Mme @auroreberge, on peut être passionnément opposé à #LFI sans pour autant vous croire lorsque vous affirmez que 2 + 2 = 5
Votre rhétorique est une insulte à l'intelligence des Français.
Elle en dit plus sur vous que sur vos adversaires politiques.
@BFMTV Penser que les personnes à qui on s'adresse ont zéro capacité de réflexion du fait de leur opposition à LFI ✅
Stratégie de communication vraiment pas flatteuse pour l'intelligence des personnes à qui elle est adressée.
@NicolasFramont Il me semble que la mafia a souvent été représentée sous forme de pieuvre.
Et le terme de mafia semble bien coller à l'affaire Epstein.
@morandiniblog Le JT de TF1 fait 10 à 15 fois plus d'audience que les programmes d'info de CNews au même horaire.
Même les racistes ont d'autres sujets de préoccupations que vos névroses obsessionnelles.
Heureusement qu'il y a les retraités pour regarder #CNews.
I can't unsee it!
Appel à organiser des « rafles contre les OQTF » : une procédure disciplinaire au Conseil d’État est engagée contre Arno #Klarsfeld
https://t.co/e64nDwywem
Puisque on parle des essais nucléaires en Polynésie, des impacts sanitaires, et de l'indemnisation des "victimes" vous pouvez lire mon article sur le site de l'Afis ou regarder ce webinaire qui fait un point complet sur le sujet.
https://t.co/t6OX4QDP7J
@casauxnicolas It seems like an entire segment of the US population has never truly come to terms with the civil rights movement and the [official] end of segregation.
LES RIVES CONTRAIRES ou L’AVEU INVOLONTAIRE DE MARGUERITE STERN
Par curiosité, afin de voir ce que raconte l’extrême droite contemporaine, j’ai lu le nouveau livre de Marguerite Stern, Les rives contraires : histoire d’une transition politique (Magnus, 2026). Fort heureusement, sans avoir à le payer. T’imagines.
Stern prétend – et le Figaro s’empresse de relayer – qu’elle y expose comment et pourquoi elle serait « passée de gauche à droite ». Le problème, comme on s’en aperçoit bien vite, c’est que Marguerite Stern n’a jamais été de gauche. Pour le saisir, il suffit de la lire.
Marguerite Stern n’a jamais été de gauche
Nous en sommes en 2008 ou 2009, elle a donc 18 ou 19 ans. Elle écrit :
« Le samedi soir, souvent Lucas sort et je regarde On n'est pas couché sur France 2. Je découvre Éric Zemmour et j'adore. Il s'indigne d'un monde bâclé. J'aime sa répartie, le côté tranchant. Il n'a pas peur d'être haï, on dirait que ça lui passe au-dessus. Ça me touche. J'ai l'impression qu'il ne cherche pas à provoquer, mais seulement à exprimer ce qu'il pense, j'y vois presque une forme de candeur. Il parle de la surreprésentation des immigrés dans les faits de violence, et c'est la première fois que j'entends quelqu'un énoncer clairement les causes des persécutions que je subis. Je vois bien qui m'agresse dans la rue, c'est si évident que je n'avais jamais pensé à le formuler.
L'auteur du Premier sexe, est donc ironiquement la première personne qui m'aide à formuler les balbutiements d'une pensée féministe. Deux ans plus tard, j'en parlerai à mon nouvel amoureux qui partagera ma vie pendant quatre ans. Je n'aurai pas encore intégré la rigidité des conventions parisiennes. Un regard désapprobateur suffira à ancrer l'interdit en moi. Je passerai les dix prochaines années à me taire sur ce sujet. Ces idées ne cesseront pas seulement de traverser la frontière de ma bouche mais aussi celle de mon inconscient. Interdire de parler, c'est interdire de penser. Je deviendrai féministe, mais une féministe respectable, une féministe qui ne dit pas tout, une féministe qui évoque régulièrement l'origine de sa révolte tout en taisant celle de ses agresseurs. »
Non seulement, donc, elle s’éprend de Zemmour avant sa vingtaine, mais en outre elle l’associe à « une pensée féministe ». Elle nous apprend aussi que « l’origine » de sa « révolte » féministe, c’est « la surreprésentation des immigrés dans les faits de violence ». Étonnant « féminisme ». En fait, ce qu’on observe ici, ce n’est pas une pensée féministe qui se cherche, c’est un ressentiment préalable qui trouve enfin un porte-voix.
Comme on le réalise au fil de la lecture, Marguerite Stern n’a a priori presque aucune culture féministe. Les quelques penseurs et auteurs qu’elle mentionne sont tous des hommes, à l’exception de Valérie Solanas et de Marylène Patou-Mathis (les deux seules livres « féministes » qu’elle mentionne sont le Scum Manifesto de Solanas et L’homme préhistorique est aussi une femme de Marylène Patou-Mathis). Ses principales références, sinon, les auteurs qu’elle apprécie le plus, semble-t-il, sont Aragon, Emile Zola et Jean-Jacques Rousseau. J’aurais l’occasion d’y revenir.
Pour l’instant revenons-en au fait. Marguerite Stern tombe sous le charme du discours zemmourien avant la vingtaine. Quelques années plus tard, elle rejoint les Femen. On pourrait prendre ça pour une preuve d’engagement féministe. Sauf que, comme elle l’explique très candidement, lorsqu’elle rejoint le groupe ukrainien :
« Je ne suis pas vraiment féministe et je n’ai aucune culture politique. »
Et d’après ce qu’elle rapporte dans son livre, cette absence de culture politique ne sera jamais comblée. Aucun passage ne la décrit en train de s’instruire politiquement. En train d’essayer de comprendre le fonctionnement du capitalisme, la genèse de l’État, les revendications socialistes ou les principes communistes.
Si Stern rallie les Femen, c’est essentiellement en raison – selon ses termes – de son « addiction à l’adrénaline ». La période Femen de Marguerite Stern s’explique surtout par des concours de circonstances et un besoin viscéral de sensations fortes. Ses quelques préoccupations féministes (« concernant l’Islam, la prostitution, les violences faites aux femmes, la GPA ») sont accessoires.
Or ces préoccupations – légitimes – ne suffisent pas à définir une personne « de gauche ».
D’ailleurs, Marguerite Stern ne discute jamais de ce qu’être « de gauche » signifie. De manière on ne peut plus simpliste, elle se contente de présenter la gauche comme le négatif de ce que serait la droite, sans avoir une notion claire de ce qu’est la droite, inculture politique oblige. Le résultat est une parfaite absurdité, une projection qui n’existe que dans la tête de Marguerite Stern.
« La gauche » contemporaine est loin d’être un camp homogène. On pourrait même parler « des gauches » (on devrait même distinguer « les gauches » et « les socialismes », car la gauche n’est pas exactement le socialisme). Suivant Dionys Mascolo (« Sur le sens et l'usage du mot “gauche” », 1995), auteur et militant communiste, on pourrait aussi arguer que la gauche désigne un ensemble tellement divers d’individus et de groupes qu’ils n’ont rien en commun, sauf un refus – mais pas de la même ou des mêmes choses. Tandis que la droite semble plus uniforme dans la mesure où il s’agit du camp qui défend l’ordre existant. Mais pour l’exercice, en simplifiant à outrance, que reste-t-il de la gauche quand on s’efforce de dégager les propriétés communes de ses différentes déclinaisons actuelles et historiques ?
Il me semble qu’il demeure un refus de l’exploitation sociale et économique, du règne et de l’extension du marché (du capitalisme), des hiérarchies et des autorités illégitimes.
Dans la vingtaine de chapitres qui composent la première partie de l’ouvrage de Stern – la période de sa vie qu’elle associe à la gauche –, de telles préoccupations n’apparaissent jamais. Jamais. Rien. Pas une ligne, pas une remarque sur l’exploitation ou l’oppression sociales, les injustices économiques systémiques ou les effets délétères du capitalisme.
Marguerite Stern n’a jamais été de gauche. Avant de rejoindre officiellement les rangs de l’extrême droite, et de son propre aveu, Stern était une jeune femme accro à l’adrénaline, ignare politiquement, attirée par des idées zemmouriennes, mais indignée par certains aspects du sort des femmes. Il n’y a donc jamais eu, dans sa vie, la moindre « transition politique ».
Le sexe est binaire, donc tout est binaire
Parmi les innumérables absurdités qui jonchent les pages de son livre, on retrouve une proclamation de la binarité de tout. Marguerite Stern a découvert que le sexe était effectivement binaire. Elle en a conclu que « le monde est binaire » :
« Qu’il y a des hommes, qu’il y a des femmes ; qu’il y a la gauche, qu’il y a la droite. »
S’ensuite une longue tirade dualiste, aussi grandiloquente que déconnectée des réalités du monde :
« La gauche détruit ; la droite conserve […] La gauche prône le déracinement ; la droite prône l'ancrage. La gauche prône le laxisme ; la droite, l'ordre et l'autorité. La gauche déteste la France ; la droite aime la France. La gauche prône le flottement et l’indéfinition ; la droite prône les frontières. La gauche s'intéresse d'abord au lointain ; la droite s'intéresse d'abord à ce qui lui est proche. La gauche invente des concepts abstraits qu'elle tente d'injecter dans le réel ; la droite invente des concepts pour décrire le réel. La gauche injecte de l'idéologie dans les sciences ; la droite s'appuie sur les sciences pour décrire le monde. La gauche aime les sciences molles ; la droite aime les sciences dures. La gauche chante Sciammo tutti antifascisti ; la droite chante La Marseillaise. La gauche prône le débordement ; la droite prône le cadre. L'absence de cadre amène la violence.
La gauche pense comme Jean-Jacques Rousseau, que l'homme est bon par nature, et que c'est la société qui corrompt. La droite pense que le mal se loge à l'intérieur de l'être humain, ce qui est beaucoup plus logique, car c'est l'être humain qui crée la société. La gauche croit que l'être humain n'est que culture, ce qui est illogique, car la culture est construite à partir de la Nature. La droite dit que nous sommes un mélange des deux.
La gauche déresponsabilise l'être humain et le maintient dans la juvénilité en lui faisant croire que l'État est sa mère. La droite veut responsabiliser les individus. La gauche est pétrie de paradoxes. Elle dit qu'il faut célébrer les différences, pourtant elle refuse d'admettre qu'il existe des différences sexuées et interethniques. Elle dit se battre contre la mondialisation, pourtant elle prône la “créolisation”. »
Stern écrit n’importe quoi. Elle répète ce qu’elle a entendu dans la bouche d’autres demeurés de droite. Prenez n’importe quelle phrase, examinez là trente secondes et vous verrez qu’elle ne tient pas, ou qu’elle est tellement vague qu’elle n’a aucune signification. « La gauche détruit ; la droite conserve » ? Au cours du dernier siècle, la France a connu davantage de gouvernements de droite que de gauche. La droite est au moins autant sinon davantage responsable de la destruction de la vie sur Terre que la gauche. Et puis, comme toujours, la gauche, quelle gauche ?
Si Marguerite Stern s’était réellement intéressée au sujet, elle aurait réalisé que plusieurs courants de gauche sont nationalistes, tandis que d’autres sont anti-nationalistes. Que certains sont industrialistes, tandis que d’autres sont anti-industrialistes. Que certains sont pro-queer et d’autres critiques du phénomène queer. Que certains (certes, la plupart) sont pro-trans et d’autres opposés au phénomène trans. Que certains sont très dogmatiques tandis que d’autres le sont moins. Et ainsi de suite.
Malheureusement, Stern n’a pas fait ça. Ayant été vivement attaquée en raison de ses positions vis-à-vis du mouvement trans, et ayant donc enfourché le cheval de bataille de la binarité du sexe, elle en a profité pour simplifier le réel et décider que si le sexe est binaire, alors tout ce qui existe l’est aussi. À partir d’un fait biologique précis (la reproduction sexuée), tel un oracle, elle proclame une structure générale du réel. Accès de mégalomanie droitière. Un slogan absolutiste insensé lui a servi de talisman pour se protéger de la complexité du monde, et se rassurer. Si le camp d’en face, c’est les méchants, alors je suis dans le camp du bien !
Un certain nombre de femmes féministes réellement de gauche ayant subi et subissant toujours des attaques bêtes et méchantes de la part de tout un pan de la gauche en raison de leurs critiques du mouvement trans ne virent pas de bord pour autant, ne rejoignent pas l’extrême droite. Cela s’explique sans doute par le fait qu’elles possèdent ce que Marguerite Stern n’a jamais eu : un réel ancrage à gauche.
Les inquiétudes de Marguerite Stern
Tandis que les gens de gauche se préoccupent de l’exploitation et de l’oppression sociales de la multitude par les classes dominantes, de la violence quotidienne et inhumaine du capitalisme, des injustices colossales qui font qu’en France, 53 milliardaires possèdent désormais davantage que la moitié de la population, que 10 % des Français détiennent la moitié du patrimoine du pays, que certains se vautrent dans l’opulence tandis que d’autres crèvent dans les rues, tandis que d’autres encore se soucient de la destruction effrénée de la toile du vivant, de l’anéantissement de la biosphère et de la contamination de ce qu’il en reste, Marguerite Stern se soucie, elle, du harcèlement dans la rue, des faits de violence au sein de la société, notamment ceux que commettent « les étrangers » (et, plus précisément, les noirs et les arabes), et du remplacement de sa race blanche et supérieure.
Une analogie ratée
Tout au long de son livre, Stern établit un parallèle entre les activistes transidentitaires qui refusent la réalité du sexe et les militants de gauche qui refusent les frontières politiques. N’importe quel enfant de plus de 5 ou 6 ans serait pourtant en mesure de saisir l’inanité de l’analogie. Le caractère sexué du corps humain est une réalité naturelle immuable. Les frontières sont des constructions politiques précaires – ahem, Trump, Poutine, etc. – récentes au regard de l’histoire humaine.
Des contradictions en pagaille
Marguerite Stern adore la France, son peuple (prétendument) originaire et son langage. Elle ne supporte pas les étrangers, autour d’elle, qui parlent d’autres langues que la sienne. Personne ne lui a jamais expliqué, semble-t-il, que pour se construire, la France et le français ont méthodiquement éradiqué une multitude de langues et de cultures : le breton, l’occitan (et ses variantes gasconne, languedocienne, provençale, limousin, auvergnat), le basque, le corse, l’alsacien et les dialectes germaniques de l’Est, le flamand, le francoprovençal (arpitan), le catalan, sans oublier le picard, le normand, le poitevin-saintongeais ou encore le gallo.
Marguerite Stern adore Emile Zola au point qu’elle affirme s’identifier à lui, qui était de gauche et aurait pourtant trouvé détestables ses croyances xénophobes et nationalistes.
Marguerite Stern adore les frontières mais déplore la violence. Son cher Rousseau avait pourtant remarqué à juste titre que l’établissement des premières menaient invariablement à la seconde. Les frontières de l’État-nation France ont été établies – imposées – dans le sang et la violence. La même chose vaut pour les frontières de la plupart des États-nations. Mais encore faut-il, pour le réaliser, disposer d’un minimum de connaissances historiques.
Marguerite Stern prétend se soucier du sort des femmes mais appartient au camp politique qui s’en préoccupe le moins, qui se moque bêtement et agressivement des femmes qui parlent de « patriarcat » ou de « domination masculine », qui est le plus imprégné de sexisme, de misogynie, de masculinisme.
Marguerite Stern affirme qu’Éric Zemmour « a été la première personne que j’ai entendue énoncer très simplement l’origine des violences que je subissais ». Or une analyse politique conséquente soulignerait que l’origine réelle de ces violences (qui sont des violences masculines) n’est ni ethnique ni nationale, mais structurelle : c’est la domination masculine. Une culture patriarcale qui traverse les sociétés humaines, et qui caractérise aussi bien la France contemporaine que l’Afghanistan – certes dans des formes, des degrés et des intensités très différentes. Réduire ces violences à l’« origine » géographique des agresseurs, c’est tout sauf remonter à l’origine du problème, c’est tout sauf une conclusion politique sérieuse. C’est juste désigner des boucs émissaires.
De Darwin au transhumanisme
Parcourir le livre de Marguerite Stern, c’est arpenter une dense jungle d’assertions toutes plus ignares, absurdes et incohérentes les unes que les autres. C’est aussi croiser, au passage, un certain nombre d’inversions parfaites de la réalité.
Stern estime que la gauche jouit actuellement d’une « hégémonie » (au moins culturelle) en France. Et certes, dans certains milieux producteurs de discours (universités, institutions culturelles, édition, médias culturels) une sensibilité progressiste prévaut sur une perspective explicitement droitière. Mais cette présence relève surtout d’une prévalence de langage et de mœurs, pas d’une hégémonie réelle. Elle fixe ce qu’il est socialement correct de dire, pas ce qui organise matériellement la société. Le socle des idées dominantes demeure largement libéral et sécuritaire : culte de la responsabilité individuelle, de l’argent, de la puissance, centralité du marché, obsession de l’ordre et des frontières. La gauche domine peut-être une sorte de décor symbolique mais elle ne contrôle pas du tout la charpente économique et institutionnelle. Parler d’« hégémonie de la gauche » est donc largement faux. Mais qui veux tuer son chien l’accuse de la rage.
Selon Marguerite Stern, le fait que Charles Darwin ait « été érigé en super star » témoigne « de l’hégémonie de la gauche ». On ferait difficilement meilleure inversion de réalité.
Le « mécanisme de la sélection naturelle » est en grande partie le produit de « spéculations de théologiens et de moralistes – autrement dit d’idéologues – en train de théoriser les fondements de l’économie capitaliste et industrielle », comme le remarque Bertrand Louart. « Contre les valeurs de l’aristocratie et la doctrine de l’Église, le mécanisme de la sélection naturelle affirme que la domination sociale est le produit d’une impitoyable compétition entre égaux, où seuls les meilleurs l’emportent. […] Darwin fut pour la bourgeoisie ce que Marx fut pour le prolétariat, le théoricien de leurs classes respectives, légitimant leurs rôles sociaux et historiques. Il a naturalisé le fonctionnement de l’économie capitaliste et de sa technique industrielle, alors même qu’il n’a fait qu’importer les idées des idéologues libéraux dans les sciences naturelles, que projeter le mécanisme concurrentiel du marché sur la nature. » (Bertrand Louart, « Aux origines idéologiques du darwinisme », 2010)
Dans une lettre envoyée à Engels et datée du 18 juin 1862, Marx lui-même remarqua :
« Il est curieux de voir comment Darwin retrouve chez les bêtes et les végétaux sa société anglaise avec la division du travail, la concurrence, l’ouverture de nouveaux marchés, les “inventions” et la “lutte pour la vie” de Thomas Malthus. C’est le bellum omnium contra omnes (la guerre de tous contre tous) de Hobbes, et cela fait penser à la phénoménologie de Hegel, où la société bourgeoise figure sous le nom de “règne animal intellectuel”, tandis que chez Darwin, c’est le règne animal qui fait figure de société bourgeoise. »
Bref, la canonisation de Darwin est largement le résultat de la domination bourgeoise. Le fait de la droite.
Nous aurions pu passer des plombes à examiner les intuitions délirantes de Marguerite Stern, mais flemme. Je terminerai sur une de ses assertions les plus lumineuses. En grande théoricienne de l’anthropologie et en Nostradamus version Shein, Stern affirme :
« Le transhumanisme est la suite logique de notre Histoire. Aujourd’hui, se positionner pour ou contre le transhumanisme est désuet. Nous pouvons tenter de le freiner, gagner du temps, retarder l’effondrement, mais il est la suite logique de notre évolution. »
Si l’histoire humaine est soumise à la fatalité, alors pourquoi écrire un livre, Marguerite Stern ? Pourquoi lutter contre « l’immigrationnisme », les étrangers, etc. ? Si tout est écrit, laisse nous tranquille. Arrête la politique. Et prêche par l’exemple.
D’autant que, dans ton livre, tu écris que les organes du corps humain ont un « destin biologique », et que celui des femmes pourrait être la maternité. Très bien. Mais alors va au bout de ta logique. Si la biologie est un destin, si l’histoire n’est qu’un mécanisme aveugle, il n’y a rien à défendre, rien à combattre, rien à écrire. Il n’y a qu’à se taire et à obéir au destin.