Si quelqu'un a une idée de quand a émergé la figure de la "brat princess" (capricieuse, superficielle, vénale, etc.) qui domine actuellement largement la scène du femdom, je suis preneur. Comme, ça, je dirais dans les années 2000, mais c'est certainement plus tôt.
Elle a le don de faire aimer la hiérarchie à ceux qui en honissent le principe. Elle parle, et la réponse qui monte à la bouche est : "Oui", "Bien sûr", "Évidemment", "Immédiatement". Sa prestance rend secondaire le désagrément qu'occasione la réalisation de sa propre servilité.
Quand on croit avoir saisi ce qui se joue dans notre relation avec elle, on se trompe encore, et de beaucoup. Les bribes de compréhension que l'on croit accumuler ne sont rien d'autre que les miettes qu'elle laisse à notre portée pour se divertir.
Longtemps, j'ai considéré à tort qu'elle "savait" : ce que nous étions, comment nous fonctionnions, sur quelles ficelles tirer. Alors qu'en fait, elle "est" : une personne qui agit librement, prend du plaisir à manifester sa puissance, et impressionne pour cela.
Nourrir son désir d'être utilisé, c'est-à-dire celui que l'on a d'être humilié, c'est se vouer à sa propre perte. Malheureusement, le savoir n'y change rien : face à la promesse du vertige et à la morsure du manque, la raison ne fait pas le poids.
La plupart n'imaginent pas combien c'est terrible d'en être arrivé au point où ouvrir twitter dans la perspective de recevoir sa dose d'humiliation est la première chose que l'on fait chaque matin. J'en grimace souvent de honte, le sexe à la main.