Nos amis suisses ont réglé en une phrase de leur Constitution le problème que la France n’arrive pas à regarder en face depuis cinquante ans.
Le 2 décembre 2001, 84,7 % des électeurs suisses ont approuvé l’inscription du frein à l’endettement dans la Constitution fédérale. Le principe est d’une simplicité désarmante : sur l’ensemble d’un cycle économique, la Confédération ne dépense pas plus que ce qu’elle perçoit. Quand l’économie ralentit, un déficit est autorisé pour amortir le choc. Quand la croissance revient, l’État dégage des excédents qui compensent ce déficit. C’est une règle d’équilibre budgétaire sur l’ensemble du cycle.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. En 2025, la dette de l’ensemble des administrations publiques suisses s’établissait à 40,7 % du PIB selon l’Administration fédérale des finances, et la dette nette de la Confédération à seulement 16,1 % du PIB. En France, la dette publique atteignait 115,6 % du PIB fin 2025 selon l’Insee, soit près de trois fois plus. La Confédération a payé environ 1,02 milliard de francs d’intérêts en 2025.
Il n’y a là aucun miracle, seulement une évidence que n’importe quel ménage ou chef d’entreprise applique au quotidien : on ne dépense pas durablement plus que ce que l’on gagne. Les Suisses ont simplement eu le courage de l’écrire dans leur Constitution, pour que cette évidence ne dépende plus de la bonne volonté de chaque majorité.
« Je vous interdis de me parler, vous êtes un journal d’extrême droite. Vous n’êtes même pas journaliste d’ailleurs. Partez ! »
Gabrielle Cathala, députée LFI, au blocage à Sciences Po.
👉 Reportage sur le blocus de Sciences Po : https://t.co/ctUUqImzqj
Le nombre d’inepties que vous prononcez par phrase frôle la cote d’alerte @JLMelenchon…
Trois affirmations et trois erreurs. Félicitations !
Pour commencer, vos 120 milliards sont faux. Le déficit public a atteint 152 milliards l’an dernier selon l’Insee. Vous minimisez donc le trou d’une trentaine de milliards, tout en dénonçant l’effort pour le combler. Fabuleux..
Ensuite, annuler la dette détenue par la BCE ne tient pas une seconde et a déjà été débunké un bon Milei de fois. Pour rappel, l’Eurosysteme détient près de 600 milliards de titres publics français. Les « effacer » créera un précédent qui se traduira pour les prochaines années en une autorisation de création monétaire en contractant d’autres prêt qu’on ne rembourserait jamais. Et je ne parle même pas de l’impact sur les créanciers (mêmes privés) qui demanderaient des taux encore plus élevés pour nous prêter des fonds. Rappelons au passage que le taux d’emprunt a 10 ans est actuellement à 4,8 %…
Enfin, « ailleurs que sur le marché financier mondial », c’est où exactement ? Il ne reste que l’épargne et les impôts des Français.
Pour rembourser une dette, il existe pourtant une méthode qui ne ruine ni l’épargnant ni le contribuable : dépenser moins. Avec une dépense publique à 57 % du PIB, la plus élevée de la zone euro, les économies possibles ne manquent pas…
Le budget « responsable » de Roland Lescure ressemble déjà beaucoup au bordel qu’il promet d’éviter.
Cet été, le ministre a prévenu les groupes parlementaires que ce serait son budget ou « le bordel », avec un déficit ramené à 5 % en 2027 « quoi qu’il en coûte ». Un objectif déjà (largement) insuffisant, et que le vote du vendredi 9 octobre au soir rend encore moins crédible : la commission des finances de l’Assemblée a en effet rejeté la partie recettes du texte par 31 voix contre 3.
Il faut dire que ce budget repose (beaucoup) sur l’impôt. Les prélèvements obligatoires passeront de 43,9 % à 44,2 % du PIB, quand la dépense publique ne reculera que de 57,1 % à 56,9 % (dans le meilleur des cas), et pendant ce temps la charge d’intérêts bondira de 79 à 91 milliards d’euros en un an.
Mardi 13 octobre, les députés reprendront le texte dans l’hémicycle. Et si le débat déraille, il restera au gouvernement les ordonnances, que personne n’a jamais utilisées pour un budget depuis 1958.
Mais avec ou sans vote, tant qu’on ne touchera pas à la dépense, ce sont encore les contribuables qui paieront ces 91 milliards d’intérêts…
Pourquoi seulement 1337 euros et pas 7000 @Clemence_Guette ? Allez-y un peu plus franchement dans vos propositions étant donné que ce sera dans tous les cas infinançable…
Pouvez-vous nous dire par quelle magie vous allez faire apparaître cet argent que vous promettez avec un aplomb qui surpasse encore votre médiocrité ?
Étant donné que vous n’avez aucune intention de faire reculer la dépense publique, la première d’Europe a 57,3 % du PIB, on imagine que ce sera financé par el famoso « taxer les riches ».
Problème : il existe ce qu’on appelle « les autres pays ». Ainsi donc, ceux chez qui vous chercherez cet argent dont vous avez tant besoin fuiront au plus vite vers des endroits au style artistique moins soviétisant. Cela posera un petit sujet car, voyez-vous (et parmi les nombreux exemples) les 10% des foyers fiscaux les plus riches couvrent 73% des recettes d’impôt sur le revenu.
Ainsi, et comme d’habitude, vos propositions de dépenses infinies devront être payées par des hausses d’impôts, mais qui retomberont (contrairement à ce que vous pensez) sur les personnes que vous dites défendre, à savoir les classes moyennes (si tant est qu’elles existent encore).
Je comprends que les lycéens réclament des professeurs et de meilleures conditions d’enseignement. Mais le vœu de LFI passe sous silence les lycées incendiés, les personnels blessés et les policiers agressés. Cette sélection des victimes est inacceptable.
Les Français consacrent des milliards à l’éducation. Cet argent mérite du respect. Les bâtiments qu’il finance aussi.
La vie exige des efforts, de la persévérance et du courage. Le rôle des élus devrait être d’encourager les jeunes au travail et à la discipline. Nous refusons que l’extrême gauche instrumentalise leur colère et transforme la jeunesse en instrument permanent de conflictualité. Si les Français choisissent le camp national en 2027, leur décision devra être respectée.
Mais notre pays nous a récemment offert une autre image : lors de la visite du pape Léon XIV, une jeunesse rassemblée dans la fraternité, l’espérance et la paix.
Cette jeunesse existe aussi. Cette France existe aussi : une France qui aime le beau, le juste et le bon.
Tenez bon, chers Ivryens, chers Français, nous arrivons !
« Nous défendons une taxe foncière progressive », conclut @Aurelien_Le_Coq … Autrement dit, l'ISF revient, mais avec un autre packaging !
Le détail figure dans l'amendement LFI que vous avez cosigné, et qui a déjà été rejeté : une taxe foncière calculée sur tout le patrimoine, immobilier comme financier, dettes déduites, et majorée au-delà de 800 000 euros. Ce seuil n'a rien d'un hasard puisqu'il correspond, d'après votre propre texte, à « la première tranche de l'ancien ISF ».
Pour rappel, les 10 % de ménages les plus aisés paient déjà 27 % de la taxe foncière, selon l'Insee. Et l'IFI frappe déjà le patrimoine immobilier net au-delà de 1,3 million d'euros.
Surtout, un patrimoine ne verse aucun salaire. Un retraité qui a fini de rembourser sa maison et épargné toute sa vie peut franchir le seuil : il paiera plus, sans un euro de revenu supplémentaire. L'investisseur qui empile les crédits, lui, déduira ses dettes et paiera moins. On pénalise l'épargne et on récompense l'endettement.
Quant à la hausse de 37 % en dix ans, presque deux fois l'inflation (UNPI), elle vient pour deux tiers de la revalorisation automatique des valeurs locatives et pour un tiers des taux votés par les collectivités. Votre texte ne s'en cache d'ailleurs pas : il veut « améliorer cette recette des collectivités ».
Pour soulager les propriétaires, il existe une méthode (beaucoup) moins créative : baisser la dépense locale, puis la taxe foncière de tout le monde.
Les investisseurs font désormais plus confiance à TotalEnergies, L’Oréal ou LVMH qu’à l’État français…
Selon Bloomberg, près de 215 milliards d’euros d’obligations de nos grandes entreprises s’échangent aujourd’hui à un taux inférieur à celui de l’État pour la même échéance. Cela représente 38 % de leur dette de bonne qualité, soit près de 4 euros sur 10. En début d’année, ce montant n’était que de 12 milliards : il a été multiplié par (presque) 18 en neuf mois !
Pour rappel, ce phénomène est (très) rare : selon l’OCDE, à peine 1,6 % des entreprises d’un grand indice obligataire mondial empruntaient moins cher que leur propre État fin 2025. Chez nous, 17 des 40 entreprises du CAC 40 sont dans ce cas. Du jamais-vu depuis la crise de 2011.
Or une entreprise qui dépenserait plus qu’elle ne gagne pendant cinquante ans finirait (évidemment) au tribunal de commerce. L’État, lui, n’a plus voté un budget à l’équilibre depuis 1974 et dépense 57 % de la richesse nationale.
Cette prime de défiance, ce sont les contribuables qui la paieront, à chaque nouvel emprunt de l’État. Et le seul moyen de la faire baisser est connu : réduire (drastiquement) la dépense publique.
Bref : les marchés prêtent volontiers à ceux qui produisent. À ceux qui dépensent, beaucoup moins…
L’opportunité dans le chaos. Votre stratégie se précise @JLMelenchon : tout brûler pour pouvoir enfin appliquer ce programme si cher aux pensées de collégiens.
Vous vous rendrez malheureusement compte que ce programme ne fait rien repousser sur les cendres…
« La crise n’est pas une opportunité que pour les spéculateurs », expliquiez-vous. Or la France n’abordera pas cette crise en pompier mais en pyromane : dépense publique à 57,3 % du PIB selon l’Insee (contre 49 % en zone euro), déficit vers 5,4 % cette année, et 340 milliards d’euros à emprunter l’an prochain auprès de ces mêmes marchés à qui vous promettez de « tomber sur un os ». L’os, c’est nous qui tomberons dessus.
Pour rappel, le programme du Nouveau Front populaire, que vous portiez en 2024, creusait déjà le déficit de 179 milliards d’euros par an selon l’Institut Montaigne. Autrement dit, (grosso modo) un deuxième déficit empilé sur le premier.
Et parmi vos mesures, (entre autres) le SMIC à 1 700 € net. Le SMIC dépasse déjà 60 % du salaire médian, l’un des ratios les plus élevés de l’OCDE, et les cotisations patronales pèsent 26,7 % du coût du travail, record de l’OCDE, contre 13,4 % en moyenne. Concrètement : sur 100 euros dépensés pour vous payer, votre employeur en verse déjà près de 27 en cotisations, deux fois plus qu’ailleurs. En pleine crise, une telle hausse de salaire entraînerait une vague de licenciements.
Reste l’ISF, qui ne rapporte que si ceux qui le paient restent. En pleine crise, ils seront (évidemment) les premiers à partir vers ce fabuleux concept appelé « les autres pays ».
Ces mesures ne sont qu’un échantillon du programme LFI. Elles coûteront plus cher que ce qui n’a jamais été observé en France. Sans baisse de la dépense publique, chaque euro ajouté creuse le déficit. Ce déficit sera donc financé par ceux qui restent, quand les plus riches et les entreprises auront fui : salariés, artisans, classes moyennes.
Pour vous, la crise est une opportunité. Pour elles, ce sera la double peine…
« Mieux vaut un mauvais budget que pas de budget », plaidait hier soir Paul Midy en commission des finances… Encore faudrait-il que ce mauvais budget ne coûte pas plus cher que pas de budget du tout.
Le chiffrage vient du rapporteur général Philippe Juvin : 7,6 milliards d’euros d’impôts nouveaux d’un côté, 17,2 milliards de recettes perdues de l’autre, et pas un euro de dépense coupé. Soit près de 10 milliards de déficit en plus, en quelques jours de commission.
Paul Midy l’admet lui-même : le déficit est « dégradé », vers 5,4 % du PIB au lieu des 5 % visés. Son groupe a pourtant voté pour, et c’est le seul : 31 voix contre, 3 pour.
Or sans budget, on reconduit les impôts existants et les crédits déjà votés. Personne n’y ajoute 10 milliards de trou. Et ces milliards ne disparaissent pas : ils partent en dette, puis en intérêts, puis dans les impôts de demain.
Mardi 13 octobre, l’hémicycle reprendra l’examen à partir du texte initial du gouvernement. S’il refait la même chose, des impôts nouveaux, des recettes perdues et toujours aucune économie sur une dépense publique à 57 % du PIB, il faudra malheureusement retourner la formule :
Mieux vaut pas de budget qu’un mauvais budget…
Une nouvelle mise à jour fiscale sous le sapin de Noël aujourd'hui : on quintuple la taxe Gafam.
Vendredi, la commission des finances a porté la taxe sur les services numériques de 3 % à 15 %. Ses promoteurs promettent 3,5 à 4 milliards d'euros. Aujourd'hui, elle rapporte environ 890 millions.
Mais cette taxe ne tombe pas sur Silicon Valley comme on veut le croire. Dès 2019, Amazon a déjà relevé ses frais vendeurs de 3 % sur ses plateformes françaises. Depuis 2021, Google ajoute 2 % aux factures publicitaires diffusées en France. Autrement dit, ce sont les annonceurs français, les e-commerçants français et les artisans français qui paient une partie de la hausse.
On préfère donc inventer une nouvelle recette sur « les géants étrangers » plutôt que de supprimer un seul euro de dépense publique. C'est plus simple à expliquer en conférence de presse. C'est moins efficace pour réduire le déficit.
La séance publique commence dès mardi 13 octobre. Et comme chaque année, ce qui a été voté en commission devra encore survivre à l'hémicycle… et surtout à la réalité économique.