franco-nazi » de 48 qui abolit l'esclavage dans l'Algérie est très mal accueilli par les Arabes. On recense de multiples tentatives de saboter sa mise en application, par l'exode des propriétaires arabes d'esclaves vers zones tribales mal controlées par le pouvoir français.
Ainsi, quand il apparaît aux yeux de l'administration que les trafic d'esclaves par les Arabes continue malgré la loi, le maréchal Randon écrivit ceci à ses subordonnées dans les années 1850 : « Des ventes d'esclaves viennent d'avoir lieu sur les marchés de l'Algérie. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que ce commerce est contradictoire à la loi; mais je dois vous recommander de veiller avec la plus scrupuleuse attention à ce que les prescriptions de cette loi soient respectées. Les nègres ou négresses qui seraient introduits en Algérie pour y être vendus devront être immédiatement remis en liberté sans que les trafiquants aient à réclamer aucune indemnité. En outre, et pour réprimer plus surement ce commerce, ces trafiquants seront punis d'une détention momentanée, dont vous déterminerez vous-même la durée »
Au passage, certaines sources signalent que les enfants constituaient 43,7% des esclaves de la province Alger, 38,7% des esclaves de la province d'Oran.
Puisqu'il est attesté par Monsieur Aphatie que les nazis se sont comportés comme les Français en Algérie, on aimerait beaucoup qu'il recense de son côté des mesures abolitionnistes analogues pendant le troisième reich.
Une fois de plus, le rappel de ces faits n'a ni pour objectif de minimiser, ni d'excuser, les crimes commis par les Français. Mais il convient de réintroduire un peu de complexité face à ceux qui résument la longue histoire de la colonisation aux nazis versus les bons sauvages.
Lors d'une passe d'armes récente, Monsieur Aphatie avait accusé la France d'avoir dénié aux indigènes le droit à une éducation, en taisant le fait que lesdits indigènes étaient réfractaires au fait d'envoyer leurs enfants à l'école, même lorsqu'on leur proposait des bourses. Aucune correction n'avait été effectuée.
Je ne m'attends pas à ce que de la nuance soit introduite. Mais il semble intéressant de comprendre pourquoi certains versent dans le narcissisme pénitentiel en se concentrant sur les seuls crimes de la France, tout en taisant les forfaits de la société algérienne.
L'école de Benjamin Stora, et avec elle tous ses disciples, veut nous faire croire que les tensions entre la France et l'Algérie sont imputables à l'histoire coloniale.
« On a du mal à avoir une relation apaisée avec l'Algérie. Le fondement, c'est la colonisation », dit Aphatie au cours de l'émission de @ThomasSotto face à @FloPortelli.
Tout ça est évidemment un vaste mensonge.
Prenons l'exemple des Européens. Ces derniers se sont tapés dessus pendant des siècles et se sont infligés au vingtième siècle des atrocités qui n'ont rien à envier aux conflits coloniaux.
Pourtant, les Européens ne passent pas leur temps à s'envoyer à la figure les crimes de leurs ancêtres. Et ils ont même réussi à dépassé les crimes du XXeme siècle en bâtissant un espace politique et économique commun.
La question est donc la suivante :
Pourquoi certaines sociétés parviennent-elles à la réconciliation quand d'autres ressentent le besoin de s'inventer un ennemi héréditaire et éternel ?
La réponse à cette question est assez simple. Nous feignons de ne pas comprendre que l'Algérie déteste moins la France pour ce qu'elle a fait que pour ce qu'elle est : une nation mécréante.
Car si l'Algérie détestait vraiment la France pour ce qu'elle a fait, alors quitte à imputer aux Français nés en 2025 les crimes de leurs arrières arrières grands parents en contrevenant à la leçon de Frantz Fanon, les Algériens seraient tout aussi intransigeants à l'égard de leur propre passé (et de leur propre présent), tant la société envahie par les Français n'était pas tout à fait exempte de crimes contre l'humanité.
Evidemment, il n'en est rien.
À la différence de la France qui a produit - et produit encore - une vaste et brillante littérature sur ses propres crimes, l'Algérie ne se désole pas d'avoir été l'un des épicentres de l'esclavage méditerranéens, d'avoir fait transité des esclaves noirs par centaines de milliers pendant des siècles, et d'avoir traité ses minorités comme des moins que rien.
Elle ne se désole pas d'avoir été incapable de lutter contre l'esclavage de sa propre initiative, sans la contrainte des canonnières britanniques, néerlandaises ou françaises.
Elle s'accommode de son état dictatorial et n'en a strictement rien à faire des libertés humaines.
L'Algérie en veut moins à la colonisation en tant que telle qu'au fait d'avoir été du mauvais côté de la canonnière.
« C'est une expérience éternelle que toute homme qui a du pouvoir est porté à en abuser », disait Montesquieu. On peut dire la même chose de toutes les nations qui ont profité de leur supériorité technologique et militaire pour commettre toutes sortes d'abus et de crimes.
De là à en déduire que notre monde serait plus civilisé si la révolution industrielle avait pris pied dans la régence d'Alger, il y a un pas que seuls les écervelés franchissent.
Sources :
- Lucette Valensi, Juifs et musulamns en Algérie
- L'abolition de l'esclavage en Algérie, Yacine Daddi Adoune
- Les Juifs d'Algérie une histoire de ruptures, dirigée par Joëlle Allouche-Benayoun et Geneviève Dermenjian
- La première guerre d'Algérie - Une histoire de conquête et de résistance, 1830-1852, Ruscio
- Islam and the Abolition of Slavery, de William Gervase Clarence-Smith
@dsrmet_ @MarieFernet@PolitikosYT +1 . Ils en connaissent un rayon eux. C'est pas donné mais ils accompagnent, montent des dossiers pour l'école. Sont d'une grande aide.
@MarieFernet Bonjour. A fuir d'urgence. La psychanalyse fait du sur-place. A tout expliquer a coup de Freud et Dolto ils font pitié. Ils sont même svt toxiques. Rien de scientifique dans leur approche. Trouvez un cabinet de neuro-psy. Ou une pedo-pdychiatre qui a des reference en tdah/tsa.
Et un mensonge de plus. Pour rappel, en 2023, nous avons publié une tribune dans Le Monde pour dénoncer les propos de Madame Goldman ; tribune co-signée par 280 psychologues, médecins et chercheurs.
@Hugo_Baup Quelle imposture cette femme. Consterné qu'en France ce genre d'avis soit relayé et pris au sérieux. On parle de diagnostique médical souvent long et couteux. Parcours du combatant. Et un traitement suivi qui ne se fait pas de gaité de coeur. Ce n'est pas du confort. Merci à vous
Simplement pour la rare intro au saxo, la guitare acoustique, le chant A Cappella, la veste directement sur la peau et le brushing, plus grande version.
C’etait il y a quarante ans.
Careless Whisper - George Michael [1984]
- Il est trop beau ton gosse. Tu l’as acheté où ?
- J’préfère pas le dire. Dans un pays où c’est légal.
- Et t’en es content ?
- Bah disons que le premier était pas… joli joli, quoi. Je l’ai rendu.
- Rendu ?
- Ouais, c’est dans le contrat, ils te le remplacent gratos.
- Et ils en font quoi ?
- Ils te le foutent dans un orphelinat.
- D’toute façon c’est pas ton problème !
- À 120.000 boules le gamin, manquerait plus qu’ça, qu’il y ait pas de garantie ! Nonméhoooo !
Comment le gouvernement prépare le pire.
En ce moment, c’est calme à l’Assemblée. Parce qu’en coulisses, le gouvernement prépare patiemment une des pires réformes du quinquennat.
La nouvelle réforme de l’assurance chômage, l’horreur et le n’importe quoi. Un fil ⤵️
Le @JugeDurand de la #CIIVISE est un mec bien. Trop bien pour le gouvernement qui s'apprête à le dégager lundi parce qu'il "agace en haut-lieu". Il est pourtant très mesuré, j'admire même comme il garde son calme...160 000 enfants violés, et il reste toujours poli. RT en masse: #GardezleJugeDurand
Le lieu commun - encore ressassé par de Villepin ce matin sur France Inter - qui impute la radicalisation des Gazaouis aux restrictions israéliennes qui les affectent ressemble au poncif qui attribue l'agressivité russe à l'expansion de l'OTAN. On inverse les causes et les effets.
De même que la propagande poutinienne n'envisage pas un instant que ce sont les sentiments revanchards de la Russie qui ont précipité les pays de l'Est dans les bras de l'oncle Sam, le discours tiers-mondiste n'envisage pas un instant que les restrictions sécuritaires israéliennes, avec leurs lots de tragédies, constituent une réaction désespérée à une agressivité qui les précède. Dans les deux cas, l'Orient est décrit comme un patient à la remorque de l'Histoire tandis que seul l'Occident en serait l'acteur.
On feint ainsi d'ignorer que ces restrictions à Gaza ont été décrétées après l'élection et la prise de pouvoir d'un groupuscule génocidaire - tandis que Israël se désengageait de la zone en question, de la même manière qu'on feint d'ignorer que la présence militaire israélienne en Cisjordanie - dont la plupart des districts ont voté Hamas en 2006 - fut la conséquence d'une série d'agressions qui ont été initiées par le camp arabe, bien avant la proclamation de l'Etat hébreux.
On suggère ainsi que l'appareil sécuritaire israélien se déploie de gaieté de cœur, comme si une société démocratique n'était pas soucieuse d'affecter ses ressources limitées à autre chose qu'à surveiller des murs barbelés. Dès lors, à qui appartient-il de faire le premier pas ?
Un parallèle peut être fait avec la manière dont les alliés ont traité l'Allemagne de l'Ouest après la WWII. Le fait est que les Allemands ont déclenché la seconde guerre mondiale, qu'ils ont été occupés par les vainqueurs, et qu'il n'ont recouvert une pleine souveraineté seulement dans les années 90 (la réunification allemande a été subordonnée à l'approbation des ex-occupants) quand la société civile allemande a donné au reste du monde assez de gages pour lui prouver qu'elle avait tourné la page du nazisme. C'est seulement à cette condition - et au prix d'un énorme travail mémoriel - que l'Allemagne est doucement revenue dans le concert des nations.
Quels sont les gages que donnent les pays arabes et ceux qui environnent Israël ? Ont-ils entamé un travail mémoriel sur le traitement historique de leurs minorités juives ? Sur leurs préjugés ? Y a-t-il dans le monde musulman un "wokisme" islamique qui, à la manière du wokisme occidental, se repentirait, même avec une petite dose d'extravagance, sur les guerres que les Arabes ont déclenchées contre Israël ? Sur l'attitude des Arabes et des musulmans envers les Juifs pendant la seconde guerre mondiale et la collaboration de certaines élites palestiniennes avec le nazisme ? Leur attitude dans les années 30s, 20s, 10s, ou mieux encore, les 1300 années pendant lesquelles les Juifs ont été une minorité subalterne dans le monde musulman ?
Même le très « modéré » Mahmoud Abbas - dont la représentativité est incertaine - ne peut pas s'empêcher de faire régulièrement des sorties antisémites, sans doute pour donner des gages à son public, ce qui n'est pas de nature à rassurer les Israéliens sur sa mentalité. Abbas préside par ailleurs une autorité qui rend passible de peine de mort le fait pour un Palestinien de vendre sa terre à un Israélien, ce qui ne constitue par vraiment une déclaration d'amitié à l'égard de son voisin.
Il n'est pas de peuple qui soit toujours et partout innocent. Mais entre un pays qui compte presque 2 millions d'Arabes - dont certains accèdent aux plus hautes fonctions politiques - et des peuples arabes qui n'ont jamais excellé dans le respect des droits de leurs minorités juives, la responsabilité de l'apaisement appartient en premier lieu à celui dont le rapport à l'altérité est le plus désastreux.
De ce point de vue, le propos de Villepin est parfaitement infantilisant. A en croire l'ancien premier ministre, « il nous appartient de faire émerger une autorité palestinienne représentative capable de négocier avec Israël ». Non ! Cette responsabilité incombe aux Palestiniens eux-mêmes. C'est à la société civile palestinienne de se ranger derrière des interlocuteurs responsables, de trouver son Martin Luther King, son Konrad Adenauer, son Nelson Mandela, peu importe. Aussi longtemps que la cause palestinienne sera incarnée par des Hitler ou des Ben Laden au petit pied, elle ne pourra être que démonétisée, pour le plus grand malheur de tous.
À l’évidence, l’attaque du Hamas a été soigneusement planifiée et ils y ont mis des moyens très importants. De là, vous pouvez raisonnablement conclure qu’elle cherche à atteindre un objectif précis. #Thread
La France insoumise, ils sont infoutus de discuter avec Roussel et le PCF correctement pour faire une pauvre alliance électorale mais ils pensent tranquille que Israël doit discuter avec le Hamas terroriste et régler 100 ans de conflit en 2 semaines
La posture ordurière de LFI et ses satellites est l'arbre qui cache la forêt. Elle se fonde sur le pari que les Français de confession musulmane (qui votent à 69% pour Mélenchon selon l'IFOP) sont tiraillés entre un groupuscule génocidaire et une démocratie libérale imparfaite. La question qui va conditionner la paix civile en France est de savoir à quel point les musulmans français veulent coller à l'image que l'extrême-gauche se fait d'eux.
Un habitant des quartiers sensibles a plus de chance d'être tué, pillé et agressé par son voisin ou d'être roué de coups par sa propre famille qu'être molesté par un policier.
Et s'il est sain qu'un régime constitutionnel regarde la police comme on surveille le lait sur le feu, la présenter comme l'ennemi public numéro 1 de ces quartiers - en dépit des chiffres qui montrent clairement où la violence se situe en premier lieu - apparaît davantage comme le souhait de flatter ceux qui les gangrènent qu'une volonté d'améliorer leur condition.
Pourtant, rares sont les protestations en provenance de ces quartiers contre leurs propres démons. A l'évidence, les faits divers les plus sordides qui s'y déroulent régulièrement ne déclenchent pas la même émotion que les violences policières. Les interlocuteurs à la légitimité incertaine que les médias choisissent pour les représenter (rappeurs, responsables associatifs, etc.) semblent peu pressés d'attirer l'attention là où elle est requise.
Reste à savoir si cette indignation sélective découle de la peur des caïds ou au contraire d'une forme de solidarité avec ces derniers, conformément à une logique tribale où l'on tolère davantage l'oppression quand elle est perçue comme "interne" au groupe auquel on s'identifie en priorité.
La sociologie électorale de ces quartiers n'est guère rassurante dans la mesure où elle révèle que ces lieux particulièrement criminogènes sont plus pressés de plébisciter des formations politiques qui jettent le discrédit sur les institutions que des partis républicains pour qui l'insécurité est une priorité.
Telle est l'épée de Damoclès qui plane au-dessus de la paix civile. Celle-ci est menacée par des groupes qui, faute de s'identifier à des institutions et une civilité communes, se regardent en chiens de faïence, sans la moindre volonté de remettre en question leurs propres forfaitures.