je me perds en boucle, en boucle, en boucle dans tes cheveux
qui oscillent habilement, comme tu respires, si douce
et comme mon corps épouse le parfum de ta peau
une osmose hypnotique, le voici, mon tombeau
mes pensées se condensent, dansent aux défunts
que le dur soit éther, saut direct et sublime
deux mondes qui se caressent et entre eux je m'abîme
je ne peux franchir ta ligne, je n'existe qu'en un point
dissèque mon cœur de pierre tu ne trouveras que l'amour, du sang en magma, en fusion, chaleur profusion
sysphe roule son rocher
atlas supporte le monde
et icare donne des ailes au soleil.
que le monde est terne et qu'il la dévorera aussitôt
que les âmes sont meurtries et en proie à la douleur
que nous avons péché et que nous devrons expier
à jamais
cette erreur fatale
l'existence.
que c'est douloureux,
de sourire
de laisser s'inviter un instant la joie
de la voir s'évanouir aussitôt, effacée par sa conscience d'elle-même.
si seulement elle pouvait
ne pas se regarder
se laisser être
sans se rappeler incessamment qu'elle ne devrait pas
Quel degré de saleté est-il nécessaire d'atteindre pour oser dire “moi, je suis propre” ? Quel degré de dégoût de soi une âme traînée dans la boue doit-elle taire lorsqu'on la pousse à s'exhiber à nu devant une foule avide de sang ?
c'est le genre de cadeau qui ne se refusent pas, après tout même lorsque l'on refuse tu offres. c'est comme ça, tu es si généreuse que tu ne peux t'en empêcher.
grâce à toi je découvre de nouvelles nuances de tristesse, j'embrasse cet arc-en-ciel d'obscur dont les teintes toutes plus grises les unes que les autres me rappellent l'absence, le trop-plein et l'équilibre instable. il est parsemé d'aberrations, de tâches de noir et de blanc
pures qui parachèvent ta violence, car dans ce brouillard épais dans lequel tu m'as jeté se cachent des cristaux durs et tranchants. et comme ultime présent tu m'as offert le pourpre. gravé en moi dans ce corps qui me dégoûte aujourd'hui.
pourquoi te joues-tu ainsi de moi, Camarde ?
ne m'as-tu pas déjà pris tout ce qu'il y avait à prendre il y a des années ?
voulais-tu à ce point que je te facilite le travail ?
n'avais-tu pas de la vie à dérober ailleurs, toi qui te régales de plantes desséchées ?