Perplexe, je contemple ce phénomène, tel un villageois découvrant les us et coutumes d'une tribu lointaine. Quelle logique se cache derrière ce besoin impérieux de mettre en scène et diffuser ce qui jadis relevait du secret familial ?
J'erre, cherchant à comprendre cette danse sociale moderne, où l'intime devient spectacle et où chaque étape de la vie semble exiger son lot de clichés soigneusement orchestrés.
Dans notre tradition akan, le ventre rond d'une femme enceinte est considéré comme sacré et intime. Le nombril, en particulier, est perçu comme un point focal de cette intimité, un seuil mystique entre le monde extérieur et la vie en devenir.
Ce n'est pas un spectacle à exposer aux regards de tous. Au contraire, il est enveloppé d'un voile de discrétion, protégé des yeux indiscrets et des énergies étrangères.
Seuls les plus proches, ceux qui sont liés par le sang ou par une profonde confiance, peuvent être autorisés à apercevoir ce signe sacré de la création en cours.
Cette coutume reflète une sagesse ancestrale, une compréhension profonde du caractère précieux et vulnérable de la grossesse.
Elle invite au respect, à la protection et à la célébration discrète de ce miracle de la vie, loin des regards curieux du monde extérieur.
De : ( Donald Koffi Kouakou )