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Nos dirigeants font de nos populations des cibles, exposées aux violences que leur infamant regard borgne, suffisant et prône à toutes les inconséquences, auront alimentées.
La dérive absolue, inacceptable, d’un pouvoir israélien imbibé de violence, suite à sa défaite militaire et sécuritaire face au Hamas, ayant entraîné le massacre de masse du 7 octobre, n’était inattendue que pour ceux qui les considèrent en frères, et sont par cette fraternité aveuglée.
Les implications massives de ce jour, les racines profondes du déchaînement de violence qui s’abattit ce jour là sur Israël, et les conséquences régionales qui se devinaient, appelaient à la plus grande contention.
Loin d’une quelconque pudeur endeuillée, nos dirigeants se sont précipitèrent pourtant en une orgie confondante de mots incendiaires qui, couplés à notre plus parfaite impuissance, alimentèrent le brasier
Cela nous a rendu complices, nécessaire complices, de l’infernale course à la vengeance qui s’en est suivie.
Des morts, par centaines, ont été ainsi par nos apories nourries.
L’ampleur de la mort semée par le Hamas appelait paradoxalement, en un paradoxe qui n’est qu’apparent, à la plus grande retenue.
Condamner la mort lorsque l’on voit la victime s’armer, exciter sa peine en s’indignant, lui assurer sans retenue que nous serons quoi qu’il arrive à ses cotés, l’inviter à se protéger et à riposter, c’est l’inviter à se déciviliser. A, dans l’aveuglement de la douleur, devenir barbare.
Le pouvoir sait se contenir lorsqu’il est défait, tenir droit, ne rien concéder à l’émotion qui menace de l’engloutir.
Israel ne pouvait racheter ses morts, et il ne nous appartenait pas de l’inviter à se venger. Notre devoir consistait à l’obliger à penser.
A penser, dans le deuil, cet Autre qui venait de se rappeler à son existence en lui faisant part de sa plus profonde inimitié, de ce que des années d’oppression pouvaient féconder.
Israel avait l’opportunité de se montrer grand en tirant capital de ce sang versé et en exigeant du monde arabe et de la communauté internationale que des solutions soient apportées.
Israel, parce qu’il s’agit d’un pays gangrené comme le notre par le fascisme et l’impensé, a préféré frapper.
C’est son choix et il le lui faudra l’assumer, comme le Hamas dans les jours qui auront précédé.
Il ne nous appartient pas d’en juger, car d’autres eximeront de ce que cette communauté internationale a justement d’inane et d’incapable, et qu’il ne leur appartient point d’apposer leur regard sur ces terres qu’ils ont trop longtemps souillées.
Il nous appartient surtout de nous regarder nous, nous qui n’aurons été au cours de cette période qu’une dégoulinante enfilade de paroles sans pensée.
Dans une confondante confusion des perspectives, nos dirigeants se sont comportés tour à tour en d’anciens colons, comme si de leur parole le monde dépendait, et en piteux alliés d pouvoirs qu’il nous aurait fallu réfréner.
Nous nous sommes condamnés à l’impuissance.
Or dire, qualifier, juger, c’est se rendre responsable de ce qui est ainsi par nos mots saisis.
Nos dirigeants, par leurs paroles enflammées, nous enchaînaient à ces terres.
Ils nous offraient à leurs flammes.
Et dans le même temps, ils les alimentaient, sans jamais nous en protéger.
Les graines de la mort désormais semées, seront, soyez en surs, récoltées.
Comme elles le furent en Syrie, se déversant furieuses, un certain 13 novembre, des années après, ici.
Ce jour là, François Hollande blêmi.
Parce qu’il comprit enfin ce que l’inconséquence générait.
La violence. Celle-là même qui sur des enfants, sur nos enfants, à cet instant, s’abattait.