« “L’Indien”, cerf emblématique de la forêt de Compiègne a été tué lors d'une chasse à courre » ?
Navré de briser le récit comme ça, de but en blanc, mais non, ce cerf n'était ni un "cerf emblématique", ni "un symbole", encore moins "le cerf le plus célèbre de la forêt de Compiègne". « L’indien », c’est juste un beau cerf dix-cors de la forêt de Laigue. (La plus petite forêt juste un peu plus au nord sur la carte, de l’autre coté de l’Aisne)
Il se trouve que quelques photographes qui ont pu le suivre et l'immortaliser depuis un certain temps lui avaient, semble-t-il, donné un petit nom.
Je peux les comprendre, j’ai fait pareil avec un cerf qui brame sous mes fenêtres depuis 3 saisons maintenant. (Je vous l’accorde, Bernard ça a moins de gueule que « l’Indien » mais bon).
Mais pour l’Indien comme pour Bernard, tout cela n’est pas de nature à leur donner un statut particulier, une importance ou une immunité spécifique, par rapport à, par exemple, à leurs frères du même âge et de même ramure.
La clé de voute de la gestion des populations des grands ongulés en général, et des cerfs en particulier, en France, c’est ce qu’on appelle le plan de chasse.
Des quotas maximum ET minimum pour chaque espèce, ventilés entre sexes et classes d’âge, fixés dans chaque département par une commission (la CDCFS) de toutes les parties prenantes sous l’égide du préfet, avec le concours de l’OFB, sur la base des bilans des années précédentes et des éventuels comptages. Les chasseurs, à tir comme à courre, ont l’obligation de respecter la quote part du plan de chasse qui leur est attribuée.
A l’échelle nationale, le plan de chasse est un outil redoutablement efficace, et les populations de cervidés se portent très bien. Pour vous donner un ordre de grandeur, pour l’espèce cerf élaphe, le plan de chasse annuel, c’est presque 100 000 animaux. Près de 400 par jour de chasse en France.
« L’indien », n’est qu’un cerf parmi les 400 prélevés ce jour là.
Localement, les discussions dans ces commissions peuvent aboutir à de mauvais choix – quotas trop élevés à répétition ou au contraire insuffisants pour une bonne gestion, en ayant en tête que chaque partie prenante à des objectifs divergents (en caricaturant un peu, les forestiers et les agriculteurs en veulent le moins possible, les associations de nature en veut le plus possible, et les chasseurs sont quelque part entre les deux). Il est totalement légitime de se demander si par exemple en Laigue, le plan de chasse a du sens ou pas.
Mais si on veut creuser ce sujet sérieusement, il faut s’adresser notamment aux gens qui siègent dans cette fameuse commission. En commençant par l’OFB, peut-être. Et surtout, aborder le sujet de façon rationnelle, pas par la lorgnette d'une histoire taillée pour l'emotion et qui n'a pas de prise concrète dans le réel.
Stan et son collectif « Abolissons la Vènerie Aujourd’hui », interviewé ici, n’est PAS partie prenante à ces discussions. Dans cette histoire, il n’est qu’un militant anti-vènerie, qui ne connait strictement rien à la gestion des équilibres agro-sylvo-cynégétiques et qui globalement s’en moque (il serait bien incapable de reconnaitre « l’Indien » si vous lui mettiez 10 photos de cerfs sous le nez) mais qui ne manque jamais une occasion de raconter une histoire si elle peut nuire à la vènerie, peu importe si elle est fondée.
Et il faut reconnaitre qu’il aurait tort de se priver, puisque la stratégie donne du fruit : « l’Indien » a le droit à sa pastille sur une télévision nationale.
Stan rajoute d’ailleurs : « Dans la chasse à courre, y a aucune limite, que ce soit sur la méthode, le temps de traque, le but à la fin, c’est d’avoir un beau trophée pour sa cheminée ».
Je crois qu’il est difficile de dire autant de choses fausses sur la vènerie en une seule phrase. La chasse à courre est au contraire une pratique fortement encadrée par la loi, très codifiée, dotée de sa propre éthique, et soumise au plan de chasse au même titre que les autres modes de chasse.
De plus, ce n’est pas DU TOUT un mode de chasse dont l’objectif est le trophée.
Bien au contraire, à la chasse à courre, ce sont les chiens qui choisissent en premier lieu l’animal de chasse.
Sans trop rentrer dans les détails, le rôle des veneurs de ce point de vue se borne essentiellement à s’assurer que le choix des chiens soient compatibles avec les exigences du plan de chasse.
Au résultat, sur une saison de chasse, on prend des cerfs de tous les âges, du daguet jusqu’au vieux dix-cors qui ravale, en passant par tous les âges intermédiaires.
Bref, vous êtes toujours libre de détester la chasse en général, la chasse à courre en particulier, mais ne croyez pas tout ce qu’on raconte sur le sujet.
Et si vous voulez en savoir plus sur le plan de chasse, la gestion cynégétique, et tout ce qui tourne autour de la chasse, suivez @ChassePartage et #ChassePartage!
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Effectivement on ne descend pas du singe, on a un ancêtre commun
EN REVANCHE, GROS RAPPEL, quand on dit théorie de l’évolution c’est quelque chose de surverifié, le sens « théorie » ici c’est pas comme les théories du complot ou c’est un truc où on a 2-3 éléments vite fait