Elle n'a pas de pluriel
chez elle tout est singulier
elle n'aime pas au pluriel
pour elle c'est le régulier
elle n'aime pas au plus que parfait
chez elle c'est l'imparfait
elle aime
au présent
au temps
qu'elle ressent
pour un moment
pour longtemps
suivant ...
Autre monde
Ses mots achevés
de chevet
soleil couchant
l'ont enlevé relevé
l'ont bercé
l'ont couché
ses mots rescapés
accouchés
de ballet
soleil tournant
en tournée
sont emportés
déballés
semés
balayés
l'ont emballé
l'ont réveillé
Autre monde
Elle aimerait
voir apparaître
re être
dans tous les hommes
cette forme
de féminin
si souvent caché
en souterrain
l'expulser
et le "mal" n existerait... plus.
Autre monde
Et si demain
elle a besoin d’1 ange gardien
d’1 musicien
d’1 artiste peintre
... viens
mon baladin
pr aller vers demain
loin des vauriens
pr effacer les 4 coins
oublier les venins
des requins
... viens
pr aller vers les chants africains
les magiciens
elle a besoin d’1 humain
A.M
ils parlent de voyage
montrent leurs images
mais elle se demande
l’amour quelle place
est-il "facilité"
ds ces paysages colorés
lunes de miel répétées
aller + loin pr s’aimer
quelle réalité ...
elle,le ciel bleu c'est ses yeux
le sable fin ses mains
la mer argentée ses baisers
AM
Désirs
J’ai tant rêvé de toi sans le vouloir vraiment,
Mes courbes emmêlées à tes rivages blancs,
Ton prénom bâillonné sous mes lèvres fermées,
Et sur mon ventre fleur ton torse tatoué.
J’ai tant rêvé pourtant tu n’es jamais venu,
Poser ta bouche tendre contre mon sein nu.
Elle jouait du clavecin
Sous une pluie
De haine et de bombes
Sans parvenir
À trouver un refrain
À cette mélodie
Tragique et sombre
Mais comment jouer
Un hymne à la vie
Au milieu du chaos
Et de la folie
Qui s’emparaient
De son monde ?
Perdre quelqu’un
c’est perdre ses petits morceaux
un à un
chaque jour
c’est une pièce manquante de lui qui s’ajoute
chaque jour
c’est une de plus en moins
Autre monde
Les présences du monde
les plus dangereuses
les plus silencieuses
dansent toujours la ronde
gagnent sans combat
hors la lois
pourquoi s épuiser à réduire ce qui ne peut l'être
gaspiller ses forces déjà si fines
disperser son air
si infime
état anonyme
et sans racine
Autre monde
La porte de son château
a recommencé à s’ouvrir
elle avance doucement
elle s’invite
la touche de ses 2 mains
c'est un nouveau matin
ses mains
forment les ailes
celles de l’oiseau
il faut toucher l’anneau
aller de plus en plus haut
c’est elle
son monde
qui l’inonde
Autre monde
Puisque à terre ses ailes sont des lenteurs
des boulets pour son cœur
elle ira planer
à ses côtés
chaque matin
retrouver les vents marins
s'enivrer d'alizé
Autre monde
Elle a le coeur en bouillon
en brouillon
en souillon
qui a des tonnes de choses à dire
mais ne connaît plus le chemin
il est tenté
d'aller
un peu ivre
vers ce qu'il a de plus fragile
ou d'argile
l'imprévu ?
le connu ?
quel choix ?
celui du bois
des coeurs endormis
Autre monde
Couché sous ma main
Rose et doux
Il boit mes pensées à la source
Il absorbe le son des astérisques éclaboussées
Il mémorise les pattes de mouche
Éponge l'encre qui saigne
Pétri de cochenille
De prose passe aux vers
Rouge au cœur
Me donnant à lire
De mots renversés
Bavard buvard
Le caillou est mon diamant
mon chemin est ta main
l'arbre est notre château
dans tes yeux je vois le monde
cet espace si large, plus grand que nos bras
dans ton cœur j'entends le vent
ce chant du fond des fleurs
j'effleure
ta saison
s'approche l'horizon
Autre monde