Petit rappel : Si le tribunal administratif a rejeté les recours, c’est *uniquement * car l’interdiction préfectorale a été tardive.
Faisant ainsi obstacle au droit à un recours effectif & au contrôle de la légalité par les juges.
Liberté de manifester : En référé, l'interdiction d'une manifestation étudiante à Paris a été suspendue hier.
Par un contrôle classique mais éclairant : L'interdiction doit être strictement justifiée & proportionnée. Ce qu'elle n'était pas.
[TA Paris, 22 oct. 26, n° 2632494]
Je reçois chaque jour entre 50 et 100 messages me traitant de « sale nègre » ou de « singe », et m’invitant à « rentrer dans mon pays ». Mon téléphone personnel sonne désormais, jour et nuit, et ces insultes m’attendent au bout du fil.
Je m’y fais. Parce que la lutte prime.
Mais voir des avocats contribuer, pour des raisons que j’ignore, à donner un vernis de légitimité à ceux-là même qui m’adressent avec gourmandise leurs « rappels » déontologiques m’attriste.
J’espère que ça valait le coup.
Cela m’attriste. Mais ne me fera pas faiblir.
Le préfet du Calvados ne porte aucune atteinte grave à la liberté fondamentale de manifestation ; il autorise à manifester dans le port de Caen…
Le tribunal administratif de Caen vous me le faites sauter cet arrêté
🚨 #Sécurité | Renforcement des mesures de sécurité à Caen
À la suite des violences urbaines survenues à Caen le 17 octobre et alors que de nouveaux appels à manifester circulent, le préfet du Calvados renforce les mesures de prévention et de sécurité pour protéger les personnes, les commerces et les biens.
Les rassemblements et manifestations seront interdits dans plusieurs périmètres délimités du centre-ville de Caen, samedi 24 octobre, de 9h à 22 h. Les périmètres sont précisés dans l’arrêté préfectoral.
👮 Le dispositif de sécurité sera renforcé, avec un doublement des effectifs mobilisés et la mise en place de contrôles en profondeur sur les axes d’accès à Caen et aux abords du centre-ville.
⚠️ Des interdictions spécifiques
Dans les périmètres et aux horaires définis par l’arrêté, le port, le transport et l’utilisation de plusieurs catégories d’objets et de produits seront interdits : armes et objets dangereux, articles pyrotechniques, produits inflammables, peintures et aérosols, objets destinés à dissimuler le visage ou tout équipement destiné à mettre en échec l'action des forces de securité pour le maintien de l'ordre ou destiné à nuire à la libre circulation dans l'espace public.
🛡️ Tolérance zéro face aux violences
La liberté de manifester et d’exprimer ses revendications doit s’exercer dans le respect de la loi et de la sécurité de tous. Les violences, les pillages et les dégradations en sont le dévoiement. L’interpellation des éventuels casseurs et pilleurs sera systématiquement recherchée.
Les personnes et organisations qui souhaitent exercer leur droit de manifestation sont invitées à se déclarer en préfecture pour convenir d'un lieu ou d'un itinéraire évitant les secteurs interdits.
Retrouvez le détail des mesures et le périmètre concerné dans l’arrêté préfectoral ci-dessous 👇:
https://t.co/NUEDGanYNP
Samedi, j’ai porté ma robe en manifestation.
Plusieurs confrères et consœurs aussi.
Je pense que nous avons eu raison.
L’avocat n’est pas un être éthéré, retiré de la société, qui n’existerait qu’entre deux audiences. Son rôle est consubstantiellement politique. Les droits qu’il défend le sont. Le droit de manifester, le droit de ne pas être frappé, le droit d’être assisté, le droit de ne pas être enfermé sans raison : ce ne sont pas des abstractions de prétoire. Ils se jouent aussi dans la rue, et souvent d’abord dans la rue.
Samedi, des dizaines de personnes nous ont remerciés d’être là. Boulevard Magenta, des manifestants m’ont demandé de les accompagner pour quitter les lieux, « parce que vous, au moins, les policiers ne vont pas vous taper ».
Ce jour-là, je n’ai pas eu le sentiment de l’affaiblir, ma robe. J’ai eu le sentiment de la remplir.
Alors oui, la robe a sa place dans le prétoire. Je crois qu’elle a aussi sa place dehors, aux côtés de ceux qui ont besoin de son aide.
Peut-être ai-je eu tort. Après tout, les règles sont les règles. On disait bien à Gisèle Halimi qu’elle ne pouvait s’appeler « avocate », parce que les règles étaient les règles.
À l’heure où des confrères sont insultés en audience,
à l’heure où un confrère a été brutalisé à la sortie d’un commissariat par des gardes du corps de Jordan Bardella,
à l’heure où des journaux scélérats harcèlent des magistrats,
au moment même où des dizaines de mineurs croupissent dans des geôles minuscules, puantes et froides,
pendant le basculement démocratique auquel nous faisons face,
j’ai mis ma robe dehors. C’est grave.
Je remercie donc mon Ordre pour ce flash déontologique salutaire. Il est arrivé vite. Plus vite que beaucoup d’autres prises de position que nous attendons encore.
Je suis un jeune avocat, après tout. J’ai beaucoup à apprendre.
Qui aurait pu prédire que la législation d'exception votée en 2004 pour lutter contre la délinquance organisée serait détournée de son objet, par exemple à l'encontre de manifestants contre le pouvoir en place ? Qui ? (A part les avocats en 2004 mais c'est des gôchisss faut jamais les écouter)
Des centaines de confrères et de consœurs portaient la robe hier mais c’est ce confrère en particulier qui cristallise les critiques depuis 24h.
Je vous laisse en tirer les conclusions nécessaires.
@FBBlackler "Assez bons arguments" de protestataires de caniveau qui sur 3 juges qui ont prononcé la décision à la base de cette vague de haine ne harcèlent QUE celui qu'ils considèrent comme insuffisamment français du fait de ses origines?..
Par pitié respectez vous.
Gisèle Halimi, Henri Leclerc, Albert Naud, Mourad Oussedik, Jacques Vergès…
L’histoire de notre profession est faite de combats politiques, de prises de position et de ruptures avec l’ordre établi, jusque dans les prétoires.
Reprocher aux avocats de s’engager politiquement et de militer c’est méconnaître l’histoire de notre profession autant que sa raison d’être.
De la stratégie judiciaire, par Erik Tegnér :
1️⃣ Être condamné en première instance. 2️⃣ Présenter cette décision comme politique et voir se déchaîner, contre le juge qui l'a rendue, une campagne de cyberharcèlement. 3️⃣ Faire appel. 4️⃣ Relancer la machine du cyberharcèlement avec une « enquête » exclusivement à charge contre ce même magistrat.
Il va se faire cartonner en appel. Et ce sera mérité.
Le confrère sous coke et en discothèque où la profession mystifiée par @NetflixFR. Il est vrai que le vrai pénaliste qui passe ses nuits sur le dossier pour le combattre devant le JI ou la CHINS, puis prépare l'audience avec le stress qui donne la chiasse c'est moins vendeur😂