A l’heure bleue, cet instant du crépuscule où s’épousent le jour et la nuit, les oiseaux en concert s’arrêtent tous en même temps puis les chouettes démarrent. Quand disparaît le soleil, on peut, avec un peu de chance, surprendre l’envol de la cigogne noire.
Mais les habitants ne manquent pas d’imagination : il est déjà possible de passer une nuit perché au milieu des arbres dans l’un des trois nids d’Amorey, à l armature en osier...
Mais certains habitants craignent de se voir dépossédés de leur territoire et « envahis » par des hordes de touristes. Chaque année, le parc des Cévennes accueille 600 000 visiteurs. L’objectif ici se veut plus modeste : passer de 30000 à 100000 touristes annuels d’ici 2022.
Apicultrice installée depuis 7 ans, Cécile Chanal-Raffier espère y développer son travail de recherche et d’élevage d’abeilles noires, une espèce locale ancienne, plus résistante et meilleure polinisatrice, qui a été progressivement remplacée par des abeilles importées.
Vincent Mauté, patron de la scierie qui porte son nom à Arbot désapprouve la réserve intégrale « c’est de l’approvisionnement en moins dans un massif qui compte les plus beaux hêtres de France... un vrai gâchis ! »
Des agriculteurs s’inquiètent des nouvelles contraintes à venir. Pas Sophie Salloignon, éleveuse de brebis (bio) à la ferme du Conclois qui reprennent que bcp soient « ds un système où il faut faire toujours plus et toujours plus grand »
17 sites ont été étudiés avant que celui ne l emporté en 2009. Ont suivi 10 ans d’instruction et de concertations. Parce que le parc englobe des villages et des zones agricoles, le projet a exacerbé des tensions et réveillé des peurs. Des villages entiers se sont déchirés.
Mais sur ce territoire qui compte entre 4/10 hab au km2, le parc ne fait pas l unanimité. Sa création n’a pas été un long fleuve tranquille. Il a fallu plus de 12 ans depuis la décision en 2007 du Grenelle de l’environnement de créer 3 nouveaux parcs dont un de forêt de feuillus.
Une zone de réserve intégrale va être créée sur 1,4% de la surface du parc : 3100 hectares soit quand même l’équivalent de 4428 terrains de foot ! Ce territoire sera réservé aux scientifiques et pourrait devenir le centre européen de la recherche forestière.
Une gestion validée par la meilleure des inspectrices : la cigogne noire. Moins connue que sa cousine blanche. Elle avait disparu de la région avant d’y revenir dans les années 1990. Preuve de la bonne santé écologique des lieux. Car la cigogne est une espèce « parapluie »...
Jean-Jacques Boutteaux, responsable ONF, fait partie de ceux qui ont mis en œuvre depuis 25 ans une gestion durable de la forêt en « futaie irrégulière » ds laquelle chaque arbre est pris en compte. A l’opposé de la futaie régulière avec coupe rase d’arbres du même âge.
Un tapis de mousses moelleuses matelasse le pied de cet arbre, le plus vieux sycomore de la forêt, un érable d’au moins 200 ans. Il faut se mettre à 2 pour l’embrasser. Ses feuilles commencent à se teinter aux couleurs de l’automne.
Thread. Le 11eme parc naturel national français, le parc national de Champagne-Bourgogne a été créé hier. 241000 hectares de nature protégée. Photos par @phppetit