Ces dernières 48 h rebattent les cartes de la géopolitique de l'IA et dessinent une voie claire pour la France.
(et pourquoi le gros de ce que vous avez lu sur le sujet de Kimi K3 et du discours de Xi Jinping à Shanghai ces dernières heures passe à côté des vrais enjeux)
DEUX ÉVÉNEMENTS CLÉS EN 48H
1. Moonshot AI (startup pékinoise adossée à Alibaba, fondée par un brillant jeune homme de 33 ans, Yang Zhilin, passé par Google Brain et Facebook AI Research) a sorti Kimi K3 : 2,8 billions de paramètres, le plus gros modèle open weight jamais publié, presque le double du DeepSeek V4-Pro, le modèle chinois open source de référence. K3 est meilleur que Claude Opus 4.8 et GPT-5.6 Sol sur plusieurs benchmarks agentiques et de code. Nous sommes donc à la frontière technologique, ou quasi. Poids téléchargeables par quiconque le 27 juillet. Prix : 15 $ le million de jetons en sortie, contre 50 $ pour l'équivalent américain.
2. Xi Jinping, au sommet de l'IA de Shanghai a prononcé un discours qui fera date : dénonciation d'une sécurité nationale « surétendue » qui justifierait les restrictions d'export (coucou Trump), engagement open source réaffirmé, et surtout annonce de 5 000 formations et centres de coopération IA offerts aux pays en développement (ASEAN, Ligue arabe, UA, CELAC, OCS, BRICS).
LE NOUVEL ORDRE GÉOPOLITIQUE : PAX SILICA AMÉRICAINE VERSUS OPEN MODELS CHINOIS
Washington a lancé en décembre 2025 la Pax Silica : coalition de 24 signataires (Japon, Corée, Inde, Golfe, Royaume-Uni, et depuis juin l'UE, l'Allemagne, les Pays-Bas) qui verrouille l'amont technologique de la chaîne IA (minéraux critiques, énergie, semi-conducteurs, infra). Sa doctrine distingue alliés (intégrés à la pile, prioritaires en cas de crise) et clients (accès purement transactionnel). La France n'a pas signé, mais s'est retrouvée embarquée par le truchement de l'UE.
- La stratégie américaine est de construire une forteresse IA : organiser la rareté et trier les partenaires pour maintenir l'écart avec les ennemis géopolitiques, en premier lieu la Chine.
- La stratégie chinoise est en miroir l'ouverture : distribuer gratuitement le quasi frontière non seulement à tous ceux que l'Amérique refuse, mais aussi, grâce à des prix bas, pénétrer au cœur même de la forteresse Pax Silica.
Washington essaye de verrouiller son propre camp.
Le 23 juin, Jacob Helberg, sous-secrétaire d'État et architecte de la Pax Silica, publiait « The Digital Sovereignty Trap » : si l'Europe (et particulièrement la France) veut faire cavalier seul plutôt que de jouer le jeu de la Pax Silica, elle serait condamnée à la médiocrité de petits modèles tous nazes. Le Département d'État en a publié une traduction française.
LE MESSAGE EST CLAIR.
La France doit se calmer avec ses velléités d'indépendance, et la Pax Silica est explicitement construite contre la notion de souveraineté numérique défendue par la France.
L'ouverture chinoise, elle, n'est bien sûr pas de la générosité, c'est une stratégie redoutable qui repose sur deux piliers : l'open source/weight et les prix cassés.
1. En étant open weight, elle attaque directement le marché du souverain sur lequel se spécialise Mistral. Si l'on ne peut être sûr de ce que l'IA chinoise va faire, on peut au moins être sûr que ses données restent cantonnées à ses serveurs locaux. Dans beaucoup de cas, notamment en entreprise, cela suffit. Les seuls secteurs qui renâcleront longtemps à passer sur de l'open source chinois seront probablement la défense, le classifié, la santé, les secteurs régulés.
2. En cassant le tarif de l'intelligence, la Chine sape délibérément les revenus des labos américains fermés, dont les marges financent la course au calcul. Chaque entreprise qui bascule sur K3 est un dollar en moins pour la forteresse américaine. L'open source chinois est ainsi la prolongation du dumping historique du pays visant à détruire les bases industrielles de ses concurrents. Et dans l'informatique, c'est encore plus difficile à contrer.
LE PARADOXE MOONSHOT-MISTRAL : MÊMES MOYENS, INCITATIONS INVERSES, CAR GÉOPOLITIQUES OPPOSÉES
Moonshot a levé environ 2 Md$ en mai (valorisation 20 Md$) et négocie un tour à 31,5 Md$. Mistral a levé 1,7 Md€ en septembre (11,7 Md€) et négocie 3 Md€ à 20 Md€. Mêmes ordres de grandeur d'accès au capital, à un tour d'écart.
K3 prouve qu'on atteint la frontière avec ce capital-là, par l'efficience algorithmique (attention linéaire, 16 experts actifs sur 896) plutôt que par la force brute. L'argument de Helberg, toute pile indépendante serait condamnée à la médiocrité, est démenti par la Chine trois semaines seulement après sa publication/menace. Et tous les demi-habiles qui expliquent que ce qui manque à Mistral, c'est une valo à 1 000 milliards, sont démentis avec lui.
La question qui tue cependant : pourquoi Moonshot fait de la frontière et pas Mistral ?
- Réponse fausse : « PaRCQuE MisTRAl Y soNt NUls eT LES CHiNOiS YZonT des GRos Qi ».
- Réponse correcte : parce que les deux sociétés appartiennent à des blocs géopolitiques que tout oppose, ce qui crée des systèmes d'incitations qui tirent dans des sens opposés.
1. Moonshot est valorisée sur sa capacité à être un modèle frontière. Elle répond à la demande stratégique globale chinoise de fournir de la frontière open source comme arme géopolitique : tout le système d'incitations est aligné pour qu'elle pousse vers la frontière, et sa valorisation dépend intégralement de son classement au leaderboard.
2. Mistral n'est pas valorisée sur sa capacité à aller à la frontière, car l'Europe est intégrée à l'Empire américain et n'a ni l'ambition ni les moyens géopolitiques d'aller titiller ses maîtres. Personne aujourd'hui ne donnera plus de sous à Mistral sur une thèse frontière. Ses investisseurs (ASML, industriels) financent une stratégie en adéquation avec ses contraintes géopolitiques : répondre à la demande souveraine européenne, complémentaire des modèles américians et non en concurrence directe, qui se limite à des modèles de taille plus modeste, sur les activités les plus sensibles, souvent en auto-hébergé et surtout très efficients.
Comme je le répète depuis 10 ans, la technologie européenne est en aval de sa géopolitique, pas en amont. L'Europe n'a pas de GAFAM parce qu'elle n'a pas les moyens de les interdire comme la Chine l'a fait pour développer les siens. L'Europe n'a pas de modèles frontière car elle n'a pas la volonté de concurrencer les États-Unis, seulement celle de maintenir un minimum d'autonomie au sein de l'ensemble occidental. Les incitations financières reflètent cette réalité géopolitique.
LES ENJEUX DE L'IA SE CLARIFIENT : CE QUE CELA VEUT DIRE POUR LA FRANCE
1. La fausse thèse de la commoditisation, le vrai enjeu de l'écosystème vivant.
L'abondance actuelle de modèles frontière fait dire que l'IA se commoditise. C'est se tromper. Cette abondance est subventionnée par du capital stratégique chinois qui paie 100 fois l'ARR pour des raisons géopolitiques, pas par une structure de coûts stabilisée. L'objectif est de conquérir le monde et saper les bases productives occidentales. Quand cela sera fait, la main du PCC pourra fermer le robinet. Or l'IA n'est pas un produit finalisé, c'est un processus. Dès que les restrictions seront mises en place, tous ceux qui s'abreuvaient au robinet sans le posséder se feront larguer. Et là où une bombe nucléaire d'il y a 20 ans reste une bombe nucléaire qui fait mal, une IA qui a 18 mois de retard devient peu utile face à une IA frontière.
C'est le point clé qu'il faut comprendre : ça ne sert à rien de posséder une IA. Ce qui compte c'est posséder un écosystème qui produit des IA. Et les IA étant des actifs de défense, avoir sur son territoire des organisations qui non seulement maîtrisent l'entraînement de modèles de bout en bout, données, infrastructure, RL à l'échelle, mais bénéficient aussi de l'environnement économique nécessaire pour produire de façon pdurable de génération en génération de nouveaux modèles, est un élément de souveraineté indispensable.
=> Conséquence : le gouvernement français doit copier le PCC, et faire de l'IA frontière une stratégie géopolitique, afin de développer et maintenir sur son territoire un écosystème de pointe. Cela passe par de la commande publique (commander à Mistral des modèles d'agentique frontière pour sa défense), et des contrats d'export et de coopération avec tous les pays non alignés sur le duopole sino-américain. La France doit retrouver sa géopolitique historique de force d'équilibre indépendante, et proposer au Sud global sa version des centres de coopération IA chinois.
2. Une grande partie de la puissance est dans l'intégration de l'IA à la machine productive.
Le programme de diffusion et de formation annoncé par Xi acte un état de fait encore mal compris : l'économie, en tant qu'organisation humaine lourde, victime de problèmes de coordination et de régulation, est le vrai goulet d'étranglement. Les modèles actuels produisent déjà des miracles, mais il faudra de longues années pour que le monde productif se réorganise pour en tirer pleinement parti, comme il s'est écoulé des décennies entre la machine à vapeur ou l'électricité et le remplacement de l'artisanat par la production de masse. Si le quasi frontière est abondant et accessible à court terme, ce qui reste très compliqué est de l'intégrer aux économies : les pays les plus prospères seront ceux qui intégreront l'IA le plus vite et le plus profondément, et le pouvoir ira à ceux qui orchestrent cette intégration.
=> Conséquence : la France doit créer un environnement réglementaire extrêmement favorable à l'IA pour que l'intégration à notre économie se fasse au plus vite. La France a par ailleurs pléthore d'ingénieurs-consultants dans les services informatiques. Tout l'enjeu est de réorienter cette grande masse vers le passage à marche forcée de l'économie française vers l'IA.
3. La pile physique de production de l'IA, ce qu'il nous faut absolument.
Si les modèles open source chinois distribuent temporairement la frontière, cela ne résout pas pour autant la question de comment les faire tourner. L'enjeu économique (ne pas envoyer tout son argent à l'étranger et creuser les déficits commerciaux) et l'enjeu de souveraineté se déplacent alors sur la capacité à produire ses propres puces, ses propres centrales nucléaires et ses propres centres de calcul, sur son propre territoire.
=> Conséquence : Mistral construit aux Ulis un site de 200 MW pour 2027 et un campus de 1,4 GW pour 2028. C'est un bon début. Mais il nous faut construire beaucoup plus de centres de calcul alimentés par des centrales nucléaires au design simplifié et produites à la chaîne en masse pour avoir l'abondance et les prix bas nécessaires. Messmer 2 au plus vite.
Reste la question clé de la puce d'inférence, celle qui produit de l'IA au quotidien (pas celle qui permet d'entraîner les nouveaux modèles, la marche est trop haute pour l'instant). Le Français Vsora arrive en data center ce semestre avec sa puce Jotunn8 (3 200 Tflops, moitié moins d'énergie, gravée chez TSMC). Espérons que sa puce sera à la hauteur de nos espérances. La même commande publique qui financerait la frontière chez Mistral peut faire levier ici : une commande massive de modèles agentiques propulsés par un couplage Mistral-Vsora pourrait faire émerger une pile physique indépendante.
CONCLUSION
La Chine joue un jeu agressif en réaction au jeu encore plus agressif des États-Unis : elle sape la base productive IA occidentale par des modèles puissants à bas prix et achète le Sud global avec de l'IA gratuite, pendant que Washington étouffe les approvisionnements chinois et enferme l'Europe dans une Pax Silica qui renforce sa vassalité.
Dans ce duel, la France n'a qu'une voie, celle de sa tradition de puissance d'équilibre indépendante : entretenir sur son territoire un écosystème capable de produire de l'IA de frontière, intégrer l'IA à son économie plus vite que les autres, proposer aux non-alignés de la rejoindre et posséder les éléments clés de la pile physique.
Alors que les gagnants et les perdants de ce siècle se décident en ce moment même sur le champ de bataille de l'IA, il est absolument crucial que nous ne nous trompions pas de diagnostic et que nous déployions au plus vite la bonne stratégie.
Nous en avons les moyens concrets, ce qui nous manque, c'est un peu de vision.
Le groupe Mulliez a donc livré des clims au groupe hospitalier académique le plus riche de France dans un quartier très bourgeois. Pourquoi un autre groupe ou un autre milliardaire ne pourrait-il pas faire un geste pour l’hôpital d’une des villes les plus pauvres de France? C’est aussi comme ça qu’on lutte contre le populisme. Vous pouvez me joindre ici et à l’hôpital!
Récemment j'étais à un dîner à Paris. Table mixte. Entrepreneurs, cadres, investisseurs, quelques profils tech. Des gens intelligents. Des gens qui ont réussi selon les standards français. Et j'ai eu une révélation assez violente.
Personne dans cette pièce ne pratique le pay it forward.
Le pay it forward, c'est un concept simple. Tu aides quelqu'un. Pas parce que tu attends un retour. Pas parce que tu calcules ce que ça va te rapporter. Tu aides parce que tu crois que la valeur que tu injectes dans le réseau finira par revenir, sous une forme ou une autre, à un moment ou un autre. C'est le fondement de l'écosystème de la Silicon Valley. C'est pour ça qu'un mec qui a vendu sa boîte 500 millions prend deux heures pour conseiller un fondateur de 22 ans qu'il ne reverra peut-être jamais. Pas par charité. Par conviction que le réseau est un jeu à somme infinie.
À ce dîner, c'était l'inverse exact. Chaque conversation était un calcul. Chaque information partagée était dosée. Chaque contact donné était une monnaie d'échange. Tu sentais physiquement que chaque personne évaluait en temps réel ce qu'elle pouvait extraire de l'autre. Pas créer ensemble. Extraire.
Et c'est là que j'ai compris quelque chose de profond sur la France.
Ce n'est pas un problème de personnes. C'est un problème de système. Quand tu vis dans une économie où l'état capture 57% du PIB, où chaque euro de valeur créée est immédiatement ponctionné, redistribué, fléché, administré, tu crées mécaniquement un jeu à somme nulle. Le gâteau ne grandit plus. Ou si peu que ça revient au même. Et quand le gâteau ne grandit plus, les humains cessent de coopérer et commencent à se battre pour les parts.
C'est Girard en version macroéconomique. La rivalité mimétique à l'échelle d'un pays entier. Quand il n'y a plus de croissance, quand il n'y a plus d'espoir que demain soit plus grand qu'aujourd'hui, chaque interaction sociale devient un combat de territoire. Mon bout de gâteau ou le tien. Mon poste ou le tien. Mon deal ou le tien.
Hayek avait formalisé ça en 1945. L'information dans une économie est dispersée entre des millions d'individus. Personne, aucun planificateur central, ne peut l'agréger. Quand tu laisses les individus échanger librement, l'information circule, les prix se forment, les ressources s'allouent efficacement. Quand tu mets un état hypertrophié au milieu, tu bloques les signaux. Tu crées du bruit. Tu empêches les humains de se coordonner naturellement.
Et le résultat, c'est ce dîner. Des gens brillants, capables, ambitieux, qui ne savent plus coopérer. Pas parce qu'ils sont mauvais. Parce que le système dans lequel ils évoluent a tué la possibilité même de la coopération généreuse. Quand chaque euro est une bataille, tu ne donnes plus rien gratuitement. Quand l'administration te prend la moitié de ce que tu crées, tu protèges le reste comme un territoire. Quand la croissance est à 0.7%, le pay it forward devient un luxe que personne ne peut se permettre.
Mises appelait ça le problème du calcul économique. Dans un système centralisé, les signaux de prix sont détruits. Les individus ne peuvent plus évaluer la valeur réelle des choses. Ils ne peuvent plus faire de paris rationnels sur l'avenir. Alors ils se replient. Ils protègent. Ils accumulent. Ils cessent de prendre des risques.
Résultat concret : la France n'a pas de Google. Pas de Apple. Pas de SpaceX. Pas de Stripe. Pas un seul géant technologique mondial. Pas parce qu'il manque du talent. Il y a plus de médaillés Fields par habitant en France que partout ailleurs. Les ingénieurs français sont recrutés par toute la Silicon Valley. Le talent est là. La créativité est là. L'intelligence est là.
Ce qui manque, c'est l'oxygène. L'espace pour que le jeu à somme infinie puisse exister.
À Y Combinator, la première chose qu'on apprend, c'est : aide les autres fondateurs du batch. Sans calculer. Sans compter. Parce que le réseau YC est un jeu à somme infinie. Chaque boîte qui réussit rend le réseau plus fort, ce qui rend ta boîte plus forte, ce qui rend le réseau encore plus fort. Boucle vertueuse. Feedback positif. Croissance composée de la confiance.
À Paris, la première chose qu'on apprend, c'est : protège ton deal. Ne partage pas trop. Méfie-toi. L'autre fondateur est un concurrent potentiel. L'investisseur a un agenda caché. Le mentor veut quelque chose. Boucle négative. Feedback négatif. Érosion composée de la confiance.
Ce n'est pas culturel. C'est structurel. Mettez les mêmes Français dans un écosystème où le gâteau grandit, où la fiscalité laisse respirer, où la croissance crée de l'espoir, et regardez ce qui se passe. Les Français de San Francisco pay it forward autant que les Américains. Parce que le système le permet. Parce que quand tu sais que le gâteau va grossir, donner un morceau aujourd'hui n'est pas une perte. C'est un investissement.
Voilà pourquoi le débat n'est pas culturel. Il est économique. Il est systémique. Si vous voulez que la France produise des géants, ne changez pas les gens. Changez les règles du jeu. Créez des espaces où la croissance est possible. Où l'espoir est rationnel. Où donner sans compter n'est pas de la naïveté mais de la stratégie.
Le pay it forward n'est pas une vertu morale. C'est un signal économique. Quand les gens le pratiquent, ça veut dire qu'ils croient au futur. Quand ils ne le pratiquent plus, c'est que le système a tué l'espoir.
Ce dîner à Paris m'a appris une chose. Le problème de la France, ce n'est pas le talent. Ce n'est pas l'ambition. Ce n'est pas l'intelligence. C'est que le système a transformé 67 millions de joueurs d'un jeu à somme infinie en gladiateurs d'un jeu à somme nulle.
Et le jeu à somme nulle finit toujours de la même manière. Tout le monde perd.
Sur 46 millions d'embauches en 2024 :
- 21 millions en CDD
- 21 millions en Intérim
- et seulement... 4 millions en CDI.
8 contrats de travail sur 10 durent... moins d'un mois !
(Le Monde)
Depuis cette séquence, @boucherbrigit est victime d’un harcèlement de masse. Parce qu’aujourd’hui, faire son travail de journaliste face à la meute, devient courageux. #SoutienBrigitteBoucher
Le communisme mental imprègne tellement tout le monde. C'est effrayant. Nouvel exemple avec @OuestFrance qui recense 20 mesures "d'économistes" pour équilibrer les finances publiques : 10 hausse d'impôts et 10 baisses de dépenses. Mais les baisses de dépenses ne sont que des hausses d'impôts !
il faut arrêter de dire que la solution de la crise budgétaire est de taxer les riches. Soit la classe moyenne accepte davantage de taxes, soit il faut réduire les dépenses.
Cher Édouard Philippe,
Vous proposez une hausse de l’âge de départ à la retraite. L’âge précis a varié, mais vous avez indiqué — à juste titre — qu’il devait permettre d’équilibrer les comptes. Je retiens donc 66 ans, sur la base des calculs du COR. Je crois qu'il vous ait arrivé de mentionner 67 ans.
Cherchez-vous querelle aux actifs ? Non, vous voulez équilibrer les comptes, ce qui implique un effort. Mais en quoi serait-ce chercher querelle aux retraités que de leur demander, eux aussi, un effort ?
Regardons les conséquences de votre proposition. L’espérance de vie d’un actif de 40 ans est de 83 ans. Donc 83 – 64 = 19 années à la retraite. Si vous retirez deux années de pensions, vous demandez une baisse de 10 % de la somme des pensions qui lui seront versées.
Mais ce n’est pas tout. Vous lui demandez de cotiser deux années de plus. Cela représente une hausse relative de 2 années sur les 43 annuités prévues, soit 2/43 = 5 % de cotisations supplémentaires.
Les cohortes nées dans les années 1980, sous la législation actuelle, devraient recevoir 1,3 € de pensions par euro cotisé. La proposition que vous défendez réduit ce ratio. Les 1,3 € deviendraient 1,17 €, tandis que chaque euro de cotisation passerait à 1,05. Le taux de récupération tomberait donc de 1,3× à 1,17/1,05 = 1,11×.
Tout cela sous-évalue fortement l’effort fiscal demandé, car cela ignore l’ensemble des autres cotisations sociales que les actifs continueraient de payer pendant ces deux années supplémentaires d’emploi.
Pourquoi estimez-vous que cette proposition ne cherche pas querelle aux actifs de 40 ans ? Pourquoi serait-il plus acceptable de réduire leur taux de récupération de 1,3× à 1,11× que de réduire celui de la génération de 1950 de 2,1× à 2×, ou même 1,9× ?
Vous voulez tenir un discours de vérité aux actifs. Pourquoi est-ce chercher querelle que de faire la même chose avec les retraités ? Sont-ils des enfants?
En quoi réduire le taux de récupération des retraités serait une forme de lutte des âges, et réduire celui des actifs tout autre chose? C'est la nature du système par répartition qui exige cette discussion entre générations.
Rappel historique: référendum du 1/12/1991 scellant l’indépendance de l’Ukraine: «Êtes-vous favorable à la déclaration d'indépendance de l'Ukraine?». Résultats: participation 84,2 %. OUI: 92,3 %. Carte du OUI selon les régions (en % des suffrages exprimés, source @Wikipedia_fr).