Journaliste suisse. Esprit insulaire. S’efforce, sur son île minuscule, d’observer les dérives de son continent avec autant de compassion que possible.
Gamin, je ne demandais rien. La société m’a donné pourtant toutes sortes de héros, dont des zozos nommés Robin des Bois, Zorro, Geronimo, Cyrano ou Monte-Cristo.
Elle m’a surtout offert divers trésors: les règles de politesse, l’attention portée à autrui, le goût d’apprendre, la décence commune, la liberté, le sens de l’intérêt général, l’amour du prochain, le respect du sacré et du vivant, la défense de la veuve et de l’orphelin, le «tu ne tueras point», le «plus jamais ça» et cetera.
Cet héritage m’a été offert avec tant de générosité, naguère, que je l’ai gardé. Maintenant que la société m’invite à le répudier et à adopter des «valeurs» contraires aux précédentes, je la prie de bien vouloir aller se faire foutre: j’en reste à tout ce qu’on m’a transmis de bon dans les années 1960 et 1970.
@PGannat Oui, cher Pascal Gannat, d'accord. Seule chose si vous me permettez: nul n'a jamais réussi à fabriquer de cadre assez grand pour y loger la pensée d'Alexandre Zinoviev. Et Dieu sait si beaucoup ont essayé, à l'Est comme à l'Ouest...
🪆🇷🇺 «Les pays occidentaux ont connue une vraie démocratie à l’époque de la Guerre froide. Les partis politiques avaient de vraies divergences idéologiques et des programmes politiques différents. Les organes de presse avaient des différences marquées, eux aussi. Tout cela influençait la vie des gens, contribuait à leur bien-être.
»C’est fini. Parce que le capitalisme démocratique et prospère, celui des lois sociales et des garanties d’emploi, devait beaucoup à l’épouvantail communiste. L’attaque massive contre les droits sociaux à l’Ouest a commencé avec la chute du communisme à l’Est.
»Aujourd’hui, les socialistes au pouvoir dans la plupart des pays d’Europe mènent une politique de démantèlement social qui détruit tout ce qu’il y avait de socialiste justement dans les pays capitalistes. Il n’existe plus, en Occident, de force politique capable de défendre les humbles. L’existence des partis politiques est purement formelle.»
Alexandre Zinoviev dans un entretien au «Figaro», 24 juillet 1999
The choir in the Sagrada Família is putting on the performance of a lifetime.
The vocals perfectly complement the stunning visuals of Gaudí’s cathedral!
Deux copains de foot au téléphone, tous deux anciens internationaux suisses. Sans se concerter, ils m’ont dit à peu près pareil: sont dégoûtés par l’organisation de cette Coupe du Monde et pas sûrs de vouloir regarder des matches. De glorieux anciens. Des gars toujours aussi fous de foot. Pas sûrs de vouloir suivre une Coupe du Monde…
«La Coupe du monde 2026 n'a pas encore commencé, mais elle est déjà marquée par une série d'épisodes qui font honte au football et mettent en question la crédibilité de la FIFA. Le tournoi qui devait célébrer la diversité des peuples est empoisonné par des restrictions politiques, des discriminations et des humiliations imposées par le gouvernement des Etats-Unis, tandis que la plus haute autorité du football mondial regarde tout cela en silence…»
https://t.co/7SHjWmjJdc via @brasil247
🙏 Ben dis donc, Nicolas, votre enthousiasme est réjouissant! Et se fier à l'immense Zinoviev pour s'y retrouver un peu, c'est sacrément bien vu. Lui et d'autres intellectuels russes sont des boussoles dont l'aiguille est d'une précision quasi surnaturelle. De mon côté, en simple plouc de base, j'ose dire ma régulière sidération devant ces esprits venus d'ailleurs.
@Etoiledusoir12 Ces vilenies lèvent le cœur. Et elles me remettent en tête le temps, pas si lointain, où c'étaient les Etats qui s'agenouillaient devant Sa Majesté la FIFA...
«Une nation ne peut être complètement remplie d’habitants, et ceux-ci ne peuvent conserver entre eux une égale répartition car tous les lieux ne sont pas également salubres et fertiles: les hommes abondent dans un endroit et manquent dans l’autre. Si l’on ne sait pas remédier à cette inégale distribution, la nation dépérit parce que le défaut d’habitants en rend une partie déserte et l’autre est appauvrie par leur excès.»
Nicolas Machiavel, «Histoires florentines» (1520-1525)
FIFA ou CIO, peu importe, c’est tout nouveau: en 2026, le pays organisateur d’une compétition majeure peut s'autoriser toutes sortes d’humeurs et d’humiliations envers les participants. L’accueil se fait à la tête du client, quoi.
Rappel factuel: en 1936, le pays organisateur des Jeux olympiques d’hiver et d’été avait offert aux athlètes et officiels étrangers un accueil soigné, très respectueux, et des conditions de séjour d’un confort alors inédit. Eh! oui, même lui…
Ce grand parti me paraît être le dernier en Suisse à avoir encore des notions d’indépendance nationale. Respect à lui, c’est toujours ça de pris. Merci aussi à lui pour avoir retardé de trente ou quarante ans la dissolution du pays dans l’UE.
Pour le reste, je vous le dis avec flegme et donc sans méchanceté: l’UDC me semble obéir comme tout le monde à l’ordre néo-libéral, ce qui est son droit, et elle se montre particulièrement obéissante à l’international lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de tel pays étranger au mépris de la neutralité helvétique.
Comme il est difficile d’être content de quelqu’un ou d’un parti, n’est-ce pas? 😀
🇨🇭 Où a bien pu passer le pays de mon enfance? Pschitt, envolé! Disparu! Hormis de charmants vestiges, quelques coins plus ou moins intacts, de rares coutumes ou habitudes, de savoureuses archives et les Alpes, Il ne reste pas grand-chose de la Suisse des années 1960 et 1970.
Coulée dans le béton, la modernité ne fait pas de quartier. Et elle nous l’apprend: un pays peut disparaître même en temps de paix. Et se retrouver radicalement transformé à force de chantiers, de bétonnage, d'accélérations démographiques et de régulières bitures au «toujours plus».
Inutile de pleurnicher, la Suisse d’hier (5,9 millions d’habitants en 1966) ne reviendra pas. La Suisse d’aujourd’hui (9,1 millions d’habitants) ne la réclame pas. D'ailleurs, dans sa course et dans son esprit, rien ne la ralentira.
C’est la vie. C’est l’état des choses, seul état que tant de Suisses révèrent plus encore que l’Etat.
Et pas d’ingratitude, s.v.p! Mieux vaut vivre dans des contrées sous anabolisants que dans des contrées sous embargo. Entre un pays amoché par des marteaux-piqueurs et un pays écrasé par des bombardiers, les cœurs ne balancent pas.
Dans leurs abîmes de souffrances, nos frères de Palestine, de Cuba, d’Iran, du Soudan et d’ailleurs sont les prisonniers d’un film de fin du monde. Nous, nous sommes plutôt enfermés dans une comédie de Pierre Tchernia («Les Gaspards», «Le viager») sur la fin d'un gentil petit monde.
Or dans la comédie, comme le montre la séquence «Pas de Suisse à 10 millions!», nous ne sommes pas tristes.
Citadins écologistes résolus à la bétonisation, socialistes et syndicats roulant pour le grand patronat, amis de la nature indifférents au sort des paysages et au mitage du territoire, préposés au matraquage officiel guettés par l’apoplexie, grand parti acquis au tout-marché mais seul ici à défendre les citoyens les plus vulnérables: rien qu'avec ça, Tchernia nous aurait fait une merveille!
Les 15% d’opinions favorables au chancelier allemand, comme les 16 ou 18% de Britanniques et de Français satisfaits de leur principal dirigeant: franchement, je ne sais pas comment font les sondeurs pour trouver des taux d’approbation aussi élevés.
Chancellor Merz with 15% approval and 77% disapproval. Somehow Germans are not happy with his authoritarianism, ignoring national interests, deindustrialisation, mass immigration, support for genocide, war with Russia, criminalising the opposition, and limiting free speech.
La coupe du monde du suprémacisme.
Tellement honteux et révoltant.
L'occident est déjà le shithole psychologique du monde. Le matériel va suivre rapidement.
🙏 Toujours une joie de trouver quelqu’un qui se souvient des «Gaspards», toujours bienfaisant de pouvoir lire un raisonnement comme le vôtre.
Oui aussi le 14 juin, bien sûr, même si un éventuel oui à l’initiative comptera évidemment pour du beurre. Bonne journée et bons messages.