Je l’écrivais il y a déjà plusieurs mois : défendre la liberté d’expression est devenu un devoir politique prioritaire.
Ce rapport, avec ses préconisations imprécises et liberticides, confirme l’urgence du combat. On ne protège pas la démocratie en organisant la bureaucratie de la vérité.
https://t.co/373Gl8UXwz
La situation est simple :
Les différents pays européens sont en train de s’effondrer sous le coup de 4 ruptures simultanées :
Rupture géopolitique : fin de la pax Americana et donc du soutien militaire, technologique et de l’accès gratuit au marché américain. Crée un besoin simultané de s’armer, de sécuriser ses propres chaînes d’approvisionnement, de réorienter son économie, d’assumer un rapport de force avec les États-Unis, au moment même où l’industrie chinoise déferle sur l’Europe et toutes les autres crises s’accumulent.
Rupture démographique : effondrement des naissances, explosion du nombre de retraités. Crée une pénurie de main d’œuvre, un plus grand conservatisme politique, des crises identitaires et migratoires, l’insoutenabilité du système social, l’explosion des dépenses publiques.
Rupture technologique : révolution IA / robotique qui rebat toutes les cartes de la puissance militaire et industrielle. Rend toute l’industrie européenne non compétitive, tous les systèmes de défense obsoletes. Crée une dépendance technologique et commerciale extrême au moment même où les autres pays deviennent non coopératifs et où l’Europe ne peut plus financer de déficits commerciaux.
Rupture énergétique : fin du gaz russe bon marché, fin de l’accès garanti au pétrole du Golfe et baisse structurelle des approvisionnements, continent peu venteux et ensoleillé, blocage politique sur le nucléaire, dépendance en approvisionnement sur le solaire et les batteries. Rend l’industrie européenne structurellement non compétitive. Provoque une désindustrialisation progressive.
Le pays européen qui est le plus exposé à ces 4 ruptures est l’Allemagne. Son seul atout : 2 ou 3000 milliards d’euros de capacité d’endettement grâce à des excédents accumulés pendant les beaux jours du début du siècle.
Son objectif : utiliser cet argent pour réinventer son modèle économique, son industrie, en utilisant la commande militaire et en essayant de trouver un modus vivendi avec les Etats-Unis. Ne pas laisser la France prendre le leadership. Ne pas laisser l’Europe lui faire les poches avec de la dette commune ou des projets communs trop dispendieux.
Le pays européen le moins exposé à ces 4 ruptures est la France. Son principal handicap : une situation financière hors de contrôle où toutes les ressources sont désormais consacrées à la vieillesse et où aucune solution simple n’est possible à cause du poids électoral des retraités.
Son objectif : réussir à réformer son système social pour libérer des marges de manœuvre financières, mettre à contribution l’épargne et le patrimoine des retraités afin de relancer sa natalité, construire du nucléaire, monter en gamme et s’étendre sur la chaîne de valeur de l’IA et de la robotique. Essayer de mettre l’Europe à son service (ne plus bloquer le nucléaire, buy European act), empêcher les Etats-Unis de maintenir l’Europe divisée.
Ce qu’il faut comprendre :
Tous les pays européens sont dans une situation catastrophique.
Le futur le plus probable de l’Allemagne, même si aucun futur n’est écrit, est de devenir la rust belt de l’Europe.
La France a le plus de potentiel.
Il existe un chemin vers un futur où la France est une nation puissante prospère et au premier rang de l’Europe.
Tout dépend désormais du génie politique et analytique que nous saurons déployer.
Immense humaniste : il
m’a retourné.
Le rôle des gens vraiment intelligents est de nous faire changer d’avis en nous amenant a plus d’humanité, à plus de conscience du réel que vivent les autres
Merci @philippejuvin
Depuis le covid on s'est habitué à ce que le politique décide de tout pour tous dès qu'il y a un petit risque sanitaire. Laissez les gens danser et boire à la fête de la musique.
En Espagne ils font la fête tout le temps et souvent par ces chaleurs.
Depuis que les États-Unis ont décidé de réserver l'accès aux IA les plus puissantes à leurs seuls ressortissants, beaucoup découvrent soudainement notre dépendance technologique.
Pourtant, ce n'est pas la 1ère fois que l'Europe est confrontée à ce problème. À la fin des années 1990, nous dépendions entièrement du GPS américain pour nous repérer, faire voler nos avions, guider nos navires ou synchroniser une partie de nos infrastructures critiques.
À Washington, certains rappelaient alors avec gourmandise que le GPS était un système militaire américain, et qu'il pourrait, en cas de crise, être dégradé ou restreint pour les Européens.
Face à cette réalité, l'Europe a agi. Mais elle n'a pas légiféré pour encadrer le GPS comme elle le ferait aujourd'hui. Elle n'a pas organisé un grand débat moral sur la dépendance technologique. Elle a décidé de construire sa propre infrastructure : Galileo.
La décision a été prise en 1999. Les premiers services opérationnels ont été ouverts au public en 2016.
17 ans, donc. 17 ans d'investissements, de polémiques, de retards, de changements de gouvernements et de majorités politiques.
Aujourd'hui, des centaines de millions d'Européens utilisent Galileo sans même le savoir. Chaque jour, nos smartphones combinent leurs signaux avec ceux du GPS américain. Nous sommes souverains.
La grande leçon de Galileo n'est pas la technologie, mais le temps long.
En 1999, des responsables politiques européens ont pris une décision dont ils savaient qu'ils ne récolteraient probablement jamais eux-mêmes les bénéfices. Ils ont pourtant agi. Parce qu'ils regardaient plus loin que la prochaine polémique, le prochain sondage ou la prochaine échéance électorale.
Voilà ce qu'est une vision politique : construire aujourd'hui ce dont la nation aura besoin dans 20 ans. Préparer un avenir que l'on ne verra peut-être jamais soi-même.
Au moment où l'IA, la robotique, l'énergie et les technologies de rupture redessinent le monde à une vitesse inédite, c'est précisément cette capacité à penser loin qui fait le plus défaut à la France et à l'Europe.
Nous avons besoin de moins de gestionnaires du présent, et de davantage de bâtisseurs d'avenir.
Et si la « personnalité politique » de l’année 2026 était Léon XIV ?
Un pape est toujours un chef spirituel et politique. Or, en deux semaines, Léon XIV a accompli deux gestes d’une portée considérable. Le 25 mai 2026, il publie sa première encyclique, Magnifica humanitas, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, signée symboliquement le 15 mai, jour du 135e anniversaire de Rerum novarum.
Puis, le 8 juin (hier), il prononce devant les Cortes espagnoles le premier discours d’un souverain pontife dans l’hémicycle du Congrès des députés, une première pour lui qui n’avait jusqu’alors jamais pris la parole dans une enceinte politique.
Ces deux actes ne sont pas seulement symboliques. Ils constituent une stratégie pontificale délibérée : réinscrire l’Église comme voix morale incontournable dans les deux grandes crises de civilisation du moment : la révolution technologique et la désintégration de l’ordre international.
L’Église revient ainsi au centre du jeu non pas parce qu’elle possède le pouvoir, mais parce qu’elle pose les questions que le pouvoir politique et économique peine à poser.
Fidèle à ses principes immuables (la dignité de la personne, la primauté de la conscience, le bien commun), l’Église applique à la révolution numérique la même démarche que Léon XIII face à la révolution industrielle. Elle ne condamne pas la technique ; elle rappelle qu’elle doit rester au service de l’homme.
Face à la polarisation politique, à la puissance des algorithmes et à la crise du sens, elle réintroduit dans le débat public une question essentielle : tout ce qui est techniquement possible est-il humainement souhaitable ? C’est ainsi qu’elle conjugue l’éternité de son message avec les défis du XXIᵉ siècle.
La question est désormais clairement exprimée. D’autres bien sûr l’ont posée, je pense notamment à des philosophes, des scientifiques, des grands patrons de la tech. Les politiques doivent s’en emparer. Nous nous attachons à Nouvelle Énergie à penser notre époque et proposer des solutions (certaines sont esquissées dans « Ainsi va la France ») qui conjuguent la réalité de cette étourdissante révolution techno-anthropologique et l’organisation d’un nouveau système social et d’organisation de l’Etat.
J'ai donc vu La bataille de Gaulle hier soir. Grande salle de l'UGC des Halles quasi pleine.
Côté pile : comme le faisait remarquer un ami, ce film semble refermer la parenthèse ouverte par Le Chagrin et la pitié en 1971, qui avait inauguré la déconstruction de la France gaullienne, et ouvert tout le champ idéologique de la critique d'une France peu glorieuse dont l'essence serait en grande partie dans la collaboration.
Chez Baudry, c'est le grand retour du patriotisme résistant décomplexé. Les héros crient vive la France, les vichystes sont des traitres. Les Anglais sont calculateurs, les Américains des alliés de circonstance autant que des adversaires. Tout est à sa place.
Baudry ajoute aussi au patrimoine national ce qui est je crois une des toutes premières représentations filmiques de la bataille de Bir Hakeim. Morceau de courage et d'abnégation pur, dans la grande tradition gauloise du petit groupe de guerriers sous-équipés qui fait face à l'empire qui veut le submerger.
Bien sûr, il y a les petites touches post-modernes, un recul ironique inévitable, qui dépeint parfois De Gaulle à la frontière du grotesque. Mais cela n'entâche pas le constat : nous sommes culturellement passés de l'autre côté, le patriotisme a de nouveau sa place auprès du grand public. Simon Abkarian qui parle de De Gaulle la larme à l'œil devant Yann Barthès, c'est un nouveau monde/
Les raisons de ce retour me semblent limpides :
la patriotisme contemporain avait disparu car il n'était plus existentiel dans le contexte de la pax americana, et était devenu un obstacle dans le contexte de la construction européenne.
La fin de la pax americana et le risque concret de se faire géopolitiquement écraser redonne une pertinence instrumentale à la technologie sociale du patriotisme sur laquelle repose la défense farouche des intérêts de son pays.
Le retour en grâce de la nation est-il là pour durer ?
Tout dépendra de ce qu'il adviendra de la construciton européenne maintenant que l'Amérique a fait tomber le masque.
Côté face maintenant : Baudry passe à côté du Général.
Pourquoi De Gaulle a-t-il cette folie de rompre avec Pétain et d'aller à Londres. Pourquoi dit-il "je suis la France" à Chruchill, en le croyant profondément ? Et poruquoi certains le croient ?
Pourquoi et comment cette aberration historique qu'est De Gaulle ?
C'est très simple, et l'oubli de Baudry est d'autant plus dommageable que la clé est dans le titre même de la biographie qui a inspiré le film : "une certaine idée de la France."
Plus précisément, il y a au XIXe siècle deux conceptions principales de la nation.
1. La version contractuelle, post-1789, à la Sieyès : la nation est l'agrégat des volontés et des intérêts présents, chaque génération peut la révoquer et la reconfigurer. C'est cette version de la nation qui sous-tend par exemple le concept de nouvelle France de Mélenchon.
2. La version historiciste de la nation, issue de Burke et en France incarnée par Barrès : la terre et les morts. La nation ne représente pas que les vivants, mais aussi les morts et ceux qui sont à naître. Ainsi les vivants n'ont pas l'autorité suffisante pour redéfinir la nation à chaque génération.
Renan est célèbre pour avoir unifié ces deux visions de façon totalement explicite.
"Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis."
De Gaulle lui appartient à une autre tradition. La France n'est pas pour lui un objet immanent, que l'on étende son essence à tous les Français passés présents futurs ou qu'on la restreigne aux contemporains.
De Gaulle est péguysite.
De Gaulle en 1964 à propos de Péguy : "Aucun écrivain ne m'a autant marqué. Dans les années qui ont précédé la guerre, je lisais tout ce qu'il écrivait, pendant mon adolescence et quand j'étais à Saint-Cyr, puis jeune officier. Je me sentais très proche de lui. Ce qui m'intéressait surtout chez lui, c'était son instinct."
Payerefitte : "Lui aussi, il se faisait une certaine idée de la France, comme d'une personne vivante, pareille à la Madone des fresques.
De Gaulle : "Oui, c'est évident."
Péguy rompt avec les définitions immanentes de la France, et lui accorde la transcendance. La France est une essence dont les générations successives ne sont que les dépositaires. Une certaine idée de la France existant avant, après et au-dessus de tout Français particulier. Cette idée de la France anime les Français beaucoup plus que les Français animent la France. Et les intérêts de la France peuvent être en contradiction avec ceux des Français de toutes les générations.
De Gaulle, c'est avant tout ça.
Les pétainistes ne sont que des sieyèsiens qui se trompent. Mais fondamentalement, ils justifient leur comportement par leur objectif consistant à préserver les intérêts des Français. Éviter une nouvelle boucherie. Donner aux Français une place dans le nouvel ordre germanique.
Pour De Gaulle, ce serait entâcher l'âme de la France. C'est pour cela qu'il peut dire être la France, son dépositaire légitime. Peu importe ce que disent les institutions, c'est celui qui est habité par la France qui porte sa légitimité.
C'est parce que Roosvelt n'est pas péguyste qu'il ne comprend pas qui est De Gaulle et cherche à l'écarter.
Et c'est parce que De Gaulle a fondamentalement raison qu'il réussit. En effet, sur quoi repose le succès de De Gaulle ? Sur le fait qu'en France, dans l'Empire, des Français reconnaissent la France en lui. Des Français pour qui donc la France est autre chose que les Français.
Et c'est aussi pour cela que De Gaulle peut raconter le récit de la résistance. Si la France est autre chose que les Français, alors elle est aussi autre chose que Vichy et ses collabos. Les Français peuvent être indignes de la France, mais la France, elle, reste intacte, tant qu'assez de Français sont là pour protéger et perpétuer son âme.
Sans cette clé de lecture, De Gaulle n'est qu'un excentrique qui a eu de la chance et du courage. Vision du personnage qui transparaît un peu trop chez Baudry.
Avec cette clé de lecture, l'histoire de De Gaulle est une histoire quasi christique, où ce n'est pas Dieu qui s'est fait homme, mais une nation qui s'est faite Général.
29 mai 2026, 21 ans jour pour jour que la France n’a plus connu de référendum, dont le résultat n’a pas ensuite été respecté, ce qui a constitué une rupture grave de la confiance civique dans notre pays.
La Constitution est limpide : « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »
21 ans que le peuple français est privé d’une partie essentielle de sa souveraineté.
Il est urgent de lui redonner la parole sur les sujets vitaux pour notre pays, à commencer par la maîtrise de son peuplement.
Avec @nouv_energie, nous revigorerons notre démocratie et redonnerons le pouvoir au peuple souverain.
Le problème des décroissantistes, c’est qu’ils raisonnent comme si l’humanité vivait enfermée dans un appartement sans fenêtres, avec un compteur électrique au mur et une bougie qui se consume lentement.
Dans ce monde mental fermé, chaque innovation finit naturellement par apparaître comme une menace. Chaque usine devient une faute morale, chaque data center un danger, chaque avion un péché supplémentaire contre la planète.
Leur logique est donc parfaitement cohérente… à condition d’accepter leur point de départ : celui d’un monde aux ressources figées, aux frontières définitives et aux possibilités condamnées à rester constantes.
Évidemment, si l’on considère que la production énergétique actuelle représente un plafond infranchissable, alors oui, la décroissance finit par sembler inévitable. Il faudrait produire moins, industrialiser moins, voyager moins, consommer moins, ralentir partout et sur tout.
Mais cette vision porte en réalité un autre nom : la capitulation devant l’avenir.
Car, depuis 5000 ans, l’humanité fait exactement l’inverse. C’est l’histoire d’une espèce qui repousse, méthodiquement, toutes ses limites : le feu, la vapeur, l’atome, le numérique, l’IA.
Et demain : les robots humanoïdes, la fusion, l’espace...
Face à la nuit, le décroissantiste souffle les bougies pour les économiser. L’humanité, elle, a inventé l’électricité.
Nous ne sommes pas une civilisation née pour apprendre à se restreindre éternellement. Nous sommes une civilisation née pour explorer, construire, inventer et étendre le champ du possible. Et c’est précisément ce qui est en train de se jouer aujourd’hui.
La révolution qui arrive ne sera pas seulement technologique. Elle sera simultanément technologique, énergétique et industrielle. L’IA sans énergie abondante ne fonctionnera pas. La réindustrialisation sans innovation ne fonctionnera pas davantage. Et la transition écologique elle-même échouera sans puissance technologique massive.
Les trois devront avancer ensemble.
Cela exige une immense ambition collective, avec des décisions courageuses sur le nucléaire, les infrastructures, la recherche, la robotique, la formation et l’investissement de long terme.
Le vrai progrès n’a d’ailleurs jamais consisté à nier les limites. Il réside dans la capacité de l’intelligence humaine à les repousser sans perdre son humanité.
Je crois profondément à la tempérance. J’en parle d’ailleurs dans "Le Nouveau Temps". Mais la tempérance ne s’oppose pas au progrès. Elle en est peut-être même la condition de survie. Ce n’est pas demander à l’humanité de redevenir plus petite, plus lente ou plus faible. C’est lui apprendre à devenir plus puissante sans devenir plus brutale. La tempérance, c’est une sagesse technologique.
Le destin d’une civilisation ne se mesure pas à sa capacité à ralentir. Il se mesure à sa capacité à produire assez d’énergie, assez d’intelligence et assez de courage pour continuer à avancer.
Le défi du siècle.
Les ZFE ont été rétablies. Mais désormais, le sujet dépasse largement les ZFE.
Quand le Parlement exprime la volonté de millions de Français… et que tout peut être balayé par 9 personnes, alors une question se pose :
👉 que reste-t-il à la démocratie ?
Pourquoi les intellectuels sont-ils si souvent socialistes ?
Les intellectuels pourraient avoir un faible pour les théories qui ouvrent la porte à une forme d’ingénierie sociale, qui impliquent que les changements positifs doivent être impulsés par le haut, de manière verticale. Pourquoi ? Parce que si le progrès naît de la mise en place de la recette de la bonne société, alors les intellectuels sont les garants du bonheur de leurs concitoyens, investis d’une mission : orienter la société vers un avenir meilleur. En revanche, si le progrès advient surtout par le bas, par l’initiative spontanée d’individus, par la société civile, par le marché, alors les intellectuels doivent se limiter à un travail descriptif, et ne peuvent avoir d’influence significative, en tout cas pas d’influence positive significative.
« L’idée de reconstruire entièrement la société, notait Hayek, séduit davantage l’intellectuel que les réflexions plus pragmatiques des tenants d’une amélioration graduelle de l’ordre établi. » Dans L’Opium des intellectuels, Raymond Aron raconte que si l’intelligentsia française, pendant la guerre froide, était plutôt hostile aux États-Unis, c’était justement parce que le pays avait enregistré d’immenses progrès grâce à l’entreprise individuelle de ses citoyens plutôt que par le biais d’une idée de génie (le communisme) appliquée à tous. [...]
Thomas Sowell, lui, constate que les intellectuels ont tendance à étudier, décrire et s’enthousiasmer pour les périodes de l’Histoire où ont eu lieu des changements législatifs (nouveaux droits, acquis sociaux, etc.) dont ils imaginent pouvoir s’attribuer partiellement le mérite, mais semblent indifférents aux améliorations de la condition humaine, parfois plus significatives, imputables à la vitalité de la société civile (même lorsque ce sont précisément ces progrès qui rendent possibles les acquis sociaux des décennies suivantes). [...]
Encore aujourd’hui, les sciences sociales ne se passionnent pas pour l’extraordinaire amélioration des conditions de vie en quelques décennies à Hong Kong, à Singapour, ou en Corée du Sud, permise par la réduction du poids de leurs gouvernements dans l’économie. Ce qui soulève une question : les intellectuels se disant attachés à la justice sociale ont-ils comme priorité l’amélioration du sort des plus malheureux, ou bien l’affirmation de leur propre importance dans l’amélioration du sort des plus malheureux ? « Ce qui préoccupe réellement les doctrinaires, écrivait Gustave Le Bon, ce n’est pas l’avènement du socialisme mais l’avènement des socialistes. »
Dans la même veine, l’essayiste Vera Nikolski a montré que les intellectuels sous-estiment l’influence du progrès technique dans la libération de la femme (électroménager, pilule, avortement, augmentation générale de la productivité ayant dévalué l’importance de la force physique) et surestiment celle des idées égalitaristes. Il est aussi amusant de noter qu’au XIXe siècle, pendant que John Stuart Mill appelait les universités à former « des esprits capables d’améliorer et de régénérer la société », décrivant l’élite intellectuelle comme des « têtes pensantes », « en avance sur le reste de la société », « sans qui la vie humaine serait stagnante » , la révolution industrielle transformait radicalement la condition humaine. Elle était menée entre autres par Thomas Edison et Henry Ford, qui n’étaient presque pas allés à l’école, et par les frères Wright (inventeurs du premier avion), qui n’avaient pas le bac. [...]
La discussion présente peut offrir une réponse à cette interrogation : comment expliquer la « tyranophilie » des intellectuels ? Pourquoi, tout au long du 20ème siècle, ont-ils affiché une telle complaisance pour les dictateurs de la pire espèce ? Réponse du philosophe Roger Scruton : « Les intellectuels sont naturellement séduits par l’idée d’une société planifiée, car ils pensent qu’ils en seront les responsables. » Selon l’anarchiste russe Bakounine, le but réel des intellectuels marxistes était l’instauration d’une « pédantocratie », c’est-à-dire un régime dans lequel les pédants (ici, les théoriciens marxistes) exerceraient les responsabilités. Le tort des démocraties libérales serait donc qu’étant libérales, elles « laissent une part à l’action spontanée de tous et de chacun, s’interdisent l’ambition de construire l’ordre social selon un plan et de soumettre l’avenir à leur volonté » (Aron). Si à l’inverse, le communisme a tant plu à l'intelligentsia, c’est peut-être car il s’agit, selon la formule de Jan Waclav Makhaïski, d’un « régime basé sur l’exploitation des ouvriers par les intellectuels ».
Orwell, dès 1946, livrait la même analyse. Au Royaume-Uni, les intellectuels les plus favorables à Staline, écrivait-il, sont « en général des individus sans éclat, frustrés par le système […], avides de plus de pouvoir et de reconnaissance. Ces individus se tournent vers l’URSS et y voient, ou croient y voir, un système qui élimine la classe supérieure, maintient la classe ouvrière à sa place et accorde un pouvoir absolu aux gens comme eux. […] Leur désir inavoué : remplacer le socialisme égalitaire par une société hiérarchisée où l’intellectuel pourrait enfin s’emparer du fouet ».
De retour d’un voyage à Cuba, Simone de Beauvoir, enthousiaste, a raconté la façon dont Sartre, elle-même et Fidel Castro ont arpenté l’île, notamment pour que ce dernier puisse « gronder » les paysans, leur « demander de faire mieux ». Un jour, ils sont passés devant des ouvriers qui construisaient un village. En un coup d’œil, Castro a discerné des défauts dans le projet architectural. Alors il « s’est jeté par terre de tout son long et il a dessiné sur le sable le plan d’un village ; on lui a apporté un bout de carton où il a recopié le plan. Les paysans l’ont acclamé : ils suivront ses indications. » Les ouvriers cubains, relate-t-elle avec ravissement, avaient « tout le temps la tête levée » pour voir si l’hélicoptère de Castro arrivait, avec l’espoir que celui-ci descende du ciel pour les éclairer de ses lumières. On ne peut donner plus belle métaphore de la verticalité.
En lisant l’entretien où de Beauvoir dit toute son admiration pour la dictature cubaine, il est difficile de ne pas y déceler une forme de paternalisme intellectuel, une fascination romantique pour un modèle de société où une élite éclairée guide le petit peuple dans le droit chemin. Cela semblait d’ailleurs être l’un des fils directeurs de sa pensée politique. Quelques années plus tôt, elle se réjouissait que le régime maoïste, par son appareil de propagande, tienne le peuple « au courant des événements », « lui en explique le sens et les raisons » et « le forme politiquement ». Comme le notait Orwell, certains intellectuels ne voient pas « la révolution comme un mouvement des masses auxquelles ils souhaitent s’associer ; ils l’envisagent comme un ensemble de réformes que eux, savants, vont imposer aux autres, membres de l’ordre inférieur ».
(Mise en garde : tweet sur un sujet parfaitement futile, opinion garantie impopulaire. Pour du sérieux, repassez dans dix minutes. On a le droit de se détendre.)
Pour en finir avec le « bon appétit »
Longtemps, le « bon appétit » régnait sans partage. Puis les choses devinrent hors de contrôle. Vint le « bonne dégustation », pour signifier que la cuisine était d'une telle qualité que souhaiter simplement un bon appétit était trop vulgaire. Se répandit ensuite le « bonne continuation », parce qu’il fallait bien dire quelque chose, et de nombreuses déclinaisons, dont « belle continuation », « bonne mise en bouche » et « belle expérience ». Je jurerais même avoir entendu une « bonne continuation de fin d'appétit ».
Récemment, dans un de ces restaurants ayant autant d’étoiles qu’il est possible, j'ai reçu un jovial : « Régalez-vous ! » Le genre de formule qu'on attendrait d'une auberge du Périgord où l'hôtesse vous appelle « mon grand ». L'idée, j'imagine, était de briser les codes.
Alors je dis stop.
Voici ma proposition, radicale, spécialement pour les grands restaurants : ne rien dire, comme il est d’usage dans la bonne société où le bon appétit est absolument proscrit (eh oui). Poser l'assiette, nommer le plat, partir. Le silence est la vraie marque de distinction.
#ZFE ! BRAVO !
https://t.co/xYH1ennFMT tiennent à féliciter les députés @partisocialiste et @EELV qui, ayant perdu à plates coutures devant l’@AssembleeNat + @Senat et devant l’opinion, en appellent désormais aux @Conseil_constit !
Il est sain pour la #démocratie quand on n’a plus assez d’électeurs de s’opposer à #8FrancaisSur10 en se tournant vers les juges. Cela réconcilie les Français avec la politique.
Tenter en pleine crise sociale ou le peuple souffre de rétablir la #segregation sociale honore la République. Le peuple manquait d’emmerdes : il va bien prendre d’être viré des villes. Ce qu’il faut aux partis de gauche, surtout, c’est déclarer fermement la guerre a la nation ! Et aux pauvres.
BRAVO !
@lemondefr
https://t.co/YkA5hsSCat
Emmanuel Macron semble avoir perdu tout sens de la mesure et toute intelligence des situations. Si je ne suis pas particulièrement adepte des prises de position sociétales ou politiques d’Elon Musk, vouloir lui dénier un génie entrepreneurial singulier relève d’une forme de cécité intellectuelle difficilement excusable.
Une telle attitude révèle surtout une incompréhension profonde de ce qu’est réellement l’entreprise, de ce qu’est le risque entrepreneurial et de la manière dont naît l’innovation. Le discours politique français, notamment celui d'Emmanuel Macron, adore invoquer “l’innovation”, “les start-up” et “la souveraineté technologique”, mais il trahit régulièrement une incapacité à saisir ce qui rend possible l’émergence d’acteurs réellement disruptifs. On confond volontiers l’écosystème administratif qui entoure l’innovation avec l’innovation elle-même.
Que les entreprises de Musk aient bénéficié de financements publics, notamment dans le spatial, est évidemment vrai. Mais présenter cela comme si la réussite de SpaceX était le simple produit de subventions relève d’une lecture caricaturale, presque naïve, de l’économie de l’innovation. Les États-Unis financent depuis des décennies la recherche, les infrastructures et la commande publique dans des domaines stratégiques. Le point décisif n’est pas l’existence de ces financements : il est la capacité d’un entrepreneur à transformer ces opportunités en ruptures technologiques et industrielles réelles.
Et sur ce point, les faits sont implacables. L’investissement public américain dans SpaceX a produit un résultat spectaculaire : l’effondrement du coût d’accès à l’espace. Et accessoirement cela permis à la NASA de faire de confortables économies. En une décennie, le prix du kilogramme envoyé en orbite a chuté dans des proportions historiques. La réutilisation des lanceurs, que beaucoup considéraient comme irréaliste ou prématurée, est devenue une réalité industrielle. Les cadences de lancement ont explosé. Le spatial est passé d’un secteur semi-institutionnel à un marché en pleine mutation.
Pendant ce temps, l’Europe peine à maintenir sa position acquise. Le programme Ariane, entièrement subventionné, accumule retards, surcoûts et hésitations stratégiques. Là où SpaceX itère rapidement, prend des risques et accepte l’échec comme étape du progrès, l’Europe reste prisonnière d’une logique administrative et industrielle fragmentée, où la répartition géographique des retombées économiques compte souvent davantage que la performance technologique.
Le contraste est révélateur : d’un côté, un système où la commande publique agit comme un levier d’accélération pour des entrepreneurs capables de transformer radicalement un secteur ; de l’autre, un système où la dépense publique se transforme trop souvent en mécanisme de préservation d’existants.
Où est la différence ? Dans le fait que l'entrepreneur français sort à peine la tête de l'eau, et est contraint de toutes sortes de régulations plus castratrices les unes que les autres.
Cette incapacité à distinguer financement public et esprit entrepreneurial est symptomatique d’un mal plus profond. Une partie de la classe politique française parle d’économie sans en maîtriser les ressorts fondamentaux. Elle confond redistribution et création de richesse, planification et innovation, soutien et substitution. Et elle pense qu'il suffit pour l'Etat "d'arroser" d'argent public pour que l'innovation naisse.
Notre pays ne pourra pas se redresser avec une élite dirigeante qui peine à comprendre ce qu’elle prétend piloter. Et Emmanuel Macron n’est certainement pas le pire dans ce domaine : il en est plutôt un exemple parmi d’autres.
Sans un changement radical de culture économique et de compréhension du risque, de l’innovation et de l’entreprise, la France s’expose à un lent déclassement. Ce qui se joue ici n’est pas une querelle de personnes, mais la capacité d’un pays à reconnaître les dynamiques du monde réel avant qu’elles ne s’imposent à lui.
La France a besoin d'une stratégie énergétique ambitieuse pour que ses entreprises et ses habitants bénéficient d'une énergie la moins chère possible, fiable et décarbonée, en réduisant autant que possible sa dépendance dans un contexte géopolitique transformé.
Il s’agit d’un impératif de compétitivité et de souveraineté, d’une condition sine qua non pour l’industrie et le numérique, d’une nécessité de confort de vie et de pouvoir d’achat pour les ménages.
Ce n'est pas avec la PPE3 que le Premier ministre s'apprête à signer par simple décret, sans débat ni vote des parlementaires, qu'elle y parviendra.
Oui, il faut davantage d'électricité bas-carbone dans notre bouquet énergétique pour réduire la part des énergies fossiles : l'électrification de la France est une obligation qui ne fait pas débat. Mais elle exige une électricité compétitive, un signal prix stable et prévisible et des choix de filières hiérarchisés selon leur coût réel complet. Pas un empilement d'investissements dictés par les lobbies et les échéances politiques.
Or, ce que promet la PPE3, c'est un alourdissement de la facture électrique qui va détourner les Français de l'électricité, à l'encontre même du but recherché.
Pourquoi ? Parce le besoin n’est pas aujourd'hui un ajout massif de capacités de production mais d'incitations à choisir l'électricité plutôt que les énergies fossiles.
Les faits sont têtus. La France a produit 544 TWh d'électricité en 2025 et en a consommé 450. Elle a exporté un volume record de 92 TWh. Le système est en surcapacité massive. Malgré cela, la PPE3 programme simultanément de nouveaux réacteurs, de l'éolien terrestre et des dizaines de parcs offshore sur la base d'une consommation de 550 à 670 TWh que rien - aucune commande industrielle, aucun contrat, aucun investissement privé - ne laisse aujourd'hui présager.
Les coûts sont connus. 200 milliards d'euros d'investissements dans le réseau d'ici 2040, dont des dépenses de maintenance nécessaires, PPE ou pas. Des parcs éoliens en mer payés entre 164 et 196 €/MWh pour ceux en service, chiffres qui pourraient atteindre jusqu'à 310 €/MWh pour d'autres annoncés si l'on regarde ce qui se passe au Royaume-Uni pour l'éolien flottant. Le tout répercuté sur les factures des consommateurs et le budget de l'État, donc nos feuilles d'impôt.
Produire plus d'électricité sans débouchés réels ne crée pas de demande. C'est l'inverse : cela renchérit le coût unitaire et détruit les conditions de la compétitivité et de l'électrification qu'on prétend accélérer.
Plus grave, le nucléaire existant est menacé. Pour intégrer des sources intermittentes prioritaires sur le réseau, on impose au parc nucléaire une modulation structurelle qui dégrade sa rentabilité, accélère l'usure des installations et compromet leur prolongation, alors que c'est de loin l'option de politique énergétique la moins chère. On fragilise le seul actif bas-carbone compétitif du pays ; celui-là même qui nous donne un avantage comparatif par rapport à tous nos voisins européens.
Maximiser et optimiser le parc existant. Redonner confiance dans le choix de l'électricité aux consommateurs. N'investir que là où la demande est démontrée. Renoncer aux filières les plus coûteuses. Exiger la transparence des coûts complets. Et soumettre ces choix qui engagent la Nation pour des décennies au débat et au vote de la représentation nationale. Voilà ce que doit être une politique énergétique digne de ce nom.
Au lieu de cela, l'exécutif engage la France pour des décennies par un décret que personne n'a débattu, que personne n'a voté, fondé sur des projections que tout contredit, au profit de filières dont les coûts explosent. Je pèse mes mots, c’est irresponsable et irrespectueux du processus démocratique. Et de façon concrète, nous consommateurs allons payer la facture.
Cette nomination constitue un nouvel exemple de la porosité persistante entre la haute administration et la sphère politique. Cette confusion structurelle est l’une des faiblesses les plus profondes du système institutionnel français et appelle une correction ferme. Il devient nécessaire d’interdire, par la loi — voire par la Constitution — les allers-retours entre fonctions politiques et postes au sommet de la fonction publique.
Le phénomène n’est pas nouveau. Depuis des décennies, la France a institutionnalisé une circulation permanente entre cabinets ministériels, directions d’administration centrale, autorités indépendantes et grandes institutions de contrôle. Un directeur d’administration devient conseiller ministériel, puis ministre, avant de retrouver quelques années plus tard une haute fonction supposée indépendante. Le signal envoyé est désastreux : les postes censés incarner la neutralité de l’État apparaissent comme les prolongements d’une carrière politique.
Les exemples abondent. Les nominations à la tête d’autorités administratives indépendantes, d’institutions de contrôle ou d’organismes publics stratégiques sont régulièrement confiées à d’anciens ministres ou à des responsables politiques récemment sortis du pouvoir. La Cour des comptes, le Conseil d’État, certaines autorités de régulation ou de supervision voient ainsi se succéder des profils issus directement de la vie politique. Cette pratique alimente l’idée que les fonctions de contrôle, d’évaluation ou de régulation ne sont plus pleinement indépendantes, mais intégrées à un même écosystème de pouvoir.
D’autres démocraties ont adopté des règles bien plus strictes. Au Royaume-Uni, la tradition de neutralité du civil service est profondément ancrée : un haut fonctionnaire qui entre en politique quitte définitivement la fonction publique. Aux États-Unis, la séparation entre fonctionnaires de carrière et responsables politiques est clairement définie : les postes de direction changent avec l’administration, mais les organes de contrôle disposent de procédures d’audition et de confirmation qui visent précisément à garantir leur indépendance. En Allemagne, la distinction entre fonction politique et fonction administrative est également marquée : les allers-retours existent, mais ils restent encadrés et beaucoup moins fréquents qu’en France.
La France, au contraire, a cultivé un modèle de fusion entre élites administratives et élites politiques. Les mêmes profils se retrouvent aux commandes des ministères, des cabinets, des autorités de contrôle et des grandes institutions. Cette homogénéité sociologique et professionnelle produit un effet de fermeture du système et nourrit la défiance des citoyens. Lorsque ceux qui doivent contrôler l’action publique sont issus du même cercle que ceux qu’ils contrôlent, la crédibilité de l’ensemble de l’édifice institutionnel s’en trouve affaiblie.
Cette confusion des genres a des conséquences profondes. Elle fragilise la capacité de l’État à se réformer, car elle installe une logique de continuité des réseaux plutôt qu’une logique de responsabilité. Elle nourrit le sentiment d’irresponsabilité politique : les alternances électorales changent les majorités, mais rarement les structures de décision. Elle affaiblit enfin la portée de l’action des grands corps de l’État, dont l’indépendance réelle est mise en doute.
À long terme, cette porosité contribue à la crise de confiance qui traverse le pays. La défiance envers les institutions, l’impression d’un État incapable de se transformer et le sentiment d’une élite refermée sur elle-même ne sont pas des phénomènes isolés : ils sont les symptômes d’un modèle institutionnel qui a perdu en lisibilité et en crédibilité.
Il devient donc urgent d’ouvrir un débat de fond sur la séparation des carrières politiques et administratives. Sans réforme ambitieuse, la confusion actuelle continuera d’alimenter la perte de confiance dans l’État et de fragiliser l’autorité de ses institutions.
Il n’y a aucune surprise à cela. Quand on pénalise le travail et l’investissement, brime la liberté économique, laisse monter l’insécurité et abandonne la maîtrise migratoire, saccage la propriété, accepte l’échec éducatif et renonce à l’ambition scientifique, se contente de postures politiciennes en surjouant la sagesse par les mots pour masquer sa lâcheté dans les actes, quand l’emphase des discours est proportionnelle au conformisme de la pensée et à l’impuissance des actes, le pays s’appauvrit, régresse, s’effondre.
Tous les partis qui nous vendent ces derniers mois « la stabilité », « en responsabilité », sont compromis, tous ceux présents à l’assemblée nationale sont gorgés des causes de l’échec : l’égalitarisme et le collectivisme sur le fond, le racolage et le marketing sur la forme.
Il est urgent, urgentissime, de sortir du déni de réalité et de démocratie actuel, de changer l’exécutif puis le parlement, de proposer l’alternative radicale libérale, sécuritaire et éducative dont le pays a un impérieux besoin.
#enfinir avec la caste.
Vivement @Nouv_Energie
Francesca Albanese et la réthorique nazie
La qualification d’Israël comme « ennemi commun de l’humanité », récemment formulée par Francesca Albanese, représentante des Nations unies, lors d'un forum à Doha associant également un représentant du Hamas et un autre de la république islamique d'Iran, n’est pas une simple formule polémique. Elle renvoie à une expression historiquement chargée. Cette terminologie fut notamment utilisée par Julius Streicher, directeur du journal nazi Der Stürmer, condamné à mort au procès de Nuremberg pour incitation au génocide. Dans la propagande nazie, Streicher décrivait les Juifs comme « l’ennemi du genre humain », une formule qui visait à transformer une hostilité politique ou raciale en croisade morale universelle. Dès l’origine, ce vocabulaire n’avait pas pour fonction d’analyser une situation politique, mais de placer un groupe hors de l’humanité et de justifier sa mise au ban. Madame Albanese récidive dans la vidéo ci-dessous.
Qualifier un État d’« ennemi de l’humanité » ne décrit pas un désaccord politique, ni même une condamnation morale d’une politique publique ; elle place l’acteur visé dans la catégorie des menaces existentielles pour la civilisation. Cette bascule du registre politique vers le registre moral absolu doit être comprise à la lumière d’une longue histoire idéologique.
Depuis le XIXᵉ siècle, l’antisémitisme moderne a progressivement construit la figure du Juif comme ennemi universel. L’hostilité religieuse traditionnelle se transforme alors en discours politique et pseudo-scientifique décrivant les Juifs comme une force transnationale, invisible et omniprésente. Le thème d’une menace globale s’installe. Au début du XXᵉ siècle, la diffusion des Protocoles des Sages de Sion, faux document prétendant révéler un plan juif de domination mondiale, popularise massivement l’idée d’un complot planétaire. Les Juifs y sont décrits comme cherchant à détruire les nations pour imposer leur domination. La rhétorique franchit alors une étape décisive : la menace devient mondiale et la lutte contre les Juifs est présentée comme une nécessité pour la survie des peuples.
Le régime nazi reprendra cette matrice et la radicalisera. Adolf Hitler présente la lutte contre les Juifs comme une guerre pour la survie de la civilisation. Dans son discours au Reichstag en 1939, il affirme que si « la finance juive internationale » provoque une nouvelle guerre mondiale, « le résultat sera l’anéantissement de la race juive en Europe ». La propagande nazie ne parle plus d’un conflit entre nations mais d’une bataille mondiale. Joseph Goebbels décrit les Juifs comme « le parasite mondial » et « l’ennemi des peuples ». Ce vocabulaire universalise la menace et transforme la persécution en prétendue légitime défense de l’humanité.
L’histoire montre que ce type de discours n’est jamais neutre. La déshumanisation globale d’un groupe a, à plusieurs reprises, précédé ou accompagné des politiques de persécution massive, d’expulsion et, dans les cas les plus tragiques, d’extermination. Ce fut le cas avec les Arméniens en Turquie, avec les Juifs en Europe et avec les Tutsis au Rwanda. Désigner une population ou un État comme menace pour l’humanité entière doit constituer un signal d’alarme majeur.
Après 1945, la diabolisation directe des Juifs est devenue moralement inacceptable dans la plupart des sociétés occidentales. Pourtant, la structure narrative n'a pas disparu ; elle s'est transformée. Le centre de gravité du discours se déplace progressivement vers l’État d’Israël, créé en 1948. Les accusations de menace mondiale autrefois dirigées contre les Juifs en tant que peuple sont de plus en plus souvent formulées à l’encontre de l’État juif. Hier, on affirmait que les Juifs manipulaient les conflits internationaux ; aujourd’hui, certains affirment qu’Israël serait responsable des tensions mondiales. Hier, on décrivait les Juifs comme ennemis des peuples ; aujourd’hui, Israël devient « ennemi de l’humanité ». La continuité de la structure rhétorique est manifeste : la désignation d’un groupe humain unique comme source universelle du mal politique.
Un tel langage remplace l’analyse politique par une condamnation morale absolue qui empêche toute nuance. Les conflits internationaux sont par nature complexes et multifactoriels. Les réduire à la responsabilité quasi métaphysique d’un seul acteur revient à substituer la stigmatisation à l’analyse et à nourrir la polarisation.
Le problème est d’autant plus grave lorsque cette rhétorique émane d’une personnalité investie d’une fonction internationale. Les institutions multilatérales sont censées incarner la mesure, la neutralité et le langage du droit. Lorsqu’une représentante de l’ONU adopte une formule qui place un État membre dans la catégorie des ennemis de l’humanité, l’effet symbolique dépasse largement la controverse politique et banalise un vocabulaire historiquement associé aux périodes les plus sombres du XXᵉ siècle.
La critique des politiques d’Israël, comme celle de tout autre État, est légitime et nécessaire dans un débat démocratique. Mais qualifier ce pays d’ennemi commun de l’humanité ne relève plus de la critique politique. Si une telle déclaration devait rester sans conséquence institutionnelle, elle enverrait un signal inquiétant : celui d’une organisation internationale tolérant l’usage d’une rhétorique qui fut jadis centrale dans la propagande nazie. Une telle évolution serait profondément préoccupante pour l’état du multilatéralisme et pour la crédibilité morale des institutions censées défendre l’universalité du droit et la prudence du langage.