La semaine dernière, j’ai défendu trois jours durant un homme qui reconnaissait sa pleine et entière culpabilité. Cette reconnaissance est le fruit d’un long travail sur lui, de dizaines d’heures de parloir, et d’une prise en charge psychologique souvent douloureuse en détention. Sa prise de conscience de la souffrance infligée n’aurait pas existé sans l’échéance de l’audience criminelle, sans ce rendez-vous judiciaire crucial. Une femme appelée à témoigner est venue raconter le mal que l’accusé lui avait fait. Il s’est levé et lui a demandé pardon. Elle s’est écroulée à la barre en murmurant : « C’est la première fois, la toute première fois de ma vie que quelqu’un me demande pardon pour de vrai ». L’accusé l’a répété tout au long du procès : « Je veux laisser une peau dans ce box, je veux laisser le pire de moi ici ». Voilà ce que la loi SURE va supprimer. Il y a mille façons de reconnaître un crime mais un seul moyen de s’y confronter réellement : l’audience criminelle. Cette réforme est aussi une machine à fabriquer de la récidive…
C'est avec un immense soulagement que nous venons d'apprendre la libération de notre consœur tunisienne Sonia Dahmani, après 18 mois de mobilisation à la suite de son arrestation en mai 2024.
Le CNB demeurera vigilant lors des prochaines audiences la concernant et restera mobilisé au soutien des confrères tunisiens poursuivis dans l'exercice de leur fonction.
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