Le débat autour des traditions comme #SaintNicolas ou le #PèreNoël révèle un double malentendu. D’un côté, certains milieux progressistes tendent à voir dans ces symboles un vestige religieux ou identitaire potentiellement excluant, ou encore un outil récupéré par des forces conservatrices et nationalistes. De l’autre, ceux qui défendent ces traditions se voient parfois accusés de proximité avec l’extrême droite, comme si l’attachement au patrimoine culturel et festif relevait nécessairement d’une idéologie fermée.
Cette confusion tient en partie à une mécanique rhétorique. Plutôt que de discuter du fond, certains préfèrent disqualifier en associant la défense des traditions à un camp jugé infréquentable. C’est un procédé de délégitimation par association: on ne réfute pas l’argument, on stigmatise celui qui le porte. Pourtant, les traditions en question n’appartiennent pas à l’extrême droite. Elles sont le produit d’une histoire longue, marquée par des enracinements locaux comme le culte de Saint Nicolas dans les régions germaniques et belges, et par des influences culturelles plus larges, comme la transformation du Père Noël aux États-Unis au XIXe siècle, bien avant sa diffusion mondiale par les campagnes de Coca-Cola dans les années 1930.
Le paradoxe est que ces traditions, parfois accusées d’exclusion, sont en réalité devenues inclusives dans leur pratique contemporaine. Elles ne se limitent plus à un cadre religieux ou confessionnel: dans de nombreux foyers, y compris non chrétiens, elles sont adoptées comme moments de convivialité et de partage. Ce processus d’universalisation n’est pas exceptionnel, il correspond au destin de nombreuses fêtes qui, à l’origine religieuses, se sont transformées en rites sociaux et culturels, tels #Noël, #Pâques ou le #Carnaval.
Accuser la défense de ces traditions de relever de l’idéologie d’extrême droite, c’est donc commettre un double contresens. D’une part, on ignore leur ancrage historique et leur transformation progressive en patrimoine commun. D’autre part, on méconnaît leur capacité d’intégration et d’appropriation par une diversité de populations. Ce qui subsiste aujourd’hui dans ces fêtes, ce n’est pas une frontière identitaire, mais une pratique culturelle partagée qui dépasse les clivages religieux et politiques.
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