@RostatAlberto@DominiqueCreon Et quant on voit un blasphème dans le fait de diffuser des vœux sonores dans une église avec la bénédiction de l'évêque, je pense que l'on voit du blasphème partout... C'est triste.
Monsieur le Directeur de l’ECLJ,
J’ai pris connaissance de votre recours adressé à l’Archevêque de Paris concernant la participation de plusieurs églises parisiennes à la #NuitBlanche 2026.
À vous lire, on pourrait croire que la capitale s’apprête à assister à une vaste entreprise de profanation des lieux de culte catholiques. Votre texte s’inscrit dans une séquence désormais familière : une œuvre est annoncée, des intentions lui sont prêtées, une indignation est organisée, puis l’on dénonce une nouvelle attaque contre le christianisme.
Le scénario est toujours le même : des interprétations deviennent des certitudes, des procès d’intention tiennent lieu d’analyse et des controverses artificielles sont présentées comme des combats pour la défense de la foi.
Pourtant, la réalité est moins spectaculaire.
Depuis plus de vingt ans, Nuit Blanche investit régulièrement des églises parisiennes avec l’accord des paroisses et du diocèse. Saint-Eustache, Saint-Merri, Saint-Sulpice ont accueilli concerts, expositions et créations contemporaines sans que cela ne soulève de telles accusations.
Pourquoi ce qui était hier considéré comme un dialogue entre patrimoine, culture et spiritualité deviendrait-il aujourd’hui une profanation ?
Vous invoquez le canon 1210 du Code de droit canonique. Mais ce même canon reconnaît explicitement à l’Ordinaire la possibilité d’autoriser occasionnellement d’autres usages dès lors qu’ils ne sont pas contraires à la sainteté du lieu.
La question n’est donc pas de savoir si une œuvre est religieuse ou non, mais si elle constitue réellement une atteinte à la dignité du lieu sacré.
Or rien, dans les descriptions que vous citez, ne permet raisonnablement d’aboutir à une telle conclusion.
Une sculpture réalisée à partir de matériaux recyclés, une installation sonore explorant les propriétés de la matière, une œuvre immersive inspirée du rêve et de la perception : on peut apprécier ou non ces propositions artistiques. Mais où est le blasphème ? Où est la profanation ?
Nulle part.
Votre démonstration semble reposer davantage sur une méfiance de principe à l’égard de l’art contemporain que sur l’existence d’une atteinte objective au caractère sacré de ces lieux.
Cette polémique rappelle celle qui a entouré la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Certains ont affirmé qu’une séquence constituait une parodie de la Cène alors que les références à la mythologie grecque étaient pourtant explicites. Une fois l’indignation lancée, les faits importent souvent moins que le récit.
À force de voir des blasphèmes partout, on finit par en inventer là où ils n’existent pas.
L’invocation permanente du scandale finit d’ailleurs par susciter le doute. Les indignations paraissent parfois moins liées au contenu réel des œuvres qu’aux artistes et aux sensibilités qu’elles représentent.
Pourtant, l’histoire du christianisme est aussi celle d’un dialogue constant avec les artistes de son temps. Cette tradition n’a jamais prospéré dans le repli culturel.
Le christianisme est suffisamment ancien, riche et solide pour ne pas être menacé par chaque manifestation artistique qui ne relève pas explicitement de l’art sacré.
La sainteté d’une église ne se mesure pas à sa fermeture au monde. Elle se manifeste aussi dans sa capacité à accueillir, à dialoguer et à créer des ponts entre les personnes.
Cette année, la Nuit Blanche est placée sous le signe de l’amour, du rassemblement et de la rencontre. Il est paradoxal de voir certains prétendre défendre le christianisme tout en combattant un événement dont l’ambition est précisément de créer du lien.
Les fantasmes de persécution ne deviendront pas des réalités parce qu’ils sont répétés.
Cet événement aura bien lieu ce soir.
Et ni la foi, ni les églises de Paris n’en sortiront profanées.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de ma considération distinguée.
Je peine vraiment à retrouver mes abonnés historiques. Je ne cherche pas à retrouver les 21 000 d’avant ça, ce n’est pas important.
Pourriez-vous pour ceux qui me suivent aujourd’hui et qui me connaissait avant me RT pour essayer de retrouver mes anciens.
Merci d’avance