Elle sait nommer ce qu'elle voit mais pas en #francais Le système éducatif va en déduire qu'elle est nulle alors qu'elle a le même niveau de connaissance que la fille qui va dire Bras au lieu Loxo! C'est comme cela qu'on brise l'avenir d'un pays aussi. #Senegal#kebetu#education
Par un 11 juin au Sénégal : Quelques lignes ajoutées à mon post du 11juin 2025 !
11 Juin 1958 : Transfert de la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar. Malgré les réserves du ministre de la France d’outre-mer Gérard Jacquet, le Président du Conseil de gouvernement Mamadou DIA avait pris cette décision pour des raisons stratégiques.
🇸🇳 Mamadou Dia, Saint-Louis et la capitale perdue : au-delà des légendes
Pas de panique ! Je ne vais pas appeler mes jarbaat, Doomu ou Dolli Ndar, à renouveler les manifestations du jeudi 1er août 1957, organisées pour protester contre la décision de transférer la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar !
Abdou Diouf décrit bien ces protestations avec les meetings dirigés par Babacar Sèye, ainsi que le sort réservé à Amadou Karim Gaye, alors directeur des services vétérinaires du Sénégal. Après un discours remarqué contre le transfert, Amadou Karim Gaye fut sanctionné dès le lendemain par un télégramme de Mamadou Dia le remettant à la disposition de la République française. Cela n’empêcha pourtant pas Mamadou Dia de le nommer ministre en janvier 1959 !
On rappelle encore cette phrase attribuée à Me Babacar Sèye, prononcée au pied ou sommet de la statue de Faidherbe : « Si Faidherbe était encore là, cette forfaiture n’aurait pas été décidée. »
Les manifestations firent plusieurs blessés, dont deux graves, et provoquèrent le saccage de trois maisons de ministres (Peytavin - Finances ; Édouard Diatta – TP et Transports ; et Amadou Bâ- Santé?)
Comme quoi, chers jarbaat, connaître les faits et gestes de vos grands-pères — et aussi de vos grands-mères, très actives à l’époque — peut vous aider à répondre, par un véritable VAR historique, à leurs sermons actuels de modération dans le jeu politique.
Si, dans l’imaginaire doomu Ndar, Mamadou Dia est l’unique responsable du transfert, la réalité est plus complexe. Le projet existait déjà sous l’autorité de Paul Cornut-Gentille, haut-commissaire de l’AOF de 1951 à 1956. Ses services avaient démontré que Dakar, par son poids économique et sa situation géographique, était plus adaptée au rôle de capitale du Sénégal. C’étaient d’ailleurs les mêmes arguments qui avaient conduit au transfert de la capitale de l’AOF de Saint-Louis à Dakar le 1er octobre 1902.
En contrepartie, Saint-Louis devait accueillir une université, l’Université de l’AOF, et devenir un pôle culturel et touristique. Naxee mbaay !
Le ministre de la France d’Outre-mer, Gérard Jacquet (1916-2013), socialiste, franc-maçon du Grand Orient et partisan du « Non » au référendum de 1958, se rendit à Saint-Louis en mars de cette même année. Il constata que la municipalité était opposée au transfert alors que l’Assemblée territoriale y était majoritairement favorable. Il réussit l’exploit de ne rien résoudre tout en mécontentant tout le monde.
Mamadou Dia, pragmatique, en tira immédiatement les conséquences : «Le respect des institutions démocratiques d’Outre-mer fait obligation au gouvernement de la République de promouvoir par décret la décision de l’Assemblée territoriale.» Dans le même temps, il s’engagea à installer l’ensemble des ministères à Dakar avant décembre 1958.
Le ministre français signa donc le décret transférant à Dakar « le chef-lieu du territoire du Sénégal », conformément au Journal officiel du 11 juin.
En réalité, le principe du transfert avait déjà été arrêté le 30 juillet 1957 par le gouvernement du Bloc Populaire Sénégalais, malgré l’opposition de Lamine Guèye, alors maire de Dakar et ancien maire de Saint-Louis (Il aurait même pu être maire de Bakel ou de Médine, où réside encore une partie de sa famille, m’avait glissé un véritable historien — celui-là !)
Ndeysaan, Dakar deviendra non seulement la capitale du Sénégal, mais accueillera aussi son «Ndar gu ndaw» à Ouagou-Niayes, le quartier de votre Nijaay mon ami Mouhamadou Tidiane Kassé, l’un des premiers utilisateurs au Sénégal de PageMaker sur Macintosh pour réaliser Sud Mag puis @sud_quotidien et @walfadjrisn.
Plus sérieusement, certains estiment que ce transfert répondait également à une logique stratégique : éviter un scénario à la comorienne, comme celui de Mayotte en 2009, où une partie du territoire aurait pu être tentée de réclamer un maintien dans l’ensemble français sous l’influence de certaines autorités traditionnelles de la République Leebu de Dakar (un petit entretien sur cette question avec le Grand Serigne Dakar Ablaye Maxtaar me plairait bien même si je dois lui envoyer d'abord du pain 😃 !).
Tout Saint-Louisien a entendu, dans sa famille, parler du fameux « coup de Dia pour tuer Ndar ». Pourtant, dès le 20 juin 1958, Mamadou Dia présidait lui-même une commission ad hoc chargée d’élaborer un plan de développement pour Saint-Louis. Celui-ci prévoyait notamment la création de la Délégation de la vallée du fleuve Sénégal, regroupant Saint-Louis et cinq circonscriptions administratives.
La dénonciation par le Sénégal de l’accord sucrier de l’OCAM, qui permit plus tard la création de la Compagnie Sucrière Sénégalaise, peut également être vue, indirectement, comme une forme de compensation économique après le transfert.
Mais ce sont surtout les initiatives privées qui continuent aujourd’hui de faire rayonner Ndar : le Festival international de jazz, les Deux Rakas de Cheikh Ahmadou Bamba, les gamous d’Alaaji Maajor, de Seriñ Seex, de Xalifa Ababacar, de Jakk Wolof à Tengijéen, de Habib Sall à Balakos sans oublier les tabala xadr, ainsi que le travail remarquable de @_AmadouDiaw qui booste l’attractivité de la ville.
Tout cela contribue à faire de Saint-Louis un patrimoine mondial exceptionnel, dont la fragilité écologique devrait logiquement exclure toute implantation pétrolière ou gazière lourde sur son territoire.
Alors, qui écrira un jour Mamadou Dia et les Saint-Louisiens : essai sur les relations complexes entre les Domu Ndar et l’élite politique allogène?
La regrettée mère d’Awa et de Mamie Cissé aurait sans doute été toute désignée pour cette tâche. En son absence, la mission revient-elle à Mame Penda Bâ de @UGBSN , si ses nouvelles fonctions de directrice du Financement des établissements d’enseignement supérieur lui en laissent le temps ?
Ou peut-être que l’ouvrage existe déjà et que je ne suis tout simplement pas au courant. Ce qui est tout à fait possible !
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11 Juin 1900 : Décès à Dakar à l'âge de 38 ans de Monseigneur Joachim Buleon, Vicaire apostolique de Sénégambie. Son successeur, Monseigneur Alphonse Kunemann, n'arrivera à Dakar que le 24 juin 1901.
🇸🇳 🇫🇷 Monseigneur Joachim Buléon avait été en poste à Saint-Louis de 1884 à 1886 — donc bien avant le transfert de la capitale par Mamadou Dia 😃 — où il apprit l’arabe et le wolof. Mais, de santé fragile, il fut rapatrié en France. Désireux de revenir en Afrique, il obtint une nouvelle affectation et fut nommé supérieur de la mission de Ngasobil, qui accueillera plus tard Léopold Sédar Senghor.
Travailleur infatigable, il s'intéressait également au développement agricole des missions, contribuant notamment à l'essor de bananeraies et de rizières irriguées. En reconnaissance de son action, il fut nommé par le Saint-Siège, le 6 juin 1899, vicaire apostolique de la Sénégambie. Lorsqu'une épidémie de fièvre jaune frappa le Sénégal, Mgr Buléon en fut l'une des premières victimes. Il décéda le 13 juin 1900 — et non le 11 — à seulement 38 ans (Source : The Hierarchy of the Catholic Church).
Mgr Kunemann, quant à lui, aimait parcourir son vaste territoire pastoral afin de rester proche de ses ouailles. Mais, alors qu'il revenait de Ngasobil vers Dakar, le navire sur lequel il voyageait fit naufrage en mer, entraînant sa disparition ainsi que celle de l'équipage.
Il a laissé plusieurs écrits sur les missions catholiques du Sénégal dans des revues spécialisées, ainsi qu'un ouvrage liturgique intitulé Cérémonies et prières de la consécration des églises, publié à l'occasion de la dédicace de l'église du Sacré-Cœur de Ngasobil en 1885.
Une question demeure : ces ouvrages sont-ils conservés dans nos bibliothèques, qu'elles soient laïques ou religieuses, au Sénégal ? Voilà une recherche qui mériterait d'être menée.
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#11juin #Senegal #Kebetu
Par un 10 Juin : Pur réchauffé de 2024 pour me souvenir de ma grand-mère laministe jusqu'à l’habillement !
10 Juin 1968 - Décès à Dakar à l'âge de 77 ans de Lamine GUEYE, ancien maire de Dakar (1945-1961), ancien député du Sénégal à l'Assemblée nationale française (1945-1951), ancien sénateur (1958-1959) et premier président de l'Assemblée nationale du Sénégal (1960-1968). Il a été inhumé au cimetière musulman de Soumbédioune. Il sera succédé par le docteur Amadou Cissé DIA.
🇸🇳Au-delà de la motion de censure : redécouvrir Lamine Guèye
La redécouverte de Mamadou Dia par une certaine jeunesse est telle que le nom de Lamine Guèye n’apparaît souvent que lorsqu’il s’agit de rappeler que les députés de l’Assemblée nationale s’étaient déportés dans la maison de leur président pour voter, le 17 décembre 1962, la motion de censure qui a fait tomber le président du Conseil, Mamadou Dia.
Pourtant, Lamine Guèye est sans doute la figure politique la plus emblématique de la période coloniale après la disparition de Blaise Diagne (1934) et de Galandou Diouf (1941).
Rien que par sa contribution à la formation de l’élite sénégalaise, Lamine Guèye doit être célébré. C’est lui, maire de Dakar, qui, créant ainsi la «Bourse municipale», a offert une bourse à Cheikh Anta Diop pour poursuivre ses études en France. Sans doute voulant faire de Cheikh Anta Diop un modèle, il présidera en personne une conférence sur l’Égypte pour le présenter comme «un savant, un digne fils de l’Afrique», rappelle A.A. Aly Dieng.
L’avocat qui avait défendu les tirailleurs de Thiaroye avait aussi une philosophie permettant de distribuer systématiquement des bourses à des élèves qui n’avaient même pas le niveau du baccalauréat : «Envoyez 100 étudiants et 10 réussiront ; les autres ne réussiront pas nécessairement, mais ils auront au moins l’avantage de découvrir que le Blanc est comme le Noir. Il peut être paralytique (“lafañ”) ou un “wolof” comme tout homme. Au moins, ce sera un gain psychologique extraordinaire pour les Africains. » Un véritable coaching avant l’heure !
Un tweet pour ma jarbaat Ndeye Amy, née la veille du décès de Lamine Coura, ne saurait évidemment suffire pour évoquer Lamine Guèye, qui fut même professeur de mathématiques à l’école William-Ponty, avec notamment comme élève un certain Félix Houphouët-Boigny.
Il a sans doute vécu avec douleur son éviction par Senghor, qu’il avait pourtant fait entrer en politique pour en faire son colistier aux élections législatives de 1945, malgré l’opposition des cadres de son parti, la SFIO, dont probablement son ami Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma.
Lamine Coura sera également, mais malgré lui, un acteur important de la dislocation de la Fédération du Mali. Mamadou Dia, intransigeant sur la question, s’était opposé frontalement à Modibo Keïta, qui refusait la présence du catholique Senghor à la tête de la Fédération et proposait à sa place Lamine Guèye, le musulman né à Médine... au Mali (alors Soudan Français) !
Comme pour le soupçonner de connivence avec son pays de naissance ou pour sanctionner son opposition au tandem Dia-Senghor, ses adversaires feront remarquer qu’il n’avait pas présidé la séance extraordinaire de l’Assemblée sénégalaise, dans la nuit du 20 août 1960, lorsque furent proclamées l’indépendance du Sénégal et, concomitamment, sa sortie de la Fédération du Mali.
Il avait alors « prétexté une fatigue », selon le ministre de l’Information B. O. Diop, suscitant la colère de Guèye: «Que l’on se soit étonné de mon absence, je le comprends. Que certains aient vu là une dérobade, je ne puis l’admettre. Que ceux qui le prétendent apportent la preuve qu’ils ont travaillé plus que moi pour l’Afrique en général et pour le Sénégal en particulier.»
Évidemment, ce tweet ramène à mon esprit une arrière-grand-mère de ma jarbaat «américaine», Nafi Dieng, qui est restée fidèle à la SFIO même après 1968, par fidélité à Maître Lamine Coura. Elles étaient nombreuses, à son époque, à presque déifier ce géant, tant intellectuellement que physiquement.
Lui-même raconte son parcours dans Itinéraire africain, ouvrage publié en 1966 par Présence Africaine.
Vidéo : Au cimetière, ce matin du 10 juin, pour prier pour Lamine Coura et ma grand-mère paternelle. Quelques images assemblées en 39 secondes. Dans la chambre qui abrite la tombe de Lamine Guèye, j’ai trouvé un homme profondément endormi, profitant de la fraîcheur du lieu et des tapis, comme si l’on continuait encore aujourd’hui à bénéficier de la générosité de Lamine. Mais, je l’avoue, en observant les rideaux et toutes les nuances de vert qui entourent la tombe, je n’ai pu m’empêcher un sourire en mon for interieur ! Mes jarbaat férus d’histoire politique comprendront sans doute pourquoi ! 😉 https://t.co/iyuGNUHgP7
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Bonus par VAR du 2 juin (J’ai déjà expliqué le sens de ces bonus : ce que j’avais oublié de poster à bonne date!)
2 Juin 1946 : Léopold Sédar Senghor et Lamine Guèye sont réélus députés à l’Assemblée nationale française lors des élections de la deuxième constituante pour rédiger la Constitution de la Quatrième République.
🇸🇳🇫🇷Dix ans auparavant, Lamine Guèye avait perdu les élections devant Galandou Diouf. Guèye avait été soutenu par Senghor, qu’il avait connu par l’intermédiaire de sa belle-sœur Hélène, dont il était le camarade de promotion.
C’est un an avant ce vote de 1946 que Lamine Guèye avait demandé à Senghor de devenir son colistier dans le cadre du « Bloc Africain » lors de l’élection de l’Assemblée constituante française de 1945, ou Première Assemblée nationale constituante.
Senghor était revenu au Sénégal après huit années d’absence consacrées à ses recherches académiques. Il fit la tournée du monde rural, vit la misère de son peuple et prit conscience que Lamine Guèye avait raison d’avoir vertement critiqué la « trahison » de De Gaulle après la guerre. Ce dernier avait créé trois groupes pour les colonies : « Assimilation » et « Association » pour certaines d’entre elles (Maroc, Algérie, Indochine), et «Domination» pour l’Afrique.
Senghor adhéra à la SFIO, la Section française de l’Internationale ouvrière d’obédience socialiste. Lamine Guèye a dû batailler ferme, avec toute son envergure d’avocat, de maire de Dakar et sa popularité dans les villes, pour convaincre ces camarades que Senghor, bien que catholique, était le meilleur candidat pour séduire le monde rural qu’il connaissait bien et d’où il était issu.
Mamadou Dia s’était, lui aussi, proposé publiquement à son entrée en politique et, en fait, Senghor lui-même ne voulait pas du tout se lancer dans cette aventure. D’autant que, selon l’un de ses biographes, il voulait épouser une sœur de Claude Pompidou et que Lamine Guèye l’en avait dissuadé, estimant que ce mariage était incompatible avec la négritude qu’il prônait et lui fermerait les portes de son engagement politique au Sénégal.
Après des pressions de Lamine Coura auprès de certains membres de la famille Senghor, l’agrégé de grammaire accepta finalement d’être candidat pour le deuxième collège et Lamine Guèye pour le premier collège. Ils gagnèrent largement les élections, alors que Senghor avait été opposé à un instituteur blanc.
Ils siégèrent à l’Assemblée constituante française de 1945, qui sera dissoute après le rejet du projet de Constitution française du 19 avril 1946 par le référendum du 5 mai 1946. Si la majorité du peuple français — 53 % — avait rejeté cette Constitution, c’était à cause des pouvoirs énormes qu’elle donnait à une Assemblée nationale toute-puissante, réduisant drastiquement les pouvoirs du président de la République, ce que dénonçaient les partisans du général De Gaulle. Jarbaat je ne fais aucunement allusion au Sénégal.
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#10juin #Senegal #Kebetu #2juin
Par un 6 juin : Après plusieurs jours d’absence, je sers encore du réchauffé
Question : Ana suñu xeeru weer wi ? Oui, où est donc passée la roche lunaire que les astronautes d’Apollo 17, de passage au Sénégal, avaient offerte le 6 juin 1973 au président Senghor, lequel l’avait ensuite confiée à la Direction des Archives du Sénégal ? Comme dirait l’inénarrable et regretté Babou Faye avec son « Ana sama allumette ? » Sauf qu’ici, ce n’est pas une allumette qui manque, mais un morceau de Lune ! Et le grand comédien nous aurait sans doute trouvé la formule pour nous faire rire de cette énigme nationale.
6 Juin 2000 : Suite à l’affaire dite des "Vallées fossiles", la Mauritanie décide unilatéralement de rappeler ses ressortissants établis au Sénégal et demande aux Sénégalais de Mauritanie de quitter le territoire mauritanien dans un délai de 15 jours. Le projet des vallées fossiles portait sur le détournement pour des besoins d'irrigation au Sénégal des cours d'eau en commun avec d'autres pays de l'espace OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal).
🇸🇳🇲🇷 Pendant qu’on célèbre le pétrole et le gaz, 10 milliards de mètres cubes d’eau douce continuent de prendre le chemin de l’Atlantique.
Si Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya n’avait pas été au pouvoir en 1994, quand le président Abdou Diouf lançait la lumineuse idée de revitalisation des vallées fossiles, sans doute des millions de personnes vivraient mieux aujourd’hui. Jeter annuellement 10 milliards de mètres cubes d’eau dans l’océan Atlantique devrait même être considéré comme un crime d’écocide car, par une règle absurde de l’OMVS, on prive les populations, les terres cultivables et les zones de pêche d’une bonne eau.
Dès le départ, AbdouDiouf a su que Taya allait mettre toute son énergie pour combattre le projet sénégalais. Dès que Dakar a demandé et obtenu des informations, nullement confidentielles, au patron mauritanien de l’OMVS, celui-ci a été rappelé à Nouakchott. Sans autre forme de procès, Taya le limogea et lui organisa un procès « pour haute trahison », avec, à la clé, une peine de prison de dix ans ! Pour avoir donné une information au Sénégal, membre de l’OMVS !
Il est vrai que, selon la Convention du 11 mars 1972 relative au statut du fleuve Sénégal, tout projet susceptible de modifier d’une manière sensible les caractéristiques du régime du fleuve, ses conditions de navigabilité, d’exploitation agricole ou industrielle, doit avoir l’aval des trois pays. En quoi récupérer une partie de 10 milliards de mètres cubes jetés dans la mer pouvait-il être une menace pour l’usage des eaux du fleuve par la Mauritanie ? La menace de Taya, trois mois après l’arrivée de Wade au pouvoir, entraînera même l’intervention du Maroc pour éviter le pire.
Lors d’un point de presse, au côté de Taya à Nouakchott quelques jours après l’ultimatum mauritanien, Abdoulaye Wade déclara : « Le projet de revitalisation des vallées fossiles sera supprimé car il ne correspond pas à notre programme de développement du réveil hydrologique. »
Ni Diouf, ni encore moins Wade n’avait voulu activer l’article 18 de la Convention sur le règlement de différends qui peut aller jusqu’à la Cour internationale de Justice de La Haye (@CIJ_ICJ). Aujourd’hui, un parle beaucoup de pétrole et de gaz – ressources périssables et polluantes – alors que le vrai bénéfice flotte sur l’eau du fleuve !
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6 Juin 1973 : Visite au Sénégal d'Eugene Cernan, Ronald Evans et Harrison Schmitt, astronautes du programme américain d'exploration lunaire Apollo 17. Ils remettront au Président Abdou Diouf un fragment de roche lunaire qui sera confié à la garde de la Direction des Archives du Sénégal.
🇸🇳🇺🇸Où est notre morceau de Lune ?
D’où ma question qui commence ce tweet ! Ces roches ramenées par cette mission qui a aluni le 11 décembre 1972 avaient permis de dater précisément l’âge de la Lune : 4,46 milliards d’années. C’est Schmitt, géologue, qui avait conduit la collecte des 110 kilos de roches avec sa jeep lunaire (voiture d’occasion 😂), car, ayant déjà été utilisé par Apollo 15 et Apollo 16 sur le sol lunaire, ce totalisant 22 heures et un trajet de 30 km environ, avec l’aide de Cernan, le commandant de la mission, alors qu’Evans les attendait en orbite (ça, c’est un rôle vraiment ingrat que seul, à mon avis, un vrai altruiste peut assumer !).
Depuis ces 2 astronautes personne n’a plus marché sur la lune, même si les Chinois ont fait alunir une fusée sur la face cachée de la Lune. Jarbaat, continue cette phrase : « Quand une Sénégalaise ou un Sénégalais va poser le pied sur la Lune… »
Photo : l’astronaute scientifique Harrison Schmitt scrutant un rocher sur la Lune.
Je sais que vous pensez que je suis en train de faire de belles photos, mais celle-là, ce n’est pas de moi ; c’est sans doute Cernan. Fii moom, neku ma fa woon ! 😄
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6 Juin 1886 : Victoire du Bourba Djolof Alboury Ndiaye sur le Damel Samba Laobé FALL à la Bataille de Mbeuleukhé également connue sous le nom de Bataille de Guilé.
Var : Tweet 2 mai. Je t’avais longuement causé de Samba Laobé Fall, neveu de Lat-Dior, tué à Tivaouane ce qui avait fortement réjoui son oncle ! )
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6 Juin 1945 : Promulgation en Afrique Occidentale Française (AOF) du décret octroyant le droit de vote aux femmes des Quatre Communes de plein exercice du Sénégal (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar). Des femmes comme Anta Gaye, Magatte Camara et Touty Samb ont été à la pointe du combat avec le soutien de l'homme politique Lamine Guèye.
🇸🇳Encore une occasion pour visibiliser ces femmes qui ont lutté pour arracher des droits essentiels.)
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6 Juin 1962 : Création du Corps National des Sapeurs-Pompiers (CNSP). Les personnels seront soumis au statut militaire à partir du 23 juillet 1982 avec la création du Groupement National des Sapeurs-Pompiers (GNSP) qui sera érigé en brigade le 13 décembre 2012.
🇸🇳 Une pensée pour deux Colonels, Amadou Fall et Bamba Ndiaye, ainsi que pour tous les sapeurs-pompiers disparus qui ont consacré leur vie à préserver la vie et les biens des autres. L’un des deux est nijaaay de mes jarbaat, l’autre est le père de mon camarade de promotion Momar Martin de Leyti).
#Senegal #Kebetu
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
Par un 6 juin : Après plusieurs jours d’absence, je sers encore du réchauffé
Question : Ana suñu xeeru weer wi ? Oui, où est donc passée la roche lunaire que les astronautes d’Apollo 17, de passage au Sénégal, avaient offerte le 6 juin 1973 au président Senghor, lequel l’avait ensuite confiée à la Direction des Archives du Sénégal ? Comme dirait l’inénarrable et regretté Babou Faye avec son « Ana sama allumette ? » Sauf qu’ici, ce n’est pas une allumette qui manque, mais un morceau de Lune ! Et le grand comédien nous aurait sans doute trouvé la formule pour nous faire rire de cette énigme nationale.
6 Juin 2000 : Suite à l’affaire dite des "Vallées fossiles", la Mauritanie décide unilatéralement de rappeler ses ressortissants établis au Sénégal et demande aux Sénégalais de Mauritanie de quitter le territoire mauritanien dans un délai de 15 jours. Le projet des vallées fossiles portait sur le détournement pour des besoins d'irrigation au Sénégal des cours d'eau en commun avec d'autres pays de l'espace OMVS (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal).
🇸🇳🇲🇷 Pendant qu’on célèbre le pétrole et le gaz, 10 milliards de mètres cubes d’eau douce continuent de prendre le chemin de l’Atlantique.
Si Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya n’avait pas été au pouvoir en 1994, quand le président Abdou Diouf lançait la lumineuse idée de revitalisation des vallées fossiles, sans doute des millions de personnes vivraient mieux aujourd’hui. Jeter annuellement 10 milliards de mètres cubes d’eau dans l’océan Atlantique devrait même être considéré comme un crime d’écocide car, par une règle absurde de l’OMVS, on prive les populations, les terres cultivables et les zones de pêche d’une bonne eau.
Dès le départ, AbdouDiouf a su que Taya allait mettre toute son énergie pour combattre le projet sénégalais. Dès que Dakar a demandé et obtenu des informations, nullement confidentielles, au patron mauritanien de l’OMVS, celui-ci a été rappelé à Nouakchott. Sans autre forme de procès, Taya le limogea et lui organisa un procès « pour haute trahison », avec, à la clé, une peine de prison de dix ans ! Pour avoir donné une information au Sénégal, membre de l’OMVS !
Il est vrai que, selon la Convention du 11 mars 1972 relative au statut du fleuve Sénégal, tout projet susceptible de modifier d’une manière sensible les caractéristiques du régime du fleuve, ses conditions de navigabilité, d’exploitation agricole ou industrielle, doit avoir l’aval des trois pays. En quoi récupérer une partie de 10 milliards de mètres cubes jetés dans la mer pouvait-il être une menace pour l’usage des eaux du fleuve par la Mauritanie ? La menace de Taya, trois mois après l’arrivée de Wade au pouvoir, entraînera même l’intervention du Maroc pour éviter le pire.
Lors d’un point de presse, au côté de Taya à Nouakchott quelques jours après l’ultimatum mauritanien, Abdoulaye Wade déclara : « Le projet de revitalisation des vallées fossiles sera supprimé car il ne correspond pas à notre programme de développement du réveil hydrologique. »
Ni Diouf, ni encore moins Wade n’avait voulu activer l’article 18 de la Convention sur le règlement de différends qui peut aller jusqu’à la Cour internationale de Justice de La Haye (@CIJ_ICJ). Aujourd’hui, un parle beaucoup de pétrole et de gaz – ressources périssables et polluantes – alors que le vrai bénéfice flotte sur l’eau du fleuve !
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6 Juin 1973 : Visite au Sénégal d'Eugene Cernan, Ronald Evans et Harrison Schmitt, astronautes du programme américain d'exploration lunaire Apollo 17. Ils remettront au Président Abdou Diouf un fragment de roche lunaire qui sera confié à la garde de la Direction des Archives du Sénégal.
🇸🇳🇺🇸Où est notre morceau de Lune ?
D’où ma question qui commence ce tweet ! Ces roches ramenées par cette mission qui a aluni le 11 décembre 1972 avaient permis de dater précisément l’âge de la Lune : 4,46 milliards d’années. C’est Schmitt, géologue, qui avait conduit la collecte des 110 kilos de roches avec sa jeep lunaire (voiture d’occasion 😂), car, ayant déjà été utilisé par Apollo 15 et Apollo 16 sur le sol lunaire, ce totalisant 22 heures et un trajet de 30 km environ, avec l’aide de Cernan, le commandant de la mission, alors qu’Evans les attendait en orbite (ça, c’est un rôle vraiment ingrat que seul, à mon avis, un vrai altruiste peut assumer !).
Depuis ces 2 astronautes personne n’a plus marché sur la lune, même si les Chinois ont fait alunir une fusée sur la face cachée de la Lune. Jarbaat, continue cette phrase : « Quand une Sénégalaise ou un Sénégalais va poser le pied sur la Lune… »
Photo : l’astronaute scientifique Harrison Schmitt scrutant un rocher sur la Lune.
Je sais que vous pensez que je suis en train de faire de belles photos, mais celle-là, ce n’est pas de moi ; c’est sans doute Cernan. Fii moom, neku ma fa woon ! 😄
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6 Juin 1886 : Victoire du Bourba Djolof Alboury Ndiaye sur le Damel Samba Laobé FALL à la Bataille de Mbeuleukhé également connue sous le nom de Bataille de Guilé.
Var : Tweet 2 mai. Je t’avais longuement causé de Samba Laobé Fall, neveu de Lat-Dior, tué à Tivaouane ce qui avait fortement réjoui son oncle ! )
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6 Juin 1945 : Promulgation en Afrique Occidentale Française (AOF) du décret octroyant le droit de vote aux femmes des Quatre Communes de plein exercice du Sénégal (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar). Des femmes comme Anta Gaye, Magatte Camara et Touty Samb ont été à la pointe du combat avec le soutien de l'homme politique Lamine Guèye.
🇸🇳Encore une occasion pour visibiliser ces femmes qui ont lutté pour arracher des droits essentiels.)
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6 Juin 1962 : Création du Corps National des Sapeurs-Pompiers (CNSP). Les personnels seront soumis au statut militaire à partir du 23 juillet 1982 avec la création du Groupement National des Sapeurs-Pompiers (GNSP) qui sera érigé en brigade le 13 décembre 2012.
🇸🇳 Une pensée pour deux Colonels, Amadou Fall et Bamba Ndiaye, ainsi que pour tous les sapeurs-pompiers disparus qui ont consacré leur vie à préserver la vie et les biens des autres. L’un des deux est nijaaay de mes jarbaat, l’autre est le père de mon camarade de promotion Momar Martin de Leyti).
#Senegal #Kebetu
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
Par un 26 mai : A part quelques retouches, vous avez déjà lu ce texte en 2025 ! Et je suis sûr que mes jarbaat Bodiaw, Massar et Fama ne le liront pas, car nageant dans la spiritualité de la station d’Arafat !
26 Mai 1972 : Des éléments armés venant de la Guinée portugaise (Bissau) attaquent le village sénégalais de Santhiaba-Manjack défendu par l'Armée nationale. Six soldats sont tués, cinq autres blessés.
🇸🇳 🇵🇹 Alphousseyni Cissé, ou la jeunesse envoyée à la guerre
Dans son remarquable travail de vulgarisation des faits saillants au Sénégal, le site SenegalDates devait, mentionner le nom d’Alphousseyni Cissé. Ainsi, mes jarbaat sauront que, dans leur martyrologie estudiantine, Alphousseyni devrait être en tête pour avoir été tué lors de cette attaque du village de Santhiaba-Manjack, le 26 mai 1972, par l’armée coloniale portugaise qui occupait la Guinée-Bissau.
En effet, Alphousseyni Cissé faisait partie de ces étudiants incorporés de force dans l’armée sur ordre de Senghor, et contre l’avis de certains officiers qui refusaient la présence de ces jeunes considérés comme des perturbateurs potentiels.
Les membres de ce « contingent spécial » furent ensuite répartis dans différentes unités de l’armée (sauf Bassirou Faty, pour des raisons légitimes) :
· Oussouye : Famara Sarr et Mbaye Diack
· Tambacounda : Abdoulaye Bathily, Mbaye Diouf et Papa Konaré Niang
· Bignona : Mamadou Diop Decroix et Sakhewar Diop
· Ziguinchor : Mamadou Sall et Alphousseyni Cissé
· Kolda : Tidiane Ly et Mamadou Lamine Sanokho
D’une brève discussion avec votre Nijaay, Mamadou Diop « Decroix », je relève qu’Alphousseyni n’aurait même pas dû être incorporé dans l’armée, car il portait une prothèse dentaire. Ou peut-être est-ce la raison pour laquelle on l’avait affecté à des tâches bureaucratiques dans la ville de Ziguinchor ? Du coup, les entraînements militaires, il n’en faisait presque pas.
Cependant, lorsque l’armée coloniale a occupé le village de Santhiaba-Manjack, un supérieur est venu l’embarquer avec d’autres soldats, dont Mamadou Sall, le frère de votre nijaay Seydou Sy Sall, pour les amener au front sans vraiment prendre toutes les mesures de sécurité.
Cette insouscience me rappelle les mots Jacques Brel sur le sort des jeunes travailleurs français dans les mines de charbon avant la Première Guerre mondiale :
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Ce « sabreur sénégalais » fit entrer ces jeunes soldats dans le village sans savoir que des éléments de l’armée coloniale portugaise s’y étaient cachés. Ainsi, lorsqu’ils arrivèrent à découvert, ce fut le carnage, avec la mort de six soldats, dont Alphousseyni.
Je vous renvoie au livre-mémoires de Abdouaye Bathily, Passion de liberté, d’où est tirée cette photo du contingent, et qui explique les circonstances dans lesquelles Alphousseyni Cissé et ses camarades furent tués à #SanthiabaManjack : décapités, leurs têtes emportées comme trophées par la soldatesque portugaise et ses complices locaux.
La longue marche vers la démocratie ne peut être racontée sans évoquer cet épisode cruel — ni sans rappeler les terribles répressions qui n’ont pas commencé le 1er décembre 1963, comme on le croit souvent, mais bien avant, comme ce 27 mai 1962 qui suit.
#
26 Mai 2014 : Ouverture à Dakar par le Président Macky Sall d’une conférence régionale sur les déclarations de patrimoine.
🇸🇳 Déclarer son patrimoine ? Oui… mais pas moi
La déclaration de patrimoine est loin d’être née d’une réflexion exclusivement endogène. Elle résulte d’une directive de l’UEMOA du 27 mars 2009 portant Code de la transparence dans la gestion des finances publiques, ainsi que des « encouragements » des partenaires au développement. C’est peut-être pourquoi sa mise en œuvre demeure, encore aujourd’hui, très problématique.
Nous avons même forgé des dictons qui permettent de rejeter la transparence (Xaalis bëggul coow), de faire l’éloge du raccourci et de la corruption (Xaalis kenn du ko liggéey, danu koy lijjanti), ou encore de justifier la recherche d’un protecteur pour bénéficier de l’impunité (Ku am kuddu du lakk).
En réalité, rendre compte de son patrimoine reste difficilement acceptable pour la majorité des personnes concernées par la loi du 21 mars 2014 au Sénégal : le Président de la République, le Premier Questeur de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et les ministres, ainsi que tous les administrateurs de crédits, ordonnateurs de recettes et de dépenses, et comptables publics réalisant des opérations annuelles d’un montant supérieur ou égal à un milliard de FCFA.
L’adoption de cette loi résulte également d’un accord entre le Sénégal et la Banque mondiale. Dans un communiqué de presse, la @BM_Afrique avait précisé que « la déclaration de patrimoine par les détenteurs d’un pouvoir public, la célérité dans la publication des rapports de la Cour des comptes (…) sont autant de résultats attendus » après le versement d’une première tranche d’un appui budgétaire de 85 millions de dollars, approuvée le 20 décembre 2012.
Pour recevoir la deuxième tranche, @Macky_Sall signa, après de multiples allers-retours, le projet de loi relatif à la déclaration de patrimoine le 15 novembre 2013. Et le 19 décembre 2013, la Banque mondiale, préjugeant que la loi serait votée, versa au Trésor la seconde tranche promise, d’un montant de 30 millions de dollars. Inutile d’en dire plus !
Ce processus explique également toutes les difficultés rencontrées par l’OFNAC par la suite, pour obtenir les déclarations des assujettis, dont beaucoup opposèrent un « niet », en toute impunité. Par exemple, dans le premier gouvernement nommé par @PR_Diomaye Bassirou Diomaye Faye, sous la direction du PM Ousmane #Sonko, seuls neuf ministres ont satisfait à leur obligation de déclaration de patrimoine, rappelait le 10 mai dernier Moustapha Ka, président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).
En France, la déclaration de patrimoine, tant au début qu’à la fin du mandat, est rendue publique sur un site internet, permettant à tout citoyen — et aussi à la presse — de signaler, si nécessaire, des omissions, qu’elles soient volontaires ou non.
#
26 Mai 1966 : Inauguration par le Président Léopold Sédar Senghor de l'hôpital Heinrich Lübke de #Diourbel, fruit de la coopération avec la République Fédérale d'Allemagne. Heinrich Lübke fut président de la République Fédérale d'#Allemagne du 30 septembre 1959 au 30 juin 1969. Il avait effectué une visite au Sénégal le 18 janvier 1962.
🇸🇳 Comment naît une première chirurgienne
Pourquoi cette image du service de « Chirurgie Générale Dr Sérigne Momar Bâ » de l’hôpital Abbas Ndao ? Tout simplement parce que cette appellation aurait tout aussi bien pu exister dans cet hôpital de Diourbel, inauguré par Senghor. Le docteur Bâ — évidemment un ancien du lycée Faidherbe 😃— y exerçait déjà en 1966. Il y fut ensuite médecin-chef pendant de longues années, laissant derrière lui de très bons souvenirs. Un de vos nijaay, bout de chou à l’époque, se rappelle encore de l’inauguration… et surtout des fameux «bombe mort » de la garde présidentielles. Si tu ne t’es jamais émerveillé devant un « tombe-mort », c’est que tu n’as pas 50 ans ! 😄
Et sans doute inspirée par les blouses blanches de papa et maman dans cet hôpital du Baol, une petite fille Bâ devint, plus tard, la première chirurgienne du Sénégal. Comme quoi, derrière un nom posé sur un mur d’hôpital, il y a parfois une filiation, une vocation à découvrir.
#
26 Mai 2006 : La styliste Oumou Sy reçoit les insignes de Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’honneur française à la Résidence de l’Ambassadeur de France au Sénégal
🇸🇳 Oumou Sy : pas que du style, aussi du futur
Qui n’a pas fréquenté le Metissacana d’Oumou Sy, le tout premier cybercafé d’Afrique — après l’Afrique du Sud — créé en 1996, n’a pas connu les débuts d’Internet au Sénégal ! À cette époque, le Sénégal était, avec l’Afrique du Sud, le seul pays africain à être entièrement connecté à Internet. Une heure de connexion à 5000 F ! Oui, cela a existé ! Demandez a Djibril Fall sans doute le premier sénégalais à avoir eu une adresse mail !
Évidemment, Oumou Sy, grande styliste aux multiples initiatives, est aussi connue pour avoir habillé les actrices et acteurs de nombreux films de Djibril Diop Mambéty, Sembène Ousmane, Idrissa Ouedraogo, entre autres.
La reconnaissance officielle — avec l’attribution de la Légion d’honneur française — viendra bien plus tard, après ses démêlés judiciaires en 2001, qui s’étaient soldés par un non-lieu un an plus tard.
Pas de bonus VAR car déjà trop long.
Note : En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#26mai #Senegal #Kebetu
Par un 26 mai : A part quelques retouches, vous avez déjà lu ce texte en 2025 ! Et je suis sûr que mes jarbaat Bodiaw, Massar et Fama ne le liront pas, car nageant dans la spiritualité de la station d’Arafat !
26 Mai 1972 : Des éléments armés venant de la Guinée portugaise (Bissau) attaquent le village sénégalais de Santhiaba-Manjack défendu par l'Armée nationale. Six soldats sont tués, cinq autres blessés.
🇸🇳 🇵🇹 Alphousseyni Cissé, ou la jeunesse envoyée à la guerre
Dans son remarquable travail de vulgarisation des faits saillants au Sénégal, le site SenegalDates devait, mentionner le nom d’Alphousseyni Cissé. Ainsi, mes jarbaat sauront que, dans leur martyrologie estudiantine, Alphousseyni devrait être en tête pour avoir été tué lors de cette attaque du village de Santhiaba-Manjack, le 26 mai 1972, par l’armée coloniale portugaise qui occupait la Guinée-Bissau.
En effet, Alphousseyni Cissé faisait partie de ces étudiants incorporés de force dans l’armée sur ordre de Senghor, et contre l’avis de certains officiers qui refusaient la présence de ces jeunes considérés comme des perturbateurs potentiels.
Les membres de ce « contingent spécial » furent ensuite répartis dans différentes unités de l’armée (sauf Bassirou Faty, pour des raisons légitimes) :
· Oussouye : Famara Sarr et Mbaye Diack
· Tambacounda : Abdoulaye Bathily, Mbaye Diouf et Papa Konaré Niang
· Bignona : Mamadou Diop Decroix et Sakhewar Diop
· Ziguinchor : Mamadou Sall et Alphousseyni Cissé
· Kolda : Tidiane Ly et Mamadou Lamine Sanokho
D’une brève discussion avec votre Nijaay, Mamadou Diop « Decroix », je relève qu’Alphousseyni n’aurait même pas dû être incorporé dans l’armée, car il portait une prothèse dentaire. Ou peut-être est-ce la raison pour laquelle on l’avait affecté à des tâches bureaucratiques dans la ville de Ziguinchor ? Du coup, les entraînements militaires, il n’en faisait presque pas.
Cependant, lorsque l’armée coloniale a occupé le village de Santhiaba-Manjack, un supérieur est venu l’embarquer avec d’autres soldats, dont Mamadou Sall, le frère de votre nijaay Seydou Sy Sall, pour les amener au front sans vraiment prendre toutes les mesures de sécurité.
Cette insouscience me rappelle les mots Jacques Brel sur le sort des jeunes travailleurs français dans les mines de charbon avant la Première Guerre mondiale :
Pourquoi ont-ils tué Jaurès?
Si par malheur ils survivaient
C'était pour partir à la guerre
C'était pour finir à la guerre
Aux ordres de quelques sabreurs
Qui exigeaient du bout des lèvres
Qu'ils aillent ouvrir au champ d'horreur
Leurs vingt ans qui n'avaient pu naître
Et ils mouraient à pleine peur
Ce « sabreur sénégalais » fit entrer ces jeunes soldats dans le village sans savoir que des éléments de l’armée coloniale portugaise s’y étaient cachés. Ainsi, lorsqu’ils arrivèrent à découvert, ce fut le carnage, avec la mort de six soldats, dont Alphousseyni.
Je vous renvoie au livre-mémoires de Abdouaye Bathily, Passion de liberté, d’où est tirée cette photo du contingent, et qui explique les circonstances dans lesquelles Alphousseyni Cissé et ses camarades furent tués à #SanthiabaManjack : décapités, leurs têtes emportées comme trophées par la soldatesque portugaise et ses complices locaux.
La longue marche vers la démocratie ne peut être racontée sans évoquer cet épisode cruel — ni sans rappeler les terribles répressions qui n’ont pas commencé le 1er décembre 1963, comme on le croit souvent, mais bien avant, comme ce 27 mai 1962 qui suit.
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26 Mai 2014 : Ouverture à Dakar par le Président Macky Sall d’une conférence régionale sur les déclarations de patrimoine.
🇸🇳 Déclarer son patrimoine ? Oui… mais pas moi
La déclaration de patrimoine est loin d’être née d’une réflexion exclusivement endogène. Elle résulte d’une directive de l’UEMOA du 27 mars 2009 portant Code de la transparence dans la gestion des finances publiques, ainsi que des « encouragements » des partenaires au développement. C’est peut-être pourquoi sa mise en œuvre demeure, encore aujourd’hui, très problématique.
Nous avons même forgé des dictons qui permettent de rejeter la transparence (Xaalis bëggul coow), de faire l’éloge du raccourci et de la corruption (Xaalis kenn du ko liggéey, danu koy lijjanti), ou encore de justifier la recherche d’un protecteur pour bénéficier de l’impunité (Ku am kuddu du lakk).
En réalité, rendre compte de son patrimoine reste difficilement acceptable pour la majorité des personnes concernées par la loi du 21 mars 2014 au Sénégal : le Président de la République, le Premier Questeur de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et les ministres, ainsi que tous les administrateurs de crédits, ordonnateurs de recettes et de dépenses, et comptables publics réalisant des opérations annuelles d’un montant supérieur ou égal à un milliard de FCFA.
L’adoption de cette loi résulte également d’un accord entre le Sénégal et la Banque mondiale. Dans un communiqué de presse, la @BM_Afrique avait précisé que « la déclaration de patrimoine par les détenteurs d’un pouvoir public, la célérité dans la publication des rapports de la Cour des comptes (…) sont autant de résultats attendus » après le versement d’une première tranche d’un appui budgétaire de 85 millions de dollars, approuvée le 20 décembre 2012.
Pour recevoir la deuxième tranche, @Macky_Sall signa, après de multiples allers-retours, le projet de loi relatif à la déclaration de patrimoine le 15 novembre 2013. Et le 19 décembre 2013, la Banque mondiale, préjugeant que la loi serait votée, versa au Trésor la seconde tranche promise, d’un montant de 30 millions de dollars. Inutile d’en dire plus !
Ce processus explique également toutes les difficultés rencontrées par l’OFNAC par la suite, pour obtenir les déclarations des assujettis, dont beaucoup opposèrent un « niet », en toute impunité. Par exemple, dans le premier gouvernement nommé par @PR_Diomaye Bassirou Diomaye Faye, sous la direction du PM Ousmane #Sonko, seuls neuf ministres ont satisfait à leur obligation de déclaration de patrimoine, rappelait le 10 mai dernier Moustapha Ka, président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).
En France, la déclaration de patrimoine, tant au début qu’à la fin du mandat, est rendue publique sur un site internet, permettant à tout citoyen — et aussi à la presse — de signaler, si nécessaire, des omissions, qu’elles soient volontaires ou non.
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26 Mai 1966 : Inauguration par le Président Léopold Sédar Senghor de l'hôpital Heinrich Lübke de #Diourbel, fruit de la coopération avec la République Fédérale d'Allemagne. Heinrich Lübke fut président de la République Fédérale d'#Allemagne du 30 septembre 1959 au 30 juin 1969. Il avait effectué une visite au Sénégal le 18 janvier 1962.
🇸🇳 Comment naît une première chirurgienne
Pourquoi cette image du service de « Chirurgie Générale Dr Sérigne Momar Bâ » de l’hôpital Abbas Ndao ? Tout simplement parce que cette appellation aurait tout aussi bien pu exister dans cet hôpital de Diourbel, inauguré par Senghor. Le docteur Bâ — évidemment un ancien du lycée Faidherbe 😃— y exerçait déjà en 1966. Il y fut ensuite médecin-chef pendant de longues années, laissant derrière lui de très bons souvenirs. Un de vos nijaay, bout de chou à l’époque, se rappelle encore de l’inauguration… et surtout des fameux «bombe mort » de la garde présidentielles. Si tu ne t’es jamais émerveillé devant un « tombe-mort », c’est que tu n’as pas 50 ans ! 😄
Et sans doute inspirée par les blouses blanches de papa et maman dans cet hôpital du Baol, une petite fille Bâ devint, plus tard, la première chirurgienne du Sénégal. Comme quoi, derrière un nom posé sur un mur d’hôpital, il y a parfois une filiation, une vocation à découvrir.
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26 Mai 2006 : La styliste Oumou Sy reçoit les insignes de Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’honneur française à la Résidence de l’Ambassadeur de France au Sénégal
🇸🇳 Oumou Sy : pas que du style, aussi du futur
Qui n’a pas fréquenté le Metissacana d’Oumou Sy, le tout premier cybercafé d’Afrique — après l’Afrique du Sud — créé en 1996, n’a pas connu les débuts d’Internet au Sénégal ! À cette époque, le Sénégal était, avec l’Afrique du Sud, le seul pays africain à être entièrement connecté à Internet. Une heure de connexion à 5000 F ! Oui, cela a existé ! Demandez a Djibril Fall sans doute le premier sénégalais à avoir eu une adresse mail !
Évidemment, Oumou Sy, grande styliste aux multiples initiatives, est aussi connue pour avoir habillé les actrices et acteurs de nombreux films de Djibril Diop Mambéty, Sembène Ousmane, Idrissa Ouedraogo, entre autres.
La reconnaissance officielle — avec l’attribution de la Légion d’honneur française — viendra bien plus tard, après ses démêlés judiciaires en 2001, qui s’étaient soldés par un non-lieu un an plus tard.
Pas de bonus VAR car déjà trop long.
Note : En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#26mai #Senegal #Kebetu
Par un 25 mai : De Dakar à Koñu tandarma
25 Mai 1857 : Prise de possession officielle de Dakar au nom de la France par le capitaine de vaisseau Auguste-Léopold Protêt, Commandant Supérieur de Gorée et Dépendances.
🇸🇳🇫🇷Alors que les Lébous pratiquaient l’équilibre des pouvoirs et que la France vivait sous une dictature…
Dakar n’intéressait pas vraiment les colons européens — Hollandais, Anglais et surtout Français — pourtant présents dans la région depuis le XVIIe siècle, au moins. Et pourtant, Dakar se trouvait juste en face de Gorée, à moins de cinq kilomètres ! Traduction simple : ce n’est pas qu’ils ne voyaient pas Dakar… c’est qu’ils ne pouvaient pas s’y imposer. Mais cette occupation tardive de Dakar ne doit pas étonner. Elle s’explique, selon le Pr Assane Seck, par la géographie de la presqu’île du Cap-Vert et par la crainte inspirée par les Lébous : «D’une part, les hauts-fonds qui bordent sa face nord provoquaient de nombreux naufrages de navires, dont le pillage faisait en partie vivre les populations riveraines » — autrement dit, un espace hostile aux ambitions maritimes européennes. «D’autre part, le site ne présentait aucune sécurité pour l’établissement éventuel d’un comptoir, en raison du caractère très indépendant des Lébous, qui s’étaient solidement organisés en république.»
Les Lébous payaient un impôt au Cayor mais, après plusieurs batailles, ils prirent leur indépendance totale sous le règne du Damel du Kajoor Amary Ngoné Latyr Coumba Fall (1790–1809). C’est d’ailleurs pour éviter un système politique qui peut accoucher d’un despote avec le visage de Serigne Ndakarou que les Lébous avaient créé une République avec un système de “checks and balances” où chaque pouvoir est un contre-pouvoir vis-à-vis de tous les autres. C’est donc un peuple avec un système de gouvernance plus avancé que celui de la France qui vivait sous le pouvoir despotique du Second Empire avec Napoléon III, celui-là même que Marx appelait « Napoléon le Petit » et pour qui il a sorti sa célèbre formule : « Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce », faisant référence à Napoléon Ier.
Le Pr Assane Sylla explique comment les Lébous se sont faits avoir en croyant avoir en face d’eux des Français, partageant les mêmes valeurs de sincérité et d’honnêteté qu’eux ! En rendant compte du livre de Assane Sylla (Le peuple lébou de la presqu’île du Cap-Vert), Lylian Kesteloot écrit : « Aussi lorsque les Français, qui prenaient pied sur la côte sénégalaise à partir de leur base de Gorée, eurent à traiter avec cette communauté bien organisée et consciente de ses droits, ils s’y mirent les formes » — sans doute pas par respect, mais par nécessité. « Ils durent payer taxes et redevances pour l’eau, les bœufs, les fourrages, le droit d’ancrage des navires, etc. Moyennant quoi, les Lébous signèrent plusieurs traités et aidèrent plus d’une fois celui qui n’était pas encore le colonisateur. Et les parcelles où les Européens s’installèrent sur le continent furent dûment achetées aux Lébous, non sans réticence de leur part. »
Dans ce climat d’ouverture des Lébous, Protet va acheter une maison à un commerçant français. Puis, il la transforme petit à petit en fortin ! Les aïeux de Roxaya Njaay, Majigen Seck et Xuja Ndoye se disaient sans doute : « Nasaraan bi dafa dekoree këram » ! Sauf que la “décoration” était une prise de position, une occupation qui ne disait pas encore son nom. Et son œuvre terminée, le bonhomme amena ses soldats, hissa le drapeau français et déclara que Dakar était désormais propriété de la France, le 25 mai 1857 ! Et c’était bien réfléchi, car la même année Faidherbe créait le corps des tirailleurs sénégalais — autrement dit, organiser la force pour sécuriser ce qui venait d’être pris.
Une des premières infrastructures de Protet fut sans doute le phare des Mamelles : éclairer la mer, certes, mais surtout baliser une présence devenue irréversible.
Le grand Baobab Orchestra y donnait un spectacle hier devant 1 jarbaat qui aime les fêtes avec une vue imprenable sur l’Océan Atlantique — preuve que Dakar, entre mémoire et oubli, continue de vivre sur une histoire qui n’est sans doute pas totalement racontée.
#
Bonus par VAR du 14 mai (J’ai déjà expliqué le sens de ce bonus : Ce que j’avais oublié de poster à bonne date!)
Par un 14 mai au Sénégal
14 mai 1919 : Naissance à Saint-Louis, au 70 rue Blaise Diagne, à Lodo, « Koñu Tandarma », à un jet de pierre de la Grande Mosquée, Fadilou DIOP, fils du Cadi Makhtar Sop Diop et de Fatou Guèye Malicoura. Source : Rakku Basiir Jób.
🇸🇳De Koñu tandarma au sommet du barreau
Jarbaat, connais-tu Jacques Vergès ? Connais-tu Robert Badinter ? Si tu réponds « Oui », alors tu devrais aussi répondre « Oui » à la question : « Connais-tu Me Fadilou Diop ? » Si ce n’est pas le cas, cela signifie que nous ne sommes liés que par les liens du sang, et non par une communauté d’intérêt.
Me Fadilou Diop aurait eu 107 ans le 11 jours aujourd’hui. Cet avocat a défendu Nelson Mandela, Ahmed Sékou Touré, et surtout Ernest Ouandié de l’UPC, successeur de figures légendaires telles que Félix Moumié et Ruben Um Nyobè. Ce procès politique était perdu d’avance. Son client, condamné à mort, bénéficia d’un ultime recours en grâce introduit par l’avocat sénégalais auprès du président camerounais Ahmadou Ahidjo. Ce dernier n’en tint aucun compte. Ouandié fut fusillé le 15 janvier 1971 à Bafoussam. Dans son recours, Me Diop invoquait le droit et l’Islam qu’il partageait avec le président camerounais, pour tenter de sauver la vie de Ouandié. Ironie du destin : aujourd’hui, c’est cette même religion qui les unit dans la mort, tous deux reposant au cimetière musulman de Yoff à Dakar. Ceyy aduna !
Me Diop fut bâtonnier de 1979 à 1980, puis de 1984 à 1986. Par un coup d’œil rapide sur la liste des bâtonniers, je remarque que les Doomi Ndiar ont une appétence particulière pour le bâtonnat ! Me Fadilou Diop est considéré comme le plus grand bâtonnier du Sénégal selon Me Doudou Ndoye, cité par un certain Yerim Mbagnick Mbodj !
Jarbaat, que tu connaisses ou non Me Diop, pour en savoir davantage sur cet avocat de la trempe des Lamine Guèye, Ogo Kane Diallo ou Badinter, il y a le livre d’Élgas @Diamacoune : Fadilou Diop. Un juste.
Photo prise de la page Facebook de Fatoumata Zahra Diop.
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14 Mai 2019 : Adoption de la loi constitutionnelle portant suppression du poste de Premier ministre. Institué en 1970, il avait été supprimé une première fois entre 1983 et 1991. Il sera rétabli en décembre 2021.
🇸🇳 PM au au Sénégal : variable d’ajustement ?
Un coup, on a un Premier ministre. Un coup, on n’en a plus. Au moment où j’écris ces lignes, on n’en a pas car @PR_Diomaye s’est séparé de son PM #Sonko @SonkoOfficiel . @Macky_Sall est même resté des mois sans en nommer un, alors que le poste figurait toujours dans la Constitution — et pourtant, la mer n’a pas débordé.
Moi, je propose qu’on inscrive directement dans la Constitution : « Le Président peut nommer un Premier ministre. Dans ce cas, il définit, dans le décret de nomination, ses pouvoirs. » Ou bien encore : « Le Président peut nommer un Premier ministre. Dans ce cas, les pouvoirs prévus aux articles XYZ de la Constitution lui sont dévolus. » Et voilà, gassi ! Plus besoin de révision constitutionnelle à chaque fois qu’on veut « duggal » ou « kajji » un Premier ministre.
J’entends déjà les cris d’orfraie des puristes du droit, attachés aux rigidités du modèle français et de sa légistique compassée !
Ajout de 2026 : Limogé de son poste de PM par le President Basiru Jomaay Jaxaar Faay, si Usmaan Sonko devient président de l’Assemblée, on peut avoir une intéressante (intellectuellement) inversion institutionnelle : Sonko définit la politique, le Président l’exécute à travers son PM, pour éviter la censure du gouvernement !
#24mai #Senegal #Kebetu #Dakar #14mai
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
Par un 24 mai. Même intro que la dernier post !
24 mai 1861 - Les colonnes françaises, commandées par le lieutenant-colonel d’infanterie de marine Joseph Faron, attaquent les troupes du Damel Macodou Coumba Yandé Fall dans les environs de Mboul.
La veille, le gouverneur Louis Faidherbe avait investi Madiodio Déguène Codou Fall pour remplacer Macodou sur le trône du Cayor.
🇸🇳 Macodou exilé, Madiodio installé, Lat Dior annoncé
La décision de Faidherbe en dit long sur la résistance du Damel Macodou Coumba Yandé Fall face à la pénétration française. Ses trois ans de règne — 1859 à 1861 — en tant que Damel, après avoir été Teigne du Baol, en font le « Lion de Ndioloor », un combattant de la dimension de Lat Dior ou d’Alboury Ndiaye, mais certes moins connu.
La bataille de Mboul face aux troupes françaises n’était que le dernier épisode d’une résistance marquée par le refus de signer un traité avec le colon. Après cette bataille, il poursuivit la lutte dans le Saloum, notamment auprès de Maba Diakhou Bâ.
À Mboul, Faidherbe fait installer Madiodio Déguène Codou Fall comme Damel, ouvrant ainsi la voie à la contestation par Lat Dior s'estimant, lui, successeur légitime, malgré la question du patronyme !
Fils du Damel et Teigne Birima Fatim Thioub, qui régna 23 ans sur le Kajoor et le Baol, Macodou Coumba Yandé Fall eut comme épouse Ngoné Latyr Fall, faisant ainsi de son fils Birima Ngoné Latyr un demi-frère de Lat Dior. Il est intéressant de remarquer le subtil mécanisme de succession dans le Kajoor : puisque Damel Macodou Coumba Yandé Fall est le successeur de son fils Damel Birima Ngoné Latyr ! Mais nak jarbaat, pour comprendre ces subtilités kajooriennes dans la désignation — par élection —, il faut aller quémander le savoir auprès des véritables historiens parmi lesquels.elles tu as pas mal de nijaay et de bajaañ !
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24 Mai 1883 : Appel lancé aux croyants depuis le village lébou de Yoff près de Dakar par Seydina Limamoulaye également connu sous le nom de Baye Laye qui se proclame l'envoyé de Dieu, le Mahdi. Il est le fondateur de la confrérie soufie des Layènes.
🇸🇳 Un islam ouvert depuis la terre Lebu
Sans doute la confrérie la plus ouverte — pour ne pas dire la plus révolutionnaire —, en tout cas la plus égalitaire du Sénégal. Son fondateur a su s’attaquer de front aux coutumes antéislamiques et surtout à l’une des bases les plus solides de la société wolof : les castes !
De plus, cette communauté Ahlou Laahi (les partisans d’Allah) a donné à la femme un statut assez novateur dans l’islam local, en matière d’égalité homme-femme. On me parlait souvent, jarbaat Anta Sakina, de ton arrière-grand-mère venue du nord et connue sous le nom de Mame Salatou qui s’habillait en Djellaba et était muezzine dans la communauté layène ! D’ailleurs, dans beaucoup de familles, on trouve des Mame Salaatou, m’a-t-on dit.
Son fondateur, qui ne savait ni lire ni écrire, ne se référait à aucun maître arabe ou maghrébin, tirant tout son enseignement de la révélation faite à lui, un Noir, par Dieu.
Évidemment, Seydina Limamoulaye mit mal à l’aise, voire en colère, le colon français, qui le mit en résidence pendant trois mois sur l’île de Gorée (Beer), avant que le juge d’instruction ne prononce un non-lieu en sa faveur, estimant qu’il n’y avait rien à voir dans la querelle entre deux Serigne Ndakarou rivaux (Le pouvoir religieux et politique à Dakar était fragmenté, avec des contestations récurrentes autour de la légitimité du Serigne Ndakarou).
Si Alphonse Gouilly revenait aujourd’hui, il serait sans doute étonné de ce qu’est devenue ce qu’il considérait avec un certain mépris comme « une minuscule confrérie nègre dont l’horizon se confond avec celui d’un misérable village de pêcheurs », dans son ouvrage L’Islam dans l’Afrique occidentale française (1952). Coulon, lui, avait mieux compris la dynamique dans l’œuvre de Seydina Limamoulaye et écrivait en 1996 : «la confrérie apparaît alors non plus comme une “enclave”, mais au contraire comme un ferment participant, avec sa culture propre, aux développements d’un nouvel islam sénégalais. »
Photo : Il n’existe aucune photo de Baye Laye. Cependant, dans son « Peintures sur verre et Islam au Sénégal », Marie-Hélène Boisdur de Toffol soutient que quelques fixés sous verre sont consacrés au fondateur de la tendance Layenne. L. Laye est représenté́ frontalement, assis en tailleur et est vêtu d'un boubou de couleur et d'un turban. Un oiseau noir et blanc repose sur ses genoux. » Cependant 1 jarbaat layène soutient, après interrogation d’un proche de Bay Abo, fils de Mame Rane, que cette peinture n’existe pas).
Je mets cependant cette belle photo. En espérant que son auteur ne va pas s’offusquer de mon acte illégal que ne justifie que la qualité de son travail ! Vous pouvez voir ses autres photos sur les Layeen ici : https://t.co/aam1tbnJdF .
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Bonus par VAR du 17 mai (J’ai déjà expliqué le sens de ces bonus : Ce que j’avais oublié de poster à bonne date!)
17 mai 1944 : Décès à Le Caire (Égypte) de Félix Éboué, né le 26 décembre 1884 à Cayenne, Guyane (France).
🇸🇳🇫🇷 Et sa fille aurait pu entre notre « Première Dame »
Lorsque De Gaulle, en 1940, appelle les gouverneurs coloniaux à le rejoindre dans la Résistance contre l’Allemagne nazie, un seul répond à l’appel : Félix Éboué. Le 26 août 1940, il fait du Tchad, dont il est gouverneur depuis 1938, le premier territoire de la «France libre».
Un acte de courage remarquable de la part de ce petit-fils d’esclave, qui prend cette décision alors qu’il est en pension au prestigieux établissement de la Légion d’honneur, donc sous le contrôle du régime de Vichy, et que ses deux fils sont prisonniers des Allemands.
C’est à ce moment que l’histoire prend une tournure… sénégalaise. En captivité, les jeunes Éboué partagent leur geôle avec un certain Léopold Sédar Senghor, qui connaissait déjà les écrits de leur père. Entre jeunes intellectuels, les conversations vont bon train, et ils parlent à Senghor de leur sœur cadette, Ginette Charlotte Andrée Yvonne Éboué. Apparemment, ils en ont tant parlé qu’à la fin de la guerre, le 12 septembre 1946, Senghor épouse Ginette.
Le compte rendu de ce mariage, publié dans le journal parisien Dakar — ancêtre de @LeSoleilonline — est savoureux, avec des détails comme : « Mme Lamine Gueye, plus belle que jamais », ou encore « Par amour ? Sans doute. Par idéologie de la négritude ? Certainement : Senghor refusait d’épouser une femme blanche, tandis que Ginette souhaitait renouer avec ses racines africaines. »
Mais la mère de Ginette, elle, refuse catégoriquement d’accueillir un Noir africain dans la famille, allant jusqu’à manifester publiquement son opposition. Le mariage échoue, sey ba tas, en 1955. De cette union naîtront deux enfants : Francis-Arfang Senghor (né le 20 juillet 1947) et Guy-Wali Senghor (né le 28 septembre 1948), que l’on s’efforcera d’éloigner de leur père.
À la demande de Ginette et de Senghor, le mariage religieux est annulé par le Vatican. Plus tard, Senghor épouse celle qui deviendra la première «Première Dame» du Sénégal, Colette Hubert. Selon Senghor, elle lui aurait été présentée comme « une amie africaine ». Cette mystérieuse amie ? Nul autre que… Ginette elle-même, d’après Henri Senghor, neveu du président, cité par le journaliste Langellier. Seetal ma li rekk !
Photo : Éboué / Ginette / Colette / Senghor
#24mai #Senegal #Kebetu #Dakar
Par un 20 mai : Jarbaat, je te préviens, c'est du réchauffé de 2024 et 2025 et c'est long ! Donc tu peux zapper et reouter a TikTok !
20 mai 1856 : création du tribunal musulman de Saint-Louis. Le premier cadi est le Tafsir Hamat Ndiaye Ann. Il appliquait le droit coranique de rite malikite, auquel se conformaient les populations locales.
🇸🇳 Quand la liberté des esclaves inquiétait plus que l’injustice de l’esclavage
La mosquée de Saint-Louis a été construite en 1847 ; ce tribunal était promis dès 1848 et finalement ouvert en 1856. En réalité, c’est l’abolition de la traite négrière qui a accéléré la décision de créer un tribunal musulman. Jarbaat Sophie la Canadienne, je vous ai déjà parlé de la difficulté d’appliquer cette abolition dans la colonie du Sénégal.
Ce sont les mulâtres et les Noirs — essentiellement les signares — qui possédaient des esclaves à Saint-Louis, qui étaient mécontents de cette mesure et cherchaient à pousser les captifs à la révolte. Selon Psquier, "si l’on dresse pour Saint-Louis la liste des plus de 20 esclaves, on constate que les négociants européens ne s’inscrivent pas dans ces chiffres modestes (Hécriè : 27, Morel : 24, Maurel et Prom n’y figurent pas car ils n’avaient que 18 esclaves), à la différence des mulâtres et des Noirs (Louis Alsace : 111, Marie Labouret : 94, Massemba Cina : 77, Samba Agui : 87). Il en est de même à Gorée."
Selon une note du sous-directeur des Affaires extérieures, Arnier, adressée à Schœlcher le 18 avril 1848 (citée par Roger Pasquier, « À propos de l’émancipation des esclaves au Sénégal en 1848 »), ces possesseurs d’esclaves « ont fait prévoir aux Noirs qu’on les rendait à la liberté pour les déporter et les mettre sous la servitude d’un gouvernement qui les assujettirait à un joug plus terrible que leur captivité actuelle ».
Auguste Baudin, gouverneur du Sénégal depuis le 10 octobre 1847, était très inquiet. Le 4 avril 1848, il écrit au ministre des Colonies : « Le véritable moyen de leur faire oublier jusqu’au chagrin qu’ils éprouvent à l’idée d’une émancipation prochaine — le seul, le plus efficace et sans conteste — est de leur accorder le tribunal musulman ».
Et, dans une lettre adressée au ministre le 10 juin 1848, le gouverneur par intérim Joseph-Bertin Ducheateau écrit : « La création de ce tribunal a déjà disposé favorablement la population à accepter la liberté des esclaves sans trop de répugnance ».
C’est d’ailleurs Ducheateau qui proclamera l’abolition de l’esclavage, Baudin ayant entre-temps été rappelé, avant de revenir comme gouverneur du 23 novembre 1848 à août 1850.
C.T. Fall et M.M. Kane relatent les tensions entre autorités religieuses et coloniales autour de ce tribunal, notamment sur la volonté française d’imposer un tribunal d’appel au-dessus du Cadi Tafsir Hamat Ndiaye Ann, ainsi que sur l’imam Ratib de la Grande Mosquée.
Et jarbaat Ayoube Seck, tu sais sûrement que ton Maam, Amadou Mactar Samb — père du philosophe Djibril Samb — fut cadi de Ndar. Voilà pourquoi on appelle Xaadi Jàan, mon cousin, mari de ma chère fille Aïssatou qui me gâte trop même ! (Djibril Samb a écrit "La traite négrière à Saint-Louis du Sénégal et dans son arrière-pays" que j'aurais pu citer dans le texte ci-dessus, mais pas le temps de le faire serieusement !)
Kebetu vidéo : Le tribunal tel que je l’avais vu le 6 septembre 2025 à 18h02 ! @ndarinfonews avait écrit un article au titre à glacer le sang des doomou Ndar et même des Doomi Ndar : « L’ancien tribunal musulman de Saint-Louis transformé en maison close ». J’espère que la situation a changé.
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20 Mai 1962 : Consécration de Monseigneur Hyacinthe Thiandoum, Archevêque de Dakar, par Mgr Jean-Marie Maury, Nonce apostolique. Ordonné prêtre le 18 avril 1949, Mgr Thiandoum sera le premier cardinal de l'église catholique sénégalaise le 24 mai 1976.
🇸🇳 Foi, pouvoir et autorité : les leçons politiques de Senghor et Thiandoum
Si le racisme du père Lalouse n’avait pas exclu Sédar Senghor du séminaire en 1926 — malgré ses excellents résultats —, nous aurions pu avoir un Cardinal plutôt qu'un Président Senghor ! Ce séminaire devait mener le jeune Senghor à la prêtrise. Plus tard, devenu président, Senghor fera preuve de fermeté en demandant au pape Jean XXIII de retirer la charge de l’archevêché au traditionaliste Mgr Marcel Lefebvre, qui dirigeait Dakar… depuis l’Europe ! Ce dernier sera finalement excommunié par Jean-Paul II en 1988.
Suite à cette exigence de Senghor, le pape désigna alors Mgr Hyacinthe Thiandoum — formé pourtant par Lefebvre — à la tête de l’Église catholique du Sénégal.
Heureuse décision, qui a permis une relation harmonieuse et durable entre l’Église et les leaders religieux musulmans. « Le berger » Thiandoum sut guider son troupeau dans l’amour du Fils de Marie, tout en se montrant fraternel et respectueux envers ses compatriotes musulmans, qui, il faut le dire, l’adoraient aussi. On rappelle souvent que le cardinal offrait volontiers des billets pour le pèlerinage à La Mecque à ses parents — au sens large — musulmans. Vrai ou faux, peu importe : le geste, lui, en dit long.
Il faut également rappeler que Mgr Thiandoum, tout archevêque qu’il était, n’hésitait pas à tenir tête à Senghor. Et il fut sans doute poliment rabroué, comme Senghor le faisait systématiquement à ceux qui réclamaient la libération de Mamadou Dia. Fidèle à ses principes, Thiandoum, inlassablement et pendant plusieurs années, profitait de la cérémonie des vœux de fin d’année pour demander publiquement au président Senghor de libérer Mamadou Dia. Et, à chaque fois, Senghor faisait censurer cette partie du discours par les médias officiels… Si la @RTS1_Senegal a bien conservé ses archives, il serait instructif de redécouvrir ces neuf discours, véritables témoignages de l’humanité et de la droiture de Mgr Thiandoum, qui repose depuis 2004 dans cette cathédrale de Dakar, où il reste encore aujourd’hui, pour les Dakarois, une figure tutélaire.
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20 Mai 2022 : Décès à l'âge de 86 ans à l'hôpital régional de Thiès de l’artiste plasticien et musicien Abdoulaye Ndiaye ’’Thiossane’’, interprète de la musique du premier Festival Mondial des Arts Nègres en 1966.
🇸🇳 Abdoulaye Ndiaye Cosaan est un patrimoine national. J’adore la construction de cette phrase dans une de ses chansons plus ou moins taquines "Mbooloom jigéen yi boon yi ma xam, moo ci yées.» (De toutes les femmes mauvaises que je connais, c’est la pire). Cette utilisation de l’adjectif et de son superlatif ! Poète pur. Photo : Abdoulaye Ndiaye et une de ses œuvres.)
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20 Mai 1964 : Signature d'une convention entre l'État du Sénégal et la Compagnie Africaine de Produits Alimentaires (CAPA) qui s'engage à construire, dans un délai de trois ans, une unité de raffinage d'une capacité de 30.000 tonnes de sucre destiné au marché sénégalais. Au début des années 1970, la CAPA a été relayée dans la fourniture de sucre par la Compagnie Sucrière Sénégalaise.
🇸🇳 Ah Capa, dans sa boîte bleue !Avec 13 morceaux de sucre (la rangée entière !) à 5 francs, et le paquet de sukaar à 65 francs ! Et le nom CAPA toujours présent comme repere « Hann » ! C’était aussi dans le jargon des jeunes : « Li ngaay meew, Kaapa sax mënu ko sukuar ». Si les mensonges se transformaient en lait, même Capa serait incapable de le sucrer à suffisance ! 😀
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20 Mai 1957 : Formation du premier gouvernement du Sénégal dans le cadre de l'autonomie interne. Ce gouvernement comprend le Chef du Territoire, le Vice-Président du Conseil de Gouvernement et 10 ministres.
🇸🇳😀J’allais vous donner la liste mais c’est déjà trop long ce tweet ! Je vous renvoie au livre de Mangane ! Avec photos !
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20 mai 325 :🇸🇳 Le concile de Nicée : victoire doctrinale et fin de l’arianisme
Le concile de Nicée condamne l’arianisme. En bref, selon un texte du site Hérodote : « Les partisans d’Arius proposent que Jésus, fils de Dieu, soit engendré à son créateur, de même que le Saint-Esprit. Les opposants font, eux, valoir que le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire qu’il partage la même essence ». Constantin leur accorde la victoire et condamne l’arianisme.
Évidemment, pendant cinquante ans, la controverse se poursuit, portant même sur la nature — divine et/ou humaine — du Christ, avant que l’arianisme ne disparaisse progressivement.
Bonus par VAR ? Non car texte déjà trop long !
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites, notamment SenegalDates.
#Senegal #Kebetu
Poussins yambaïvores !
Évidemment, les yeux des lecteurs rationnels tombent sur le grand titre du journal Libération. Mais moi, mon regard est plutôt capté par le titre, sur fond rouge, en haut à droite.
On y apprend en effet que le yamba pourrait engraisser des poussins. Bacary Dia a été arrêté par des militaires avec 20 kg de graines de chanvre indien. Devant le juge de la chambre criminelle de Ziguinchor, il a assuré que ces graines étaient destinées à ses poussins.
Il fallait quand même oser le dire. Mais, à bien y regarder, son argumentaire a une certaine cohérence : il affirme que le yamba confère à ses poussins une force telle que ses poulets — dont il se prétend éleveur — seraient d’une qualité sans pareille !
Il faut aussi reconnaître que l’homme a su se trouver un avocat à la hauteur de sa témérité. Selon le journal, ce dernier a lancé au juge et au procureur qui réclame dix ans de prison contre son client : « Rien ne prouve que les graines de cannabis sont de la drogue. »
Chapeau bien bas, Maître. Car effectivement les graines ne contiennent pas la substance qui fait du yamba une drogue, selon la loi sénégalaise. Mais en fait, je crains que le juge ne te réponde que ce n’est pas parce qu’une graine ne fait pas planer pas qu’elle ne mène pas à ce qui fait planer. Il suffit de la planter.
Je ne sais pas quel sort lui réserve le juge, qui prononcera son verdict le 1er juillet. S’il décide de l’enfermer, il faudra tout de même reconnaître au prévenu le mérite d’avoir ouvert une piste de recherche inattendue : celle des effets du yamba sur le développement accéléré des poussins.
Qui sait ? Peut-être qu’un jour, on mangera des hamburgers de poulets nourris au chanvre indien ! Sans effet secondaire, bien sûr — contrairement à ce texte que vous venez de lire qui est la conséquence des effets secondaires d’un excès de caféine matinale sur mes neurones ! 😂
#senegal #kebetu #drogue
« Je souhaite que ce prix inspire les plus jeunes à se tourner vers la recherche »
Ils sont plus de 70 à avoir candidaté.
Et c'est Abdoulaye Ndiaye, professeur assistant à la Stern School of Business de la New York University et affilié au Finance for Development Lab, qui a été récompensé par le jury.
L’économiste sénégalais de 37 ans devient le premier lauréat de l’Africa NextGen Economist Prize, créé par Jeune Afrique et The Africa Report, en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD) et avec le soutien de la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi).
Hommage au Pr Abdoulaye Dièye : entre citoyenneté, savoir et humilité
Je ne sais pas si c’est par oubli ou par respect de la laïcité qui sied à l’espace universitaire, mais l’hommage au regretté Pr Abdoulaye Dièye a commencé non pas par des prières, mais par l’hymne national du Sénégal. Il est vrai que celui qui repose aujourd’hui sous la terre de son Ndar natal était un citoyen au sens le plus noble du terme : une personne qui a mis son savoir et sa force au service de la communauté.
Une fois « Le Lion rouge » écouté, ce fut le temps de la prière. Une prière à la dimension de l’humilité de l’homme : sans se lever, sans distribution de « dogg », laissant ainsi à chacun et chacune la liberté de choisir sa manière de prier. Silence. Assis. Pour demander à Dieu de l’accueillir au Firdaws.
Tout cela se passait à @UCAD_Senegal , où s’est tenue, le 16 mai 2026, une cérémonie d’hommage accompagnée de la remise des « Mélanges » en l’honneur du Professeur Abdoulaye Dièye.
Bon, jarbaat TikTok-addict, « Mélanges », ce n’est pas une boisson aux couleurs et saveurs variées, nak toi aussi. Dans le jargon universitaire, les « Mélanges » désignent, depuis le XIXe siècle, un ouvrage collectif composé d’articles scientifiques écrits par des collègues, des étudiants et des amis pour rendre hommage à un professeur émérite, à l’occasion, par exemple, de son départ à la retraite ou d’un anniversaire académique. Évidemment, Dieu rappelant à Lui qui Il veut et quand Il veut, ces « Mélanges » deviennent parfois un hommage post mortem.
Abdoulaye Dièye était d’abord un Domu Ndar, dont l’élégance en toutes choses a été soulignée par le Pr Isaac Yankhoba Ndiaye ; un juriste exceptionnel, comme l’a rappelé le Pr Babacar Guèye ; un syndicaliste intransigeant sur les libertés académiques.
Mais il était aussi de ceux sans qui les Assises nationales ou la CNRI n’auraient sans doute pas produit les documents consensuels — notamment le PNBGD — qui ont fait leur succès. Lui, Abdoulaye Dièye, qui avait, bien avant les Assises nationales, exposé les grands axes d’une réforme institutionnelle pertinente lors des « Rencontres citoyennes » de 2005 organisées par le Jëf Jël de Talla Sylla.
Évidemment, le profil d’Abdoulaye Dièye devient encore plus attachant à l’écoute des témoignages de sa famille, notamment par la voix de Zakaria Dièye. Et je peux moi-même attester de la justesse de ces propos, pour avoir été souvent assis à ses côtés — ou face à lui — lors de nombreuses rencontres sur la gouvernance du pays.
Je te fais ce petit montage vidéo de 6 minutes et 51 secondes – oui je sais que c’est trop long pour TikTok - pour entendre quelques mots de M.L. Loum, B. Guèye, M. Ndoye, I.Y. Ndiaye et Aram Ndoye. Pour des raisons que certains jarbaat connaissent, j’ai dû quitter l’amphi avant la fin de la cérémonie et donc je n’ai malheureusement pas eu le plaisir d’écouter les autres interventions.
https://t.co/e9EKkxrLpS
#Senegal #Kebetu #UCAD
Trois événements, beaucoup de contenu !
Assister à un événement n’est jamais un acte gratuit : on y va toujours pour au moins une raison. Et parfois, simplement — même si on ne l’avoue pas — pour se faire voir par la puissance invitante, pour « waslu àq », quoi ! Mais a posteriori, on est souvent content d’avoir été là.
🇸🇳 Quand Aram Fall parle, je deviens le simple jarbaat de votre Maam!
Alors, pourquoi suis-je allé à la présentation du livre Nëwu, ce samedi 9 mai 2026 ?
Certainement pas pour waslu àq : j’ai simplement vu passer l’invitation sur WhatsApp, et, à vrai dire, je ne savais même pas ce que « Nëwu », mot wolof, signifiait ! J’y suis allé parce qu’il s’agissait d’Aram Fall. Non pas à cause de son lien biologique avec mon premier proviseur à Faidherbe — moi qui sortais à peine de l’école primaire, avec un directeur, pour découvrir qu’au lycée il y avait un proviseur !
J’y suis allé parce que, dans ma tête, depuis toujours, Aram Fall est une immense linguiste, une scientifique au sens le plus exigeant du terme. Je sais, jarbaat soupçonneux, que tu connais cette maxime prêtée à Lamine Guèye : « Quand on dit d’une personne qu’elle détient un savoir, demandez-vous si celui qui le dit détient lui-même le savoir permettant d’en juger. » Pour ma part, il me suffisait d’entendre votre Maam Pathé évoquer Aram Fall en termes élogieux. Et lui, votre Maam, il savait !
Au point que, si je devais créer un binôme Aram–Pathé, je dirais — sans heurter personne, je crois — que ce duo est à l’étude des langues, en particulier du wolof, ce que Cheikh Anta Diop est à l’étude de l’Égypte pharaonique: une passion sans limite, fondée sur la science et jamais sur l’émotion, pour reprendre des mots entendus ailleurs.
Bon, je ne vais pas m’attarder sur mon émotion d’avoir vu, salué, échangé, et obtenu une belle dédicace d’une personne à qui tout le monde voue respect et admiration. Rien que la présence de Boubacar Boris Diop, de Cheikh Aliou Ndao, ainsi que de Thierno Cissé et Mamadou Diouf, suffit à témoigner de ce que représente la sœur d’Aminata et de Kader dans la promotion des langues nationales.
Donc, Aram Fall présentait la deuxième édition de son livre Nëwu: Làmmiñu wolof ci gàttal (Précis de grammaire de la langue wolof). Elle a dédié l’ouvrage à son défunt époux, Abdoulaye Bara Diop — sans conteste le père de la sociologie sénégalaise. Elle aussi écrit dans la préface que « cant ñeel na Àlaaji Mamadu Njaay ak Seex Adarame Jaxate ». Avant de me signer cette belle dédicace : « Bége sa teewaay ci bés bi. Amit cofeel ci yow ndax sa pas-pas ci suqli làmiñi réew mi. » Lii ka niróok sas waay ! (Votre bajaan Sophie ne me lit plus à cause de mon jaxase -melanss Francaix/Wolof !)
Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce qu’il y a dans le livre — même si, malgré mes carences, j’ai saisi le sens Nëwu grâce à une excellente présentation de Soxna Baawo Jóob, sous la modération de Soxna Koddu Faal.
J’y ai entendu de belles choses. Cheikh Aliou Ndao disant : «Li ma bind yëpp, Aram mooy reen bi », ou soulignant le rôle éminent de Boris dans l’internationalisation de la langue wolof à travers son œuvre littéraire (à moins que cela ne fut dit plutôt par Aram elle-même. Mais peu importe la bouche qui a parlé, si la vérité est bien dite).
Quand les œuvres littéraires écrites en wolof, Guy njuilli ou Domi golo entre autres, deviendront enfin des best-sellers tirés à des millions d’exemplaires, sans doute ne serons-nous plus là pour le voir. Mais cela arrivera nécessairement car Il faudra bien, un jour, tirer les conséquences de l’impossibilité de se développer et de tàqamtiku dans la langue des autres.
Aram Fall a gardé toute sa verve et toute la rigueur de son verbe scientifique. D’ailleurs, après l’avoir écoutée, j’ai fait un détour chez ma jarbaat linguiste — absente, car occupée à s’occuper de ma sët chérie — pour lui demander de m’expliquer ce que je pressentais lorsque Aram Fall a affirmé qu’« aucun alphabet ne permet de tout écrire ». Comme aucun post ici ne peut rendre compte de mon émotion d’avoir simplement vu, salué et écouté Soxna Aram Faal.
🇸🇳Du suweer familial au showroom de luxe
Encore pourquoi suis-je allé au vernissage de l’exposition de Seriñ Ndiaye, le vendredi 8 mai 2026 à 19h ?
Eh bien, connaissant les relations de l’artiste avec Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum et sa famille, j’y suis allé pour le taquiner sur l’heure de l'événement, celle de la hadara si chère à sa confrérie ! !
En réalité, j’y suis allé parce qu’une partie des œuvres de Seriñ Ndiaye — qu’on les appelle peinture sous verre ou fixé sous verre — me rappelle toujours la chambre de votre arrière-grand-mère, avec ses suweer.
Il faut aussi dire que mon éloignement de ce qui est mondain — pas par ascétisme nak — fait que je n’avais pas vraiment prêté attention au fait que l’exposition était présentée par « Maraz ». Maraz, la maison de luxe fondée par Moustapha, le fils de l’artiste.
Et comme le luxe n’est pas seulement le produit, mais aussi l’atmosphère, la senteur, le coup de foudre, le je-ne-sais-quoi qui rend chaque objet unique, c’était agréablement surprenant d’admirer les œuvres de Papa, délicatement disséminées entre des produits de grand luxe faits main, faits à Dakar, faits par des artisans sénégalais.
L’ambition de Moustapha et de ses associés est claire : faire de leur maison une «Marque africaine premium», appelée à devenir une référence mondiale dans le milieu très sélectif du luxe haut de gamme. Aux âmes bien nées, les grands desseins ! Et les dessins de Papa étant déjà présents dans le circuit mondial de l’art, Moustapha, avec ses chaussures, bagages et sacs — j’ai adoré les sacs et les.. sandales — connaît déjà le cap à suivre.
🇸🇳 Pencum WARC : entre histoire, politique et non-dits
Enfin, pourquoi suis-je allé au Pencum du WARC sur la traite des esclaves — entre mémoire, criminalisation et réparations — le jeudi 7 mai 2026 conjointement organisé par le Cinu et le Warc ?
Certainement pas pour faire plaisir à Ousmane Sène, le boss du WARC, qui manie l’Anglais comme l’autre Sérère maniait le Français ! Mais répondre à une invication de la Minielle Baro (qui des jarbaat connait ce journalisgte qui a fit les beaux jours du JT de @RTS1_Senegal ?) et surtout pour apprendre auprès de grands spécialistes de la traite. Selon le programme, il y avait notamment le Pr Ibrahima Thioub, le Dr Ibrahima Thiaw (IFAN) et le Pr Samba Thiam (IFAN).
En réalité, je n’y ai pas vu Thioub (« absent excusé », comme on dit dans les PV de réunion syndicale 😃), mais il y avait le juriste et activiste (au sens noble) des droits humains Ibrahima Kane, ce qui était tout aussi pertinent, aux côtés de l’initiatrice du Penc, le Pr Penda Mbow, et de la présidente de séance, le Pr Rokhaya Fall (celle-là même qui a renversé la belle légende de Yacine Buubu à laquelle je tenais tant 😃.)
Bon, j’avoue que je suis venu bien en retard… mais juste au bon moment pour entendre le Pr Samb s’étonner du silence entourant la traite arabo-musulmane, puis Cheikh Tidiane Gadio s’interroger sur la notion de réparations. J’ai aussi entendu Fatou Sow et Berthé poser la question cruciale de la gestion du Mémorial de Gorée, sorti de sa matrice au point de perdre le sens que ses concepteurs lui avaient donné.
Le public a également apprécié, comme moi, deux vérités qu’on n’entend pas souvent.
La première, rappelée par Claudia Mosquera Rosero, @IdcaranCo ambassadrice de Colombie au Sénégal, qui, en bonne universitaire, estime que la traite négrière a aussi été une appropriation illégitime des technologies et du savoir-faire africains implantés en Amérique.
Mais qui, en véritable activiste, appelle aussi à faire sortir la question des réparations du seul cadre universitaire pour lui donner une dimension populaire, comme projet de société pur une justice épistémique. Notamment en Colombie, où l’on parle de « réparation historique », par opposition à la réparation contemporaine liée aux dommages de la guerre contre les FARC, qui a également fortement affecté les Afro-descendants.
Pour la seconde vérité rappele par Fatou Sow, il a été question de la présence, sur le sol américain, de populations africaines ayant débarqué librement sur les côtes est bien avant les Européens, et dont on retrouve des traces dans les sols, les peuples et les langues. Bref, qu’ils y étaient avant Colomb.
Avec trois déplacements — sans parler du reste, notamment d’une excellente rencontre à Raw Material Company sur les enjeux financiers autour des œuvres d’art de nos artistes — votre Nijaay @Babacar63894931 ) sait donc que je n’ai pas encore pris le parti d’éviter désormais ces rencontres ! C’est juste que je joue un peu moins au reporter bénévole pour les jarbaat paresseux 😏.
#kebetu #Senegal #IFAN #CINU @CinuDakar
Par un 13 mai : Encore les conséquences de 1962 !
Salut les jarbaat je vais pas vous énerver encore avec Senghor/Dia ! Alors je réchauffe le post des 13 mai 2024 et 2025, en y ajoutant juste une ou deux phrase !
Bon Hajj aux Jarbaat et aux Jaam en route pour Arafat.
13 Mai 1963 : Condamnation à Dakar de Mamadou Dia, ancien Président du Conseil de gouvernement, à la détention dans une enceinte fortifiée par la Haute Cour de justice. Il avait été arrêté le 18 décembre 1962 au lendemain de la crise politique survenue au sommet de l'État.
🇸🇳 1962 : et si tout n’avait pas encore été dit ?
Franchement, que te dire de plus, Jarbaat ? J’ai déjà dit tout ce que je sais… ou presque.
Tout commence le 17 décembre 1962. Le procès débute le 7 mai, et le 13 mai 1963, les condamnations tombent. Senghor dira lui-même qu’il avait empêché la condamnation à mort de Dia. Dois-je en déduire que c’est aussi lui qui a dicté la sentence finale ? Abdoulaye Wade, avocat de Dia — mais avec l’autorisation expresse de Senghor avec comme condition de ne plaider que le droit — affirmera que la Cour de justice avait cherché en vain, dans le droit sénégalais, un article permettant de condamner Mamadou Dia à mort.
Tout cela pour une querelle somme toute banale sur la primauté de l’État ou du Parti ? (En 2026 est-ce devenue une querelle entre l’Executif de la Coalition et le Législatif du Parti ?) Une crise que Senghor aurait pu désamorcer en calmant les ardeurs des députés ? Ou alors… peut-être que tout cela cachait un non-dit.
Flashback — ou VAR, pour parler comme vous.
Le 5 septembre 1960, Senghor est élu président du Sénégal à l’unanimité des 118 membres du collège électoral. Il fait adopter une Constitution qui confère de larges pouvoirs à Dia. Mais Mamadou Dia, lui, plaide plutôt pour un pouvoir présidentiel fort — comme dans le reste de l’Afrique — dont Senghor, qu’il appelait « Sédar », serait le chef. Senghor refuse, fait l’éloge de Dia et le nomme président du Conseil.
Senghor espérait-il que Dia renonce volontairement à ce poste, ouvrant ainsi la voie à une Constitution présidentialiste qui lui aurait permis de dire : « Je n’en voulais pas, mais j’ai accepté sur demande de Dia » ?
Toujours est-il que, deux ans plus tard, chez le président Lamine Guèye, les députés — chassés de l’Assemblée nationale par Dia — votent la censure. Pourquoi ne se sont-ils pas limités à cela, en exigeant simplement de Senghor, conformément à la Constitution, qu’il désigne un autre président du Conseil ? Non. En plus de la censure, ils votent aussitôt les pleins pouvoirs exécutifs à Senghor, lui conférant les pouvoirs jusque-là détenus par Mamadou Dia.
Ils reconnaissaient ainsi, de facto et de jure, que c’était bien Dia qui détenait le pouvoir. Alors, Jarbaat juriste Nafi, tu comprends donc pourquoi la question revient sans cesse : qui a vraiment fait un coup d’État le 17 décembre 1962 ?
Mais, après une overdose de café pur et un rapide aller-retour Dakar–X–Dakar, ce 13 mai 2025, une idée un peu folle a germé entre mes faibles neurones : et s’il y avait eu, en parallèle, un coup d’État préparé pour renverser tout le pouvoir — qui n’a finalement pas pu être exécuté à cause du déroulement inattendu de la crise ? Un coup d’État caché contre Senghor etMamadou Dia, en même temps ? Bon… divagation de Nijaay rekk nak. Rien de plus. 😉
13 Mai 2015 : Rappel à Dieu, à Dakar, du professeur Amady Aly Dieng (83 ans), universitaire pluridisciplinaire et auteur de plusieurs publications. Marxiste convaincu, son militantisme dans le PAI lui avait valu son exclusion de l'ENFOM. Il a travaillé comme assistant à la faculté des sciences économiques de l'Université de Dakar puis comme économiste principal à la BCEAO Sénégal.
🇸🇳 Le dernier des encyclopédistes sénégalais
Ah Paa, ou Doyen Amady Aly…
J’étais ce jour-là à la mosquée du Point E, et tout le gratin intellectuel y était réuni pour prier sur sa dépouille et témoigner, par grappes de conversations, de cet homme connu de tous — et qui connaissait tout.
Une véritable mine d’informations sur la trajectoire intellectuelle et politique des hommes et des femmes qui ont marqué la vie sénégalaise. Des heures de discussion avec lui, notamment au journal @walfadjrisn , qui était devenu, toutes proportions gardées, sa grand-place, où il aimait palabrer avec les journalistes, en toute simplicité.
Il a enseigné au @CESTIDAKAR , avec cet humour caustique et ces sarcasmes qui n’épargnaient personne. Il me quittait souvent avec un « Nuyul ma Bakary 2 », en parlant de son ami Pathé Diagne, avec qui il entretenait une interminable querelle sur l’europhilosophie. Comme il en a eu, d’ailleurs, avec plusieurs intellectuels : Abib Mbaye (va ecouter l'entretien centre sur lui avec le Pr MAgueye Kasse sur @Amanitvafrique ), Hountondji, Towa, Cheikh Tidiane Gadio…
Intarissable sur son ami Cheikh Anta Diop, Amady l’était aussi. Parfois critique, certes, mais sans jamais rompre avec cette profonde amitié qui, selon ceux qui les ont connus, liait les deux hommes. Une amitié demeurée intacte malgré des divergences jamais totalement élucidées, y compris sur le rôle de Cheikh Anta dans la carrière de Dieng.
Je terminerai par ces mots de Jean Copans, qui traduisent si bien ce que fut le Doyen Amady Aly :
« En fait, Amady est un Aristote à l’africaine, à la fois encyclopédique et partisan d’une école péripatéticienne, qui enseigne en se promenant, le matin pour ses élèves avancés et le soir pour un plus large public. »
Tout cela, c’est Amady Aly : un immense intellectuel, dont la fidélité à Abdoulaye Ly me fascinait. Mais, tout grand intellectuel qu’il fut, il a aussi été un jeune dandy — comme en témoigne cette photo avec son ami de toujours, Ousmane Camara.
Deux photos extraites d’une publication du CODESRIA, issue d’un entretien entre Dieng et le professeur Abderrahmane Ngaïdé.
#Senegal #Kebetu #MamadouDia #Senegal @AmadyAlyDieng
Bonus par VAR du 30 avril (J’ai déjà expliqué le sens de ces bonus : Ce que j’avais oublié de poster a la date « normale » !)
30 Avril 1926 : Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme, obtient de l'administration coloniale française l'autorisation de construire de la mosquée de Touba après celle de la mosquée de Diourbel délivrée en 1917.
📷 1913–2025 : l’erreur de lecture de Paul Marty
Évidemment, il y aura toujours des jarbaat pour me dire que je devrais écrire sur cet acte. Mais franchement, la documentation existe : allez donc y jeter un coup d’œil !
Je me contente ici de partager une photo de la mosquée en 1960 — histoire de mesurer le chemin parcouru. On est très loin des « prévisions » de Paul Marty qui, pourtant, connaissait personnellement le Cheikh, avait échangé avec lui, et écrivait en 1913 : « Il est fort probable que la disparition d’Amadou Bamba amènera la désagrégation de son mouridisme et son morcellement en autant de ramifications. »
Il n’avait rien compris, ce Paul. Et pourtant, comme le rappelle Jean-Louis Coulon, ce même Paul Marty avait aussi écrit à propos de Serigne Touba : « Il a la réputation d’un saint homme, pieux, charitable, de mœurs très pures. » En écrivant cela, le Français aurait presque pu deviner que son œuvre lui survivrait… Manifestement, Paul n’avait pas le baatin nécessaire pour comprendre ce qui allait suivre.
Note : Comme mes jarbaat le savent, je ne suis expert en rien. En dehors de mes commentaires subjectifs, partiels, biaisés et précédés de 🇸🇳, ces informations sont disponibles sur des milliers de sites.
#Senegal #Kebetu #Senghor #MamadouDia #SerigneTouba
Les “cent premières” de Samba Mangane : une génération qui a assuré
Si en France, avec @Le_NouvelObs , on en est à identifier « Les 50 qui vont faire demain », Samba Mangane, lui, propose « Ces 100 premières du Sénégal» : cent femmes qui comptent déjà aujourd’hui et qui permettront peut-être, demain, à un vrai prospectiviste — et non à un gisaane - d’identifier les 100 hommes et femmes qui feront le Sénégal de demain !
Évidemment, qu’il s’agisse de 50 ou de 100 noms, on trouvera toujours quelqu’un pour dire qu’il fallait aussi y mettre celle-là ou celui-ci. Mais la bonne nouvelle, c’est que personne — ou presque — ne contestera la place des cent femmes identifiées par Mangane.
Bon, le livre n’est pas encore dans les rayons des librairies, mais ne compte pas sur moi, ô jarbaat TikTok addict, pour en disposer gratuitement à sa sortie !
Et puis, je vois parmi ces « cent premières » certaines de vos bajaañ. Il faut dire qu’elles, elles ont grandi avec les livres… et non avec les écrans.
#kebetu #senegal