Lettre à l'Amérique, d'un Français qui a vu la fin du film.
Vous vous croyez encore le dernier pays libre. Vous l'êtes pour l'instant. Je vous écris depuis un pays qui l'était aussi, et qui a signé sa reddition sans qu'un seul coup de feu ne soit tiré.
En France, l'État capte et redistribue 57% de tout ce que la nation produit. Cinquante-sept pour cent. Arrêtez-vous sur ce chiffre. Pour chaque unité de valeur créée par un ingénieur, un ouvrier, un fondateur qui a risqué sa peau, plus de la moitié transite par une main qui n'a rien bâti. Ce n'est pas une ligne budgétaire. C'est une hypothèque permanente sur l'existence des gens.
Et voici ce que personne ne vous avouera : ça n'arrive jamais par la révolution. Personne ne vote pour le déclin. On vote pour la compassion, pour la sécurité, pour la justice, pour la planète. À chaque étape, on troque un morceau de liberté contre une promesse. Et les promesses sont toujours belles. C'est ça, le piège.
Le collectivisme d'aujourd'hui n'agite plus le drapeau rouge il a compris que ça ne se vend plus. Il a appris à parler la langue du soin. ESG, gouvernance, conformité, « responsabilité » : ce sont les mots nouveaux d'une très vieille idée. L'idée qu'une élite éclairée sait mieux que vous ce qui est bon pour vous, et qu'il faut donc lui transférer, ligne après ligne, le pouvoir de décider à votre place. Ce n'est pas un complot. C'est pire : c'est un consensus. Personne ne se cache. Tout se fait à visage découvert, applaudi, subventionné.
Hayek l'avait écrit il y a quatre-vingts ans : la route de la servitude est pavée de bonnes intentions et de planification centralisée. La France a marché sur cette route en souriant. On a nationalisé le risque, socialisé l'échec, taxé l'audace, et administré tout le reste. Résultat : un pays magnifique qui ne construit plus rien, qui gère sa décrépitude avec une élégance funèbre, et où le jeune le plus doué rêve d'une seule chose partir. Beaucoup atterrissent chez vous.
L'Amérique a encore ce que nous avons perdu : le réflexe de bâtir plutôt que d'administrer. Le fondateur y est un héros, pas un suspect. La réussite y est une preuve, pas une faute à expier. C'est votre trésor. Et un trésor, ça se perd sans qu'on s'en aperçoive un formulaire, une agence, une « bonne cause » à la fois.
Alors ne cherchez pas d'ennemis cachés. C'est inutile et c'est indigne de vous. Regardez plutôt le chiffre. Regardez la France. Chaque point de PIB que vous laissez glisser vers l'État est un point de liberté qui ne revient jamais.
La liberté ne meurt pas assassinée. Elle meurt anesthésiée, sous les applaudissements.
Ne signez pas. Construisez.
@ShamashAran Based on my ftm kids experience I think you are probably right. They are exactly the kind of “T” you are talking about. Just living their life and not getting in anyone’s face.