L’édifice délabré de la justice ne tient que grâce aux magistrats et greffiers qui s’investissent au delà du raisonnable, au mépris de leur santé physique et psychologique.
Les lâcher de cette façon pour servir des ambitions politiques personnelles est inadmissible et honteux.
Se faire lâcher comme ça par son ministre, c'est vraiment innacceptables.
Ministre qui connait les manques cruels de moyens et d'effectifs.
Les magistrats qui sonnent les alarmes depuis des années et des années.
Tout le monde s'en fout.
Et on va encore leur taper dessus.
Le projet de loi SURE, non content de proposer la suppression des audiences criminelles, prévoit également une réforme des nullités de procédure qui est tout aussi inacceptable. Et surtout, qui porte atteinte, d’une manière inique, aux droits de la défense… Explications👇
J'ai un grand respect pr cette magistrate qui ose s'élever contre le projet de loi.
Qui oserait dire qu’elle ne sait pas de quoi elle parle.
https://t.co/xHqGBx5MoH
« Les comparutions immédiates — la justice la plus au rabais de France — deviennent, le temps d’une grève, un temple de l’éloquence où les faits les plus simples font l’objet d’une bataille pied à pied comme s’ils étaient jugés dans une cour d’assises » ❤️
@BernaFrederic6 On ne parle que du plaider coupable alors qu’il y’a I) les nullités II) les témoins aux frais du justiciable au delà de deux, au détriment des plus démunis ou encore III) la quasi fin de la cour d’assises.
On doit rappeler que la France consacre 83€ par habitant à la Justice là où l’Espagne en consacre 120€ et l’Allemagne 130€ ; nous avons en France 11 magistrats pour 100.000 habitants contre 25 en Allemagne.
Personne ne peut raisonnablement s’accommoder d’un budget si indigent.
La semaine dernière, j’ai défendu trois jours durant un homme qui reconnaissait sa pleine et entière culpabilité. Cette reconnaissance est le fruit d’un long travail sur lui, de dizaines d’heures de parloir, et d’une prise en charge psychologique souvent douloureuse en détention. Sa prise de conscience de la souffrance infligée n’aurait pas existé sans l’échéance de l’audience criminelle, sans ce rendez-vous judiciaire crucial. Une femme appelée à témoigner est venue raconter le mal que l’accusé lui avait fait. Il s’est levé et lui a demandé pardon. Elle s’est écroulée à la barre en murmurant : « C’est la première fois, la toute première fois de ma vie que quelqu’un me demande pardon pour de vrai ». L’accusé l’a répété tout au long du procès : « Je veux laisser une peau dans ce box, je veux laisser le pire de moi ici ». Voilà ce que la loi SURE va supprimer. Il y a mille façons de reconnaître un crime mais un seul moyen de s’y confronter réellement : l’audience criminelle. Cette réforme est aussi une machine à fabriquer de la récidive…