Enfant de Dieu et Évangéliste.
Né à Lubumbashi le 09 mai, en RDC.
homme intègre et discipliné.
Ingénieur industriel en électricité.
journaliste de formation
#RDC_ECONOMIE
Le prix d'un sac de ciment gris de 50 kilos à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a baissé de 91% passant de 21 USD à 11 USD, il y a trois semaines, après le compromis trouvé entre le Gouvernement et les conducteurs des camions remorques,
C’est ça, moi je suis ingénieur électricien à vrai dire je fais presque deux ans au chômage avant de me lancer dans le commerce, c’est comme ça que je m’organise sans demander de l’aide
Cher Mango,
J’ai bien réceptionné ton message, et je m’empresse d’y répondre avec une rigueur intransigeante, une lucidité chirurgicale et une fermeté non négociable.
Permets-moi d’être brutalement clair : la mendicité académique, grimée en détresse estudiantine, est devenue une dégénérescence structurelle parmi la jeunesse contemporaine. À chaque carrefour social, surgit un diplômé ambulant, bardé de certificats mais dénué de projets, récitant son chapelet de doléances comme un mantra postcolonial d’impuissance programmée.
Moi, je suis le fruit d’une alchimie entre la corvée et le courage. J’ai été jardinier, laveur de véhicules, vigile de nuit, manœuvre sur les chantiers de l’invisibilité sociale. Je n’ai jamais présenté un diplôme en guise de pass sanitaire pour la compassion. J’ai conquis ma dignité à coups de mains calleuses et de détermination brutale.
Et toi, tu viens quémander non pas avec une idée, une offre de service, une esquisse de modèle économique mais avec un discours terne, paresseux, préfabriqué, digne d’un assisté de salon. Tu veux prolonger tes études ? Pour faire quoi ? Pour obtenir une feuille A4 cachetée qui servira de napperon dans un salon de chômage ? Réveille-toi !
L’université, dans nos républiques postcoloniales, est un piège à illusions. Elle siphonne les économies familiales et recrache des diplômés jetables. Tu étudies, ta famille se ruine. Tu décroches ton diplôme, l’État t’ignore. Tu cherches du travail, on te réclame dix ans d’expérience dans un monde où aucun stage ne t’est accessible. C’est une liturgie kafkaïenne. Une supercherie bureaucratique. Un simulacre de méritocratie.
Et pourtant, vous continuez de croire à ce cirque comme à une foi révélée.
Tu veux réussir ? Active ton corps. Exploite ton souffle. Le monde n’attend pas ton diplôme, il attend ton utilité. Fabrique. Répare. Cultive. Transporte. Nettoie. Assemble. Invente. Mais travaille !
Cessez cette lamentation permanente. Vous êtes devenus des mendiants diplômés, des techniciens de la supplication, des théoriciens du néant productif. Cette génération rejette la sueur comme une maladie. Elle renie le travail manuel comme une lèpre. Elle s’endort dans des rêves sponsorisés par le sacrifice d’autrui.
Pendant ce temps, les familles hypothèquent des parcelles, sacrifient les cadets, dilapident les économies de trois générations pour faire de vous des chômeurs diplômés, alignés devant les ONG, arborant des CV plastifiés et des costumes empruntés.
Il faut rompre cette chaîne de dépendance.
Je ne suis ni un guichet de secours, ni une fondation caritative. Si j’avais mendié comme vous, je ne serais qu’un pion de plus dans cette tragédie collective.
Si tu veux émerger, construis une brique. Ouvre un atelier. Creuse un puits. Démarre une activité, même infime. Mais arrête de croire que l’université est ton salut. Elle est déjà ta prison mentale.
Avec sévérité régénératrice et bienveillance glaciaire,
ILUNGA MBIDI
Consultant – Entrepreneur – Stratège
Lubumbashi – RDC