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Albert Einstein
Rubio contre Vance: Le piège libanais.
Ci-dessous l'analyse d'Ahmad Husseini, fin connaisseur de la scène politique américaine et de son pays, le Liban, au moment où celui-ci signe un fragile accord avec Israël, sous l'égide des Etats-Unis.
L'accord qui circule aujourd'hui à Washington se présente, en apparence, comme une réussite diplomatique libanaise. Un retrait est promis. La souveraineté, sans que l'accord d'armistice ne soit mentionné une seule fois, est invoquée. La présidence libanaise présente le texte comme la récupération de terres occupées et le rétablissement de l'autorité de l'État sur le Sud. Lu plus attentivement, à la lumière du moment régional qui l'a produit, le document apparaît tout autre : un instrument conçu moins pour stabiliser le Liban que pour atteindre par-delà le Liban et frapper l'entente naissante entre Washington et Téhéran.
La première chose à relever est l'écart entre ce qu'Israël a gagné sur le terrain et ce qu'il extrait aujourd'hui sur le papier. La capitulation rédigée à Washington ne reflète en rien la position réelle d'Israël dans le Sud. Les forces israéliennes qui s'y trouvent ne sont pas des occupants maîtres du terrain. Elles vivent à l'intérieur de leurs chars, dormant dans leur blindage au point qu'un habitant a ironisé sur la bienvenue à l'hôtel Merkava, ou repassant la frontière chaque nuit pour échapper aux drones FPV qui rendent le terrain impossible à tenir après la tombée du jour. Une armée incapable de demeurer sur la terre où elle est entrée ne dicte pas ses conditions par droit de conquête. Ces conditions lui sont remises à une table de négociation. Le document consigne une victoire que le champ de bataille n'a jamais livrée.
Cet écart est la clef de toute la manœuvre. L'encerclement de l'Iran, tenté et défait dans le golfe Persique, se poursuit désormais par d'autres moyens. Ce que les illusionnistes en Israël et au Liban n'ont pu obtenir en cernant l'Iran dans la région, ils tentent de le dérober à la table des négociations, aspergé de l'eau bénite des bénédictions de Rubio pour faire passer le vol pour un sacrement.
Pour comprendre, il faut distinguer les deux projets américains à l'œuvre dans la région, car ce ne sont pas le même projet et ils ne sont pas portés par les mêmes hommes.
Le premier appartient au courant de l'administration associé à Vance. Sa logique est la retenue comme stratégie. Il considère le long enlisement américain au Moyen-Orient comme un coût à réduire plutôt qu'une mission à prolonger, et il admet qu'un arrangement négocié avec l'Iran, si imparfait soit-il, sert mieux les intérêts américains qu'une nouvelle confrontation sans terme menée pour l'essentiel au profit d'Israël. Le mémorandum d'entente avec l'Iran est le produit emblématique de cette pensée. Il repose sur une seule prémisse : que Washington peut faire baisser la tension avec Téhéran et contenir l'aventurisme militaire israélien assez longtemps pour que la désescalade devienne autosuffisante.
Le second projet appartient au courant associé à Rubio. Sa logique est la pression comme stratégie. Il n'admet pas l'arrangement avec l'Iran comme un intérêt américain établi. Il tient l'endiguement et l'affaiblissement progressif de l'Iran pour une affaire inachevée, et il traite toute ouverture vers Téhéran comme une concession à annuler plutôt qu'un acquis à consolider. Là où le premier courant voit une guerre à terminer, le second voit une campagne à mener à son terme par d'autres moyens.
Ce ne sont pas des différences de degré. Ce sont deux réponses concurrentes à la question de l'après-Trump, avancées par deux hommes qui entendent chacun être cette réponse. Pour l'un comme pour l'autre, la succession est un projet de tout ou rien, et chacun l'a misé sur une vision irréconciliable du rôle de l'Amérique. Vance propose une restauration MAGA tournée vers l'intérieur, une Amérique qui se retire des guerres d'autrui. Rubio propose le vieux credo interventionniste en habit MAGA, une Amérique qui reste et achève le travail. Les deux ne peuvent hériter ensemble de la coalition de Trump, et chacun le sait. Le Liban est le terrain où cette rivalité a trouvé son champ de bataille, et le terrain que le second courant a choisi pour sa contre-offensive.
Il faut suivre l'enchaînement. La campagne militaire contre le Hezbollah a infligé de réels dégâts. Elle n'a pas produit le résultat politique recherché par ses architectes. Le Hezbollah a été blessé sans être éliminé. L'Iran a été pressé sans être retiré de l'équation libanaise. L'objectif de restructurer en profondeur l'ordre sécuritaire et politique du Liban n'a pas été atteint sur le champ de bataille. C'est le plus ancien des schémas dans la conduite de la guerre et de la diplomatie : quand la campagne n'atteint pas son but politique, la table des négociations devient l'instrument qui obtient ce que les armes n'ont pu obtenir.
Le mécanisme est habile précisément parce qu'il paraît innocent. Israël et le courant de Rubio n'ont pas besoin que le Liban perde une guerre. Ils ont besoin que le Liban signe un papier. Un État libanais qui appose sa signature sur un accord rédigé entièrement selon les termes israéliens accomplit ce que le champ de bataille n'a pu accomplir : il permet à Washington de se tourner vers Téhéran et de dire que l'Iran n'a aucun titre au Liban, aucune compétence, aucun rôle, puisque l'État libanais lui-même a choisi de négocier sans lui et contre lui. L'accord devient la preuve que la position régionale de l'Iran s'effondre non sous la pression américaine, mais par le libre choix des partenaires de l'Amérique.
C'est pourquoi le document compte bien au-delà des deux lambeaux de terre du Sud qu'il concerne. Netanyahou l'a reconnu à sa manière. Il décrit le retrait comme l'abandon de zones auxquelles il n'attache aucune valeur, tandis que la liberté d'action militaire d'Israël sur le Liban demeure intacte. La présidence célèbre une victoire souveraine qu'elle ne sait pas expliquer dans les faits. La majorité des Libanais rejettent le texte comme une capitulation. Ces trois réactions concordent avec une même réalité de fond : l'accord demande au Liban d'assumer des obligations contraignantes tout en laissant à Israël une latitude militaire pour l'essentiel intacte. Un arrangement de cette forme ne consolide pas la souveraineté libanaise. Il entérine le déséquilibre et l'appelle paix.
L'instrument par lequel cela se réalise est une direction libanaise trop compromise et trop sensible aux menaces de sanctions américaines pour résister au cadrage. Une troïka compromise de la présidence, de la primature et de la présidence du Parlement, incapable de refléter une position nationale, devient par défaut l'instrument de la stratégie d'un autre. Quand un État refuse de se servir du levier qu'on lui tend, le levier passe à la partie disposée à s'en servir. L'insistance de l'Iran sur un cessez-le-feu et un retrait israélien du Sud avait ouvert une perspective qu'un État libanais cohérent aurait pu convertir en conditions réciproques. Il a préféré négocier selon les termes de l'autre camp et remettre au courant de Rubio précisément l'outil qu'il lui fallait.
Ici, la mémoire historique des Libanais eux-mêmes devient décisive, et c'est la raison pour laquelle le piège pourrait ne pas se refermer. L'armée libanaise comprend, mieux que toute partie extérieure, ce que produit un arrangement de sécurité imposé sans légitimité interne. Elle porte la mémoire institutionnelle de l'accord du 17 mai 1983, un document qui promettait lui aussi sécurité et retrait, négocié lui aussi sous pression extérieure, et qui s'est effondré faute du moindre fondement dans le consentement libanais. Le 17 mai n'est pas un précédent parce que l'histoire se répète. C'est un précédent parce qu'il a établi une règle permanente : un arrangement de sécurité que la population tient pour une capitulation ne peut être appliqué par les institutions chargées de le porter, quel que soit le nombre de signatures qu'il recueille. L'alternative légitime n'est pas l'imposition extérieure, mais le cadre dont le Liban dispose déjà, l'accord de Taëf et son séquencement, qui ordonne le rétablissement de l'autorité de l'État par des étapes nationales convenues plutôt que par des conditions dictées du dehors.
C'est le vice de structure que le courant de Rubio a inscrit dans son propre dispositif. Pour convertir le texte de Washington en engagement national contraignant, le Liban devrait le ratifier, et la ratification, dans un pays aussi divisé, équivaut à quelque chose de proche d'un référendum, formel ou de fait, sur la survie de l'accord. Certains s'opposeront à ce processus, et une part de cette opposition sera violente. Un accord qui exige un verdict national qu'il ne peut emporter n'est pas un règlement. C'est un détonateur à retardement.
La question qui se pose donc au Liban n'est pas de savoir s'il faut célébrer un retrait. Elle est de savoir s'il faut se laisser utiliser comme le mécanisme par lequel un courant américain en sabote un autre. L'accord est vendu comme la récupération de la souveraineté. Il fonctionne comme une arme dirigée contre l'entente américano-iranienne, avec le Liban pour rampe de lancement et une direction divisée pour détonateur.
Si le courant de Vance l'emporte, la voie passe par une désescalade réciproque, des institutions libanaises renforcées et un règlement que la société libanaise peut véritablement faire sien, mené dans le cadre de l'accord de Taëf et de son séquencement. Si le courant de Rubio l'emporte, ce qui n'a pas été pris sur le champ de bataille l'aura été à la table, et l'ouverture régionale plus vaste aura été tuée non pas à Téhéran ni à Tel-Aviv, mais à Beyrouth, par des mains libanaises tenant un stylo.
Voilà le piège. Il faut le nommer avant qu'il ne soit signé.
🇺🇸🇮🇷 White House released full text of the MoU
The points summarised are as follows:
1. The U.S. and Iran, and their allies in the current war, by signing this MoU, declare the immediate and permanent termination of military operations on all fronts, including in Lebanon, and undertake from now on not to initiate any war or any military operation against each other, and to refrain from the threat or use of force against each other, and ensuring the territorial integrity and sovereignty of Lebanon.
2. The U.S. and Iran will respect each other's sovereignty and territorial integrity and refrain from interfering in each other's internal affairs.
3. The U.S. and Iran commit to achieving a final deal in a maximum of 60 days, extendable with mutual consent.
4. The U.S. will immediately begin the removal of its naval blockade and any disturbances or impediments against Iran, and will fully end the naval blockade within 30 days. During this period, the traffic will be in proportion to the number of pre-war traffic being restored by Iran. The U.S. further undertakes to remove its military forces from the proximity of Iran within 30 days after the final deal.
5. Iran will make arrangements for the safe passage of commercial vessels with no charge for 60 days from the Persian Gulf to the Sea of Oman, and vice versa. The traffic of commercial vessels will immediately start, considering the need for removing the technical and military obstacles and demining, within 30 days. Iran will conduct a dialogue with Oman to define the future administration and maritime services in the Strait of Hormuz in discussion with other Persian Gulf littoral states in line with international law and the sovereign rights of coastal states of the Strait of Hormuz.
6. The U.S. undertakes with its regional partners to develop a definitive, mutually agreed plan with at least USD 300 billion for the reconstruction and economic development of Iran, as part of the final deal after 60 days. All required licenses, waivers, and permissions will be granted.
7. The U.S. will terminate all types of sanctions against the Islamic Republic of Iran, including the UNSC resolutions, IAEA Board of Governors resolutions, and all unilateral US sanctions, primary and secondary, in an agreed-upon schedule as part of the final deal.
8. Iran reaffirms that it shall not procure or develop nuclear weapons. The U.S. and Iran have agreed to resolve the disposition of stockpile enriched materials, pursuant to a mechanism that will be mutually agreed upon in accordance with the schedule mentioned in paragraph seven, with at a minimum a downblending on site under the supervision of the IAEA. The two parties also agreed to discuss the issue of enrichment and other mutually agreed matters related to Iran's nuclear needs.
9. Pending the final deal, the U.S. and Iran agree to maintain the status quo. Iran will maintain the current status quo of its nuclear program, and the U.S. will not impose any new sanctions and will not deploy additional forces in the region.
10. The U.S. undertakes that immediately upon the signing of this MoU, waivers will be issued for the export of Iranian crude oil, petroleum products, and derivatives, and all associated services, including banking transactions, insurances, transportation, etc.
11. The U.S. undertakes to make fully available for use the frozen or restricted funds of the Islamic Republic of Iran upon the implementation of this MoU. The U.S. and Iran will mutually agree on the procedures related to the release of these funds during the negotiations.
12. A monitoring mechanism will be established to supervise the implementation of this MoU and the subsequent deal.
13. After signing this MoU and subject to the beginning of the implementation of paragraphs 1, 4, 5, 10, and 11, and the continuing implementation of these measures, the U.S. and Iran will start negotiations regarding the final deal.
14. The final deal will be endorsed by a UNSC Resolution.
“Un homme de 36 ans soupçonné d'avoir violemment agressé une religieuse française à Jérusalem a été arrêté, dans un contexte de violences croissantes contre les chrétiens de la part de juifs extrémistes.”
https://t.co/jo6OhHnVft
“«La sœur [...] a senti quelqu'un qui arrivait derrière elle, et qui l'a projetée de toutes ses forces sur une pierre», a déclaré à l'AFP Olivier Poquillon, directeur de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem (Ebaf), où la religieuse catholique, âgée de 48 ans, est chercheuse. «Alors que la sœur restait au sol, l'homme a commencé à la rouer de coups de pied», a ajouté ce père dominicain. «Un touriste israélien s'est interposé (...) par chance, le pire a été évité et la sœur n'a été que légèrement blessée mais elle reste très choquée», a-t-il précisé.
«Un contexte d’actes antichrétiens devenu courant»
Une photo diffusée par la police israélienne montre la sœur en habit, visage flouté, portant une large trace violacée à la tempe. L'agression «s'inscrit dans un contexte d'actes antichrétiens devenu courant, avec des insultes, des crachats de la part d'extrémistes visant des religieux en habit au quotidien», avance une source diplomatique européenne. «Mais là on atteint un autre niveau».
La Faculté de lettres et sciences humaines de l'Université hébraïque de Jérusalem a condamné une «agression violente» qui n'est pas «un incident isolé [mais] fait partie d'une tendance préoccupante d'hostilité croissante contre la communauté chrétienne et ses symboles».”
via @Le_Figaro via @AFP
LETTRE À UNE AMIE LIBANAISE
Lettre publiée le 4 avril 2026 sur @LOrientLeJour avec l’autorisation de l’auteur et de la destinataire.
https://t.co/UQkzPingqK
Fayrouz, la diva libanaise qui conquit le monde ! Elle envoûte autant qu’elle fédère. Fayrouz de son vrai nom Nouhad Haddad est sacralisée bien au delà de sa patrie, le Liban. Sa voix enivrante dénote, apporte une touche de légèreté et de joie. 🎶😘
في جلسة عائلية
قال ابي لأخي :
_ إياك أن يسقط أخاك
وانت واقفاً ..
أما أمي فلها رأي جميل
قالت :
_ اذا كان عدوك أخاك
فاعلن هزيمتك .
عرفت بعدها أن الحرب
ضد الاخوة حرب خاسرة ..!
#واقع
🚨BREAKING: It's only been 24 hours since China revealed this AI
And motion designers are already losing clients.
This new AI tool turns a single prompt into full motion design in seconds
Here’s how it works (with wild examples): 👇
🔥 XXIeme s. - Derrière Trump, des cinglés bâtissent un Empire Cognitif qui a déclaré la guerre au réel. Demain, on ne sera pas augmenté mais reprogrammé.
📚 Pour décrypter la nouvelle arène du pouvoir, Cyberpunk parait le 19.09.25 @EditionsduSeuil
Merci @LePoint@Mancioday