partout on me dit que je t'aime trop, moi je ne sais pas ce que ça veut dire aimer trop,
je ne sais pas ce que ça veut dire être loin de toi, je ne sais pas ce que ça veut dire quand tu n'es plus là
de mes liens les plus vrais et de mes sentiments les plus purs, juste parce que je n’ai jamais su courir assez vite.
quelle ironie alors de t’écrire cette lettre, à toi qui prends toujours tout sans prévenir.
la seule chose que tu ne prends jamais, c’est le temps de me lire.
cher temps,
on m'a toujours dit que tu étais précieux, qu'il ne fallait pas te « perdre » ni te « gaspiller », comme si c’était moi qui te détenais.
la vérité c’est que c’est toi qui me possède, c'est toi qui décides de ce que je garde et de ce que tu m'arraches.
double la douleur de la précédente et pourtant le monde entier continue de te remercier de passer.
cher temps,
on dit qu'on ne peut pas te rattraper une fois perdu mais j'ai inlassablement essayé.
et pendant que je cherchais désespérément comment te rattraper, tu m'as dépouillé