C'est un anniversaire dont on parle trop peu : cela fait un siècle maintenant qu'on sait la vérité sur le Goulag.
Je me suis amusé à faire une liste, non exhaustive, des livres qui en ont parlé.
Les premiers sont sortis il y a 100 ans, voire un peu plus. Et beaucoup d'autres ont suivi. ⬇️
En clair : cela fait donc un siècle que quiconque adhère au Parti Communiste sait que le Goulag existe... Mais que cela ne le dérange pas.
Cela fait 100 ans que tout adhérent au PCF affiche donc, très officiellement, qu'il souhaite lui aussi déporter ses opposants politiques dans des camps de concentration.
Qui firent officiellement 1,6 million de morts, en URSS. Et près de 3 millions, en réalité. (*)
Cela fait donc un siècle que des gens comme Ian Brossat @IanBrossat mettent - en toute connaissance de cause - des guillemets à "victimes", quand on parle du communisme. Pour mieux dire que ces 3 millions de morts... l'avaient bien cherché.
Un siècle d'ignominie - et aucune cérémonie, aucune festivité pour marquer le coup, au siège du Parti ?
Voilà un centenaire dont on parle trop peu...
(*) Trois millions de morts au Goulag. Auxquels il faut rajouter les exécutions (1 million), les déportations, les "peuplements spéciaux", qui portent le chiffre à 15 millions de morts. Sans compter les famines (6 à 8 millions).
Ouvrages sur le Goulag, publiés en Occident
1924. Sergey Melgunov : "La Terreur rouge en Russie". Ouvrage documentaire sur les répressions bolcheviques dès 1918-1922, incluant les premiers camps.
1925. S. A. Malsagoff. "Solovki. Île des tortures et de la mort" – Notes de l’officier S. A. Malsagov, évadé de Solovki.
1927. Raymond Duguet : "Un bagne en Russie rouge". Témoignages sur les îles Solovki (premier grand camp de "rééducation par le travail" dès 1923).
1931. Ivan Matveïevitch Zaïtsev : "Solovki, lieu de tortures et de mort".
1933. Tatiana Tchernavin : "Escape from the Soviets."
1935. Frantsishak Alyakhnovich : "Sept ans dans les griffes du GPU". Souvent cité comme l’un des tout premiers témoignages de livre entier sur un camp de travail soviétique (Solovki).
1938. Ante Ciliga : "Au pays du grand mensonge". Critique du système concentrationnaire par un ancien communiste yougoslave.
1946. Victor Kravchenko : "J’ai choisi la liberté". Témoignage d’un haut fonctionnaire soviétique passé à l'Ouest.
1946. David Rousset : "L’Univers concentrationnaire". Enquêtes et appels publics sur les camps soviétiques (fin des années 1940).
1947. Dallin et Nicolaevsky : "Forced Labor in Soviet Russia" – étude documentaire basée sur des témoignages de rescapés.
1949. Margarete Buber-Neumann : "Déportée en Sibérie". Témoignage d’une communiste allemande envoyée au Goulag.
1949. Julius Margolin : "La Condition inhumaine". Cinq ans dans les camps de concentration soviétiques.
1949. Józef Czapski : "Terre inhumaine". Témoignage d’un officier polonais sur les camps soviétiques et la déportation des Polonais.
1951. Elinor Lipper : "Onze ans dans les camps soviétiques".
1951. Gustaw Herling-Grudziński : "Un monde à part". Récit d’un Polonais sur le Goulag (écrit à partir de son expérience de 1940-1942).
Années 1950. Varlam Chalamov : "Récits de la Kolyma" (écrits à partir des années 1950, circulation partielle en samizdat et à l’étranger avant la pleine publication)
1953. Alexander Weissberg-Cybulski - "L’Accusé" - témoignages sur les prisons et camps staliniens.
1962. Alexandre Soljenitsyne : "Une journée d’Ivan Denissovitch".
1967. Evguénia Guinzbourg : "Le Vertige" (écrit dans les années 1960, publié en Occident en 1967). Récit d’une femme communiste déportée.
1973. Alexandre Soljenitsyne : "L’Archipel du Goulag".
Etc.
Soutien absolu à Christophe Gleizes. Condamner un journaliste pour avoir informé, c’est le réflexe minable des pouvoirs qui préfèrent la peur au débat. Quand les barreaux remplacent les arguments, le verdict devient l’aveu d’une faiblesse abyssale.
Soutien indéfectible à Christophe Gleizes. Quand un pouvoir condamne un journaliste, il ne rend pas justice : il met son propre arbitraire en procès. Chaque jour de détention creuse davantage le tombeau moral de ceux qui l’ont condamné. https://t.co/ulIFwixQS0