« Je me lève à 3h50, je me lave, je fais ma prière pour que tout se passe bien. Je prends le bus de nuit de 4h43 de Pierrefitte (Seine-Saint-Denis) jusqu’à Saint-Denis. Le Transilien H de 5h11 jusqu’à Gare-du-Nord, après ça le RER B jusqu’à Châtelet, et puis la ligne 1 jusqu’à Porte-Maillot », récite-t-elle en passant les portes du train suivant. Soit une heure et demie de transport, pour une première plage horaire de travail qui durera de six à neuf heures.
Un trajet interminable qu’elle empruntera dans l’autre sens aussitôt cette première mission achevée, « pour rentrer préparer le repas du midi et du soir à mes enfants et à mon mari, qui a une hernie discale ».
Pas de sieste. « Si je me couche, je ne me relèverai pas », explique-t-elle. Car la journée est loin d’être finie. Vers 14 heures, elle prendra de nouveau les transports depuis la banlieue jusqu’à Paris pour enchaîner une heure quarante-cinq de ménage dans les sanitaires d’une entreprise de Charles-de-Gaulle-Étoile, puis un dernier créneau de 18 heures à 19h45 dans d’autres bureaux porte Maillot.
« Celui-ci, j’ai demandé à l’avancer pour rentrer manger avec mes enfants. Ils ont dit non », regrette la mère de famille. Ce soir-là, elle rentrera chez elle à 21 heures.